Régionales en Midi Pyrénées Réunion unitaire du 6 octobre 2009. Compte rendu très détaillé : contributions liminaires, interventions, conclusions

mardi 12 septembre 2017.
 

Mardi 6 octobre 2009, la coordination régionale Midi Pyrénées du Parti de Gauche a invité PCF, NPA, FASE, GU, Alternatifs, CUAL à une réunion unitaire Salle du Sénéchal, Toulouse.

Cette première prise de contact est une réussite au niveau de la participation : 47 présents, excellente représentation des 8 départements de la région, débat constructif entre des organisations qui n’avaient pas fait les mêmes choix depuis fin 2006, en particulier pour la FASE, PCF, NPA.

Le PG était représenté par des animateurs des comités de ses huit départements. Son manifeste pour les régionales a été distribué à tous les participants. Rendez-vous est pris pour dans quinze jours.

Dans l’immédiat, toutes les organisations présentes appellent au soutien des travailleurs de Freescale en grève depuis 1 mois.

Cinq personnes s’assoient à la tribune :

* Jean-Christophe Sellin qui va accueillir les participants et présider la réunion

* David Pellicer (PCF)

* Nadine Stoll (FASE)

* Myriam Martin (NPA)

* Guilhem Serieys (PG)

A) Contributions liminaires PG, PCF, FASE, NPA

A1) Introduction de la réunion par Guilhem Serieys (Bureau National du Parti de Gauche)

La Coordination Midi Pyrénées du Parti de Gauche a pris l’initiative de convoquer cette réunion pour ne pas tarder après la déclaration unitaire nationale. En cette rentrée où les médias nous marginalisent par des thèmes comme les primaires ou l’alliance avec le MODEM, ce texte ouvre une perspective si nous le relayons.

Aussi, je vous remercie d’avoir répondu nombreux à notre appel.

Ces élections régionales ne sont pas un objectif en soi. Elles s’inscrivent dans un contexte de domination du pouvoir de l’argent et de la droite. De grandes résistances s’organisent mais elles sont impuissantées par leur isolement et par le vide politique à gauche :

* conversion du PS à une orientation démocrate

* division de l’Autre gauche.

Ces élections doivent être l’occasion d’un rassemblement des forces anticapitalistes et antilibérales à vocation majoritaire. Cela ne peut être crédible sans une stratégie d’alliance nationale portant dans les régions un programme de rupture avec les logiques capitalistes et productivistes.

Le Parti de Gauche ne demande qu’à être le facilitateur de cette union :

* Cette union, nous ne la concevons pas sans le PCF ou sans le NPA

* Cette union, nous ne la concevons pas sans la dynamique que permettrait la mobilisation commune de toutes les forces ici présentes.

A2) David Pellicer ( Tarn et Garonne, secrétaire régional PCF)

Notre parti s’inscrit dans la durée au sein du Front de Gauche depuis notre appel du 24 octobre 2007.

Nous sommes par ailleurs signataires de la déclaration unitaire du 28 septembre 2009.

Nos adhérents participent actuellement à une phase de discussion sur :

* une plateforme anticapitaliste

* une stratégie pour le 1er tour des régionales

Sur ce deuxième point, notre CN des 24 et 25 octobre décidera d’une proposition nationale qui sera ensuite déclinée par un vote des adhérents de chaque région.

Pour le deuxième tour, notre objectif est évidemment de battre la droite. C’est une nécessité.

J’ajoute que la tête de liste UMP en Midi-Pyrénées sera le Maire de Montauban dont nous connaissons bien la virulence et la hargne idéologique. Face à elle, il faudra une gauche efficace pour gagner.

