Anniversaires : Elvis Presley (16 août 1977), Marilyn, princesse de Monaco, Diana...

samedi 17 août 2019.
 

On vient d’entrer dans une période faste, mes camarades, celle des trucs à fêter. Si l’envie vous tord la cheville de boire un coup à la santé des uns et des autres (santé ? pas si sûr, finalement !), c’est la saison, voyez un peu.

Là, aujourd’hui ou hier, c’est Elvis. 42 ans qu’il est parti se recoiffer dans sa salle de bains, et qu’on ne l’a plus revu. Nous, avec une bande de copains-frangins-cousins-nièces-neveux de tous poils, à Merlimont, on était. Merlimont, c’est là-haut, dans le Nord, pas bien loin du Touquet, le snobisme en moins. Je ne sais plus bien qui s’est pointé en disant : « Le King est mort ! » C’est peut-être bien Michel, sûrement même. Parmi la petite bande, il y en a qui ont pleuré. Pas moi, bizarre. Elvis, ça ne me l’a jamais fait, comme on dit maintenant. Je le trouvais trop ceci, ou pas assez cela ! En tout cas, pour le symbole sexuel, qu’on nous gave avec depuis 37 ans, on repassera. Depuis, on a fait autrement plus costaud, y compris chez nous ! Tiens, t’as qu’à prendre Lavilliers, ça a une autre allure... Donc, trente sept ans... Et pas une minute la ferveur n’a tiédi. Comprends pas. Ils montraient à la télé hier des fans qui s’étaient déplacés jusque là-bas, des années d’économies, ils se faisaient tirer le portrait, tenez-vous bien, avec des sosies. Des sosies d’Elvis... Le summum dans la kitcherie. Des assiettes, des verres, des vases à l’effigie du rocker. Manque plus que la seringue, vu comment il tenait sur la fin... C’est drôle tout de même cette espèce de religion, ça dépasse largement ce qu’on peut imaginer... Vous voyez un peu ce que ça donnerait, un Jésus qui se pointerait là, maintenant, avec tous les moyens médiatiques à sa portée. Pour peu que tu lui colles une guitare, ou un piano, ça marcherait encore mieux que la première fois, non ?

Début août, on a eu Marilyn... Ah Marilyn, la si belle, la si douce, la si fragile Marilyn. Parfois, on se dit : elle serait comment, Marilyn ? Ben, elle aurait plus de 80 balais. Le chic absolu, c’est qu’elle est belle à jamais Marilyn, pas comme Elvis qui a fini pas bien terrible, faut dire. Tous ces lieux communs que je vous écris là, c’est comme un cocktail de banalités trop sucré, hein ? Marilyn, c’était autre chose, souvenez-vous. C’était tant et tant de douleur et d’angoisse et de chagrin. C’était surtout une trop jolie fille sacrifiée sur l’autel de la politique. Pas juste. Tiens, on y reviendra, dans nos rubriques ciné, sur sa carrière, il y a de la matière. Et si vous ne devez voir qu’un seul film, vite, allez louer « Niagara », vous la verrez, dans sa robe rouge, qu’on dirait cousue sur elle, chanter dans la nuit un air d’une tristesse sans fond, vous verrez, c’est là qu’on comprend qui elle était, et surtout pas dans cette scène ignoble qu’on nous repasse en boucle à chaque occasion, je parle de son « Happy Birthday, Mister président... » qu’elle susurrait, ivre de came et de whisky à un Kennedy qui s’en foutait royalement...

Un autre, auquel on ne va pas échapper non plus, tout bientôt, c’est celui de la princesse de Monaco. Ils ont commencé hier au soir. Deux bonnes semaines avant l’heure. Pas de temps à perdre, ça va se bousculer au portillon de la commémoration, alors, faut prendre de l’avance ! On a eu droit déjà à tout le tremblement, la rencontre, pas du tout arrangée, avec le « prince charmant », les fiançailles de papier glacé (comme la demoiselle d’ailleurs, hitchcockienne, c’est tout dire !), le mariage en chantilly, ça dégoulinait de partout, tout comme dans un film de Sissi. Avec là aussi, une fin tragique, virages sur Corniche, et plongeon dans le décor. On a tout bien vu à la télé, les enfants, les larmes du prince (non, je ne suis pas ironique, il crève de peine, c’est humain, là où je ne marche plus, c’est les caméras, ce qu’elles font là...), les voisins, les dames du Palais princier. Le seul qui manquait dans le film, c’était Bernard Langlois, dis donc. Oui, celui de Politis. Vous vous souvenez, c’est après qu’on ne l’a plus vu à la télé. N’avait pas été assez révérencieux pour la défunte, qu’ils ont dit... A quoi ça tient une grande carrière au JT, des fois...

La cerise sur le gâteau, cette année, là, dans quelques jours, c’est le retour de l’accident mortel de Diana. Vous allez vous le retartiner en boucle aussi le pilier du tunnel de l’Alma, et Diana en Afrique, et Diana en Inde, et Diana malheureuse, à cause de son vilain mari, et Diana en mariée, si jolie, bref, vous allez en baver de Diana. Tenez-vous prêts à changer de chaîne plus vite que votre ombre, ça va faire mal ! Ils vont en profiter pour nous reparler des gamins, qui n’en sont plus, et du mari, qui ne l’est plus non plus, et de la belle-mère, qui ne l’aimait pas, et du complot, ouh la ! le complot, ils vont nous le ressortir, sûr, même des agents secrets, ils vont nous trouver. Ah, mais ! C’est l’anniversaire, quand même ! On ne rigole pas avec l’Audimat, en ces temps de morosité boursière !

Bon, voilà, on a quasi fait le tour. Avec tout ça, tout le monde a oublié le mien d’anniversaire, la semaine dernière... Mais aussi, j’avais qu’à être une princesse !

brigitte blang prs 57


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