7 janvier 2013 dans Mots Croisés : Jean-Luc Mélenchon contre Jérôme Cahuzac, ministre du budget

jeudi 9 janvier 2020.
 

Ce lundi 7 janvier 2013 à 22h50, lors de « Mots Croisés » présenté sur la 2, Yves Calvi animait un débat entre Jean-Luc Mélenchon et Jérôme Cahuzac.

1) Zapping vidéo de l’émission (Parti de Gauche)

Pour visionner cette vidéo, cliquer sur l’adresse URL ci-dessous :

http://www.dailymotion.com/video/xw...

2) Wah, quel numéro de « Mots Croisés » (Jean-Luc Mélenchon)

Je crois qu’il fera date. J’ai aimé ce débat et je crois qu’il est fondateur d’une nouvelle époque à gauche. Enfin un dirigeant socialiste qui accepte le débat avec moi. Enfin un dirigeant socialiste qui ne biaise pas, assume son social libéralisme et ne commence pas par batailler sur le mot lui-même. Cahuzac assume. C’est sa principale force d’argumentation. Le débat fut passionné et je crois aussi qu’il était passionnant. Il fut entouré d’une magnifique bataille rangée de nos soutiens politiques. Sur twitter, facebook et dans les médias, chacun s’est mis en formation de combat. Tous voulaient participer et participèrent de cette façon. L’émission a battu son record historique d’audience et de part de marché. Et la conjonction des deux records est aussi une première. L’émission a explosé son record de tweets ! La furia était telle que des journalistes se sont lâché comme des groupies, contre moi bien sûr, en inondant l’émission de tweets qui furent passés à l’antenne, certes signés, mais sans mention du titre de l’expéditeur. Ainsi s’affichèrent à l’écran les messages de Lilian Alemagna, en charge de la gauche pour « Libération », Bruno Jeudy, rédacteur en chef du « Journal du Dimanche » et Bruno Dely, directeur adjoint de la rédaction du « Nouvel Observateur ». Tous signés mais sans mention de la fonction de journaliste ni du titre de presse où il officie. Ce n’est pas parce qu’ils m’étaient hostiles que je vais les montrer du doigt. Je trouve cette situation exemplaire. Je salue leur engagement politique de citoyen. Et j’en attribue tout le mérite à Cahuzac. Je ne plaisante pas. Je crois que quand la gauche sociale libérale s’assume, elle aussi trouve une capacité de mobilisation des siens.

Je fais ce billet « à chaud » en quelque sorte. C’est la raison pour laquelle il est bien moins long que d’habitude. Aussi parce qu’il faut que je dorme un peu, non ? Je réagis à l’émission. Puis mon post sera complété au fil des jours par des chapitres supplémentaires sur les questions dans l’actualité. Ce post sera donc « évolutif ». Je commence par le fond de ce qui s’est donné à voir dans le débat et je poursuis, pour m’amuser, avec les erreurs et bobards de Jérome Cahuzac. Ils sont de bonne guerre de sa part. Mais ils ont l’avantage de rendre plus visible et ridicule les numéros d’adulation de commande sur « sa compétence », sa « précision technique » et ainsi de suite. Je savais que j’affrontais non seulement Jérôme Cahuzac mais son équipe de gestion de crise d’Euro-RSCG, dont le PDG Stéphane Fouks se vante d’être le conseiller direct du ministre. Son attaché de presse n’avait-elle pas été celle de madame Bettencourt pendant la crise qu’affronta la pauvre vieille dame. C’est eux qui inventèrent ce slogan « vous êtes un homme seul ». Certes cela aurait peut-être fonctionné, s’il avait été explicité auparavant. Mais il tomba comme un cheveu sur la soupe quand Cahuzac se souvint qu’il devait le placer et le balança tout soudain en fin de parcours. Il ralluma de cette façon la fierté militante des nôtres et déclencha un torrent de tweets avec les photos des meetings de masse de la campagne du Front de Gauche. Seul ! Depuis l’émission je suis plus nombreux que jamais à gauche.

3) Cahuzac-Mélenchon et la réforme fiscale introuvable

Jérôme Cahuzac a affirmé que le gouvernement a déjà procédé à la réforme fiscale du quinquennat, lors du débat qui l’a opposé à Jean-Luc Mélenchon, lundi soir sur France 2. Dans les faits, on se demande bien de quoi il parle.