A3) Nadine Stoll (pour la FASE)

A3) Nadine Stoll (pour la FASE)

Je parle au nom des camarades de la FASE-31 qui viennent de se réunir pour définir leur positionnement de ce soir qui est :

- de co-construire des listes unitaires alternatives les plus larges possibles en souhaitant que le PCF en soit,

- en toute indépendance du PS,

- avec rassemblement avec le PS au 2° tour en fonction du rapport de force et du contenu,

Je tiens à insister sur un point majeur qui caractérise la FASE, celui de transformer la politique en faisant toute la place aux citoyens non encartés, actuellement hors du champ politique. C’est une condition déterminante pour donner une dynamique réelle à l’unité durable.

La Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique est un rassemblement politique né en décembre 2008 qui a pour but d’aider au rassemblement de toutes les forces organisées ou individuelles anticapitaliste, antilibérale et écologiste pour une « gauche alternative ». Ce rassemblement n’a pas pour but de se faire autour de nous mais dans une structure à construire ensemble où chacun-e se retrouve à égalité, sans suprématie.

Les participants restent membres de leurs partis respectifs selon le principe de la double adhésion, ou peuvent être adhérents directs s’ils ne sont membres d’aucune des forces participantes.

Parmi ces forces participant à la FASE, dont la plupart sont représentées ici :

* Les Alternatifs,

* les Communistes unitaires

* la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), pour une alternative au libéralisme,

* le mouvement « Écologie solidaire »,

* Alter Ekolo,

* le Mouvement Utopia

* le MAI, le Mouvement politique pour une convergence des alternatives à la globalisation et pour la sortie du productivisme,

* l’Alternative Démocratie Socialisme (ADS), courant membre de la CAP animé par Marcel Rigout,

Pour info, quelques animateurs de la FASE : Pierre Zarka des Communistes Unitaires, Yves Salesse des CUALs, Clémentine Autain, Patrick Braouezec (député maire, membre du PC), Marcel Rigout (ancien ministre communiste, créateur de l’ADS)"

A4) Myriam Martin (porte parole nationale du NPA, tête de liste NPA pour le Sud-Ouest)

Comme vous le savez, la réunion du 28 septembre s’est tenue à l’initiative du NPA. Sept organisations sont signataires au plan national ; cependant il est important d’inviter aux réunions les autres forces qui peuvent être concernées comme Lutte Ouvrière, même si c’est seulement en tant qu’observateurs.

Notre calendrier interne est assez proche de celui du PC avec une direction nationale début novembre qui fera le point et précisera une orientation. Un vote des adhérents définira notre position définitive.

Notre objectif est de construire la gauche de la gauche, particulièrement :

* comme Front unitaire dans les luttes

* comme gauche de combat face à la droite

* comme gauche porteuse d’un programme répondant aux besoins et aspirations de la population

Nous sommes engagés dans le processus unitaire ; pour qu’il aboutisse, il ne faut pas esquiver les débats entre nous, mais au contraire les approfondir, par exemple :

- sur le programme

- sur la question du deuxième tour

- sur la gestion des régions, bilan et perspectives.

B) Interventions complémentaires introductives : CUAL, Alternatifs, Membre de l’Alternative Midi Pyrénées

Jean-Christophe Sellin remercie plusieurs membres de l’Alternative Midi Pyrénées pour leur présence de même que le Collectif Unitaire AntiLibéral de Toulouse Centre.

Il leur demande s’ils souhaitent intervenir avant de donner la parole à la salle

B1) Joël Trottard (pour le Collectif Unitaire AntiLibéral de Toulouse Centre)

Notre position est modeste et claire. Nous ne pesons pas réellement pour la réussite du processus unitaire entre les principales organisations ici présentes. Nous souhaitons que cette unité se réalise ; si elle avance, nous serons à vos côtés.

Depuis 2005, l’unité de la gauche antilibérale et anticapitaliste est nécessaire. A chaque fois que nous retardons cette unité, quel que soit le prétexte ou quelle que soit la raison, nous renforçons la droite et le Capital.

