LES PROFITS (Prix, salaires, profits 3)

jeudi 5 octobre 2017.
 

Le profit est polymorphe : examinons ses différentes formes.

Cette partie fait suite aux deux premières :

Prix, salaires, profits : partie 1 http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Prix, salaires, profits : partie 2 http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

4 – Le profit.

Lorsque la presse financière ou économique, lorsque les instituts de statistiques annoncent tel ou tel profit pour une entreprise petite ou grande, encore faut-il savoir de quoi on parle, car les chiffres annoncés peuvent être très différents selon la définition utilisée.

Selon le choix des indicateurs retenus, certaines conclusions économiques aux conséquences politiques peuvent être très différentes.

Nous allons donc examiner les principaux indicateurs de profit.

Mais auparavant, une définition préalable.

L’une des rémunérations du profit est le versement de dividendes aux actionnaires.

Qu’est-ce que donc des dividendes ?

Les dividendes constituent une forme de revenu de la propriété auquel ont droit les actionnaires qui ont mis des capitaux à la disposition d’une société. L’émission d’actions constitue pour une société une façon de se procurer des capitaux autrement que par l’emprunt. Contrairement au capital emprunté toutefois, le capital-actions n’est pas à l’origine d’une créance fixe en termes monétaires et ne permet pas aux porteurs des actions de percevoir un revenu fixe ou prédéfini.

Pour plus de détails : http://circa.europa.eu/irc/dsis/nfa...

"Au-delà de l’évolution du rapport de forces entre actionnaires, dirigeants d’entreprise et salariés, les flux de dividendes peuvent refléter le développement des groupes d’entreprises et l’apparition de « marchés de capitaux » internes aux groupes (Picart, 2003). Le développement spectaculaire des leveraged buy out (LBO) sur la dernière décennie constitue un exemple extrême de mécanisme venant accentuer les flux nets de dividendes versés par les SNF (sociétés non financières)". Source : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc...

4. 1 – Les différents indicateurs économiques et comptables pour mesurer le profit.

1) L’excédent brut et l’excédent net d’exploitation.

a) L’excédent brut d’exploitation (l’E.B.E. ) est le solde du compte d’exploitation, pour les sociétés.

Il est égal à la valeur ajoutée, diminuée de la rémunération des salariés, des autres impôts sur la production et augmentée des subventions d’exploitation. Il est ce qui reste de la valeur ajoutée (la valeur nouvelle créée par l’activité de l’entreprise après paiement des salaires ( y compris les cotisations sociales) et le règlement des impôts liés à la production.

On dit que l’E.B.E. mesure le profit brut de l’entreprise car, sur ce profit, l’entreprise va payer des impôts (l’impôt sur les bénéfices). C’est la marge bénéficiaire, appelée aussi marge opérationnelle calculée avant détermination des amortissements du fait de son analogie avec en anglais gross operating profit ou EBITDA.

L’EBE permet à la fois de rémunérer sur le court terme les apporteurs de capitaux (banquiers et actionnaires), en leur versant les dividendes et les intérêts bancaires de l’année, tout en développant l’entreprise en investissant. (cas idéal)

L’E.B.E permet de mesurer l’entière capacité d’autofinancement des investissements, car il inclut les provisions pour risque et l’amortissement, erme comptable désignant l’annualisation de ces investissements Par exemple, une entreprise qui achète une grue pour 4 millions d’euros va, par exemple, l’amortir en huit ans, en déduisant chaque année de son bénéfice brut d’exploitation un huitième du coût à l’achat de la grue, soit un demi-millions d’euros par an.

En résumé : EBE = dividendes + intérêts + impôts sur les sociétés + épargne brute

Avec : épargne brute = investissement productif (FBCF) + placements financiers

Pour illustrer d’une manière chiffrée cet indicateur, en 2010, la valeur ajoutée brute de la France (PIB au prix de base) s’élevait à 1738 milliards d’euros et l’ EBE représentait 30,7 % de cette somme.

Observons comment ce chiffre est obtenu en regardant les comptes de 2010.
- PIB de la France au prix de base : 1738 milliards d’euros. 100 %
- Rémunération des salariés : 59,3 %
- Impôt sur la production : 4,7 %
- Subventions d’exploitation : 1,5 %
- Revenu mixte brut des entreprises individuelles (voir plus haut) : 6,9 %
- EBE : 30,7 %. Pour obtenir ce dernier résultat, remarquons qu’il faut tout d’abord retrancher du PIB le revenu mixte brut. 100 % - 6,9 % = 93,1 % En appliquant la définition ci-dessus, on constate bien que : 93,1 % - 59,3 % - 5,2 % + 1,5 % = 30,6 % égal au chiffre annoncé à 0,1 % du fait des approximations d’arrondis. http://www.insee.fr/fr/themes/table...

Une information intéressante est celle de l’évolution de la part des dividendes dans l’EBE Elle était d’environ 25 % en 1993 et n’a cessé de croître : elle était de 65 % environ en 2007. http://local.attac.org/attac12/2011... Diapositive 3

b) L’excédent net d’exploitation (E.N.E)

L’E.N.E s’obtient en déduisant de l’E.B.E :

- le coût du potentiel de production (les amortissements et la part du crédit bail relative au remboursement du capital)

- les variations des provisions qui sont affectées à la couverture des risques et charges liés aux opérations d’exploitation Plus synthétiquement : l’E.N.E prend en compte, contrairement à l’EBE, la consommation de capital fixe : ENE = EBE – CCF Certains économistes marxiens assimilent l’excédent net d’exploitation à la plus-value selon le sens de Marx.

