Excommunication au Brésil d’un médecin ayant prescrit l’avortement d’une gamine violée !

dimanche 1er septembre 2019.
 

Voilà donc les catholiques de ce pauvre monde, lequel pauvre monde n’avait vraiment pas besoin de ça en ce moment, affligés d’un chef hors pair. Depuis une paire de semaines, il multiplie les gaffes (gaffes ? Vraiment ? pas si sûr…).

Ça a commencé par l’affaire des évêques intégristes réintégrés dans le rang, au mépris des propos négationnistes de l’un d’eux sur la Shoah. Encore un qui n’est pas bien clairvoyant, on dirait. Ils sont payés combien, les prélats, puisqu’on dit comme ça, paraît-il, pour sortir autant d’âneries au kilomètre ? Déjà ça, on avait eu du mal, mais bon, qu’on se disait, c’est un scandale, certes, mais ça se passe entre eux, laissons-les débiter leurs salades, c’est leur affaire. Nous, entre gens de bonne compagnie, on sait bien ce qu’il faut en penser, de la Shoah.

Ça a continué par cette abominable histoire d’excommunication au Brésil. Excommunication ! Je ne savais même pas que ça existait encore, cette affaire-là, dis donc ! Si on a bien compris, une petite fille de 9 ans se retrouve enceinte. Comme un malheur n’arrive jamais seul, ce sont des jumeaux qu’elle attend, la pauvre petite. Et elle risque d’y laisser sa peau. (Enceinte de jumeaux… À 9 ans… Vous y pensez, à vos petites qui ont cet âge-là, filles ou petites filles, de minuscules petites chéries, qui jouent encore à la poupée, par chez nous… Même la mienne qui en a trois de plus, je n’arrive pas à imaginer…) Le médecin qui décide de l’avorter, on devrait lui décerner la médaille. Logique. Eh bien non. L’archevêque du coin, il le renvoie de la sainte table, c’est ainsi qu’il faut dire. Alors, déjà, c’est de l’ordre du « De quoi je me mêle ? » Parce qu’enfin, c’est lui qui les aurait élevés, les jumeaux en question ? À supposer que la petite et les deux bébés aient survécu à cette horreur. Et puis, et puis, dîtes-moi si je me trompe, vous en avez entendu parler beaucoup, vous, de la sombre ordure qui a fait ça à cette pauvre gamine ? Depuis trois ans, il la violait, ce… je cherche mes mots, pour rester à peu près polie. Mais à part minable, je ne trouve pas. On a énormément écrit sur la mère, sur le pauvre médecin, qui n’ont plus le droit d’aller à la messe le dimanche. Mais l’autre, le beau-père violeur d’écolières, lui, on l’a complètement oublié. Jusqu’à ce qu’il recommence, j’imagine. Puisque, paraît-il, avorter, c’est plus grave que violer… Et absoudre les violeurs, c’est moins grave que quoi donc ?

Pour faire encore plus exotique dans le tableau, Ben le seizième, le voilà parti ce matin en villégiature sous les tropiques. En Afrique, qu’on le trouve ces jours-ci. On connaît, l’Afrique, n’est-ce pas ? Un continent en sursis, ravagé. Par la colonisation d’abord, par le SIDA maintenant. À tel point qu’on ne se demande plus si l’Afrique va mourir, mais quand elle va mourir. Le SIDA, on ne sait toujours pas le guérir, c’est terrible, depuis le temps que les chercheurs s’y penchent (pour des salaires de misère, mais ça c’est une autre histoire…), par contre, on sait très bien comment l’éviter. On a tous dit ça à nos enfants, à nos élèves « Sortez couverts !... » Même que ça les faisait souvent bien rigoler. Le plastique, c’est fantastique, etc. Eh bien à peine débarqué de son gros z’oiseau, le saint homme (???!!!) il fustige les mal-pensants qui l’utilisent, le bout de caoutchouc magique. Et il ne se contente pas de leur dire, aux Africains, « Attention, c’est sale, c’est mal, de mettre ce machin-là, l’Église l’interdit, enfer, abstinence et tout le toutim »

Non, il en rajoute dans le scientifique en prétendant que cette fichue capote, elle fait plus de mal que de bien. Encore une fois, de quoi je me mêle ?

Vous avez entendu son copain, le chanoine de Latran s’offusquer de la chose, vous ? pas moi. Faut dire qu’il était occupé, le chanoine, aujourd’hui, à rassurer ses amis sur le sort qui serait fait à leur bouclier fiscal. On ne peut pas tout faire non plus. Mais il faudra penser à lui demander ce qu’il en pense, le chanoine, du port de la capote, « sous le soleil des tropiques ». Surtout que sa délicieuse épouse, pas celle du pape, celle du chanoine, c’est bien la cause qu’elle a choisie, le Sida, pour faire savoir qu’elle est humaine et que nulle souffrance, fût-elle sexuelle, ne lui est étrangère. Alors, autant d’hypocrisie concentrée, ça doit lui causer, à cette bonne dame, j’imagine.

brigitte blang


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