Parti socialiste et Europe : mensonges et gros bras 14 mai 2014

samedi 20 octobre 2018.
 

D’ordinaire, quand on parle de « gros bras », on pense à ceux du Front national ou bien encore...

Dorénavant, il faudra aussi parler des « gros bras » du Parti socialiste. Et ceux-là défendent une politique de droite qui n’ose pas dire son nom. Ainsi, moi, non pas président, mais Robert Mascarell, 72 ans, 1,70 mètre, 70 kilogs tout mouillé, je suis passé tout près d’en faire les frais. Dans ma chair. Comment ? Je m’en vais vous narrer la chose.

Article original : http://robertmascarell.overblog.com...

Ce mardi soir là, le Parti socialiste organisait à Rodez une réunion publique pour parler d’Europe, disait l’affiche, avec les deux premiers de sa liste à l’élection européenne du 25 mai prochain, pour la région grand Sud-Ouest. J’ai nommé, à ma « gauche » : Virginie Rozière, n° 1, membre du Parti radical de gauche, à ma droite, Eric Andrieu, n° 2, député européen « socialiste » sortant.

Alléché à l’idée de pouvoir enfin débattre de l’Europe avec les socialistes, j’ai entrepris de me rendre à cette réunion ouverte au public. 60 à 80 personnes, 100 à tout casser, c’est bien le mot, garnissaient la salle des Fêtes de Rodez. J’ai connu cette salle bondée de 1 000 personnes pour la venue de Jean-Luc Mélenchon, il y a six mois. Bref, l’ambiance était tristounette.

Je passe sur les mensonges et surtout sur l’inculture économique de Christian Teyssèdre, maire « socialiste » de Rodez et, à ce titre, puissance accueillante.

J’en arrive à l’intervention des deux vedettes de la soirée : Eric Andrieu, en vedette américaine, Virginie Rozière, en vedette principale.

De l’intervention d’Eric Andrieu, il n’y a rien à dire. L’homme est sympathique, mais de sa bouche coule un long filet d’eau tiède, exprimé en phrases correctement construites, mais dont rien ne ressort. Bref, cet homme paraît manquer d’envergure.

Le discours de sa tête de liste est plus musclé. Les propos qu’elle tient tintinnabulent même agréablement à mes oreilles d’homme de gauche. Elle est pour un SMIC européen, contre toutes les formes de dumping, pour la mise en place d’un socle de protection sociale commun à toute l’Europe, une fiscalité harmonisée, contre la fraude sociale.

Après les discours (pas exagérément longs) le débat. Les questions ne se bousculent pas au portillon. J’interviens en quatrième position. Après avoir exprimé mon accord avec ses propos, je rappelle à Virginie Rozière que tout ce qu’elle a proposé est fort bien, mais n’est pas possible dans l’état actuel du traité de Lisbonne, où, dans une foultitude de domaines, les harmonisations sont interdites. Notamment en matière sociale, fiscale et environnementale.

En réponse, Madame Rozière nie et dit, en substance, qu’il s’agissait, de ma part, d’une interprétation du traité de Lisbonne. J’ai le traité de Lisbonne sous les yeux, je lui donne donc aussitôt les numéros des articles où, très directement, donc sans autre interprétation possible, il est écrit noir sur blanc tous les domaines où les harmonisations sont interdites. Pas démontée, mais bifurquant en recul vers un autre argument et commençant à montrer son agacement, Madame Rozière me dit alors que le groupe socialiste au Parlement européen proposera de modifier le traité de Lisbonne. Je me permets alors de lui faire remarquer que cette proposition ne figure nullement dans le programme du Parti socialiste pour cette élection.

Chacun de vous pourra aller le vérifier en lisant le Manifeste du PSE (Parti socialiste européen) signé le 1er mars 2014, entre autres par le Parti socialiste français, intitulé « Pour une nouvelle Europe ». Il suffit pour cela de cliquer sur le lien suivant : http://nathalieconan.blogspirit.com...

A mon grand dam, j’ai fait la remarque de trop. Aussitôt, un sbire du Parti socialiste, larges épaules et front bas, est venu m’intimer l’ordre de quitter la salle. Etait-ce spontanément ? Etait-ce sur ordre ? J’ai évidemment refusé, lui expliquant que je n’avais insulté personne, ni porté d’attaques personnelles, ni menacé, ni fait de geste inconsidéré, que je ne faisais que de m’inscrire dans la thématique de cette soirée : parler d’Europe. Ce que voyant, le sbire s’est alors planté devant moi, me tournant le dos, littéralement collé à moi, de manière à m’empêcher de voir la tribune et de participer au débat.

Pendant tout cet échange, un certain Pierre Pantanella, ci-devant premier secrétaire de la fédération du Parti socialiste de l’Aveyron, a vociféré à mon encontre « Fermez votre gueule ! ». J’ai compris à ce moment-là, que rien de ce qui se passait n’était spontané. Tout était délibéré.

Avisant un siège vide à côté de moi, il n’y avait pas beaucoup de monde, je m’y suis installé calmement pour me dégager la vue et de cette promiscuité oppressante. Le nervi s’est à nouveau mis devant moi. Là, deux autres bas du plafond, aux épaules aussi larges que le premier, sont venus lui prêter main-forte. A tous les trois, ils m’ont empoigné pour me sortir manu-militari de la salle de réunion. J’ai évidemment résisté, me carrant le plus vigoureusement possible au sol, m’agrippant à mon siège. Ils ont réussi, tant bien mal, à me déplacer de quelques mètres. Heureusement pour mon intégrité physique, Stéphane Mazars, sénateur Radical de gauche, adjoint au maire de Rodez, avec qui je suis ami depuis de nombreuses années, dans le respect mutuel de nos convictions, s’est avancé vers mes agresseurs et, calmement leur a demandé de me lâcher, souhaitant parler avec moi. Ils se sont exécuté, mais se sont érigés en cerbères de ma personne.