2) Le bénéfice net.

L’ensemble des amortissements sont déduits chaque année du bénéfice brut d’exploitation au moment du calcul du bénéfice net. Sont déduits aussi les intérêts bancaires et l’impôt sur les sociétés (qui est un pourcentage du bénéfice avant impôts), lorsque l’entreprise en paie.

Le bénéfice net détermine le revenu des actionnaires, directement distribué dans l’année sous forme de dividende annuel ou affecté à la mise en réserve les actionnaires acceptant de différer dans le temps la perception de leurs dividendes.

3) La marge brute d’autofinancement utilisée souvent par les banques est égale à l’E.B.E. diminuée des intérêts bancaires et des impôts sur les sociétés. Certains financiers calculent un excédent net d’exploitation en déduisant simplement l’impôt sur les bénéfices de l’excédent brut d’exploitation. C’est l’équivalent d’une marge brute d’autofinancement augmentée des intérêts bancaires.

4) Le taux de marge.

En comptabilité nationale, le taux de marge est le rapport entre l’excédent brut d’exploitation (EBE) et la valeur ajoutée brute VAB ; il mesure le pourcentage de la valeur ajoutée conservé par les entreprises après versement des coûts salariaux et des impôts liés à la production. Le taux de marge est supérieur au taux de profit puisqu’il faut encore y retrancher les amortissements, le paiement des frais financiers sur les emprunts et l’impôt sur les sociétés. TM = EBE/VAB

Dans les entreprises commerciales, le taux de marge est le rapport entre la marge brute et le prix de vente hors taxes.

En appelant RS le revenu des salariés, certains économistes marxiens assimilent le rapport ENE / RS au taux d’exploitation de la force de travail .(taux de plus-value chez Marx, voir notre dernière partie, chapitre 6)

La variation de l’EBE peut très bien cacher une augmentation de la CCF quand l’accumulation du capital s’intensifie, comme c’est le cas depuis plus d’une décennie. L’EBE fluctue sur longue période autour du tiers de la VAB ; l’ENE comptant pour environ la moitié de cette part et la CCF pour l’autre moitié (mais en hausse sur la dernière période). La relative constance à long terme du taux de marge officiel autour d’un tiers fut découverte au début du XXe siècle par le Britannique Bowley : c’est la « constante de Bowley », que les travaux de Thomas Piketty (2001) retrouvent en France tout au long du XXe siècle. Le ratio ENE / VAB semble tourner autour d’une constante d’environ 1/6. Ces constantes à très long terme cachent évidemment des cycles et donc des écarts sévères dans la conjoncture. Selon Patrick Castex, "Le ratio ENE / RS varie parallèlement à ENE / VAB. Il fluctue sur le long terme autour de 24 à 25 % quand le taux de marge nette oscille autour de 16 %"

Source : http://regulation.revues.org/9091?&...

5) Le taux et le seuil de rentabilité.

a)Le taux de rentabilité.

Le taux de rentabilité est le rapport entre les profits réalisés (mesurés par l’EBE) et les capitaux engagés (c’est-à -dire les sommes payées pour acquérir les moyens de production) pour arriver à ce résultat. Intuitivement, c’est le bénéfice réalisé par euros investis.

On peut aussi définir la rentabilité économique nette : c’est l’Excédent net d’exploitation (ENE), ramené aux stocks de capitaux dits économiques K financés par capitaux propres et/ou dettes. On a alors : REN = ENE/K

On distingue :

La rentabilité économiquequi compare le revenu obtenu par l’entreprise (profits réalisés avant paiement des intérêts sur les emprunts) aux capitaux engagés dans la production, quelle que soit leur origine : fonds propres ou /et capitaux empruntés (les fonds propres constituent les ressources internes à l’entreprise : liquidités apportées par les actionnaires et profits non distribués accumulés). Il s’agit ici de mesurer la performance de la mise en œuvre des capitaux, indépendamment de leur mode de financement.

On a : RE = EBE / K où EBE est l’excédent brut d’exploitation et K le capital fixe

d’autre part : RE = EBE / VAB) x (VAB / K) Donc : taux de rentabilité économique = taux de marge x productivité du capital

Pour une étude complète du taux de marge, voir : http://www.lyc-arsonval-brive.ac-li...

Interprétation marxienne : les lignes suivantes peuvent être reprises après lecture du chapitre 6 (approche marxiste.

Si l’on utilise la rentabilité nette, la formule précédent s’écrit : REN = ENE / VAB) x (VAB / K)

Une approche marxienne consiste alors à faire intervenir le rapport ENE/RS . On assimile alors la rémunération des salariés RS au capital variable au sens de Marx. Ce quotient entre la plus-value exprimée par ENE et le capital variable exprimé par RS représentent alors le taux d’exploitation de la force de travail (taux de plus-value).

On considère ensuite le rapport K/RS qui correspond chez Marx au rapport entre le capital constant C et le capital variable v (C/v). Ce rapport exprime ainsi la composition organique du capital au sens marxiste.