L’indépendance vis à vis du PS est un premier acte indispensable et jouable. Il ne faut pas faire de procès d’intention sur ce point ; les militants actuellement au PG qui en sont sortis ne pouvaient pas plus marquer leur indépendance qu’en sortant et en créant un autre parti.

Le Parti socialiste est en crise dans des conditions qui laissent une large place à une gauche de la gauche si elle se donne les moyens d’être lisible.

Cette élection régionale du printemps 2010 est le dernier carrat pour réaliser cette unité dont la nécessité est ouverte depuis 2005.

Le peuple de gauche est mûr pour que PC, PG, NPA soient ensemble pour cette élection et cette unité pour le 1er tour n’affaiblit pas la gauche pour le 2ème tour, au contraire.

Deux exemples viennent d’illustrer ce contexte favorable si nous savons être à la hauteur :

* la votation sur la Poste

* le succès de Die Linke

B2) Jean Falco (Alternatifs, Gers)

Je m’inscris totalement dans l’intervention précédente du CUAL.

Il n’est pas inutile d’avoir en mémoire les divisions depuis 2005 à 2009 en passant par 2007 pour clarifier l’enjeu auquel nous faisons face :

La division jusqu’à quand ?

Jusqu’à une situation du type italien actuel dont profite un Berlusconi ?

Les différentes crises du Parti Socialiste et recompositions de la gauche ne gonfleront pas nécessairement la gauche de la gauche si nous désespérons nos propres amis par nos divisions. Le projet électoral de Cohn Bendit, par exemple, peut prendre chair.

Heureusement, nos organisations nationales ont signé une déclaration unitaire ce 28 septembre. Elle acte un accord sur l’essentiel de toutes les forces de la gauche de gauche.

Vu le contenu et les signatures de ce texte du 28, rien ne justifierait demain une nouvelle division.

La question de l’unité est primordiale.

B3) Jean Paul Damaggio, Membre de l’Alternative Midi Pyrénées

En tant que membre de l’Alternative Midi Pyrénées, je m’exprime ici à titre individuel. Merci aux organisateurs malgré les imperfections du lancement de cette soirée. Il était temps qu’elle se tienne.

Quand on tire un bilan des expériences passées, une évidence s’impose : il faut partir assez tôt pour être crédible vis à vis des citoyens.

Il faudrait donc s’orienter ce soir vers des décisions comme par exemple une équipe régionale unitaire et un appel régional.

Aux régionales, l’union PG PCF a dit "on démarre et ceux qui veulent nous rejoindre seront les bienvenus". Aujourd’hui, sur la base du communiqué PG NPA de juin dernier, il faut avancer.

Le PCF était face à 3 choix en 2004 (liste autonome, avec liste PS, avec liste alter). Les votes avaient eu lieu le 12 décembre et le 16 janvier ; c’était beaucoup trop tard.

Aujourd’hui, les discussions montrent 4 choix pour le PC : liste avec le PS, liste autonome, liste avec le seul PG, liste avec toute la gauche de gauche. J’espère que le choix sera fait assez rapidement sinon nous serons obligés d’avancer quand même.

C) Interventions dans le débat

C1) Jean Moxhon, FASE

Je pense que nous allons arriver à constituer des listes unitaires ; donc discutons aussi du contenu de la campagne à mener. Il faut insister sur le fait qu’on apporte quelque chose de nouveau :

* pour un nouveau mode de développement, par exemple dans l’agriculture

* pour un rééquilibrage de la fiscalité et une meilleure répartition des richesses

C2) Serge Lagriffoul, PG Hautes Pyrénées

J’interviens pour essayer de rompre la glace parce que, pour le moment, l’ambiance manque d’enthousiasme. A mon avis l’essentiel, c’est de partir des reculs que nous subissons. Ces reculs se poursuivent alors qu’un nombre important de luttes sociales ont eu lieu depuis un an. Vu les dérives du social libéralisme, si nous ne nous sentons pas responsables ensemble de l’urgence démocratique à trouver un débouché à ces luttes, ce n’est pas la peine de nous réunir.

