Liliane Bettencourt, héritière, 45 millions d’euros par mois, femme la plus riche du monde, choyée par la fiscalité "socialiste"

dimanche 31 juillet 2016.
 

Les Français ont appris à leurs dépens, depuis 2012, que la politique de François Hollande pouvait être violente pour les plus modestes et accommodante pour les plus riches. Les statistiques fiscales confidentielles révélées mercredi 8 juin par Le Canard enchaîné en fournissent une nouvelle démonstration : grâce au système de plafonnement mis au point par le pouvoir socialiste, les milliardaires ont encore profité en 2015 d’allègements de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) considérables, l’ISF de certains des contribuables parmi les plus riches, comme Liliane Bettencourt (L’Oréal) ou Léone Meyer (Galeries Lafayette-BHV), étant même ramené carrément à… zéro ! En somme, François Hollande a plus avantagé les milliardaires que Nicolas Sarkozy, dont le célèbre « bouclier fiscal » avait pourtant été pointé par le Parti socialiste comme le symbole des inégalités du quinquennat précédent.

La réaction gouvernementale s’inscrit dans la logique de ce qu’Emmanuel Todd appelle le "fascisme rose". Bercy a porté plainte après ces révélations du Canard Enchaîné. A l’époque de la guerre d’Algérie, la divulgation d’informations portait tout de même sur des sujets plus graves. Le ministère de l’économie et des finances a annoncé mercredi avoir porté plainte contre X pour violation du secret fiscal après la publication par l’hebdomadaire d’une liste nominative de 50 contribuables ayant bénéficié d’une importante réduction de leur impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Exonérations de l’Impôt Sur la Fortune : Bercy porte plainte contre le Canard Enchaîné

Cette liste, dressée de façon confidentielle par la Direction générale des finances publiques (DGFIP) et reproduite par le journal satirique dans son édition de mercredi, recense le montant de l’ISF acquitté en 2015 par 50 contribuables parmi les plus fortunés, après l’application d’un mécanisme de plafonnement...

"Au total, 21,2 millions d’euros d’ISF ont été payés par ces 50 contribuables, alors que le montant initial était de 219,6 millions, précise le Canard. Un procédé qui s’avère plus coûteux que le bouclier fiscal, instauré par Nicolas Sarkozy, qu’il remplace." (Les Echos)

- A) Liliane Bettencourt, fille d’Eugène Schueller, épouse d’André Bettencourt
- B) Liliane Bettencourt, héritière, 45 millions d’euros par mois, femme la plus riche du monde
- C) Dans les coulisses 
de la fortune des Bettencourt

A) Liliane Bettencourt, fille d’Eugène Schueller, épouse d’André Bettencourt

Qui est donc cette Liliane Bettencourt pour empocher de telles sommes ?

- la fille d’Eugène Schueller, chimiste astucieux et dirigeant fasciste durant la Seconde guerre mondiale,

- l’épouse d’André Bettencourt, dirigeant fasciste durant la Seconde guerre mondiale.

Avec un tel pédigrée, la droite et le grand patronat pouvaient tout pour elle.

Eugène Schueller

- capitaliste vorace, il s’est emparé de nombreuses entreprises dans son créneau marchand de la cosmétique (Monsavon, Dop, Peintures Valentine...)

- dans les années 1930, le voilà dirigeant de La Cagoule, une organisation fasciste terroriste dont la direction se réunit généralement dans son bureau professionnel à L’Oréal

La CAGOULE, organisation fasciste française

Fascisme français et 200 familles dans les années 1930 (6 Eugène Schueller, coeur du fascisme patronal français)

Le patronat français, allié de la Cagoule, organisation fasciste et terroriste

- en 1940, il agit en allié français du nazisme, co-fondatant en septembre 1940 le Mouvement Social Révolutionnaire pour la Révolution Nationale avec l’accord personnel du grand chef de la gestapo Reinhardt Heydrich. Le programme de ce MSR mérite d’être cité « Nous voulons construire la nouvelle Europe en coopération avec l’Allemagne nationale-socialiste et toutes les autres nations européennes libérées comme elles du capitalisme libéral, du judaïsme, du bolchévisme et de la franc-maçonnerie. » Le but de la Communauté française but est de « libérer complètement (la France) de ces ferments de corruption que sont les juifs et les Francs-maçons ».

