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Avant ce Concile, le christianisme est constitué de communautés locales se réunissant en assemblées (ecclesia) autonomes de fidèles, dirigées chacune par un évêque (episcopos). Les croyances et rites sont divers. Ces groupes ont plus ou moins rompu avec le judaïsme. Il n’existe donc pas d’Eglise primitive mais un christianisme primitif avant son unification et son institutionnalisation au Concile de Nicée.
En 324, Constantin réunifie formellement l’empire romain par sa victoire sur Licinius à Andrinople. Cependant, les dissensions profondes entre tendances du christianisme constituent un ferment permanent de discorde (en particulier la querelle de l’arianisme). Pour souder l’empire au plan religieux comme au plan politique et militaire, l’empereur convoque toutes les communautés au Concile oecuménique de Nicée (actuellement en Turquie sur la rive orientale du Bosphore). Ce rôle de Constantin dans la tenue du concile est évident puisqu’il le convoque, en fixe les modalités et en préside de nombreuses séances. Le pape n’est pas présent.
Constance Chlore avait protégé les chrétiens lors de la persécution de Dioclétien. Son fils Constantin se serait converti au christianisme lors de la bataille du pont Milvius en 312. Cette décision n’a pas été rendue publique ; pourtant il convoque un concile dès 313 pour condamner les donatistes qui mettent en danger les classes dominantes de l’empire. De 313 à 325, le christianisme accepte d’être sous la coupe de l’empereur et en profite largement. Si le concile de 313 avait pour but de réduire les donatistes, celui de 325 est réuni afin de réduire les disciples d’Arius pour qui le Fils (Jésus) est subordonné au Père, seul vrai Dieu.
Du 20 mai au 25 juillet 325, Constantin impose plusieurs clarifications pour commencer à installer le christianisme comme religion unifiante d’Etat.
* Le principal débat porte sur la nature divine ou pas de Jésus par rapport à Dieu le Père (Arius est présent dans les débats). En affirmant l’unité et la consubstantialité des trois Personnes de la Sainte Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit, le Concile de Nicée établit un dogme fondamental du christianisme.
* La date de Pâques, résurrection de Jésus après son calvaire sur la croix, est fixée au premier dimanche après la pleine lune de printemps. Longtemps, des communautés chrétiennes primitives ont fêté à Pâque (pleine lune de printemps) le sacrifice de l’agneau symbolique, héritage du judaïsme.
* Le Concile valide la sanction d’excommunication et en étend la portée par l’anathème, sorte d’excommunication universelle...
* Le Concile établit une sorte de hiérarchie institutionnelle
* Enfin, le Concile unifie le dogme par le Credo :
Nous croyons en un seul Dieu,
le Père tout Puissant,
Créateur de toutes choses
visibles et invisibles,
et en un seul
Seigneur Jésus Christ,
le Fils unique,
c’est-à-dire, le Fils de Dieu,
né du Père
comme Fils unique,
c’est-à-dire né
de la substance du Père,
Dieu né de Dieu,
lumière née
de la lumière,
vrai Dieu né
du vrai Dieu,
engendré, non pas créé,
consubstantiel au Père,
par qui tout a été fait,
ce qui est au ciel
et ce qui est sur la terre,
qui, pour nous les hommes,
et pour notre salut,
est descendu
et a pris chair,
s’est fait homme,
a souffert et
est ressuscité
le troisième jour,
est remonté aux cieux,
d’où il viendra juger
les vivants et les morts,
et dans le Saint-Esprit.
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