Pour éviter de nouveaux reculs et de la démoralisation, il nous faut au moins planter ensemble des perspectives politiques dans le paysage, avec le meilleur rapport de forces possible pour nous au premier tour des régionales et si possible après un débouché politique partiel par une victoire de la gauche au deuxième tour et une pratique politique répondant aux besoins des habitants.

Comment ? Lors de la campagne des européennes, nous avons fait campagne ensemble avec le PCF et Gauche Unitaire. Mais, sur les marchés, si le NPA distribuait son tract un peu plus loin, les gens ne comprenaient pas.

"Les clefs sont dans vos mains", dit-il en conclusion à l’adresse des dirigeants des organisations.

C3) Stéphane Borras, NPA

"Les clefs sont dans les mains de tout le monde".

Sur les luttes. Depuis 1995 et 2003, il n’y a pas eu de grande lutte ; or, le développement des luttes est plus important que la recherche d’un débouché politique théorique.

Je suis très satisfait par la déclaration unitaire nationale mais ce n’est pas une raison pour esquiver les questions qui fâchent :

* quel programme de premier tour pour proposer des ruptures avec le système en place ?

* un accord technique de 2ème tour ? Même avec Frêche ? Même si le PS fait aussi alliance avec le MODEM ?

* quelle sera notre crédibilité si le PCF fait alliance dans certaines régions avec le PS et dans d’autres avec nous ?

* comment faire campagne ensemble sans discuter d’un accord prolongé pour après le deuxième tour ? quel bilan de la gestion précédente ?

C4) Sylvie Lorthois, CUAL

La campagne du Non de gauche en 2005 fut un grand moment où nous avons touché les citoyens en profondeur. Elle aurait pu servir de tremplin pour construire un rassemblement populaire de masse. Je pense que nous avons ensuite raté des échéances et gâché nos efforts.

J’étais candidate pour les dernières législatives. Je crois avoir obtenu un bon résultat avec mes camarades (plus de 5%) mais la division parmi les forces de la gauche de gauche amoindrissait beaucoup la portée de nos messages.

Dans cet échec, il y a évidemment des responsabilités particulières, par exemple du NPA, à mon avis, entre 2005 et 2007.

C5) Claude, communiste unitaire, membre de la FASE

Depuis 20 ans, il y a un déficit d’audience de nos courants dans les milieux populaires. Nous avons aussi un déficit de notoriété. Les renoncements après 1981 puis la chute du Mur de Berlin sont passés par là. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à la pauvreté du discours politique et même à un essai d’évitement du débat politique par les principaux médias.

Heureusement, d’autres signes peuvent nous inciter à un certain optimisme : avec l’expérience de la votation pour la défense de la poste nous avons la preuve qu’il existe un potentiel électoral permettant de peser sur les rapports de force.

La déclaration unitaire du 28 peut constituer le point de départ d’un rassemblement apte à conquérir une réelle notoriété si nous nous en donnons les moyens.

C6) Fanny, NPA

Personne n’a oublié la dynamique de 2005. Les responsabilités dans l’absence d’unité ensuite me paraissent beaucoup plus complexes et plus partagées que ce qu’a dit Sylvie.

Personne n’a oublié non plus l’extraordinaire lutte de 2006 contre le CPE. Et là, le problème n’était pas celui de discussions unitaires mais d’être dans la lutte, de soutenir la lutte. C’est pareil aujourd’hui avec des luttes ouvrières comme Molex ou Free Scale. Pour avancer ensemble, il faut aussi que nous soyons ensemble dans les luttes et aux côtés des luttes.

Pour ce qui concerne les régionales, je tiens à insister sur un point : Unité oui, mais pas d’accord au rabais ; cela créerait plus de problèmes pour mener campagne que cela n’en résoudrait.