- Son antisémitisme est radical « donner aux juifs qui seront conservés en France un statut sévère les empêchant de polluer notre race »

Statut des juifs Loi du 2 juin 1941 remplaçant la loi du 3 octobre 1940

- cofondateur en 1941 de la Légion des Volontaires Français qui intègre l’armée nazie pour combattre en URSS

- durant l’Occupation hitlérienne, le siège social de L’Oréal devient le local du MSR (en particulier pour les réunions de direction).

- un fasciste qui ne tarit pas d’éloges en faveur des nazis "Je sais bien que nous n’avons pas la chance des nazis, arrivant au pouvoir en 1933. Ils avaient le temps. Ils ont pu mettre deux ans, trois ans à s’organiser. Nous n’avons pas les cadres que les Allemands avaient à cette époque. Nous n’avons pas la foi du national-socialisme. Nous n’avons pas le dynamisme d’un Hitler poussant tout le monde."

- un dirigeant typique d’extrême droite qui veut une révolution anti-ouvrière (suppression du salaire au temps remplacé par une prime au rendement).

Quand arrive la chute de Pétain puis d’Hitler, Eugène Schueller pourrait tout craindre. C’est sans compter sur la puissance politique du patronat français qui garde autant l’oreille de De Gaulle que de Pétain. Le chef d’entreprise de L’Oréal garde sa société et sa fortune ; il reçoit même, pour faits de résistance, la Croix de guerre, la rosette de la Résistance et la Croix de Chevalier de la Légion d’honneur.

Après guerre, l’entreprise L’Oréal sert à recycler les anciens dirigeants de La Cagoule ( Henri Deloncle à la tête de L’Oréal Espagne où il emploie Filliol ; Jacques Corrèze devient patron de L’Oréal USA...)

André Bettencourt

Après la défaite de 1940, placé sous la triple tutelle du ministre de la propagande, Joseph Goebbels, de la Wehrmacht et de la Gestapo, il devient le patron français de la PropagandaStaffel...

De 1940 à 1942 il dirige l’hebdomadaire collaborationniste La Terre Française où il laisse libre cours à son antisémitisme " Pour eux [les Juifs], l’affaire est terminée. Ils n’ont pas la foi. Ils ne portent pas en eux la possibilité d’un redressement. Pour l’éternité, leur race est souillée par le sang du juste. Ils seront maudits de tous…"

A Vichy, il partage son bureau avec Jean Ousset, le responsable du mouvement de jeunesse de la Légion française des combattants de Joseph Darnand.

Fin 1942, André Bettencourt est envoyé par Eugène Schueller « aryaniser » la société Nestlé en Suisse, dont le patron de L’Oréal est devenu l’un des actionnaires principaux. A la Libération, il reçoit la Croix de guerre 1939-1945, la rosette de la Résistance et la Croix de chevalier de la Légion d’honneur alors que rien ne prouve son action en ce sens. Son bureau Rue Saint Dominique de la PropagandaStaffel devient une résidence de l’Opus Dei. Il crée le Journal agricole, pour les anciens lecteurs du pétainiste La Terre française. Devenu Indépendant et Paysan comme beaucoup d’anciens pétainistes il sera plusieurs fois député et ministre sous les 4ème et 5ème République.

Marié avec la fille d’Eugène Schueller qui devient Liliane Bettencourt, plus grande fortune française.

B) Liliane Bettencourt, héritière, 45 millions d’euros par mois, femme la plus riche du monde

Source : http://www.rue89.com/2010/07/05/lil...

Combien gagne et dépense Liliane Bettencourt ?

A la mort de son père, en 1957, Liliane Bettencourt devient la propriétaire de L’Oréal. Sans intervenir directement dans la gestion de la société, elle saura faire fructifier cet héritage, jusqu’à devenir la femme la plus riche de France puis du monde.

