Célébrons le 8 mai !

dimanche 19 mai 2019.
 

Chaque année, la République française célèbre la capitulation nazie du 8 mai, au niveau national comme dans les plus petits bourgs. Lors de ces célébrations, la vérité restera cachée :

- quant aux responsabilités du capitalisme et de la droite dans le développement du fascisme entre 1918 et 1940

Fascismes de 1918 à 1945 : naissance, caractéristiques, causes, composantes, réalité par pays

- quant au rôle de la droite française, du patronat français, de la presse française

Fascisme français et 200 familles dans les années 1930

Le patronat français, allié de la Cagoule, organisation fasciste et terroriste

- quant à l’immense vague fasciste française de 1940 1942, son racisme et particulièrement son antisémitisme

- quant aux liens entre les fascistes des années 1930 1940 et l’extrême droite d’aujourd’hui, de l’Italie à la Lettonie, de la France à l’Ukraine en passant par l’Allemagne et la Hongrie.

10 juillet 1940 : 173 parlementaires de droite sur 174 installent légalement en France le fascisme traditionaliste de Pétain

Nous pouvons rappeler cette phrase d’Henri Cordesse (dirigeant de la Résistance en Lozère et préfet à la Libération) lors d’un colloque à Saint Affrique : " Quand on parle de devoir de mémoire, une chose ne doit pas être oubliée : de 1940 à 1944, jamais nous n’aurions pris contact ou même demandé un renseignement à quelqu’un dont nous n’étions pas sûr qu’il était de gauche" (citation de mémoire)

Au delà de l’aspect rituel des cérémonies et des "oublis" de l’histoire officielle, n’oublions pas l’importance de cette date. Durant le septennat de Giscard d’Estaing, la droite avait supprimé ce jour férié ; François Mitterrand l’avait rétabli. Nous devons être mobilisés pour fêter cette date anniversaire.

Le 8 mai 1945 marque la fin du cauchemar pour toutes les victimes du fascisme, avilies, pourchassées, déportées, affamées, torturées...

Le 8 mai 1945 marque la victoire des nôtres, de ceux qui n’avaient accepté ni Salazar, ni Mussolini, ni Hitler, ni Franco, ni les Croix fléchées hongroises, ni Monseigneur Tiso, ni Quisling, ni Pétain... et qui venaient de subir les années noires quand il faisait minuit dans le siècle.

Le 8 mai 1945 marque la défaite définitive des forces "féodales cléricales" qui luttaient depuis 4 siècles et particulièrement depuis la Révolution française contre la liberté de conscience, contre la culture, contre l’enseignement, contre toute élection, contre toute idée de justice sociale et de démocratie, contre les institutions républicaines. Pour se convaincre de l’ampleur de cette défaite, il suffit de comparer les idées forces de la droite aveyronnaise en 1930 (" Nous n’acceptons la République que comme un gouvernement de fait et parce que le pape nous le conseille. C’est tout : nous ne la subissons que comme un moindre mal") et après 1945. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer la prose de l’association catholique départementale en 1930 (" Un chef éminent est sorti des entrailles même du peuple italien... Monsieur Mussolini a enfin atteint l’objectif de ses généreux, patients et courageux efforts au service de la pacification religieuse et du mieux être de son pays. Honneur à lui !") et après 1945.

Le 8 mai marque aussi la défaite, au moins temporaire, des forces du grand capital qui préféraient déchaîner les haines et supprimer les institutions démocratiques plutôt que répondre aux revendications ouvrières et perdre de l’argent. Ces forces du grand capital ont soutenu et armé tant Mussolini qu’Hitler ou Franco. Elles ont utilisé à leur profit la détresse des couches sociales paupérisées et de la petite bourgeoisie, utilisé les forces féodales cléricales avant de prendre leurs distances pour diverses raisons... Mais nous savons trop, par exemple, le rôle de la famille Bush dans cette histoire, pour ne pas craindre des recommencements.

En ce 8 mai, je tiens aussi à raviver la mémoire de Résistants locaux avec lesquels nous avons fait un bout de route militante ensemble dans les années 1990 à 2006.

- Gilbert Mouly, devenu orphelin après avoir fui Paris, en passant la ligne de démarcation, recueilli par un agriculteur qui va également être tué dans la Résistance, participe au maquis FTP qui affronte et arrête la colonne nazie sur le plateau de Campuac, engagé dans la 1ère armée. Par la suite, maire de Golinhac durant deux mandats et vice président du district du canton d’Entraygues... Il meurt fin 2005, le soir du vote pour le congrès socialiste, après avoir tenu, malgré son épuisement, à se déplacer pour voter lui-même avec nous. Que ceux qui trichent sur des votes, même mineurs, aient honte de son exemple.

- André Grès, fils du maire socialiste de Capdenac, adhérent des Faucons rouges dans les années 30, intrépide lors d’un coup de main, arrêté, emprisonné, évadé, maquisard FTP et FFI, choisi comme garde du corps d’un colonel parachutiste britannique assurant l’entraînement au maniement d’armes dans la Résistance au printemps 1944, engagé dans la 1ère armée. Il a été par la suite, selon les périodes, adhérent du Parti Socialiste ou du Parti Communiste.

- Que le lecteur me permette d’y ajouter mon père et mes grands pères.

Jacques Serieys


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