La rentabilité nette peut alors s’écrire :

REN = ENE / K = (ENE / RS) / (K / RS) = taux d’exploitation/comp. org.du capital

La rentabilité financière qui s’intéresse au revenu conservé par le propriétaire de l’entreprise (profits réalisés après paiement des intérêts sur les emprunts) rapporté aux fonds propres engagés dans la production.

La différence entre rentabilité économique et rentabilité financière porte donc uniquement sur le dénominateur. Dans un cas, on compare l’EBE à l’ensemble des capitaux qu’il a fallu investir pour obtenir cet EBE ; dans l’autre, on ne compare l’EBE qu’aux capitaux apportés par les actionnaires ou conservés dans l’entreprise, à l’exclusion des capitaux empruntés (que ce soit auprès du système bancaire ou sur les marchés financiers). On comprend que les actionnaires s’intéressent surtout à la rentabilité financière car c’est la rentabilité des capitaux qu’ils ont placés dans l’entreprise.

Le passage d’un capitalisme productif managérial un capitalisme financier actionnarial donne priorité à la rentabilité financière par rapport à la rentabilité économique.

b) Le seuil de rentabilité.

- Si l’on représente graphiquement par deux courbes, d’une part les variations du chiffre d’affaires (prix de vente) en fonction du nombre variable de produits fabriqués vendus, d’autre part les variations du coût global de production de ces mêmes marchandises toujours en fonction du nombre variable d’unités produites, le point d’intersection de ces deux courbes s’appelle le point mort qui indique le seuil pour lequel le coût de production est égal au chiffre d’affaires. C’est le seuil de rentabilité de l’entreprise.

En dessous de ce seuil, le chiffre d’affaires est inférieur au coût de production et la zone comprise entre les deux courbes est une zone de pertes. Au-dessus de ce seuil, le chiffre d’affaires est supérieur au coût de production et la zone entre les deux courbes représente une zone de profits.

Pour avoir une représentation graphique : voir très belle présentation : http://www.pambianco.net/Compta/the...

- L’un des objectifs fondamentaux des entreprises capitalistes est d’abaisser le plus possible ce point mort, c’est-à-dire faire de telle sorte que le coût de production soit le plus rapidement possible amorti par la vente. Pour diminuer le coût de production, on peut diminuer les coûts salariaux et pour ce faire, licencier des salariés.

Abstrait que cela ? Abaisser de quelques millimètres la position du point mort sur un écran d’ordinateur à New York peut conduire à licencier 2000 salariés dans des entreprises en Europe.

- On peut aussi déterminer le seuil de rentabilité de la façon suivante :

Seuil de rentabilité = Charges fixes / Taux de marge sur coût variable Taux de marge sur coût variable = Chiffre d’affaires (en %) - Charges variables (en %)

D’un point de vue numérique et non graphique, on définit le point mort comme le nombre de jours au bout duquel la production devient rentable. On utilise alors la formule  : Point mort = (seuil de rentabilité x 360)/chiffre d’affaire

Pour plus d’informations : http://www.logistiqueconseil.org/Ar... http://fr.wikipedia.org/wiki/Seuil_...

6) Résultat net comptable (statistique d’entreprise)

a)Le résultat courant avant impôts est égal aux produits d’exploitation (notamment les sommes reçues qui relèvent de l’activité de l’entreprise, soit les ventes de biens, prestations de services...) : + quotes-parts de résultats sur opérations faites en commun : produits, au sens comptable du terme (par exemple, résultat des opérations faites par l’intermédiaire d’une société en participation) ; + produits financiers (intérêts courus, gains de change, revenus tirés des comptes en banque) ;
- charges d’exploitation (sommes versées en contrepartie de marchandises, approvisionnements, travaux et services consommés...) ;
- quotes-parts de résultats sur opérations en commun : charges au sens comptable du terme ;
- charges financières (par exemple : intérêts des emprunts, escomptes accordés à des clients, pertes de change supportées).

Remarque : Le résultat courant avant impôts est bénéficiaire si les produits dépassent les charges ou déficitaire dans le cas contraire

b) Le résultat net comptable mesure les ressources nettes (après prise en compte de la dépréciation du capital) restant à l’entreprise à l’issue de l’exercice : bénéfice ou perte.

Il correspond, au sens comptable, à la différence entre les produits et les charges de l’exercice. Résultat Net Comptable (RNC) = Résultat courant avant impôt + résultat exceptionnel
- impôt sur les bénéfices
- participation des salariés aux fruits de l’expansion (HJ).

Le résultat net comptable apparaît à la fois

• dans le compte de résultat

• et au bilan de l’entreprise, dans les capitaux propres, précédé d’un signe négatif en cas de déficit (parfois le signe négatif est remplacé par des parenthèses pour des questions de présentation).

C’est donc la part résiduelle du résultat d’exploitation revenant aux actionnaires après que les créanciers et l’Etat ont perçu leur part. Ce résultat net peut donc être distribué sous forme de dividendes, ou mis en réserves (et augmenter ainsi le montant des capitaux propres de l’entreprise).