En 2009, en additionnant la valeur de ses parts dans L’Oréal (14,4 milliards d’euros) et dans Nestlé (4,1 milliards), on pouvait estimer la fortune de Liliane Bettencourt, au minimum, à 18,5 milliards d’euros. « Au minimum », car il fallait encore y ajouter ses placements mystérieux et son patrimoine immobilier difficiles à évaluer. Les informations ci-dessous se basent sur ce revenu qui a progressé d’au moins 25% en 4 ans.

Revenus en 2009

Ce patrimoine est impressionnant, mais les revenus de Liliane Bettencourt le sont tout autant. En additionnant cette fois-ci les dividendes de L’Oréal, ceux de Nestlé et la rémunération d’administratrice du groupe de cosmétiques, on parvient à un total de 408,870 millions d’euros.

En moyenne, Liliane Bettencourt gagne donc 34,072 millions d’euros, soit 25 355 fois le Smic ! Et encore : il s’agit là aussi d’un minimum, puisqu’il faut y ajouter les revenus tirés des autres placements de la propriétaire de L’Oréal.

Voici, dans le détail, ce qu’on sait de la fortune et des revenus de Liliane Bettencourt.

Actionnaire de L’Oréal : 14,4 milliards en actions, 278 millions de dividendes

Liliane Bettencourt est encore la première actionnaire de L’Oréal. Selon le rapport annuel du groupe, elle détient 185 660 466 actions, près de 31% du capital. Elle en a cédé l’essentiel à sa fille Françoise, en nue propriété, mais elle en conserve l’usufruit. En clair, elle continue à toucher les dividendes et elle conserve ses droits de vote.

Valeur : 14 397 969 138 euros, l’action ayant clôturé à 77,55 euros ce lundi

Dividendes : 278 490 699 euros en 2009, à raison de 1,50 euro par action

Administratrice de L’Oréal : 75 000 euros par an

Liliane ne se contente pas de toucher des dividendes. Selon le rapport annuel de L’Oréal, elle n’a séché aucun conseil d’administration l’an dernier, et elle a touché :

Une rémunération forfaitaire de 30 000 euros

5 000 euros de jetons de présence à chacune des six réunions

15 000 euros comme membre du comité « Stratégies et réalisations »

Actionnaire de Nestlé : 4,1 milliards en actions, 131 millions de dividendes

Liliane Bettencourt ne figure pas à la rubrique « actionnaires importants » du rapport annuel de Nestlé. La propriétaire de L’Oréal détiendrait tout de même environ 3% du groupe suisse, soit 109 500 000 actions.

Valeur : 4 133 625 000 euros, l’action ayant clôturé ce lundi à 50,40 francs suisses, soit 37,75 euros

Dividendes : 130 305 000 euros en 2009, à raison de 1,60 franc suisse (1,19 euro) par action

Placements financiers : ?

Liliane Bettencourt n’a pas laissé dormir les dividendes gagnés chez L’Oréal ou chez Nestlé. Elle les a fait placer par Clymène, une holding montée pour gérer sa fortune personnelle et dirigée par Patrice de Maistre.

Où la holding a-t-elle investi, et combien a-t-elle gagné ? Mystère. Comme l’a noté Mediapart, les comptes déposés au tribunal du commerce font même état de déficits réguliers. Selon l’avocat de Patrice de Maistre, ces comptes ne prennent pas en compte les « plus-values latentes » (à long terme) : Clymène gagne donc de l’argent, mais on n’en saura pas plus.

Liliane Bettencourt dispose en tout cas de deux comptes bancaires en Suisse : le premier abrite 65 millions d’euros, et le second, 13 millions.

Patrice de Maistre a dû le reconnaître après la publication d’enregistrements de ses conversations avec sa patronne.

Patrimoine immobilier : au moins 500 millions d’euros ?

