Noël : de la fête du Soleil renaissant à la naissance de Jésus

jeudi 18 mai 2017.
 

Toutes les civilisations anciennes ont fêté entre le 22 et le 27 décembre le Soleil reprenant vie, allongeant la durée du jour, du Mexique à la Scandinavie, de la Mésopotamie au Japon. Ce Sauveur lumineux vainqueur des Ténèbres et de la Mort, s’est appelé Mithra, Janus, Rê ou Mère Soleil. Aujourd’hui, le christianisme fête la naissance de Jésus dans la nuit du 24 au 25 décembre .

1) Noël, fête du Soleil renaissant, de la Lumière

Noël fait partie des célébrations dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Durant trois millions d’années, nos aïeux ont vécu de la nature, en elle et par elle, souvent effrayés parfois émerveillés par ce monde magique, échafaudant un mythe pour tout élément naturel dépassant leurs connaissances, admirant et souvent adorant Celui qui éclaire, réchauffe et fait pousser les plantes : le Soleil. Cet astre occupe une place dominante dans chaque culture de la planète, son nom évoquant à la fois une réalité physique observable et une divinité : Mère Soleil pour les nomades d’Asie centrale, Déesse Soleil au Japon ( kami Amaterasu), Sol (déesse du Soleil) dans la mythologie nordique, Shamash chez les Sumériens, Rê (dieu Soleil) en Egypte, Sol (dieu du soleil, de la lumière et de la chaleur) dans la Rome antique, Huitzilopochtli (dieu du Soleil et de la guerre) pour les Aztèques... De même les sites de Stonehenge en Angleterre et de Carnac en Bretagne paraissent orientés par rapport à la course de l’astre solaire.

Ce soleil indispensable à la vie paraît mourir de jour en jour jusqu’au 22 décembre :

- moment où le Soleil atteint l’extrême Sud céleste, et son point d’éloignement maximal de l’équateur céleste.

- moment où la nuit est la plus longue, le jour le plus court

Le grand magicien du Ciel qui apporte la chaleur et la lumière va-t-il définitivement mourir ?

Non, dans la nuit du 25 décembre, il renaît, encore faible comme un bébé mais toujours vivant.

Toutes les civilisations anciennes ont fêté cette victoire de la Lumière et de la Vie sur les Ténèbres et la Mort.

Les langues de plusieurs pays de tradition chrétienne ont conservé la synonymie Dieu et Soleil. Ainsi le dimanche, jour consacré à Dieu, se nomme Sunday en anglais (de sun, soleil) et sonntag en allemand. L’étymologie du mot Noël lui-même serait le celte Noïo Hel (nouveau soleil) selon l’hypothèse de Monseigneur Duchesne (Aux origines du culte chrétien).

2) Noël, grande fête du culte de Mithra

Mithra, le Soleil Invincible, renaît à cette date dans une grotte, sous l’apparence d’un petit enfant. Il est le Sauveur qui va fertiliser la Terre.

La religion mithraïque est d’origine perse, très ancienne (6ème siècle avant notre ère mais comportant un héritage zoroastrien, mazdéen remontant au 3ème millénaire avant notre ère). Durant le Bas-Empire romain, elle devient le plus important culte du bassin méditerranéen (depuis les réformes de Dioclétien l’armée s’était largement confondue avec l’appareil d’état ; or Mithra, Dieu protecteur des camps militaires, représentait le Dieu indiscuté de toutes les légions) avant d’être supplantée par le christianisme.

Les initiations du culte de Mithra s’accomplissaient dans des grottes ornées des signes du Capricorne et du Cancer, symboles des solstices d’hiver et d’été, l’apogée et le périgée du soleil.

« Les adorateurs de Mithra reconnaissaient une divinité unique manifestée par la lumière des astres, surtout le Soleil, brillant et invincible, ennemi de la nuit et des démons... Les prêtres enseignaient que par la pratique de certains rites de purification, d’abstinence et de communion on pouvait participer à la nature des astres lumineux et immortels. À Rome, le temple de Mithra était creusé sous le mont Capitolin, les mystères mithriaques se célébrant dans une caverne, à proximité d’une source. » (Les religions orientales dans l’Empire romain)

Le 25 décembre constitue la fête principale des adeptes de ce culte qui commémorent alors la naissance de Mithra dans une grotte (ou simplement d’une roche), enfant d’une vierge, entouré de pasteurs. Cette date provient d’une erreur faite par les initiateurs du nouveau calendrier julien (imposé par Jules César) qui avaient fixé le solstice d’hiver à cette date.