"Vous avez l’air de penser que c’est une réformette, vous vous trompez", a lancé le ministre délégué au Budget à l’ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle 2012, qui affichait plus qu’une moue dubitative sur la plateau de Mots Croisés. Le grand argentier du gouvernement se fondait alors sur le budget 2013 qui crée une nouvelle tranche d’imposition à 45% et pose en principe l’égale taxation des revenus du capital et du travail. Pas de quoi crier au grand soir fiscal qui rétablirait la progressivité de l’impôt et ferait contribuer équitablement tous les Français, y compris les plus riches.

Ce sentiment s’épaissit lorsque l’on observe les atermoiements du gouvernement sur le dispositif qui devrait remplacer la taxation à 75% des très très hauts revenus, censurée par le Conseil constitutionnel. Censure provisoire ?

Les différents ministres en poste à Bercy jurent que oui. Mais, signe de l’hésitation qui gagne les rangs gouvernementaux, ses modalités, comme le nouveau calendrier d’application, demeurent entourées du plus grand flou. Le taux, d’abord : du côté de Jérôme Cahuzac, ministre délégué au Budget, comme de celui de Pierre Moscovici, le « patron » de Bercy, on se garde d’avancer un chiffre. Mais « au-delà de 75%, tous revenus confondus, il (le Conseil constitutionnel) pourrait juger le taux confiscatoire », met en garde Jérôme Cahuzac. Pourtant, ce n’est pas le sens de la décision concernant cette taxe en particulier, retoquée parce qu’elle était calculée sur la base des revenus des individus et non des foyers fiscaux. Au surplus, rien dans la loi n’interdit à ce jour de fixer des taux de 70% ou plus, puisqu’il « appartient au législateur de déterminer (…) les règles » d’appréciation des « facultés contributives des contribuables » et de garantir le « caractère progressif » de l’impôt, selon une décision du 21 juin 1993 de ce même Conseil constitutionnel.

Profil bas

Car, au-delà, les ministres font profil bas sur la réforme fiscale promise par François Hollande, au nom de la « stabilité fiscale » réclamée par les « agents économiques ». « Désormais, la stabilité fiscale est la politique du gouvernement pour la mandature », estime Jérôme Cahuzac. Une ligne confirmée par la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem  : « Pour le quinquennat, en effet, on s’engage à la stabilité fiscale (…), donc pas de changement des règles a priori, pas de changement majeur. »

Mieux  : selon Pierre Moscovici, la réforme fiscale aurait déjà été votée, « dans le cadre de la loi de finances 2013 ». Celle-ci a certes écorné les privilèges, en soumettant au barème de l’impôt sur le revenu les rémunérations des particuliers tirées du capital, comme les gains des capitaux mobiliers, des stock-options et des dividendes et produits de placement, pour 3 milliards d’euros de recettes supplémentaires en 2013 et 1,4 milliard en 2014.

Les plus aisés choyés

Mais, depuis dix ans, les plus aisés ont engrangé des cadeaux bien supérieurs  : 2,3 milliards d’euros par an pour les 10% les plus aisés rien que grâce à la réforme de 2006 qui a fait passer l’impôt sur le revenu de six tranches à quatre. Sans compter les 21 niches fiscales créées depuis 2002, 62% du montant des réductions d’impôt existantes bénéficiant aux 10% les plus riches, selon un rapport de mai 2011 du Conseil des prélèvements obligatoires. À comparer aux 320 millions d’euros par an attendus de la nouvelle tranche d’impôt à 45%, ou aux 210 millions escomptés de la taxe censurée à 75%.

SC et SG L’Humanité

4) Vidéo intégrale du débat

Pour visionner cette vidéo, cliquer sur l’adresse URL ci-dessous :

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5) Programme de la soirée :

- Le budget : budget de gauche ou budget d’austérité ?

- Déficits : faut-il vraiment les réduire aussi vite ?

- La taxation des plus riches à 75% : erreur ou renoncement

- Le pacte de compétitivité : soutien nécessaire aux entreprises ou cadeau pour les patrons

- Florange : fallait-il nationaliser ?

- L’Europe : une chance ou un carcan ?

- Le vote des étrangers aux élections locales : une urgence ou pas ?

- L’aéroport Notre-Dame-des-Landes, l’EPR : écologie ou modernité ?

- et finalement : la méthode Hollande…


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