Difficile également d’évaluer le patrimoine immobilier de Liliane Bettencourt. Il comprend notamment :

Un hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine

Une propriété en Bretagne, sur la pointe de l’Arcouest

L’île d’Arros aux Seychelles : elle vaudrait entre 300 et 500 millions d’euros

Dépenses : plus de 4,4 millions d’euros par mois

Liliane Bettencourt est une femme généreuse : elle dépense sa fortune en dons à de jeunes chercheurs ou artistes, et en cadeaux à des amis ou des hommes politiques. En revanche, elle est beaucoup moins généreuse avec le fisc.

Là encore, les chiffres sont rares. En se basant sur les déclarations de Liliane Bettencourt (les sommes versées au fisc), de son gestionnaire de fortune (les dons aux responsables politiques), de son majordome (son salaire) et sur les dons versés par la fondation de la milliardaire, on parvient déjà à un minimum de 53,330 millions d’euros par an. Soit une moyenne de plus de 4,4 millions d’euros par mois.

Impôts : en moyenne 40 millions d’euros par an

La femme la plus riche de France est aussi, fort logiquement, la plus imposée de France. Liliane Bettencourt a tenu à le rappeler dans un communiqué :

« Je suis ainsi l’une des premières contributrices privées à l’impôt sur le revenu. Sur les dix dernières années, mes collaborateurs ont établi, à ma demande, que j’avais versé 400 millions d’euros aux services de l’administration fiscale au titre de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur la fortune et de la CSG-CRDS. »

Soit, en moyenne, 40 millions d’euros par an : impressionnant pour le contribuable moyen, sans doute un peu moins pour la détentrice d’une fortune dépassant 18,5 milliards d’euros. D’autant que Liliane Bettencourt a aussi été une des principales bénéficiaires du bouclier fiscal. En 2008, le fisc lui a en effet envoyé un chèque de 30 millions d’euros, comme l’avait révélé Mediapart.

La part des impôts dans le budget de Liliane Bettencourt devrait rapidement augmenter. La propriétaire de L’Oréal a annoncé qu’elle allait régulariser sa situation, notamment en rapatriant en France ses comptes suisses.

Soutien aux chercheurs et aux artistes : 13,2 millions d’euros par an

Tout l’argent de la propriétaire de L’Oréal ne part pas en Suisse. Une partie finance la Fondation Bettencourt Schueller, qui soutient la recherche scientifique et des artistes. En 2009, la fondation a distribué 13,2 millions d’euros. Par exemple, avec ses nombreux prix :

« Prix pour les jeunes chercheurs » : 25 000 euros, une dizaine de bénéficiaires par an

« Prix Liliane Bettencourt pour les Sciences du vivant » : 250 000 euros

« Coups d’élan pour la recherche française » : 750 000 euros Programme « Avenir » en partenariat avec l’Inserm : 300 000 euros

« Prix Liliane Bettencourt pour le chant choral » : 40 000 euros

Cadeaux aux proches : ?

C’est la générosité de la milliardaire à l’égard du photographe François-Marie Banier qui est à l’origine de l’« affaire Bettencourt ». Selon le rapport de la brigade financière, Liliane Bettencourt a offert l’équivalent de 678 millions d’euros à cet ami depuis 1997, en placements financiers comme en œuvres d’art.

Liliane Bettencourt sait aussi récompenser ses collaborateurs les plus fidèles. Selon les enregistrements publiés par Le Point et Mediapart, elle avait ainsi prévu d’offrir un bateau au gestionnaire de sa fortune, mais elle l’avait un peu oublié. Patrice de Maistre le lui a donc rappelé :

« Est-ce que vous avez toujours envie de me faire un cadeau ? […] Ça me permettrait de m’acheter le bateau de mes rêves. »

Dons aux responsables politiques : au moins 22 500 euros

Liliane Bettencourt peut aussi se montrer généreuse avec les responsables politiques. La milliardaire ne peut cependant pas dépasser le maximum autorisé par la loi, soit 7 500 euros. Patrice de Maistre a confirmé que cette somme avait été versée à :

- Valérie Pécresse, candidate UMP en Ile-de-France aux régionales

- L’Association de soutien à l’action d’Eric Woerth

- L’UMP

Mais à en croire l’ancienne comptable de Liliane Bettencourt, l’héritière de L’Oréal faisait aussi retirer 50 000 euros en liquide chaque semaine, qu’elle faisait ensuite « distribuer ». A qui ? Autre mystère.