L’Empire romain a repris cette tradition religieuse en célébrant au 25 décembre la naissance du dieu Mithra, appelé « Sol invictus », le Soleil invaincu renaissant sous la forme d’un enfant nouveau-né. La tradition de l’étoile guidant les rois mages vient aussi du culte mithraïque très lié à l’observation céleste.

Parmi les autres éléments centraux du culte de Mithra, signalons :

- Mithra n’est pas Dieu le Père (Ahura Mazda, Seigneur-Sage, Créateur de toutes choses) mais l’intercesseur envoyé par lui auprès des hommes et l’intercesseur de ceux-ci auprès de lui.

- Sa naissance a été préalablement annoncée « Écoutez, que je vous révèle le mystère prodigieux concernant le Grand Roi qui doit venir dans le monde. En effet, à la fin des temps, un enfant sera conçu et formé avec tous ses membres dans le sein d’une vierge, sans que l’homme l’ait approché. Il sera pareil à un arbre à la belle ramure et chargé de fruits, se dressant sur un sol aride. Les habitants de cette terre s’opposeront à sa croissance et s’efforceront de le déraciner du sol, mais ils ne pourront point. Alors ils se saisiront de lui et le tueront sur le gibet. La terre et le ciel porteront le deuil de sa mort violente et toutes les familles des peuples pleureront. Il ouvrira la descente vers la profondeur de la terre, et de la profondeur il montera vers le haut. Alors, on le verra venir avec l’armée de la lumière, porté sur les blanches nuées ; car il sera l’enfant conçue de la Parole génératrice de toutes choses. » (Zoroastre, environ -1000)

- il est né miraculeusement d’une vierge, a été inspiré de l’Esprit de Dieu qui descendit sur lui à l’âge de 30 ans, fut amené dans le désert pour être tenté par le Diable.

- Dans la religion mithraïque perse, Mithra est un Dieu de solidarité, de fraternité. Le mot Mitra signifie l’ami.

- les rois mages, éléments importants de la tradition religieuse perse, venant offrir de l’encens au cas où ç’aurait été un dieu, de l’or au cas où ç’aurait été un roi terrestre, de la myrrhe au cas où ç’aurait été un médecin (témoignage de Marco Polo)

- le repas rituel du dimanche, jour du Soleil, comprenant du pain et du vin selon un rite proche de l’eucharistie chrétienne.

- le baptême...

Le mot occitan Nadau (Noël) vient du latin « natalis solis », la naissance ou renaissance du soleil, très certainement par le nom de Mithra : Dies Natalis Solis Invicti (Jour de la Natalité du Soleil invincible).

3) Autres traditions de Noël : sapin, bûche, cadeaux

La date du 25 décembre pour fêter le dieu Soleil a été vivifiée dans le Bassin méditerranéen par l’empereur Aurélien. Constatant que la multitude de croyances religieuses nuisait à la centralisation du monde romain, il établit en 274 le culte du Soleil invaincu (Sol invictus) comme célébration officielle avec cette formule sur les monnaies et le 25 décembre comme fête.

Le Mithraisme continuait à gagner du terrain. Interdit par l’empereur chrétien romain THEODOSE par un édit en 391, il ne survécut pas aux persécutions et à la chute de l’Empire. Surtout, le christianisme a intégré suffisamment ses aspects populaires pour le faire oublier.

Le périodique La Vie catholique apporte les précisions suivantes sur le lien entre le Noël des traditions païennes et celui du christianisme :

« L’observation des 24 et 25 décembre trouve sa source dans beaucoup de traditions et coutumes païennes.

Chez les anciens Romains, le 25 décembre était l’anniversaire de la naissance de « Sol », un des noms du dieu soleil.

Le 25 décembre était aussi le jour du festival d’hiver appelé la « nativité du soleil non conquis », fête païenne.

C’était aussi la période du solstice d’hiver, temps de festivités et de joie dans la Rome antique (Saturnales commémorant le séjour de Saturne dans la capitale), la Grèce, parmi les Barbares teutons et dans les anciennes civilisations égyptiennes. Cette période du solstice d’hiver était si populaire, qu’elle a été adoptée et imposée par l’Eglise catholique romaine comme le temps où Jésus serait né.

