4 février 2008 Le Parlement trahit le peuple français en ratifiant le néfaste traité de Lisbonne

dimanche 5 février 2017.
 

Aujourd’hui est l’anniversaire de la forfaiture sur laquelle se bâtit l’Europe austéritaire. Le 4 février 2008, une majorité de parlementaires réunis à Versailles ratifiait le traité de Lisbonne contre le vote des Français lors du referendum de 2005.

Organisé par Nicolas Sarkozy, ce coup de force était rendu possible par l’abstention des dirigeants du PS. Beaucoup de mes concitoyens n’ont jamais oublié cette violation de la souveraineté populaire. Les dirigeants européens non plus. Enhardis par ce précédent, ils ont confirmé et aggravé la dérive autoritaire de l’Union.

Le nouveau traité intergouvernemental signé lundi avec sa règle d’or ne sera soumis nulle part à referendum. Pourtant il limite très fortement la souveraineté des Etats. La droite et les sociaux-démocrates au Parlement européen ont refusé d’appeler à tenir des referendums. Pour ma part, je m’engage avec le Front de Gauche à soumettre ce traité à un referendum si je suis élu en mai prochain. Et à réparer ainsi la forfaiture du congrès de Versailles.

Jean-Luc Mélenchon

N) Un traité pour enrichir les riches au détriment des peuples européens (Jacques Serieys)

La ratification du traité de Lisbonne par le Parlement français le 4 février 2008 a représenté une leçon de choses pour quiconque s’intéresse sérieusement à la construction européenne.

Ce traité constitue un résumé des intérêts du capitalisme financier. Son objectif essentiel, c’est d’enrichir les riches au détriment des peuples européens. Mon lecteur croit que j’exagère ? Que non !

Comment un traité peut-il enrichir les riches ?

- Le principe de la concurrence libre et non faussée sert à marchandiser tous les secteurs de la société aux dépens des services publics et de leurs usagers, au profit des sociétés privées et de leurs actionnaires (premier gain pour les riches) ;

- Ce traité pousse au dumping social et financier entre pays, ainsi le gouvernement... diminue les impôts des riches de son pays (2ème gain pour ceux-ci)

- Cet argent manque pour le fonctionnement de la société et l’Etat emprunte aux riches l’argent qu’ils n’ont pas payé en impôt (3ème gain pour les riches)

- L’Etat s’endette ainsi... S’il obtient une aide de la BCE, celle-ci prête aux banques à 1% de l’argent qu’elles prêtent elles-mêmes à 10% à l’Etat endetté (4ème gain pour les riches actionnaires qui ont placé en banque l’argent non payé en impôt)

Cette spirale spéculative dépasse l’entendement et peut conduire les pays européens dans l’impasse. Ce n’est pas le problème des marchés financiers qui, de toute façon, fonctionnent sur leur intérêt à court terme et disposent aujourd’hui de toute la planète pour ajuster leurs placements.

Comment un traité peut-il enrichir les riches au détriment des peuples européens ?

- il établit la Banque Centrale Européenne comme « indépendante » des pouvoirs politiques. A quoi sert-elle alors ? à protéger les rentiers, en particulier contre toute hausse des prix qui ferait perdre de la valeur aux portefeuilles gérés par les banques, fonds de pension...

- Le principe de la concurrence libre et non faussée portée au niveau international par l’Union européenne ne correspond ni aux intérêts des pays en voie de développement souvent privés de cultures vivrières au profit de productions exportatrices capitalistiques, ni aux intérêts des peuples européens livrés par le traité aux délocalisations en chaîne.

- Le principe de la concurrence libre et non faussée joue également contre les peuples européens en les privant de politiques publiques dans le domaine industriel... laissant encore plus de place aux délocalisations

- Même d’un point de vue libéral, la logique d’affaiblissement des services publics et de privatisation est-elle justifiable ? Bien sûr que non puisque jusqu’à présent l’Europe continue à attirer des investissements en raison de sa main d’oeuvre qualifiée, de ses infrastructures, de son fonctionnement sociétal utile à toute entreprise.

- L’obsession des libéraux et de la social-démocratie européenne depuis vingt ans, c’est de diminuer le prix du travail, les fameux "coûts salariaux", en particulier ce qu’ils appellent les "charges sociales". Sauf que... à force de diminuer ces coûts salariaux, qui va acheter les fameuses marchandises des entreprises ? les Maliens ? les Chinois ? les Martiens ? le plus probable, c’est malheureusement que ce traité de Lisbonne mène l’Europe à la récession.