C7) Jacques Serieys, coordinateur régional du PG

Oui, la campagne du non de 2005 comme la lutte contre le CPE, ont montré les forces disponibles contre l’Europe des marchands et des spéculateurs, contre la précarisation de la jeunesse, des salariés et des milieux populaires. Dans cette aspiration à un autre monde, luttes sociales et luttes politiques (dont le terrain électoral) s’alimentent. Nous n’aurions sans doute pas réussi 2005 aussi bien sans les luttes de 2003 ; la lutte du CPE de 2006 a aussi bénéficié de l’élan créé en 2005. Mais dans ce contexte, nous militants engagés et souvent expérimentés, n’avons pas été à la hauteur. Comment l’être aujourd’hui ?

Il faut surtout éviter deux écueils :

* croire que les luttes et la dynamique unitaire des mouvements, des comités, des "inorganisés"... peuvent remplacer les organisations comme le PC, le NPA ou le PG. Cette croyance, en partie manipulatrice, a pesé lourd dans les ratés pour les présidentielles avec la candidature présentée comme "unitaire" de José Bové.

* croire qu’une organisation, PC, NPA, PG,... émergera pour fédérer les forces actuellement disponibles dans le combat pour que le monde ne soit pas une marchandise. Lisant régulièrement la presse et les sites internet de ces forces, il ne fait pas de doute que des tentations tacticiennes et même sectaires y existent. Cela donne " il faut jouer les unitaires mais se débrouiller pour en exclure le PC" ; d’autres " il faut jouer les unitaires mais se débrouiller pour en exclure le NPA"etc. Or, sans le PC, sans le NPA ou sans le PG, la crédibilité politique de notre rassemblement serait nettement affaiblie et illusoire.

Les bases politiques antilibérale, anticapitaliste, internationaliste, féministe, écologiste... d’un rassemblement des forces présentes existent-elles ? Bien sûr, plus que nulle part ailleurs dans le monde, même si des désaccords peuvent subsister sur tel ou tel point.

Ne ratons pas l’occasion de cette unité possible et nécessaire pour les régionales. Nous n’aurons pas une autre chance de transformer l’essai de 2005. Nous n’aurons pas une autre chance de nous hisser à la hauteur des enjeux internationaux actuels.

C8) Yvette Frot, PG Tarn et Garonne

Tout à fait d’accord avec les interventions précédentes sur la complémentarité entre luttes sociales et rapport de force électoral, sur la complémentarité entre unité politique de nos forces et possibilité de soutenir, développer le rapport de force social.

Je veux aussi répondre à Stéphane Borras. Si jamais (et je ne le souhaite pas) Frêche était tête de liste du PS dans sa région, est-ce qu’un désaccord sur la fusion avec lui au second tour justifierait qu’on ne passe pas d’accord entre nous ailleurs ?

Je veux aussi, modestement, appeler à la responsabilité de nous tous. Déjà que les citoyens sont assez fâchés avec le politique, si au sein de la gauche de la gauche on choisit de s’allier une fois avec les uns une fois avec les autres, on choisit une fois une stratégie comme ci et une fois une stratégie comme ça, nous risquons fort de perdre toute crédibilité, et les uns et les autres.

Quel objectif urgent se présente à nous dans l’immédiat ? réussir le meilleur score possible au premier tour des régionales pour peser sur le programme puis sur la politique pratiquée par la gauche. La qualité politique de la fusion pour le second tour dépend plus de notre score que d’hypothétiques désaccords entre nous ; cela implique aussi une victoire au second tour.

Enfin, à l’adresse du PCF, je ne comprends pas pourquoi aujourd’hui il paraît freiner des quatre fers. Il serait incohérent d’avoir joué un rôle central dans la campagne unitaire du Front de gauche en 2008 puis de ne pas participer à une liste largement unitaire possible en 2009.

C9) François Canesin, PCF 31

Tant de sollicitude m’émeut.