En général les dividendes sont prélevés sur les bénéfices (appelés aussi résultats nets) réalisés par l’entreprise. Mais une Assemblée Générale peut décider le versement de dividendes même si l’entreprise n’a pas fait de bénéfices ou a fait des pertes sur l’exercice annuel concerné à condition qu’il y ait des réserves. Elle peut également décider le versement de dividendes supérieurs aux bénéfices réalisés.

c) On appelle taux de distribution le rapport entre les dividendes versés et les bénéfices de l’entreprise.

La partie des bénéfices non versés en dividendes est réinvestie dans l’entreprise et comptabilisée dans le compte « réserves ». (voir plus loin, numéro 11)

Pour la fiscalité sur les dividendes voir : http://www.lafinancepourtous.com/Di...

d) Le RNPG Le résultat net part du groupe désigne le résultat net total d’un groupe (la somme des résultats nets des sociétés du groupe) auquel il faut retrancher la part revenant aux actionnaires minoritaires des sociétés concernées. Le Rnpg est le résultat net revenant à la maison mère.

7) Le retour sur investissement (RSI ou rentabilité du capital investi), parfois appelé rendement ou taux de rendement ou taux de profit, désigne un ratio financier qui mesure :le montant d’argent gagné ou perdu par rapport à la somme initialement investie dans un investissement. Il peut donc s’agir ici d’un investissement financier.

Cela correspond au ratio anglo-saxon "return on assets" ROA. C’est un indicateur de la rentabilité d’une entreprise par rapport à ses actifs totaux. ROA donne une idée de l’efficacité de la gestion est à l’aide de ses actifs à générer des bénéfices. Calculé en divisant les gains annuels d’une entreprise par ses actifs totaux, ROA est affiché en pourcentage Ce terme dépend du contexte visé dans des situations diverses. Voir pour plus de détails : http://fr.wikipedia.org/wiki/Retour...

8) Le ROE ou "Return On Equity"

Le ROE (Return On Equity) ou retour sur fonds propres (Résultat net / capitaux propres) est également appelé rendement des capitaux propres. Le ROE mesure la rentabilité des fonds apportés par les actionnaires (les capitaux propres). Ainsi, un ROEde 30% signifie que pour 100 euros investis par l’actionnaire le résultat généré s’élève à 30 euros.

Le ROE est très sensible à l’activité et au secteur de l’entreprise, et doit donc être manié dans le cadre de comparaisons sectorielles. Les activités qui nécessitent de très lourdes infrastructures industrielles, comme la pétrochimie, requièrent un investissement initial des actionnaires très important.

Au contraire, les activités de services, comme la publicité , ne requièrent pas d’investissements significatifs. Pour un bénéfice identique, une entreprise du secteur de la pétrochimie affichera un ROE inférieur à une entreprise du secteur de la publicité. Pour un bénéfice de 10, la pétrochimie a besoin de 100 de fonds propres soit un ROE de 10%. Pour le même bénéfice, la publicité aura besoin de 30 de fonds propres, soit un ROE de 30%. http://www.zalis.org/definition-88-...

9) Le ROCE (Return On Capital Employed) est utilisée dans le domaine de la finance pour mesurer le retour qu’une compagnie réalise en fonction des capitaux investis. Il est habituellement utilisé pour comparer la performance entre business et pour établir s’il produit un retour suffisant pour rembourser le capital. Il représente l’application du ROA (Return on assets) aux projets d’investissement.(numéro 7 ci-dessus)

ROCE = EBIT x (1 – Tc)/CE

Avec : EBIT (Earning Before Interest and Taxes) = Résultat d’exploitation Tc = Taux d’imposition CE = montant des capitaux employés = CI (capitaux investis) + actifs nets hors exploitation

(Cet indicateur est une variante du taux de rentabilité vu au numéro 5.) L’utilisation des indicateurs : La rentabilité économique, le ROCE, La rentabilité financière, le ROE (Return on equity et le taux d’intérêt à long terme (qui mesure le rapport entre les intérêts que l’entreprise doit verser aux créanciers et le montant de ses dettes financières, de sorte qu’il exprime la moyenne pondérée des taux d’intérêt auxquels l’entreprise a emprunté), est à la base de l’analyse de l’effet de levier.

Cet effet désigne le fait que la rentabilité financière de l’entreprise est susceptible de s’élever au-dessus de sa rentabilité économique à partir du moment où l’entreprise emprunte auprès de ses créanciers à un taux d’intérêt inférieur à la rentabilité économique du capital qu’elle immobilise17.

10) Le taux de profitabilité désigne le rapport entre le bénéfice B d’exploitation réalisé et le montant I des investissements.

Le bénéfice B s’écrit : B = R – D – I où R sont les recettes réelles ou escomptées, D les dépenses actualisées d’exploitation, I montant actualisé des investissements.

Selon l’INSEE, la profitabilité est le rapport entre le profit et la production. Le taux de profitabilité rapporte donc le résultat net comptable au chiffre d’affaires hors taxes

TP = RNC/CAHT

En technique comptable, on parle aussi d’un indice de profitabilité : c’est le rapport entre un flux de trésorerie (cash-flow) actualisé représentant le bénéfice ci-dessus et le montant de l’investissement.

11) Le pay out ratio (POR) exprime le taux de distribution des bénéfices. Il est calculé en divisant le montant des dividendes distribués par les bénéfices nets consolidés de l’entreprise. (voir aussi ci-dessus 6c)

Un pay out ratio faible indique que la société se concentre principalement sur le maintien de ses bénéfices plutôt que de distribuer des dividendes et inversement

12) Le Price to Book ratio (P/B) est le rapport entre la valeur de marché et le montant des fonds propres, c’est-à-dire la valeur comptable de la société.