Frais de personnel : un majordome payé plus de 8 000 euros par mois

On ignore combien de personnes sont employées dans l’hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine, mais on sait qu’elles sont plutôt bien payées. Pascal B., maître d’hôtel de Liliane Bettencourt, a quitté la maison en mai, après douze ans de service. Selon son avocat, il est parti avec une indemnité de 215 000 euros, correspondant à deux ans de salaire. Soit, en prenant en compte les treizièmes mois, près de 8 270 euros mensuels.

C’est ce même maître d’hôtel qui a caché un magnétophone dans le salon et enregistré les conversations compromettantes pour Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre ou Eric Woerth. Si on ne peut même plus faire confiance au petit personnel…

De : François Krug

C) Dans les coulisses 
de la fortune des Bettencourt

Source : http://www.humanite.fr/social-eco/p...

Du conseil d’administration de L’Oréal au conseil de surveillance de Téthys (la holding familiale), voici comment une poignée de privilégiés contrôlent et pillent les ressources 
du géant mondial 
des cosmétiques.

Classée deuxième fortune française en 2012 par la revue Challenges, la famille Bettencourt a vu son patrimoine faire, l’an dernier, un bond de 7,9 milliards d’euros et atteindre les 23,2 milliards d’euros, soit plus de deux fois le budget 2013 du ministère de la Culture.

Mais, comme pour ses compères de la caste des grandes fortunes françaises, les familles Arnault, Mulliez, Dassault, Bolloré…, cette accumulation de richesse ne se réduit pas à la possession de grandes propriétés, de grosses voitures, d’îles exotiques, de tableaux de maîtres ou de bijoux d’exception. Elle tient d’abord au contrôle exercé sur de grands groupes et au pouvoir de prédation que cela donne sur la production de richesses par une foule de salariés et de sous-traitants.

Les Bettencourt tirent leur fortune et leurs revenus essentiellement de L’Oréal. Les 185 661 879 actions du numéro un mondial des cosmétiques qu’ils possèdent représentent à ce jour 30,5 % du capital du groupe. Ils en sont les plus gros actionnaires, juste devant le suisse Nestlé, qui en contrôle 29,3 %.

Le clan Bettencourt est d’ailleurs bien présent dans les arcanes du géant du shampoing. Aujourd’hui, la fille de Liliane Bettencourt, Françoise Bettencourt-Meyers, soixante ans, est administrateur de L’Oréal, membre du comité stratégie et développement durable. Le mari de Françoise, Jean-Pierre Meyers, est vice-président du conseil d’administration et siège dans nombre d’instances du groupe. Leur fils aîné, Jean-Victor Meyers, est entré au conseil en 2012.

La bande des trois tire d’ailleurs de cette présence un peu d’argent de poche. Pour leur participation à 7 réunions du conseil d’administration et 17 réunions de différents comités du groupe en 2012, contre 5 réunions du conseil et 17 réunions des comités en 2011, ils ont perçu les sommes suivantes en jetons de présence  : 64 000 euros en 2012 pour Françoise Bettencourt-Meyers, 115 000 euros pour Jean-Pierre Meyers, et 55 000 euros pour Jean-Victor Meyers, le nouvel administrateur. Cela porte le tarif moyen de ces chers administrateurs à 3 250 euros la réunion, soit l’équivalent de trois Smic net par séance.

Mais l’essentiel du cash qu’ils perçoivent chaque année a une autre origine. Les Bettencourt, propriétaires de près du tiers du capital du groupe, perçoivent près du tiers des dividendes que celui-ci verse à ses actionnaires. Ils possèdent une partie de ces titres en direct. La famille maîtrise en outre 17,94 % du capital de L’Oréal par le biais d’une holding financière, la société Téthys, celle-là même qui était, jusqu’en 2010, dirigée par Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, aujourd’hui mis en examen.