- A ce moment-là, il sera utile de rappeler à Hollande, Royal, Ayrault et consorts qu’ils ont soutenu ce traité comme le TCE, en prétendant que cela renforcerait l’Europe puissance politique contre les USA et sur la scène internationale.

- Mon aimable lecteur doit se dire encore que j’exagère, que les peuples ne se laisseront pas faire et utiliseront leur droit de vote... Malheureusement j’ai raison. Premièrement, les "pères" de l’Europe et leurs successeurs ont surtout fait attention à ne pas prendre de risque électoral ; le parlement européen a peu de pouvoir ; les traités ne sont pas votés par les peuples ; aucune force politique significative ne porte aujourd’hui l’intérêt des peuples au niveau européen et cela prendrait du temps d’en construire une.

N’ai-je pas oublié une autre leçon de choses dans le bilan de cette funeste journée du 4 février 2008 ? Si, bien sûr !

Ont voté pour ce traité de Lisbonne : François Bayrou et ses semblables ; 17 députés du groupe socialiste, 15 sénateurs socialistes

Se sont abstenus : 93 députés du groupe socialiste, les Verts Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy, 49 sénateurs du groupe socialiste

Sans ces votes, Sarkozy n’avait aucune chance de faire valider le Traité de Lisbonne par les deux tiers des parlementaires, d’autant plus qu’une grosse trentaine d’élus de la majorité ont voté contre, se sont abstenus ou ont préféré ne pas voter.

Au moment de conclure, je choisis donc de rester sur l’idée de la nécessité de construire une force politique significative internationaliste et portant l’intérêt des peuples européens. Le reste n’est que baratin...

M) Vote de Versailles : la honte (Jean-Luc Mélenchon)

L) Du TCE au Traité de Lisbonne

K) Trois sentiments après le Congrès de Versailles : colère, détermination, espoir (François Delapierre)

J) Quels députés et sénateurs ont voté non au Congrès de Versailles le 4 février afin d’obtenir un référendum ?

I) Traité européen : Comme tout bonimenteur, le président de la République vit au crédit des crédules (François Delapierre)

H) Traité européen : la fin de l’hypocrisie au PS

G) SARKOZY PEUT ÊTRE BATTU AU CONGRES DU PARLEMENT A VERSAILLES (Jean-Luc Mélenchon)

F) 2 février Rassemblement pour un référendum comme si vous y étiez ( résumé des interventions, ambiance, appel, compte-rendu)

E) "Toutes et tous à Versailles le 4 février" (appel national, déroulement)

Pas d’Europe contre les peuples ! Tous à Versailles le 4 février 2008 !

Premiers signataires : AC !, AlterEkolo, ATTAC France, Cactus/La gauche !, CGT finances, Collectif Bellaciao, Coordination des collectifs antilibéraux, Confédération paysanne, Fondation Copernic, Forces Militantes, LCR, Les Alternatifs, LO, Marches Européennes, Mars-Gauche républicaine, PCF, PRCF, PRS, Regards, Réseau féministe Ruptures, SNJ-CGT Audiovisuel, Union syndicale Solidaires.

Appel à un rassemblement citoyen et festif le 4 février dès 12h sur la place du marché aux fleurs de Versailles (avenue de Saint-Cloud, angle de la rue Clémenceau), pour faire pression sur nos élus et leur rappeler le vote du 29 mai 2005. A 16h, si cette forfaiture devait aboutir au moment du vote par les parlementaire, nous nous bâillonnerons devant l’enceinte du château.

Le traité de Lisbonne, vous en avez entendu parler ?

Le Conseil européen de Lisbonne des 18 et 19 octobre 2007 a adopté un nouveau traité européen. Élaboré en catimini, ce traité nous a été présenté par Nicolas Sarkozy comme "un traité simplifié, limité aux questions institutionnelles".

Loin d’être simplifié, ce traité comporte plusieurs centaines de pages avec 359 modifications des traités existants, treize protocoles et quelques dizaines de projets de déclarations ayant la même valeur juridique que les traités. Loin de le limiter aux questions institutionnelles, ses rédacteurs en ont fait une copie illisible du Traité constitutionnel européen (TCE) qui a été rejeté par les Français et les Néerlandais en 2005, sans tenir aucun compte des débats qui ont eu lieu dans ces pays. De l’aveu même de Valéry Giscard d’Estaing, père du projet de TCE, « La France n’a pas obtenu les changements réclamés par certains des partisans du "non" au référendum. »

Pourtant, le président de la République veut le faire adopter par voie parlementaire, sans consulter les citoyens. Il réunit les parlementaires français en Congrès à Versailles le 4 février 2008 pour modifier la Constitution française et permettre la ratification du nouveau traité par le Sénat et l’Assemblée nationale. Bien que des dizaines de parlementaires aient annoncé leur intention de rejeter ce vote, cette modification risque d’être validée, alors que l’opposition de seulement 2/5ème des parlementaires pourrait la bloquer et imposer au président un référendum. En 2005, le peuple s’était mal prononcé, en 2008, il se taira !