Lorsque ce ratio est inférieur à 1, cela signifie que la valeur de marché est inférieure à la valeur comptable de la société, ce qui, en temps normal, est rare. Cet indicateur est utilisé par les financiers pour analyser la santé financière des grosses entreprises. Cet indicateur ne mesure pas à proprement parler un profit mais indique une condition comptable fondamentale de sa réalisation. . 13) La rentabilité d’exploitation est égale au rapport du taux de marge à l’intensité capitalistique.

REB = (EBE/VA) / (VA/K).

14) Une définition du taux de profit : d’après un calcul de Michel Husson

On considère le taux de profit comme le rapport du profit au capital fixe. Notations : Q est le PIB en volume ; pQ et le PIB au prix du marché. K est le capital fixe en volume et pK est le capital fixe en prix courant. w est le salaire nominal moyen et w/p est le salaire réel moyen. n est le nombre de salariés, de sorte que la masse salariale globale s’écrit : nw.

Ce nombre pourrait aussi s’écrire RS (revenus de salariés). On définit alors le profit PR comme la différence entre le PIB et la masse salariale globale. PR = pQ –nw

Le taux de profit s’écrit alors : PR/pK = (pQ –nw)/pK

On ne change pas la valeur d’une fraction en divisant le numérateur et le dénominateur par le même nombre (règle de calcul que l’on apprend en classes de collège !) en l’occurrence, par pQ. On a alors :

r = (pQ –nw)/pQ / (pK/pQ). En décomposant le numérateur, on obtient : r = (pQ/ pQ – nw /pQ)/ (pK/pQ) . Et en simplifiant : r = (1 - nw/pQ)) / (K/Q)

On divise alors le numérateur est le dénominateur de la fraction K/Q par n, pour faire apparaître ainsi Q/n qui est la productivité du travail et K/n qui est le capital fixe par tête.

D’autre part, nw/pQ = (w/p) / (Q/n) qui fait apparaître la productivité. On a donc : r = (1 - (w/p) / (Q/n))/ (K/n/Q/n)

Taux de profit = (1-salaire / productivité) / capital fixe par tête / productivité = (1 - salaire / productivité) x productivité / capital fixe par tête Notons e le rapport :salaire / productivité qui représente la part des salaires dans la productivité par tête ; notons k le rapport Q/K qui désigne, en économie, l’efficacité du capital.

La formule r = (1 - (w/p) / (Q/n))/ (K/Q) = (1 - (w/p) / (Q/n))x(Q/K) devient : r = (1 – e)xk

Le taux de profit dépend donc de trois grandeurs : salaire réel, la productivité du travail et capital par tête (efficacité du capital).

On peut calculer la variation du taux profit en calculant la dérivée logarithmique. Il s’agit d’un calcul élémentaire de niveau terminal S ou ES que l’on peut trouver dans le texte indiqué par le lien suivant. http://hussonet.free.fr/psalirsw.pdf

Tous calculs faits, on obtient le résultat suivant : le taux de profit augmente si la progression du salaire réel est inférieure à celle de la productivité globale des facteurs définie comme la moyenne pondérée de la productivité du travail et de l’efficacité du capital

15) Le dividend yield

C’est un ratio entre les dividendes et la capitalisation boursière. La rémunération des actionnaires est composée non seulement des dividendes reçus mais aussi de la plus-value boursière des titres détenus.

Le dividend yield indique quelle est la part des dividendes dans la rémunération de l’actionnaire. On peut alors distinguer plusieurs composantes de la hausse des dividendes :

- celle qui relève strictement d’une hausse d’exigence des créanciers. Elle est faible en tendance, voire négative, comme l’illustre la forte modération du dividend yield de marché entre 1990 et 2007, tendance encore plus marquée sur le marché américain où les dividendes passent de 3 % de la capitalisation de marché en 1990 à 1,8 % en 2007

- la composante structurelle, qui relève de la hausse du financement par fonds propres et compense la baisse structurelle des charges d’intérêt ;

- la composante normalement contra-cyclique qui amortit la baisse des cours ;

- la hausse très importante du dividend yield des derniers mois, en temps de crise, qui procède à la fois de la fonction contra-cyclique des dividendes évoquée ci-dessus et de la dégradation des capitalisations en valeur de marché, laquelle accroît mécaniquement le ratio en faisant baisser son dénominateur.

Ce ratio n’est pas facilement calculable du fait que : Une partie de la montée des dividendes serait imputable à la délocalisation du capital, qui génère des flux de dividendes sortants de la part des filiales françaises de groupes étrangers et des dividendes entrants des filiales étrangères vers les maisons mères françaises, dont une partie serait mal comptabilisée. Source : http://gesd.free.fr/eveil133.pdf

4. 2 – Les profits des entreprises.

a) le taux de marge des entreprises.

