Intervention de Marc Dolez dans le débat sur la santé à l’Assemblée nationale

mardi 10 mars 2009.
 

Marc DOLEZ est intervenu, le 2 Mars, dans la discussion du projet de loi « portant réforme de l’hôpital » pour souligner une nouvelle fois la grave menace pour notre système de santé.

… L’accès de tous à des soins de qualité. Comment ne pas être d’accord avec un tel postulat ? Reste qu’on note un décalage criant entre l’objectif affiché et les réponses apportées, réponses que nous jugeons tout à fait inopérantes.

J’insiste en outre sur le fait que, pour notre groupe, qui n’a cessé de le répéter depuis le début du débat et qui le répétera jusqu’à son terme, l’ensemble de ce texte, madame la ministre, livre l’accès aux soins à une culture de la rentabilité qui nous considérons comme une grave menace pour notre système de santé et de protection sociale.

C’est d’ailleurs le point de vue de nombreuses organisations syndicales, des personnels, des médecins, de nombreux collectifs d’usagers qui manifesteront jeudi 5 mars prochain dans la rue et qui exigeront avec force – et nous les soutenons dans leur souhait – que ce texte soit retiré.

Je souhaite insister sur le rôle d’acteur pivot que le texte confère au médecin généraliste. En la matière, les dispositions prévues à l’article 14 ne sont pas suffisantes. Je rappelle qu’il y a juste un an, nous avons voté à l’unanimité une proposition de loi relative à la mise en place de la filière universitaire de médecine générale qui pouvait constituer une étape importante pour la revalorisation de la médecine générale.

Or le bilan est aujourd’hui particulièrement préoccupant. Il n’y a toujours aucun titulaire universitaire de médecine générale. A défaut, ce sont 130 enseignants associés à mi-temps qui les remplacent, rémunérés à hauteur de 40 % d’un salaire de titulaire. Au total, on compte dix fois moins d’enseignants en médecine générale que dans les autres spécialités. Par conséquent, le stage en médecine générale, obligatoire en deuxième cycle depuis dix ans et à l’issue duquel les étudiants choisissent leur spécialité, n’existe quasiment pas et celui prévu en troisième cycle se déroule, reconnaissons-le, dans des conditions déplorables.

La reconnaissance de la médecine générale…dépendra donc des moyens consacrés à son enseignement.


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