La grande divinité perse dont le nom signifie « l’ami » est née d’un rocher, un 25 décembre, jour de la renaissance du soleil. On trouve, par ailleurs, des correspondances avec Apollon ainsi qu’avec le dieu serpent des Aztèques, censés tous deux être nés un 24 décembre. »

Parmi les croyances présentes dans le territoire actuel de la France, signalons le culte de Janus (Dieu des origines, de la végétation renaissante, du "passage" d’une année à l’autre), vénéré plusieurs siècles avant notre ère par les Ligures puis les Romains. Deux grandes fêtes célébraient cette divinité du Passage ("Porte", nouveau cycle...) : celui du solstice d’hiver et celui du solstice d’été. La christianisation des deux dates a donné dans le calendrier la Saint Jean d’hiver (actuellement le 24 ou 27décembre) et la Saint Jean d’été (24 juin). Le mois de janvier, premier mois de l’année renaissante vient du latin « januarius », mois de Janus.

Le sapin de Noël remonte aussi à une tradition présente dès les premières civilisations. Dans une fable babylonienne, on raconte que le petit-fils de Noé (premier roi après le Déluge dans la Bible) est revenu à la vie en tant que Tammuz, son fils, sous la forme d’un arbre qui reverdit. Les Romains décoraient le sapin avec des baies rouges durant la période des saturnales.

L’arbre sacré n’est pas représenté par le sapin dans toutes les civilisations ( chêne chez les Gaulois, palmier chez les Egyptiens, bouleau chez les Nordiques...). En Afrique romaine, au 3ème siècle de notre ère, les familles disposaient du laurier dans les maisons au solstice d’hiver ; cette tradition fut condamnée par les Pères de l’Eglise comme liée au culte païen des arbres.

Les Scandinaves et anciens Germains croyaient que leur dieu Odin allait leur distribuer des cadeaux s’ils s’approchaient de l’arbre sacré pendant la période entourant le 25 décembre et ils considéraient cette nuit comme celle de la mère, c’est-à-dire de la création, qu’ils fêtaient par des masques et des danses.

La bûche de Noël provient d’une coutume celte. On allumait alors une branche coupée l’été précédent par un tison de la Saint-Jean d’été précédente. Elle était brûlée au moment du solstice pour faire revenir la vie dans la nature, ses cendres étaient répandues sur le pas de la porte pour protéger la maison du malheur et dans les champs pour garantir l’abondance des récoltes.

Les cadeaux de Noël sont probablement héritiers des fêtes romaines de fin d’année : les Sigillaires (sceaux des courriers pour envoyer les cadeaux), au dernier jour des Saturnales. Les familles festoyaient au coin du feu. Les maisons étaient décorées de plantes vertes, symboles de la Nature qui refuse de mourir à l’aube d’un nouveau cycle.

4) Noël, fête de la Déesse Mère à l’enfant

Il suffit de regarder une crèche ou un vitrail représentant la Sainte Vierge et Jésus nouveau-né pour comprendre l’importance du thème de l’accouchement, du lien maternel et filial dans la symbolique de Noël. Comme le Soleil renaissant, le bébé symbolise la Vie victorieuse par l’intermédiaire des mères.

La reproduction entraîne une continuité du sang et de la chair. N’oublions pas que dans plusieurs civilisations, la réincarnation de l’âme des ancêtres se fait dans le corps du nouveau-né.

Le sujet de la Déesse-Mère à l’enfant présente une grande importance dans les cultures religieuses de nombreuses civilisations :

- Chez les Babyloniens : Bien après le décès de son mari, la reine Sémiramis donne naissance à un bébé. Elle prétendit que celui-ci avait été conçu et était né surnaturellement. Elle fit admettre cela comme une réalité et déclara qu’il était le germe promis, le Sauveur annoncé dans la prophétie. L’iconographie religieuse babylonienne représentant Sémiramis tenant affectueusement son fils-Dieu dans les bras est importante.