En utilisant l’indicateur du taux de marge, on peut observer l’évolution suivante des entreprises non financières de 1949 à 2008 : D’abord une période de relative stabilité : entre 1949 et 1968, le taux se situe aux environs de 27,5 % ; puis de 1969 à 1973, il augmente et se situe aux environs de 29,5 % - 30 %. (Remarquons passage que l’augmentation du SMIC de 43 % en 1968 n’a pas provoqué un clash financier puisqu’au contraire, le taux de marge a augmenté entre 1969 et 1973.)

Puis, de 1973 à 1981, le taux décroît régulièrement pour arriver à sa valeur minimale en 1982 où il atteint 23,9 %., puis il s’accroît jusqu’en 1998 où il atteint sa valeur maximale 32,4 %, puis depuis cette date, il se stabilise aux environs de 30,5 % -31 %.

Le taux de marge a donc augmenté de 8,5 % entre ces deux valeurs extrêmes (1973 – 1998) et d’environ 7 % si l’on prend les quatre dernières années en référence finale. (Ces pourcentages sont donnés pour une valeur ajoutée calculée en prix de base. Si l’on veut le pourcentage en valeur ajoutée calculée au coût des facteurs, on ajoute environ 1,4 % à ces pourcentages.) http://insee.fr/fr/publications-et-...

b) Le taux de marge des PME industriellesen 2007 et 2008 étaient de 24,1 % et 23,7 %. http://www.industrie.gouv.fr/p3e/cp...

En incluant le secteur des transports et de l’énergie : 29,6 % en 2007. Le taux de marge varie considérablement en fonction du secteur d’activité et de la taille de l’entreprise. Le taux de marge croît avec la taille. Dans l’industrie pharmaceutique, le taux de marge moyen est de 44,8 %, dans le secteur de l’énergie il s’élève à 40,3 %.

Pour les PME d’effectifs compris entre 20 et 250 salariés, il s’élève à 24,6 %. http://www.insee.fr/fr/themes/table...

Le classement des 30 premières PME les plus rentables de France fait néanmoins apparaître des effectifs variables mais à part une exception, leurs effectifs sont supérieurs à 30 salariés. http://lentreprise.lexpress.fr/gest...

c) Les profits des entreprises du CAC 40.

Le pay out ratio (voir No 11) s’élevait en 2010 à 49 % mais en 2009 à 78 %. Le montant global des dividendes versés en 2010 s’élevait à 39,940 milliards d’euros . C’est la société Total qui a versé le plus : 5,357 milliards d’euros Le total des RNPG en 2010 : 81, 913 milliards d’euros Source : Le profil financier du CAC 40 (voir p. 26–27/33) http://www.ricol-lasteyrie.fr/doc/n...

" L’année 2010 aura été un très bon millésime pour les entreprises du CAC 40. Avec 80,1 milliards d’euros de profits publiés, les grandes sociétés françaises affichent une progression de leur résultat net de 58 % par rapport à 2009. En prenant en compte les anticipations du consensus Bloomberg pour les profits d’Alstom et de Pernod Ricard, qui publient leurs comptes sur un exercice décalé, le chiffre atteint même 82 milliards d’euros . Alors que les résultats 2009 portaient encore l’empreinte de la crise, cette fois l’impact de la récession économique a été effacé dans les comptes. Les représentantes du CAC 40 ont retrouvé leurs niveaux de profits de 2006, sans égaler toutefois encore le plus-haut atteint en 2007 à 101 milliards d’euros" (Source : La Tribune http://www.latribune.fr/bourse/2011... )

Après trois années de baisse, les rémunérations des patrons du CAC 40 ont rebondi de 34% en 2011 selon le cabinet de conseil Proxinvest. Revenu moyen : 4,11 millions d’euros http://www.latribune.fr/entreprises...

" Total est bien le roi des profits en France. Le groupe pétrolier français a réalisé un bénéfice net de plus de 12 milliards d’euros l’an dernier, grâce aux cours élevés du pétrole qui ont compensé un léger recul de sa production et des difficultés persistantes dans le raffinage, lui permettant de signer son meilleur exercice depuis 2008. Le chiffre d’affaires a quant à lui progressé de 16% à 184,7 milliards d’euros." http://lexpansion.lexpress.fr/entre... six

Ces profits d’entreprise se répercutent bien évidemment sur les revenus des PDG. "Selon la récente étude de Proxinvest, Jean-Paul Agon, PDG de L’Oréal, touche 10,7 millions d’euros par an, Bernard Arnault, patron de LVMH, 9,7 millions, Carlos Ghosn, PDG de Renault et Nissan, touche 9,7 millions, et le PDG de Danone Franck Riboud 7,7 millions d’euros.

François Hollande : imposer aux dirigeants des entreprises publiques un écart maximal de rémunérations de 1 à 20. Sachant que le Smic est de 1.398,37 euros, la proposition de François Hollande vise à limiter la rémunération "habituelle" - c’est-à-dire la part fixe et la part variable "récurrente" - à 27967 euros par mois, soit 335600 euros pour 12 mois. Comme l’a calculé Challenges, cette mesure se traduirait par une diminution de 66% pour le salaire d’Henri Proglio, patron d’EDF ; de 61% pour celui de Luc Oursel, successeur d’Anne Lauvergeon à la tête d’Areva, et de 45% pour le patron de La Poste Jean-Claude Bailly. En revanche, seraient épargnés par cette mesure les patrons de la RATP (Pierre Mongin), de la SNCF (Guillaume Pépy), de la Française des jeux (Christophe Blanchard-Dignac), et le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, dont le salaire serait déjà inférieur au plafond, selon Challenges." http://tempsreel.nouvelobs.com/elec...