A dix jours du Congrès, aucun débat public sur les enjeux de ce traité et plus largement sur les grandes orientations de la construction européenne n’a été lancé par les pouvoirs publics. Les grands médias, lorsqu’ils évoquent le sujet, se contentent de brefs gargarismes sur la relance de l’Europe grâce à un "mini-traité".

Les débats rendus possibles par une large mobilisation citoyenne en 2005 sont bien loin aujourd’hui. L’idée selon laquelle on pouvait se sentir pro-européen mais refuser l’orientation néo-libérale de la construction actuelle de l’Union européenne est totalement ignorée. Nos dirigeants l’ont compris, on ne peut faire confiance au peuple pour construire l’Europe qu’ils nous proposent ! Ils ont donc tout simplement décidé de nous bâillonner. Un jour de congé pour la démocratie

Le vote à Versailles doit être le point d’orgue de cette forfaiture démocratique. Nous nous sentons insultés par cette tentative de passage en force. Nous vous invitons à un rassemblement citoyen et festif à Versailles le 4 février, pour marquer symboliquement notre opposition.

Le rassemblement débutera dès 12h sur la place du marché aux fleurs de Versailles (avenue de Saint-Cloud, angle de la rue Clémenceau). (Un scénario provisoire de la journée est disponible ici)

A 16h, si cette forfaiture devait aboutir au moment du vote par les parlementaires, nous nous bâillonnerons devant l’enceinte du château.

Tous les "Sans culottes" de France qui comptent se rendre à Versailles sont invités à s’inscrire rapidement sur le site tousaversaillesle4fevrier2008.fr pour prévoir au mieux les transports et l’organisation sur place. Plusieurs cars sont déjà prévus à ce jour.

D) « Ne pas aller à Versailles, une désertion » Par Jean-Luc Mélenchon, sénateur (PS) de l’Essonne

C) Pour obtenir un référendum, il faut aller à Versailles ! (Jean-Luc Mélenchon)

B) Le scénario provisoire de la journée du 4 février à Versailles

1. Arrivée sur le lieu de rassemblement à partir de 12h

Marches convergentes vers le lieu de rassemblement à partir du parking des cars et des gares RER/SNCF.

Le rassemblement débutera dès 12h sur la place du marché aux fleurs de Versailles (avenue de Saint-Cloud, angle de la rue Clémenceau). Pour se repérer par Internet indiquer le 30 avenue de SAINT-CLOUD.

Le collectif "Tous à Versailles le 4 février 2008" a d’ores et déjà fixé un point de rendez vous pour les inscrit(e)s de Paris et de sa proche banlieue pour partir "en groupes" pour celles et ceux qui le souhaitent.. Ils (elles) seront attendu(e)s entre 10 heures et 11 heures devant le palais des congrès sur l’esplanade et tout le monde prendra le rer C qui va direct à la manif.

2. Conférence de presse citoyenne

Soit en fin de matinée (11h)

Soit en début d’après midi (14h)

Avec les représentants des organisations investies dans le cadre de la campagne et une présence de parlementaires désirant voter non.

3. Rassemblement

Le rassemblement sera festif, symbolique, visuel et ludique.

Une restauration sur place est en cours de négociation avec la Confédération Paysanne locale.

Les organisations qui le souhaitent pourront mettre en place des stands

Des contacts sont en cours avec des groupes de musique de rue.

4. Manifestation

Le parcours est à confirmer en fonction du périmètre de sécurité et des négociations avec les autorités locales.

Objectif : à 16h, au moment du vote par les parlementaires en Congrès, nous porterons le deuil de la démocratie et nous bâillonnerons symboliquement devant l’enceinte du château.

En fonction du nombre de participants :

soit on avance vers le château et on se bâillonne en arrivant

soit on fait un parcours et on se bâillonne en passant à proximité du château

5. retour sur le lieu de rassemblement

Bilan du vote et clôture de la journée

Tous À Versailles Le 4 Février

www.tousaversaillesle4fevrie...

[A) Urgence démocratique : Au voleur ! Grand rassemblement à Versailles le 4 février 2008]


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