- Durant le Bas-empire romain, avant que les empereurs ne décident que le christianisme était la seule religion romaine, le culte d’Isis concurrençait aussi le mithraïsme dans le cadre d’un syncrétisme de plus en plus fort. Les gâteaux ronds offerts à cette déesse égyptienne portaient trois lettres IHS (Isis, Horus, Seth) symbolisant la trinité Mère, Enfant, Père des cieux. Isis est souvent représentée en train d’allaiter son fils Horus. Les ressemblances entre l’enfant-Dieu Horus et Jésus sont frappantes : ils portent tous deux le titre d’Etoile du matin, tous deux enseignent dans le temple... les douze adeptes, le nom de Krst (Horus) et Christ (Jésus), la tentation sur la montagne...

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- Le thème de la déesse-mère à l’enfant (Devaki, Krishna...) est également très présent dans la tradition religieuse de l’Inde. Le dessin ci-contre ressemble considérablement aux représentations d’Isis et Horus comme de la Vierge chrétienne à l’enfant. Notons aussi les auréoles formées de rayons de soleil comme pour le Baal phénicien, comme pour le Dieu chrétien.

- Les Phéniciens, peuple sémitique d’origine cananéenne comme les Hébreux, adoraient le grand Dieu Soleil Baal (le mot signifie Seigneur) qu’ils représentaient avec une auréole autour de la tête symbolisant les rayons du soleil (observation par les archéologues d’une pierre phénicienne datant environ du 4e siècle avant notre ère). Baal est hermaphrodite mais toujours accompagné d’une déesse féminine (Astarté...) dans le cadre de trinités locales. L’empereur Héliogabale (218 à 222) imposa son culte dans le monde romain au début du 3ème siècle, en concurrence avec Jésus, Mithra, Isis... Le thème du Dieu qui meurt et renaît était plutôt représenté chez les Phéniciens par Melqart dont le culte s’est répandu dans tout le Bassin méditerranéen par les colons de Tyr.

Signalons sans nous y étendre l’importance de la déesse-mère antique d’Ephèse ( Diane) liée au thème des Amazones dans les formes du culte de la Vierge-Marie.

A partir des anciens Babyloniens, cette coutume de l’adoration de la déesse mère et de son enfant s’est répandue sur toute la terre.

Chez les Chinois, la déesse mère se fait appeler « sainte mère », elle est représentée avec un enfant dans ses bras et un rayon de gloire autour de sa tête. Les anciens Germains connaissaient la vierge Erta avec son enfant dans ses bras, qui étaient aussi adorés, de même que chez les Scandinaves et les Etrusques. Chez les druides, elle était appelée la « mère de Dieu ». Chez les Grecs, il y avait Aphrodite ; chez les Sumériens, Nana ; chez les Romains, Vénus. Chez les Phéniciens, la déesse de la fertilité était représentée par un croissant de lune sous ses pieds. Chez les Egyptiens, Isis était représentée par un croissant de lune sous ses pieds et des étoiles autour de sa tête. Nous retrouvons cela aujourd’hui, dans l’Eglise catholique, avec les représentations de Marie. L’immaculée conception était déjà appliquée aux déesses mythologiques.

En Asie, la mère était connue sous le nom de Cybèle et son enfant, Deoius. Elle était considérée comme l’épouse de Baal et comme la reine du ciel, vierge qui enfanta sans concevoir. L’attrait de cette déesse était tel, que même les Israélites se firent prendre à un moment donné et adorèrent la reine du ciel (Jérémie 44 : 5-19).

En Egypte, plusieurs siècles après Jésus-Christ, il fut admis par décret épiscopal que les représentations d’Isis et d’Horus seraient désormais attribuées à la vierge Marie et à son enfant, Jésus.

Voici encore quelques indications qui montrent que l’adoration ou la vénération de Marie tire son origine de l’adoration de la déesse mère. Ce sont les titres qui lui sont attribués : Marie est souvent appelée « Notre Dame de… ». Cette expression est, en fait, la traduction d’un des titres sous lesquels la déesse babylonienne était connue. En effet, Nimrod apparut plus tard sous une forme divinisée, le dieu Baal et Sémiramis, sa femme comme la déesse Baalti dont le nom signifie en anglais « My Lady », en latin « Mea Domina » et en italien « Madonna », qui aujourd’hui se dit « Notre Dame de… ». Cette énumération est certes fastidieuse, mais elle nous ouvre les yeux sur certaines choses, sur le comment et le pourquoi de ces événements.

