Du 27 mai au 10 juin 1942 : Exploit des Français libres à Bir Hakheim

vendredi 9 juin 2017.
 

Durant les premiers mois de l’année 1942, les forces armées fascistes paraissent invincibles sur tous les continents (Europe, Asie, Océanie).

En Afrique aussi, les troupes d’Hitler et de Mussolini sont à l’offensive. Après Tunis, elles occupent Tripoli le 29 janvier 1942.

Pour protéger la vallée du Nil, le général Auchinleck (commandant en chef britannique au Moyen Orient) fixe une ligne de défense entre Gazala (au Nord) et Bir-Hakheim au Sud.

La 1re Brigade légère française libre est chargée de tenir le bout de désert de Bir-Hakheim, ancien fort ottoman, ne s’appuyant sur aucune surélévation significative du terrain, ni sur un cours d’eau... Les 3700 soldats de cette unité proviennent essentiellement des colonies : beaucoup de Noirs (Sénégalais, Guinéens, Dahoméens, Camerounais, Maliens...), beaucoup de Nord-Africains (Marocains, Algériens, Tunisiens) mais aussi des Tahitiens, Marquisiens, Calédoniens, Vietnamiens, Syriens, Libanais, Malgaches, Mauriciens, Somaliens... « Un sauvage mélange de races » résume le journal nazi Berliner Illustrierte Zeitung.

De février à la fin mai 1942, le général Koenig, commandant de la brigade, fait :

- creuser des tranchées pour fortifier au mieux ses trois secteurs de défense,

- poser 63300 mines disséminées dans le désert sur 3600 hectares.

Le 27 mai au matin, une colonne de la division blindée italienne Ariete, précédée de 50 chars, s’élance face au secteur de Bir-Hakheim tenu par le Bataillon du Pacifique... L’attaque est stoppée net.

Le 28 mai, nouvel assaut italien à travers le champ de mines.

Du 2 au 7 juin 1942, le général Rommel (chef des troupes allemandes et italiennes) fait le maximum pour anéantir la résistance de Bir Hakheim, en particulier par d’intenses bombardements terrestres et aériens.

Le 8 juin marque le paroxysme des combats alors que les Britanniques paraissent battus au Nord, que l’eau manque de plus en plus aux assiégés, que les pertes s’alourdissent.

Le 9 juin, des troupes de l’Africa Korps allemand attaquent le Nord du dispositif français.

Le 10 juin, l’artillerie des assiégeants déverse un déluge de feu permanent sur Bir Hakheim. L’après-midi, trois vagues de 130 avions complètent le matraquage des canons. Les dégâts matériels de la 1ère BFL sont importants (camions, transmissions...). Dans le même temps, une colonne de chars et d’automitrailleuses tente à nouveau de percer les défenses tenues par les ultramarins.

Koenig reçoit des Britanniques un message lui indiquant que la défense de Bir Hakheim n’est plus indispensable et qu’il peut décrocher si possible.

El-Alamein, tournant décisif de la Seconde guerre mondiale ? 23 octobre 1942

Dans la nuit du 10 au 11 juin, la 1ère BFL réussit à quitter ses positions et à rejoindre les lignes britanniques positionnées plus à l’Est.

Le 11 juin, Charles de Gaulle déclare à la BBC « La nation a tressailli de fierté en apprenant ce qu’ont fait ses soldats à Bir Hakheim. Braves et purs enfants de France qui viennent d’écrire avec leur sang, une de ses plus belles pages de gloire ! »

Durant mon enfance, j’ai entendu plusieurs fois des Résistants et antifascistes insister sur cette importance symbolique des combats de Bir Hakheim.

Ceci dit, De Gaulle aurait pu garder plus de reconnaissance pour les Algériens qu’il fera écraser sous les bombes en 1945, plus de reconnaissance pour les Vietnamiens qu’il trompera aussi sur la promesse d’autodétermination.

Jacques Serieys


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