CASSE DU CODE DU TRAVAIL : LA MACHINE MACRON RISQUE DE S’ENRAYER... !

dimanche 10 septembre 2017.
 

Casse du code du travail : "Le Gouvernement ne reculera pas devant les manifestations" (sic). Tel est le dernier élément de langage de l’Elysée repris par De Rugy et Pénicaud. En clair, cela signifie : " vous pouvez manifester autant que vous voulez. le Gouvernement ne cèdera pas". Cette phrase est d’un cynisme radical. D’une violence sociale absolue. Elle exprime l’incroyable mépris de l’oligarchie, son arrogance inextinguible pour le Peuple français : juste bon à travailler et à se taire. Un Peuple déjà privés de tous ses droits sociaux dans l’entreprise, résultat de plus de 100 ans de luttes :

1°) L’inversion de la hiérarchie des normes transmue le patron en seul maître avant Dieu dans l’entreprise.

2°) Fusion des institutions représentatives du personnel, pour une représentation syndicale amoindrie, salie, profondément esquintée.

3°) Facilitation extrême des licenciements par un simple jeu d’écriture, le périmètre de la filiale nationale peut se retrouver du jour au lendemain déficitaire, et donc faire l’objet d’un "plan de sauvegarde des emplois"(sic), en clair d’une charrette de licenciements.

4°) Diminution drastique des indemnités de licenciement qui ne peuvent excéder 20 mois de salaire, pour un salarié ayant plus de 20 ans d’ancienneté dans la boite.

Mais, comme aurait dit Camus, "il ne me reste qu’une chose, c’est à vous désespérer". Alors on contingente aussi drastiquement le droit du Peuple à manifester. Commandant pour 22 millions d’euros de gaz lacrymogène : ce qui en dit long sur l’accueil des manifestants les 12 et 23 septembre : bouches du métro fermées au point de départ de la manif, pour rendre son accès plus difficile. Obligation pour chaque manifestant de montrer sa carte d’identité. Grande nasse policière entourant la manifestation. Flicage, gazage, mises en garde à vue, etc. En clair, nous sommes dépossédés de notre droit à manifester, former des groupes spontanés afin de protester sur un point prévis, pourtant constitutionnellement reconnu.

Mais ce n’est pas tout : quelle que soit l’ampleur de la manifestation, on sait dores et déjà que le gouvernement s’assoira dessus. Ignorant cyniquement le rapport de forces de la rue. Son message. Comme d’une broutille sans importance. C’est là où on voit qu’on se dirige vers la dictature, celle de l’oligarchie sur un Peuple violemment mis au rancart.

Claude BOURDET, l’un des initiateurs de la résistance écrit dans ses mémoires : "dans toute société, il y a un équilibre. Même dans les sociétés les plus autoritaires, TOUT N’ EST PAS POSSIBLE. Si un certain degré d’exploitation est dépassé par le groupe au pouvoir, la machine s’enraie. Il y a des révoltes. Celles-ci, même écrasées se répètent. En fin de compte, le régime explose, ou est obligé de changer".(sic), extrait de on ouvrage : "L’aventure incertaine", édition du Félin, 1998.

De la même façon, la machine Macron risque de s’enrayer. Les manifestants durement réprimés, ignorés dans leurs attentes, ne pourront que poursuivre leur mobilisation. Et à terme, avoir la peau d’un régime, où l’oligarchie isolée, sans aucune base sociale, règne en seul maître... !

On sent chez Macron et sa "com" une méconnaissance totale des manifestations de rue, de la colère sociale. Et de tout ce qui se joue au rapport de forces...

Brigitte Pascall


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