Les gens répondent aux questions qu’ils se posent et qu’on leur pose. Quel contexte politique pèse aujourd’hui ? La crise, les licenciements, les bas salaires, la précarité, les injustices sociales. Que pouvons-nous faire ? Créer des môles de résistance, points d’appui pour la transformation. Sur une telle orientation, la question des contenus est effectivement importante. Quand une entreprise comme Freescale reçoit des fonds régionaux et qu’ensuite les élus ne peuvent rien faire comme aujourd’hui, nous ne pouvons pas être d’accord.

La déclaration unitaire nationale me convient. En Haute Garonne, notre fédération l’a diffusée. Mais ce n’est pas parce qu’on se met d’accord sur un texte national qu’on fait passer le débat dans la population, c’est pour ça que notre parti a pris l’initiative d’ateliers forums.

On ne peut pas dissocier contenus programmatiques et conditions du changement. Il faut aborder d’un même mouvement les contenus et la stratégie. Si ce fond politique national est l’essentiel, que deux ou trois régions pratiquent autrement ne pose pas un problème insurmontable, sauf à vouloir l’utiliser comme prétexte.

C10) Bernard Dedeban, NPA 31

Notre objectif politique, c’est bien de transformer la société à partir des aspirations des gens. Comment articuler ces aspirations, nos propositions programmatiques, la création d’un rapport de force condition du changement et la stratégie politique concrète ? Il est normal que chaque organisation en discute hier, aujourd’hui et demain. Il faut aussi que nous en discutions ensemble d’une façon non secrète.

Il est vrai que les gens attendaient beaucoup après le 29 mai 2005. Nous avons beaucoup déçu, en particulier lors des présidentielles. Il y a eu le brouillage Bové, candidature qui pour certains ici était une candidature pour l’unité et non une candidature unitaire derrière Bové... Il ne faut pas perpétuer cet échec.

Aujourd’hui, il nous faut poser des actes clairs et avancer. Comme disait justement la camarade du PG du Tarn et Garonne, attention à ne pas donner une image de politique politicienne même si en interne, une organisation peut toujours tout justifier.

Parmi les discussions en cours entre nous, une question m’inquiète, celle du type d’accord avec le PS pour le second tour et de la participation aux exécutifs régionaux. Ce n’est pas pour créer un prétexte de division mais pour avancer sans craindre une fragilité de notre attelage dû à un manque de clarté sur ce point qui touche à la fois aux contenus programmatiques et aux conditions du changement. Pour conclure sur ce point : plutôt contre la participation aux exécutifs régionaux mais ouvert à une réflexion collective plus avancée.

J’appartiens à la minorité du NPA mais sur ce point des relations avec le PS, c’est l’accord complet dans notre parti.

C11) Nicole Fréchou (PG 31)

Je viens du syndicalisme et je peux vous assurer d’une chose : les syndicalistes sont souvent très seuls quand une lutte s’arrête et qu’aucune alternative politique crédible n’est capable de relayer l’expérience acquise et la volonté de prolonger le combat face au système en place. Chacun ici est responsable de contribuer à répondre à ce manque.

Le contexte, c’est l’urgence sociale, une vraie urgence sociale. Aussi je ne comprends pas le préalable sur la nécessité d’un accord national au millimètre sur tous les points. Sur Toulouse, on se connaît ; on a lutté ensemble ; des liens sont nés entre nous ; et on ne pourrait pas matérialiser ces liens personnels nés dans la lutte sociale par un travail politique ensemble ? C’est vrai que je suis une militante politique nouvelle mais certaines positions me surprennent.

Je prends le cas du type d’accord avec le PS pour le second tour puis pour la politique du Conseil régional si la gauche est majoritaire. Il est évident qu’il nous faut conserver le droit de dire NON par exemple s’il y a privatisation des cantines... Mais pour garder cette autonomie, commençons par travailler clairement ensemble, là où nous sommes, et alors là, on aura le rapport de force pour porter les aspirations des gens.