" …Quelle est l’influence de ces changements sur la gouvernance et les performances de l’entreprise ? Tout d’abord, on constate une évolution spectaculaire des profits. Sur la période, (1999 – 2007) le profit médian augmentent de 140%, pour le CAC, de 200% pour le DAX. Ensuite, force est de constater que le ROE (return on equity - rentabilité des fonds propres) s’élève régulièrement pour atteindre (et dépasser en fin de période) la barre symbolique des 15%.

Cette norme de 15% n’est dons pas un phantasme. Elle a bien été recherchée et elle a été obtenue, et ce tant en France qu’en Allemagne. Dans le même temps les dividendes par action ont été multipliés par 2 pour 60% des entreprises du DAX, pour 47,5% de celles du CAC. Les taux de distribution des dividendes sont aussi élevés en France qu’en Allemagne, mais ils ne convergent pas exactement au cours du temps. Ils sont plus volatiles en Allemagne."

Source : Benjamin Coriat (16 Avril 2010) Revue en ligne : Metis http://www.metiseurope.eu/entrepris...

Comparaison de l’évolution des profits boursiers du CAC 40 et de celle des salaires.

" En vingt ans, de 1988 à 2008, l’indice des prix à la consommation a progressé d’à peine plus de 40 %. Merci à la BCE et à ses comparses hexagonaux, car cela assure à notre détenteur d’actions (CAC 40) une progression de 120 % du pouvoir d’achat de son portefeuille, ou si vous préférez une multiplication par 2,2. Pendant ce temps, comment ont évolué le pouvoir d’achat des salaires, des minima sociaux, et le PIB par habitant ? Ce dernier a progressé de 35 % en vingt ans. Le salaire annuel moyen des salariés à temps complet a progressé d’environ 60 % en euros courants, soit autour de 15 % à prix constants…Quant au pouvoir d’achat du RMI depuis sa création effective en 1989, c’est encore pire : + 5 % en 18 ans ! Récapitulons : en 20 ans, le portefeuille CAC 40 a vu son pouvoir d’achat progresser de 120 %, pendant que celui des salaires (à temps plein) peinait à atteindre les 15 % et que celui du RMI faisait pratiquement du sur-place…" (Jean Gadrey http://alternatives-economiques.fr/...)

Pour plus de détails sur les sociétés du CAC 40 et du DAX : http://fr.wikipedia.org/wiki/CAC_40 et http://fr.wikipedia.org/wiki/DAX

4.3 - Les profits patrimoniaux et les très hauts revenus.

- Nous avons déjà abordé en partie cette question dans un article intitulé Le patrimoine des ménages, question politique centrale. :

http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

- Nous reprenons à notre compte ici l’analyse que fait Jacques Bidet de la classe dominante : " …En termes sociologiques, cela veut dire que la structure de classe moderne n’est pas seulement marchande La classe dominante en effet comporte deux pôles, celui de la propriété, contrôlant le marché, et celui de la « compétence », contrôlant l’organisation" http://jacques.bidet.pagesperso-ora...

Cette distinction rend parfaitement intelligible la diversité des sources des hauts revenus qui peuvent être ceux de la propriété (biens immobiliers et mobiliers, revenus en actions, intérêts perçus, etc.) et ceux d’une apparente ou réelle activité professionnelle liée notamment à la gestion, au fonctionnement du système financier, se traduisant par des salaires extrêmement élevés, stock-options, jetons de présence aux conseils d’administration des grosses sociétés, etc.

La croissance de la valeur et des revenus du patrimoine.

- Les revenus de la propriété n’ont pas cessé d’augmenter sur la période et ils n’ont pas fléchi en 2008, au plus fort de la crise financière (22,4 milliards d’euros après 22,3 milliards d’euros en 2007). En particulier, les dividendes reçus et les produits assimilés ont été multipliés par plus de quatre entre 1995 et 2006. http://www.insee.fr/fr/themes/docum...

Ces données sont à mettre en rapport avec l’augmentation considérable de la valeur du patrimoine lui-même. " En 1997, la richesse nette des ménages s’élevait à un peu plus de 3 800 milliards en euros courants, soit environ 160 000 euros par ménage. Fin 2007, elle s’élevait à près de 9 400 milliards d’euros, soit plus de 380 000 euros par ménage. Ainsi, entre 1997 et 2007, la valeur réelle du patrimoine net a crû en moyenne de 7,6% par an , contre 2,3% par an seulement entre 1987 et 1997… cette croissance exceptionnelle de la richesse nette des ménages s’explique d’abord par l’évolution des prix réels de l’immobilier.…"

- Autre phénomène mis en évidence : les revenus du patrimoine augmentent nettement (notamment les revenus de l’immobilier) alors que ceux de l’activité stagnent. Les 1 % des ménages les plus riches capitalisaient 42,6 % des revenus immobiliers en 1998 puis 55 % en 2005 ; capitalisaient 45,6 % des plus-values en 1998 puis 56 % en 2005. Source : Les hauts revenus en France(1998-2006) Une explosion des inégalités ? par Camille Landais 1 Paris School of Economics Juin 2007 http://www.inegalites.fr/IMG/pdf/ha... (notamment graphiques p. 6 et 8)

Le patrimoine et les revenus du patrimoine sont fortement concentrés.

