Ces grands esprits qui nous gouvernent : Pierre Lellouche

jeudi 9 avril 2009.
 

Quelle bonne idée de regarder Ripostes, l’émission « dominicale » de Moati. On nous avait annoncé Jean-Luc Mélenchon en invité. Mais pas en « vedette américaine » ! Pour ça, ils avaient prévu quelqu’un d’autre, et une sacrée pointure, même.

Au départ, le débat, il était plutôt correct, pas genre tir à vue. Et puis, voilà qu’on s’engage sur le terrain de l’OTAN. Faut dire, c’était dans l’air du temps avec le sommet de Strasbourg. Jean-Luc dit ce qu’il a à dire, comme on s’en doute, il y était la veille, à Stras. Il a bien vu ce qui s’y passait, et surtout, comme otanophile, on a déjà fait mieux ! En face, il y avait donc un type bien de sa personne, costard croisé et bronzage assorti, Pierre Lellouche, il se nomme ce garçon. Comme on vous le dit, une pointure, en politique. De tous les combats gagnants, il a été. Vous voulez un florilège ? Y a qu’à demander !

En 2003, il s’oppose à Chirac sur sa politique de refus de la guerre en Irak, qu’il juge anti-américaine. Bientôt rejoint par Madelin (encore un grand humaniste, tiens !), Kouchner (sans commentaires, s’il vous plait, on a dit qu’on ne tire pas sur les ambulances…), Adler et tous les autres. Bon, on va dire erreur de jeunesse ? Quoique !

Autre chose ? L’ISF, il est contre. Il trouve cet impôt injuste, ben voyons ! Les pauvres riches !

Vous en voulez encore ? Tiens, au hasard, le PACS. Le 8 novembre 98, en plein hémicycle, il s’exclame « Vous n’avez qu’à les stériliser ! », en parlant, évidemment des homosexuels qui revendiqueraient le droit à la paternité (A-t-on idée, aussi, de vouloir des enfants, quand on est un homo de base ? Non mais, franchement !). C’est vous dire la largeur d’esprit et la hauteur de vue du personnage.

Voilà donc le tableau brossé. Pour mettre une touche finale, à ce charmant portrait, tout en finesse, sa sortie de dimanche, sur le plateau de Ripostes.

Jean-Luc essaie d’expliquer pourquoi l’OTAN ce n’est pas vraiment son dada. Je dis bien « tente » d’expliquer. Parce que pour se faire entendre dans ce brouhaha, lève-toi de bonne heure, camarade ! Bref, Lellouche s’énerve, parle à tort et à travers, à travers les mots des autres, surtout, invective, en rajoute, tant et si bien que Mélenchon finit par lui balancer qu’il est aligné sur les opinions de la CIA. Ça, c’est le genre de raisonnement que les gens de droite ne supportent pas. Comment il disait déjà, Molière ? Qui se sent morveux… En fin de compte, il est parti en vrille, on s’est demandé s’il n’allait pas nous faire une attaque, comme ça, en direct. Et il a ressorti l’argument de poids, tenez-vous bien, si vous n’avez pas suivi ce sketch surréaliste : « Je suis CIA ? Eh bien vous, Mélenchon, vous êtes un pauvre type ! Si on était au 19ème siècle, je vous flinguerais en duel… Malheureusement, je peux pas… ». Les gazettes se sont bien gardées de relever l’incident, et sur la toile, on s’en donne à cœur joie dans les commentaires outrés du style : Oui, mais il l’avait bien cherché, tout ça… Pour mon humble part, je n’ai vu qu’un sénateur insulté qui n’a même pas relevé l’outrage, et qui a eu raison. Je n’ai vu qu’un député UMP, incapable de se contenir, et qui tel un sixième dans une cour de récré y va de son « c’est çui qui dit qu’y est, et si tu continues, j’te tue ! ».

On se demande jusqu’où ils vont aller. Ils osent tout, mais ce qui pouvait passer pour une aimable plaisanterie chez Audiard (les c… ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît) devient carrément dramatique dans la bouche d’un élu de la République. Notre camarade Hervé Éon en avait fait beaucoup moins avant de se retrouver devant les juges. La dialectique du sarkozysme triomphant se résume à une phrase : si tu ne penses pas comme moi, pan-pan, t’es mort. Pauvre Marianne, que fait-on de ta démocratie ? Des députés qui puent la haine, qui ne savent qu’offenser, insulter, exclure. Bravo ! Après ça, l’autre, leur cheffaillon, il nous demande d’être fiers d’être Français ? Et il se permet de donner des leçons de savoir-rire à Stéphane Guillon pour une plaisanterie sur les pantalonnades du patron du FMI.

Celui que j’admire, dans tout ça, c’est Jean-Luc, moi à sa place, je lui en aurais retourné une, ça lui aurait fait tout drôle ! Lui, calme olympien... Chapeau camarade ! C’est pour le coup qu’on est VRAIMENT fiers d’être de ta bande !

brigitte blang


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