C12) Joël Trottard, CUAL Toulouse

C’est vrai qu’il est temps de parler plus concrètement.

Après l’union avec le PG et Gauche Unitaire aux européennes, si le Parti communiste revenait à une alliance avec le PS, ce serait vécu comme un retour en arrière, un retournement d’alliances en mettant en avant quelles raisons ???

Ce n’est pas que le bilan du PS au Conseil régional soit catastrophique. D’ailleurs, au niveau régional, je doute qu’on puisse prouver avoir fait mieux que le PS. C’est une question d’orientation politique face au MEDEF, à Sarkozy, à l’Europe de Barroso, au social-libéralisme.

Ce soir, plusieurs interventions ont commencé par "Que nous disent les gens autour de nous ?" Et bien, ces gens nous disent "Faites 10%, 11%, 12%... Et après, faites pour le mieux". Pour ces gens, la politique réelle commence quand on fait 10%, 11%, 12% ; d’autant plus si on est en position de peser sur la majorité d’une collectivité comme un Conseil régional.

A moins de 10%, on peut jouer à être plus ferme que l’organisation concurrente, plus tacticien que tel autre groupe dans son parti... mais ça ne sert à rien. C’est à mon avis le cas des désaccords tels qu’exprimés par le NPA pour ces régionales.

D) Conclusions de la soirée

D1) Guilhem Serieys, PG

Il faudra affiner le bilan à dresser des politiques du Conseil régional depuis 2004. Oui, ce bilan présente des aspects positifs. Oui, certains aspects posent problème comme les sommes données à la recherche dont on ne peut connaître l’utilisation car il s’agit de partenariats privé public. Oui, des élus de l’Autre gauche ont fait des propositions, mené des politiques que nous pouvons défendre, par exemple en matière de transports durant cette mandature comme durant la précédente (PCF et NPA).

Bien sûr qu’il faudrait faire mieux et qu’on fera mieux ; mais ce n’est pas une question de qualités individuelles des élus ; il faudra une réflexion et un rapport de force collectif ; il faudra aussi une implication citoyenne très supérieure et une capacité à porter des stratégies d’opposition et de rupture également très supérieure.

Je suis d’accord pour essayer d’avancer localement sans tout attendre du national mais l’objectif d’un rassemblement de toutes les forces présentes ce soir est trop important pour prendre le risque de donner des arguments à ceux qui nationalement peuvent attendre la moindre occasion pour faire capoter l’unité.

D2) Nadine Stoll, FASE

Oui, il faut un accord national mais il faut aussi conserver la souplesse nécessaire pour débloquer les situations régionales. Vu les interventions de ce soir, je pense qu’on peut s’entendre sur un appel régional et se revoir dans quinze jours.

D3) David Pelicer, PCF

Je remercie le Parti de gauche d’avoir convoqué cette réunion. Je tire un bilan positif des discussions de ce soir car elles ont permis de casser certaines images qui se colportent hors de chaque organisation.

Je ne peux retenir l’expression "Le PCF freine des quatre fers". Nous avons des statuts. Certains nous reprocheraient un manque de démocratie interne et voudraient qu’on passe au dessus des droits de nos adhérents à la première occasion. A la place de l’ex centralisme démocratique critiquable, il y a chez nous un fonctionnement démocratique que nous tenons à respecter.

Je voudrais aussi répondre à plusieurs interventions de ce soir :

* Oui, nous ne pouvons pas et nous ne devons pas désespérer longtemps Villemur

* Oui, les rapports de force évoluent en Europe avec des aspirations de masse au changement. On voit bien ce qui se passe en Allemagne, au Portugal comme dans d’autres pays.

* Oui, il va falloir apporter ensemble ce type d’offre politique même si cela va nous demander aux uns et aux autres un maximum de clarté, de conviction et de responsabilité.