Stéphane Mazars et moi avons parlé, celui-ci pensant qu’il devait me calmer. En quoi, il se trompait, puisque j’étais certes ému après une telle agression, mais toujours maître de mes mots, de ma pensée et de mes gestes. Un autre homme, d’un certain âge, probablement membre du Parti socialiste, s’est avancé vers nous, très calmement. Nous avons parlé ensemble, dans le plus grand respect. A Stéphane, comme à cet homme j’ai dit mon indignation des mensonges grossiers proférés par Virginie Rozière. J’ai appris ensuite qu’en plus d’être une technocrate, descendue directement des couloirs de l’administration européenne à Bruxelles dans notre région, elle était aussi une polytechnicienne. Rétrospectivement, je me suis dit que, décidément, Polytechnique n’était plus la grande école que je croyais. Avec cette jeune femme, nous avons affaire à une intelligence poussée hors sol, abreuvée de statistiques.

Pendant toute cette conversation de quelques minutes à trois, les trois butors me flanquaient toujours de très près. A la fin de la discussion, ils ont eu la prétention de me faire assoir à l’écart de l’auditoire. J’ai fermement refusé, d’autant plus que mes affaires étaient restées à ma place initiale, au 2ème rang du public. J’y suis donc retourné, mais toujours flanqué d’un nervi (les deux autres se sont éloignés).

Interdit de parole, je ne me suis pas privé de lancer tout haut, à la cantonade, chaque fois que nécessaire, le mot adapté pour faire pièce aux propos mensongers et démagogiques de Virginie Rozière. Et là, autre incident, notre haute intelligence a prétexté de mes interpellations pour me faire un procès en sexisme, parce que, a-t-elle dit à l’auditoire, j’étais resté silencieux pendant que s’exprimait son colistier Eric Andrieu. Cette sotte n’a même pas été capable de comprendre que mon silence aux propos d’Eric Andrieu valait au minimum indifférence de ma part, compte tenu de la vacuité de la pensée de celui-ci. En réalité, par mes interpellations, je la valorisais, je lui reconnaissais au moins une pensée structurée, avec laquelle j’exprimais certes mon désaccord, mais qui existait.

Cette finesse psychologique ne lui a pas été enseignée à l’école Polytechnique. Dommage pour elle !

D’ailleurs, pour donner la pleine mesure de sa finesse psychologique, cette jeune femme encore mal dégrossie par la vie, a cru devoir se livrer à un petit numéro qu’elle voulait humoristique. Alors que la réunion se terminait, que l’ambiance était moins électrique, elle a voulu rassurer le public d’un tonitruant « Je suis ceinture noire, 3ème dan de judo ». Insondable médiocrité, qui devrait lui valoir le 4ème dan, au moins, dans le domaine de la bêtise.

La leçon de cette soirée mouvementée, raccourcie en catastrophe par ses organisateurs, c’est que le Parti socialiste est dans un tel état d’affolement devant l’impopularité grandissante de sa politique, qu’il croit pouvoir trouver son salut dans une fuite en avant incessante, c’est-à-dire vers toujours plus de « libéralisme ». Tout cela, jusqu’à sa chute finale et inéluctable.

Dernière ponctuation de cette soirée, alors que le maigre public avait quitté la salle, je me suis retrouvé avec mon ami Stéphane Mazars qui, je l’espère avec humour, m’a demandé si j’avais présenté mes excuses à Virginie Rozière. Je lui ai répondu que si quelqu’un devait s’excuser c’était elle et non moi. Je n’ai agressé, ni menacé personne. Je n’ai fait qu’exercer mon droit de citoyen désireux de débattre de l’Europe, dans le respect des idées opposées aux miennes. Dans la plus pure tradition des réunions contradictoires. Alors que Virginie Rozière, poussée dans ses derniers retranchements et pour se sortir du caractère démagogique des propositions des listes du Parti socialiste, n’hésite pas à mentir effrontément, et a laissé se perpétrer cette agression contre moi, sans mot dire.

Pour vous donner une idée de la dégradation de l’état du Parti socialiste, de sa panique, j’ai un élément de comparaison absolument imparable.

Je suis un vieil habitué des réunions contradictoires. En 2005, à l’occasion du débat sur le traité constitutionnel européen, je me suis invité à de nombreuses réunions organisées tant par le Parti socialiste, que par le RPR (UMP d’aujourd’hui), pour y défendre le Non. Ainsi, j’ai porté la contradiction à Glavany, ex-ministre socialiste de l’agriculture, lors de sa venue à Millau. J’en ai fait de même, à Villefranche-de-Rouergue, pour la venue de Moscovici, qui avait été ministre socialiste des affaires européennes. Certes, je n’étais pas écouté avec sympathie, mais on me laissait m’exprimer, et jamais personne ne m’a agressé, ni menacé.

Il en fut de même avec les réunions du RPR où je suis allé. Ainsi de celle, entre autres, de Jean Puech, ex-maire de Rignac, ex-ministre de Balladur et de Juppé, de celle de Serge Roques, maire de Villefranche-de-Rouergue, député RPR en 2005.

Le Parti socialiste descend aux enfers.


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