Nous on peut ! 3 questions à Jacques Généreux

samedi 4 février 2012.
 

Jacques Généreux, pourriez-nous présenter votre dernier livre Nous on peut ?

C’est simple, on est dans une crise épouvantable et toute une série de gouvernements en Europe nous disent qu’on ne peut pas faire autrement que par l’austérité. Apparemment ils ne peuvent rien faire à part taper sur les peuples, baisser les salaires et anéantir le progrès social. Nous on peut faire autrement !

On peut sortir de cette crise par le progrès humain en mâtant les marchés financiers, en reprenant le contrôle des mouvements de capitaux, en réformant la banque de France pour qu’elle puisse créer de la monnaie et financer des banques publics, en interdisant les produits financiers toxiques, et en exigeant que les grandes institutions financières détiennent un portefeuille minimal de titres publics dans leurs comptes.

Récupérer le contrôle de la monnaie tout en restant dans l’euro, on peut ?

Absolument ! Théoriquement c’est interdit par les traités européens. Mais si les traités prévoient des tas de conditions pour rentrer dans l’union monétaire et l’Union européenne, ils ne prévoient aucune condition pour rester. Donc un Etat qui décide de ne pas les respecter parce que c’est contraire à ce que son peuple a décidé par le vote peut le faire. Nous ne sommes ni pour nous soumettre au néolibéralisme ni pour le néofascisme, on est internationalistes. Donc nous restons dans l’Union européenne mais de l’intérieur nous pratiquons cette subversion qui consiste à faire ce que l’on veut, voilà !

Ce que l’on veut c’est réformer la banque de France pour qu’elle puisse créer des euros afin de monétiser la dette et financer un pôle public bancaire au service de projets publics prioritaires. Bref nous reprendrons le contrôle ! C’est une subversion extrêmement efficace après trente de propagande néolibérale visant à faire croire qu’un pays tout seul ne peut plus rien faire. Si, par exemple, la France fait la démonstration que sans sortir de l’Union européenne un gouvernement peut faire une autre politique sans que personne ne puisse s’y opposer, ce serait une révolution dans la représentation des possibles. La démonstration sera faite pour les grecs, les portugais, les italiens, les espagnols, les irlandais etc., que l’on peut faire autrement.

Quelle serait la toute première mesure si nous étions aux commandes de l’économie française ?

Dès qu’un gouvernement progressiste un peu radical arrive quelque part, immédiatement il se heurte au mur de l’argent, en l’occurrence à la spéculation contre les titres de la dette publique. Donc dans les heures suivant l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de Front de Gauche, des décrets d’urgence seraient pris pour reprendre le contrôle des mouvements de capitaux et mettre au pas la finance.

Nous on peut !, Jacques Généreux, préface de Jean-Luc Mélenchon, éditions du Seuil. En vente dans les librairies, 10 Euros.

"Nous on peut !" Le livre–remède contre l’impuissance et la sinistrose chronique ! par Hervé Debonrivage

Jacques Généreux au 2ème congrès du PG : dé-financiariser l’économie

Face à la finance, nous on peut !


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