Téthys dispose d’un demi-milliard d’euros de valeurs mobilières. Elle a dégagé, en 2012, 262 millions d’euros de bénéfice. Depuis 2009, ses profits ont augmenté de 45,2 %.

Là encore, les Bettencourt-Meyers tapent dans la caisse. Sur les 2 millions d’euros de salaires versés par Téthys en 2012, près de la moitié serait allée dans les poches de Jean-Pierre Meyers, le mari de Françoise Bettencourt-Meyers. Selon le JDD, le fisc contesterait d’ailleurs cette rémunération, l’estimant injustifiée. Téthys n’a pas qu’un rôle de distributeur d’argent frais, «  cash point  », pour les Bettencourt-Meyers. La holding a souscrit auprès de BNP Paribas un emprunt d’un montant de 505 millions d’euros pour une durée de dix ans afin de financer pour partie le rachat de ses propres actions. À qui les achète-t-elle  ? Évidemment aux Bettencourt.

L’Oréal est la vache à lait de la tribu, il lui fournit l’essentiel de ses revenus. Mais il constitue aussi l’essentiel de son patrimoine. La progression de la fortune des Bettencourt est surtout due au boom du cours de l’action L’Oréal  : 98,75 euros en décembre 2007, 128,80 euros en juillet 2013. Le titre a traversé la plus grande crise économique et financière qu’ait connue le capitalisme en progressant de 30,4 %, alors que le CAC 40 est encore aujourd’hui un tiers en dessous de son plus haut de mai 2007. Parallèlement, entre 2007 et 2012, le montant des dividendes perçus par les Bettencourt a progressé de 72 %.

Et c’est d’ailleurs pour s’assurer le contrôle de cette fontaine à dividendes que Françoise Bettencourt-Meyers a conduit une action en justice à la fois contre Patrice de Maistre, l’ancien gestionnaire de fortune de sa mère, Liliane Bettencourt, et pour placer cette dernière sous tutelle. Cette opération de reconquête du deuxième magot de France, commencée en 2007, a abouti le 21 décembre 2010.

Ce jour-là, Jean-Pierre Meyers, époux de Françoise et gendre de Liliane, est nommé directeur général de Téthys à la place de Patrice de Maistre et, dès le lendemain, Françoise Bettencourt-Meyers prend la présidence du conseil de surveillance à la place de sa mère, un conseil désormais composé de Jean-Pierre Meyers et de leurs deux enfants. Françoise Bettencourt et sa tribu ont pris le pouvoir.

Quelle peut être la morale de cette histoire au parfum de scandale  ? Il faut sans aucun doute ramener tout ce petit monde à la raison, en fixant de nouvelles règles, en taxant ces revenus hors de proportion. Ses prélèvements ruinent l’emploi, étouffent la croissance. Si en 2007 les dividendes distribués aux actionnaires par L’Oréal correspondaient à 21,4 % de la masse salariale du groupe, cinq ans plus tard, en 2012, ils en représentaient 27,3 %. Pour réduire le coût faramineux de ce capital et commencer à sortir des difficultés, c’est l’ensemble de la gestion des grands groupes qu’il faut réorienter.

Pierre Ivorra

Bettencourt , UNE GRANDE FORTUNE épargnée par le fisc

Source : http://www.humanite.fr/03_08_2010-b...

On peut dire que de la fiscalité particulièrement avantageuse aux grandes fortunes, l’héritière de L’Oréal s’est fait un beau bouclier  ! Au titre de cette mesure qui permet de limiter l’ensemble des impôts d’un contribuable à 50% des revenus perçus, depuis le 1er janvier 2008, la femme la plus riche de France s’est fait rembourser 100 millions d’euros au cours des quatre dernières années. Pour la seule année 2008, le montant des sommes restituées par le Trésor public a atteint 30 millions d’euros, précise le Canard enchaîné du 21 juillet, citant Pascal Wilhelm, l’avocat du gestionnaire de fortune de la milliardaire, Patrice de Maistre. Avec ces privilèges fiscaux particuliers, Liliane Bettencourt est finalement imposée au même taux qu’un cadre moyen, 
c’est-à-dire environ 9 %.


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