La religion babylonienne et ses mystères se sont propagés d’une manière formidable dans l’Empire romain. Rome avait pour principe d’englober dans son système religieux tous les dieux des peuples, nations ou royaumes conquis. L’adoration de la déesse mère était très populaire, non seulement à Rome, mais aussi dans tout l’Empire. (La Vie catholique, source citée)

Le thème de l’Immaculée-conception est fréquent dans de nombreuses civilisations antiques. C’est le cas :

- pour les Babyloniens (Sémiramis) comme nous l’avons vu plus haut

- chez les Germains, Herta (herth...) est le symbole de la "Terre Mère" ; son nom signifie la terre dans les langues anglaise, allemande, suédoise, runique, arabe et hébraïque. Elle anime le cycle des saisons et de la vie ; cette déesse vierge est assez souvent représentée tenant son enfant dans ses bras...

5) Le Père Noël

Pour éviter tout bavardage inutile, laissons la parole à Yvonne de Syke, maître de conférence spécialisée dans les rites et fêtes :

Le Père Noël est lié, lui aussi, au solstice d’hiver. Il est l’image d’une figure paternelle vieillissante, prête à passer le pouvoir. Toutes les mythologies racontent l’histoire d’une telle passation entre un vieux roi et une jeune roi, à cette époque de l’année où les jours, après s’être amenuisés, commencent à rallonger. C’est l’occasion d’une grande fête. Car, Imaginez l’angoisse si la belle saison ne revenait pas, si les grains semés ne poussaient pas.

Le Père Noël, c’est la figure laïque de Saint Nicolas, un saint venu d’Asie mineure dont la légende disait qu’il avait apaisé par ses prières une violente tempête alors qu’il entreprenait un voyage en bateau pour rejoindre Jérusalem. En Méditerranée, il a succédé à Poséidon et Neptune en tant que protecteur des marins. Mais lorsque son culte est arrivé en Europe occidentale vers le XIème siècle, il est devenu tout autre chose : un pédagogue et la divinité par excellence de l’hiver. Il est toujours fêté, le 6 décembre, dans l’Est de la France, en Allemagne, en Autriche et aussi aux Pays Bas. Il récompense les bons enfants alors que le Père Fouettard bat les garnements.

La transformation de ce saint, habillé tel un évêque, en un vieillard au visage rubicond, à la barbe blanche et à la houppelande rouge s’est faite à la Nouvelle-Amsterdam (New York aujourd’hui). C’est là que Saint Nicolas appelé Santa Claus en hollandais, est devenu le Père Noël, figure neutre et d’une certaine façon laïque, pour mieux correspondre à la société multiculturelle et pluriconfessionnelle de la ville. En France, jusqu’aux années 1950, l’Eglise a été opposée au père Noël : quel était ce personnage qui venait s’interposer entre Saint Jean l’Evangéliste et la naissance du Christ.

LE PERE NOEL EST ROUGE ! MAIS EST-IL VRAIMENT DE GAUCHE ? (par Jean-Luc Mélenchon)

6) Noël et le christianisme

Les premiers chrétiens ne se sont guère posé la question de la date de naissance de Jésus. Les premiers calendriers de fêtes chrétiennes dont nous disposons ne signalent presque rien sur ce sujet ou à cette date. Clément d’Alexandrie (150 à 220), Père de l’Église et un de ses premiers théoriciens, conseille de fêter la naissance du Christ au 18 novembre. Le premier calendrier chrétien (Pascha Computus) daté de l’an 243, célèbre Noël au 28 mars...

Vu la popularité de la fête célébrant la naissance de Mithra, culte concurrent, les groupes chrétiens mettent peu à peu, eux aussi, en avant des dates de naissance du Christ : 6 janvier, 28 mars, 19 avril, 29 mai... La date du 6 janvier présente l’avantage de correspondre aux épiphanies (apparitions) de Dionysos (civilisation grecque) et d’Osiris (civilisation égyptienne), deux divinités de la végétation qui, comme le Christ, meurent et ressuscitent. D’après Martyne Perrot (CNRS), le 6 janvier serait une résurgence d’un rituel solaire égyptien très ancien consacré à Osiris. Les chrétiens d’Occident placent plutôt la naissance du Christ à Pâques.

