Retirada 5 février 1939 L’armée républicaine espagnole passe les Pyrénées

samedi 14 juillet 2018.
 

1) La Retirada des républicains espagnols, un exode terrible

Depuis le 26 janvier 1939, les hyènes de l’armée franquiste ont pris Barcelone et y font régner la terreur. Dans de nombreux villages de Catalogne, ils fusillent des républicains sans la moindre procédure. Les viols se multiplient.

Celles et ceux qui s’étaient engagés avec les Républicains fuient en désordre, par un froid glacial, sans ravitaillement : c’est la retirada (retraite, repli).

De nombreuses familles tentent, à la nuit, de rejoindre la frontière par les bois sur 100, 200 kilomètres. En quinze jours, près de 500000 républicains fuient ainsi leur pays livré au fascisme franquiste.

Le 5e chapitre du film La Conquête démocratique en Espagne raconte cette fuite des Républicains espagnols vers la France peu de temps avant la victoire complète de Franco en 1939, leur internement dans des camps en particulier sur les plages proches de la frontière.

https://www.youtube.com/watch?v=TBi...

Le 27 janvier, le gouvernement français décide de rouvrir la frontière des Pyrénées. En trois jours 140 000 républicains posent ainsi le pied en terre française, laissant derrière eux leurs amis, leurs biens et leurs espérances.

Parmi les témoignages et documentaires sur ce sujet, nous conseillons le film "L’exode d’un peuple" de Louis Llech, accompagné par Virgile Goller :

https://www.youtube.com/watch?v=D-D...

2) Les autorités françaises et la "Retirada"

Le gouvernement français du radical Edouard Daladier ouvre plusieurs "camps de concentration" pour parquer et surveiller ces républicains espagnols dénoncés comme des "diables" à exterminer par toute la presse de droite et catholique française.

Le gouvernement français choisit la plage d’Argelès-sur-Mer pour « accueillir » les réfugiés venus de Catalogne. Un camp d’internement est ouvert à la hâte. Plus de 200 000 républicains y séjourneront dans des conditions extrêmes (aucun baraquement, aucun lit, aucune latrine, aucune cuisine, aucune infirmerie, par un froid glacial) avant d’être transférés dans les camps de Saint-Cyprien, du Barcarès, de Bram et du Vernet.

Les conditions de vie y sont tellement inhumaines que 15000 personnes décèderont en moins de 6 mois.

Présentation officielle du Camp de Gurs (Béarn)

https://www.youtube.com/watch?v=wOP...

Les Basques au camp de Gurs : Conférence de JC Larronde

https://www.youtube.com/watch?v=SSj...

Camp de concentration du Vernet d’Ariège :

https://www.youtube.com/watch?v=u0g...

Globalement, l’attitude des autorités française (du gouvernement aux préfets et forces de l’ordre) et leur concrétisation sur place vis à vis des réfugiés espagnols peut être caractérisée comme humiliante, non respectueuse des droits de l’homme, parfaitement indigne.

3) La défaite des républicains espagnols, pourquoi ?

3a) La principale cause de cette défaite, c’est la puissance du fascisme européen de 1936 à 1939 et la grande faiblesse des "pays occidentaux" pour y faire face.

Qui a permis à l’armée de Franco de passer d’Afrique sur le sol d’Andalousie ?

- d’une part l’argent du grand capital comme dans toutes les initiatives fascistes en Europe. En Espagne, il s’agit surtout de l’homme le plus riche du pays : Joan March Ordinas

- d’autre part des riches d’Europe, particulièrement de l’Allemagne nazie.

A qui Franco a-t-il pu acheter les avions qui ont permis ce pont aérien décisif ? A l’Italie de Mussolini.

La France du Front Populaire se trouve parfaitement isolée en Europe occidentale face aux soutiens fascistes de Franco (Italie, Allemagne, Portugal) et vu aussi que le roi d’Angleterre est alors également fasciste.

20 janvier 1936 Edouard VIII, roi fasciste, monte sur le trône du Royaume-Uni

3b) Les républicains espagnols se sont trouvés pris dans une contradiction.

- Ils avaient besoin de rompre leur isolement international et pour cela ne pas trop pousser aux réformes sociales afin de rester fréquentables par les bourgeoisies "républicaines" occidentales

- Ils avaient besoin de prendre des mesures sociales pour renforcer le soutien populaire durant la guerre civile mais risquaient ainsi de rester isolés au niveau international

3c) Les aléas du soutien russe. Le seul soutien réel aux républicains espagnols leur a été apporté par l’URSS mais dans des conditions qui les ont autant affaiblis que renforcés.

Ci-dessous, plusieurs articles de notre site concernant la Guerre d’Espagne menée par les républicains contre le coup d’Etat fomenté par les fascistes, le grand patronat, l’armée et l’Eglise catholique :

Le 18 juillet 1936 en Espagne L’armée, la droite, l’Eglise et les fascistes lancent un coup d’état contre la république espagnole

Le franquisme est un fascisme (réponse au message du 20 juillet 2011)

26 avril 1937 : Malgré les franquistes et l’Eglise espagnole, nous n’oublierons pas les crimes de Guernica

18 août 1936 : Le grand poète Federico Garcia Lorca est assassiné par de sales merdes franquistes (4 textes dont Antonio Machado et Jean Ferrat)

Quelle lâcheté impardonnable que cet abandon de la République espagnole !

14 novembre 1938 : les 1000 héros républicains espagnols de la bataille de l’Ebre

28 octobre 2007 : 498 "martyrs" béatifiés, République accusée ! Réagissons contre une Eglise catholique espagnole restée franquiste !

6 au 8 février 1937 : les assassins franquistes se surpassent lors de la prise de Malaga

Guerre d’Espagne : (1936-1939) : 500 Algériens ont combattu au sein des Brigades internationales contre le fascisme

Poèmes de résistance 1 Madrid (Pablo Neruda)

Montserrat Martinez et sa campagne pour établir la vérité sur les fosses communes de Franco

12 novembre 1989 : Mort de Dolores Ibarruri, Pasionaria pour toujours !

16 février 1936 Le Frente Popular gagne les élections législatives en Espagne

Sur la CNT espagnole en 1936-37 (G. Munis)

Ces guérilleros espagnols méconnus (Jean Ortiz)

La Guerre D’Espagne est un condensé des affrontements idéologiques du XXème siècle

3 mai 1937 à Barcelone : Les gardes d’assaut staliniens attaquent anarchistes, poumistes et ouvriers républicains. La guerre d’Espagne ne peut plus être gagnée.

Les enfants volés du fascisme catholique espagnol

Il y a soixante-treize ans : la retirada des républicains espagnols

L’archevêque de Valence veut un sanctuaire à la gloire du national-catholicisme cher à Franco

Helios Gomez 
et Josep Bartoli, affichistes rouges de la République espagnole

« Mieux vaut vivre debout que vivre à genoux » (Dolorès Ibarruri)

LETTRE COLLECTIVE DES ÉVÊQUES ESPAGNOLS Á CEUX DU MONDE ENTIER Á PROPOS DE LA GUERRE D’ESPAGNE 1er JUILLET 1937

4 septembre 1936 Largo Caballero devient chef du gouvernement républicain et ministre de la guerre

Pourquoi les Élites espagnoles veulent-elles laisser impunis les crimes du franquisme ? (par Jean Ortiz)

L’impunité des crimes franquistes : « No Pasara ! » (3 articles)

Espagne D’une "démocratie" royale héritée du franquisme à une 3ème république

CNT, les clés de l’énigme espagnole (la CNT sous le franquisme)


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