28 mai 1802 en Guadeloupe : Vivre libre ou mourir (l’épopée de Delgrès)

dimanche 8 septembre 2019.
 

Source : https://heuredupeuple.fr/le-28-mai-...

Le 28 mai 1802, quelque part au sud de la Guadeloupe, un groupe d’hommes, infatigables combattants de la Liberté, meurt avec panache, faisant sauter le fort où ils étaient réfugiés. Ce bastion dynamité deviendra le symbole de la lutte des Antillais contre l’esclavage, et de la résistance du plus emblématique d’entre eux : Louis Delgrès.

Ce métis libre, né en Martinique, est le fils naturel d’un fonctionnaire et d’une mulâtresse, comme on disait à cette époque. Né en 1766, il adopte très vite les idéaux républicains. En 1792, il est élu lieutenant par ses concitoyens. Officier très apprécié de la hiérarchie, mais aussi des hommes du rang, il combat avec toute son énergie patriotique les troupes anglaises qui viennent de débarquer pour annexer la Guadeloupe. Fait prisonnier, il est vite libéré et revient en Guadeloupe sous l’uniforme de lieutenant du bataillon des Antilles. Il n’en a pourtant pas fini avec l’armée d’Angleterre qu’il combat à Sainte-Lucie. Et se retrouve à nouveau prisonnier.

En 1802, il rentre aux Antilles habité du soupçon que le Premier consul Bonaparte veut rétablir l’esclavage aboli par la Convention 8 ans plus tôt. Ce n’est pas qu’un soupçon. Le général Richepance débarque sur l’île début mai, pour accomplir cette trahison. Des officiers métis, dont Delgrès, entrent en rébellion. On ne goûte pas en vain à la Liberté. Richepance ne fait pas les choses à moitié. Les humiliations succèdent aux insultes. Donnant des raisons à la mutinerie.

Le 10 mai, Louis va prononcer un discours fondateur, qu’il nomme « À l’univers entier, le dernier cri de l’innocence et du désespoir ». Il y dénonce tous ceux qui, si éloignés de la réalité de la colonie, ne veulent « voir d’hommes noirs que dans les fers de l’esclavage ».

Le 20 mai, se sentant perdus, Delgrès et ses hommes, pour rester fidèles à la République et à la patrie, se replient au pied de la Soufrière, à Matouba. Avec 300 hommes, il tient tête aux 1600 soldats de Richepance. La petite armée de rebelles prête un serment solennel : « La mort plutôt que l’esclavage ! ».

Ils ceinturent les lieux de tonneaux de poudre et attendent l’assaut de Richepance. Le 28 mai, encerclé par la troupe régulière, Delgrès et ses fidèles choisissent de mourir comme ils ont vécu : libres. La poudre explose. Les résistants meurent. Pour que vive la liberté.

46 années passeront avant que Victor Schoelcher ne rejette l’esclavage aux oubliettes de l’Histoire. Aux Antilles. Car pour beaucoup d’êtres humains, la lutte n’est pas aboutie…

Brigitte Blang


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