* Oui, c’est possible parce que nous sommes tous ici réellement d’accord "pour se battre contre les forces de l’argent"

* Oui, il faut aller aux élections régionales pour avoir des élus. Sans un rapport de force électoral et des élus, on n’existe guère politiquement pour nos concitoyens

* Oui, il faut discuter de la question des exécutifs. Je pense qu’en règle générale, il est utile d’y participer, mais il faut aller par exemple vers une nouvelle gouvernance des régions par des processus de démocratie participative.

D4) Myriam Martin, NPA

Je ne suis pas d’accord pour crier Unité ! Unité ! Unité ! et qu’après ça se passe comme dans les Collectifs Unitaires à l’automne 2006. Unité, oui, mais sans évacuer les problèmes.

Je préfère parler sans détour. Fille de communistes, j’ai pu constater les désillusions produites par les expériences gouvernementales de ce parti. Pour moi, il n’est pas question de décevoir en faisant un bout sur ce chemin. Pas question non plus d’anticiper tel ou tel résultat électoral.

Il ne faut pas d’ambiguïtés mais le plus possible de clarté. La clarté aujourd’hui, c’est l’accord national défendu aussi bien par nous, les Alternatifs et le PG.

Je veux bien partir d’un point : Nous n’avons pas été à la hauteur depuis 2005 vis à vis des travailleurs, vis à vis des peuples du monde. Comment l’être à l’avenir ?

Oui, on peut créer une dynamique au 1er tour des régionales si nous sommes ensemble, nous tous qui sommes ici ce soir.

Mais je le répète : je n’ai pas envie qu’on déçoive. nous ne mettons pas de préalable mais nous soumettons des questions au débat. Pourquoi ? parce qu’il est important de se mettre d’accord avant, pour faire campagne ensemble après de façon plus homogène et plus offensive, sans décevoir par la suite. Se mettre d’accord avant par exemple sur le contenu : un exemple, pas d’argent pour les lycées privés !

Je termine sur une note plus optimiste. Oui, on pourra reconstruire une gauche de combat.

E) Perspectives dégagées par la réunion

Jean Christophe Sellin qui a présidé la réunion propose d’une part une nouvelle réunion, d’autre part un communiqué régional court pour la presse à partir d’extraits de la déclaration unitaire nationale.

François Canesin (PCF 31) s’oppose à l’idée de ce communiqué "Nous défendons tout le texte et non des extraits"

Dans l’immédiat, toutes les organisations présentes

* s’entendent pour rester en contact et sur la perspective d’une nouvelle réunion

* appellent au soutien militant des travailleurs de Freescale en grève depuis 1 mois.

F) Midi-Pyrénées : Déclaration unitaire FASE, Gauche Unitaire, Alternatifs, NPA, PCF, Parti de Gauche

Cliquez sur le titre pour y accéder.

G) Lettre d’invitation à la réunion

Parti de Gauche Coordination régionale Midi Pyrénées

A

PCF, NPA, FASE, GU, Alternatifs, CUAL

Chers camarades,

Suite à la signature ce 28 septembre par nos organisations nationales d’une déclaration unitaire, nous vous invitons à une réunion ce mardi 6 octobre, Salle du Sénéchal à Toulouse, à 20h45, pour en discuter et envisager des prolongements concrets pour notre région.

Nous vous proposons un nombre maximum de quinze personnes par délégation d’organisation :

* pour que chacune puisse représenter les huit départements de la région si elle l’estime utile

* pour que le nombre total de participants permette une bonne ambiance de travail

Nous pourrions commencer par des interventions de 10 minutes durant lesquelles chaque organisation pourrait introduire son point de vue.

Nous n’avons pas cherché tous les contacts dans les départements, aussi nous vous proposons de relayer cette information en région dans l’intérêt de notre démarche commune.

Avec nos amitiés militantes,

Pour la Coordination régionale Midi Pyrénées du Parti de Gauche

Guilhem Serieys Jean Christophe Sellin


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