Voici comment La Vie Catholique résume le rapport entre Noël et la naissance de Jésus :

Curieusement, cette fête était inconnue des premiers chrétiens. L’Eglise naissante se remémorait la mort et la résurrection de Jésus. Cette fête n’est pas mentionnée par les principaux Pères de l’Eglise que sont Tertullien et Irénée.

Tout semble prouver que Jésus n’est pas né le 25 décembre comme on le prétend, mais bien plutôt en septembre ou à une autre période. Il y a plusieurs raisons à cela :

a) En Palestine, selon un rythme très régulier, le temps est frais et humide pendant six mois, chaud et sec le reste de l’année. Les premières pluies d’hiver commencent à la mi-octobre, quand l’air humide venant de la mer rencontre l’air chaud qui s’élève de la surface de la terre. Des chutes de neige sont possibles (II Samuel 23 : 20 ; Proverbes 25 : 13 ; 31 : 21) surtout à Jérusalem et dans ses environs ; les nuits peuvent être glaciales. Les bergers, en Palestine, ne passent pas les veilles de la nuit « à la belle étoile » pendant la période hivernale. Les animaux sont parqués dans des enclos parfois couverts qui sont surveillés par les bergers logés sous tente. D’après le verset huit du deuxième chapitre de l’Evangile de Luc, l’automne n’avait même pas commencé.

b) La Bible ne nous dit rien sur la période de la naissance de Jésus. Ce que nous savons, c’est que Jésus a été crucifié au temps de la Pâque juive (Jean 18 : 39). Qu’il avait environ trente ans quand Il a commencé son ministère (Luc 3 : 23) et que celui-ci a duré trois ans et demi. D’après ce calcul, Jésus pourrait être né vers le début de l’automne.

c) Le temps du recensement (Luc 2 : 1-5) : Rien ne nous autorise à penser qu’il ait eu lieu au milieu de l’hiver. Au contraire il est vraisemblable qu’il se soit déroulé pendant la période de septembre, à la fin des moissons, lors de la fête des Tabernacles qui avait lieu à Jérusalem. Ce qui expliquerait pourquoi Marie accompagnait Joseph et qu’il n’y avait plus de place pour eux dans la ville (Luc 2 : 7). Selon l’historien Josèphe, Jérusalem était normalement une ville de 120’000 habitants, mais durant les fêtes, elle pouvait atteindre parfois plus de deux millions d’habitants avec ses alentours. Bethléhem ne se trouve qu’à quelques kilomètres au sud de Jérusalem.

Finalement, l’essentiel n’est pas de connaître la date exacte du jour où Jésus est né, mais bien plus qu’Il est né. Qu’Il est venu dans ce monde pour le sauver. Que Dieu s’est fait homme et qu’Il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité.

Jusqu’au IVe siècle, il y avait différentes opinions au sujet de la date de la naissance de Jésus.

Ce n’est que vers la fin du IVe siècle que l’Eglise catholique romaine a commencé à observer le 25 décembre comme la date d’anniversaire de la naissance du Christ.

En l’an 354 fut fêté pour la première fois à Rome le jour de Noël. Cette période coïncide avec l’institution du christianisme comme religion d’état, sous le règne de l’empereur romain Constantin.

L’observation des 24 et 25 décembre trouve sa source dans beaucoup de traditions et coutumes païennes... Beaucoup de traditions et de coutumes païennes qui ont trait au soleil, ont été ainsi christianisées. On peut voir la confusion qui en a résulté : Tertullien et Augustin durent dénoncer la fausse identification qu’on attribuait à Jésus : Jésus était Sol, le dieu Soleil.

Conclusion

Je comptais rédiger une dernière partie pour insister sur le caractère essentiel de Noël : une fête religieuse de l’espérance. Mon article étant déjà assez long, je rédigerai un autre texte sur ce sujet spécifique pour l’an prochain.

Jacques Serieys

Le Front de gauche et les chrétiens

Fêtes annuelles Noël, Carnaval, Pâques, 1er mai, St Jean, Toussaint...

Sitographie :

Source :

http://www.viecatholique.com/noel-f...

http://www.biblecoran.net/t79-les-o...

http://www.na-strasbourg.fr/oinaf/a...

http://www.ledevoir.com/non-classe/...

http://www.nouvelles.umontreal.ca/c...

http://fr.wikipedia.org/wiki/No%C3%ABl


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