Toussaint comme fête des morts

dimanche 6 novembre 2016.
 

Nos lecteurs savent que la fête de Toussaint correspond :

- à la fête catholique de de tous les saints le 1er novembre

- au jour des défunts (2 novembre)

Le 1er novembre étant férié, les familles commémorent leurs morts ce jour-là.

Quelle est l’origine de cette "fête de Toussaint" ?

1) Du culte des morts à la Toussaint

Les rites funéraires datent d’au moins 100000 ans et font partie des plus anciennes pratiques culturelles de l’humanité. Les sépultures de la haute préhistoire prouvent que nos ancêtres croyaient en une vie après la mort ; ils plaçaient dans la tombe le nécessaire pour agrémenter le nouveau séjour du défunt.

« Ces générations primitives ne croyaient pas que l’âme se dégageait de sa dépouille charnelle pour entrer dans une demeure céleste ; elles ne croyaient pas davantage qu’après s’être échappée d’un corps elle allait en ranimer un autre. Elles croyaient que l’âme du mort restait dans le voisinage des vivants et poursuivait à côté d’eux une existence souterraine et mystérieuse. Et c’est pourquoi, à la fin de la cérémonie funèbre, elles l’appelaient trois fois par son nom, trois fois lui souhaitaient de se bien porter, trois fois ajoutaient : « Que la terre te soit légère ! » L’expression a passé jusqu’à nous, comme aussi la coutume du Ci-gît ou du Ici repose qu’on inscrivait sur les monuments funéraires, et que nous continuons d’inscrire sur les tombes de nos morts...

D’après Herbert Spencer, l’ombre mouvante des objets, l’image humaine réfléchie par les eaux, surtout les fantômes évoqués dans le rêve et l’hallucination durent suggérer aux premiers hommes la conception d’un « double », d’un corps subtil, plus ou moins séparable du corps mortel, d’un simulacre survivant à la mort et auquel on donna postérieurement le nom d’âme.

De cette croyance primitive serait dérivée la nécessité de la sépulture. Pour que l’âme se fixât dans sa nouvelle demeure, il fallait que le corps, auquel elle restait attachée, fût recouvert de terre. L’âme qui n’avait pas son tombeau n’avait pas de domicile. Elle était errante et misérable, et c’est elle qui, pour punir les vivants de ne pas lui avoir donné le repos auquel elle aspirait, les effrayait par des apparitions lugubres.

Mais la sépulture ne suffisait point. Et les morts avaient encore d’autres exigences. Si près des vivants, ils ne voulaient pas être oubliés d’eux ; ils requéraient des hommages, des soins particuliers. Volontaires d’abord, ces soins devinrent rapidement obligatoires, prirent la forme de rites. Ainsi se serait établi le culte des morts. Il y avait un jour de l’année surtout qui était consacré chez les anciens à ce culte. »

Source :

http://www.france-pittoresque.com/s...

2) Toussaint, grande fête annuelle traditionnelle

- Cette date de Toussaint s’intègre dans le calendrier traditionnel des fêtes dont l’origine remonte généralement à la protohistoire : Noël, Chandeleur (Carnaval), Pâques, Ascension (et 1er mai), Solstice d’été (Saint Jean), Début août (Transfiguration catholique, Tou Beav juif...), solstice d’automne, Toussaint, Noël. Le délai entre chaque fête est d’environ 40 à 45 jours.

Fêtes de l’année, calendrier, mois et semaines

Durant de nombreux millénaires les rites culturels et religieux humains présentaient un rapport à la fertilité (et fécondité). Toussaint correspond à la fin de la période de fertilité, moment également important dans les mythes liés aux saisons de nombreuses autres civilisations.

Ainsi, les Romains fêtaient à cette date les morts (feralia) et les vivants (caristia). Le poète Ovide donne le récit suivant « Après la visite aux tombeaux et aux proches qui ne sont plus, il est doux de se tourner vers les vivants ; après tant de pertes, il est doux de voir ce qui reste de notre sang et les progrès de notre descendance. Venez donc, cœurs innocents ; mais loin, bien loin, le frère perfide, la mère cruelle à ses enfants, la marâtre qui hait sa bru, et ce fils qui calcule les jours de ses parents obstinés à vivre ! Loin, celui dont le crime accroît la richesse et celle qui donne au laboureur des semences brûlées ! Maintenant, offrez l’encens aux mânes de la famille ; mettez à part sur le plateau des mets arrosés de libations, et que ce gage de piété reconnaissante nourrisse les lares qui résident dans l’enceinte de la maison ! »

3) Toussaint, Grande fête celte

Cette date de Toussaint (1er novembre) correspondait au Nouvel An des Celtes, leur principale festivité annuelle, celle durant laquelle était rétabli le lien entre les vivants et les morts. Pour plusieurs anthropologues et archéologues réputés, la Toussaint actuelle provient principalement de cet héritage.

Un article de Mediapart intitulé Samain, Toussaint, Halloween : les métamorphoses de la Fête des morts, daté du 31 octobre 2010, apportait les précisions suivantes : « Le calendrier celte était rythmé par quatre grandes fêtes : Imbolc avait lieu début février, Beltaine début mai, Lugnasad début août et Samain début novembre (pour se repérer par rapport au calendrier actuel). Samain était la fête principale. Elle marquait le début de l’année. Selon Guy Deleury, Samain « était une fête de nouvel an, de renouvellement du cosmos, la fête pendant laquelle chaque nation celte réaffirmait sa cohésion et son identité ». Samain rassemblait les femmes et les hommes libres autour de grands brasiers au sommet de tertres. Tournois, courses de chevaux, banquets et sacrifices se succédaient. Samain était une fête joyeuse, grandiose et fantastique : les ancêtres morts étaient censés se mêler aux vivants pour participer à cette nuit de festivité (fest noz). »

4) Toussaint, fête catholique des morts

Elle a été adoptée et instituée par l’Eglise en 1048.

La mode des chrysanthèmes date de la fin du XIXème siècle.


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