- Les 10 % de ménages les mieux dotés possèdent au minimum 552.300 euros d’actifs, soit 48 % du patrimoine total. Les 10 % les plus modestes possèdent au maximum 2700 euros, soit 205 fois moins. Entre 2004 et 2010, les inégalités de patrimoine se sont accrues en France. Le rapport entre le patrimoine moyen des 10 % de ménages les mieux dotés et celui des 50 % les moins dotés ayant augmenté de près de 10 %. http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrim...)

- Le patrimoine immobilier.

Si l’on considère l’ensemble des ménages en France, l’immobilier constitue 62 % du patrimoine des ménages français. En 2010, le patrimoine des ménages est principalement constitué de biens immobiliers (62 %). La résidence principale représente 80 % des biens immobiliers. En France, six ménages sur dix sont propriétaires de leur résidence principale ou accédants à la propriété. Dans cette statistique, les Français fortunés sont noyés dans la masse.

Mais si l’on considère spécifiquement les ménages assujettis à l’ISF, - la résidence principale ne compte pas pour plus de 30 % du total du patrimoine brut, voire tout juste plus de 20 % pour les "petits" patrimoines (inférieurs à 1 million d’euros).

- le total des actifs immobiliers - c’est-à-dire la résidence principale plus les résidences secondaires ou tertiaires, ou les immeubles de rapport - présente un peu plus de 50 % du patrimoine total. Source : http://bercy.blog.lemonde.fr/2011/0...

- " Les 10% de ménages ayant le revenu fiscal de référence le plus élevé ont concentré 77% des revenus du patrimoine en 2006, et même 79% en 2007. Cette proportion est stable entre 2003 et 2007…." (source :Le patrimoine des ménages, p. 211/352, url ci-dessous)

- Concernant l’héritage, dans ce même rapport, on peut lire ceci : " Le montant moyen reçu par héritage ou par don augmente avec le revenu de l’héritier ou du donataire, comme l’illustre le graphique. Les ménages recevant les transferts les plus importants sont aussi ceux qui ont les revenus les plus élevés, c’est-à-dire ceux qui ont la plus forte capacité à se constituer un patrimoine par l’épargne." (p. 145/352 avec graphique) Comme dit l’adage : l’argent appelle l’argent !"

- "Les 10 %les plus riches reçoivent près de deux tiers de leurs revenus des revenus du patrimoine et quatre cinquièmes des revenus exceptionnels.

- Les très hauts revenus ont un poids économique encore plus important : Ils ne constituent que 1 % de la population, mais représentent 5,5 % des revenus d’activité, 32,4 %des revenus du patrimoine et 48,2 %des revenus exceptionnels déclarés….

- Les revenus d’activité occupent une part décroissante des revenus totaux au fur et à mesure que l’on monte dans la hiérarchie des revenus déclarés par unité de consommation À l’inverse, les revenus du patrimoine et les revenus exceptionnels y prennent une part croissante : alors qu’ils ne représentent à eux deux que 2,6 %des revenus totaux des neuf premiers déciles, ils constituent 48 % des revenus totaux des personnes les plus aisées. Ainsi, contrairement au reste de la population, qui ne perçoit que des revenus d’activité, c’est-à-dire des revenus du « travail », les plus aisés perçoivent pour moitié des revenus du « capital » et pour moitié des revenus du « travail »….

- Il y a donc deux grands groupes parmi les plus aisés : ceux dont les revenus sont essentiellement des revenus d’activité, et ceux dont les revenus sont essentiellement des revenus du capital, les intermédiaires étant beaucoup moins fréquent…

Le taux d’imposition des revenus des personnes à très hauts revenus est de l’ordre de 20 %"

Source : Les très hauts revenus : des différences de plus en plus marquées entre 2004 et 2007. http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc...

- En 2007, le dix-millime supérieur, soit les 0.01% les mieux payés dans le secteur privé (1692 personnes), touchaient au minimum 867 000 €, et en moyenne 1 682 000 € par an,

- Les personnes travaillant dans la finance contribuent à plus de la moitié (57%) de la croissance des plus hauts salaires, alors que la proportion des salariés de la finance - 3% du secteur privé - est restée stable sur la période (1996 – 2007) La tranche des 0,01% des salaires les plus élevés compte au total 40% de salariés de la finance, 20% de chefs d’entreprises et 10% de sportifs.

- Certains secteurs comme l’industrie, le commerce et les restaurants, les transports et la communication sont aujourd’hui beaucoup moins représentés au sommet de la hiérarchie des salaires qu’ils ne l’étaient il y a 30 ans. Par exemple, 38% du millime supérieur travaillaient dans ’industrie en 1976, alors que seulement 14% le font en 2007. En 1976, 10% du millime supérieur travaillaient dans les services aux entreprises et 6% dans la finance. En 2007, ils étaient respectivement 26% et 24%.

Source :La finance facteur d’inégalité de Godechot http://www.laviedesidees.fr/IMG/pdf...

Finance and the rise in inequalities in France (version anglaise plus complète dans le cadre de Paris School of économics.) http://halshs.archives-ouvertes.fr/...

- Les prélèvements sur le patrimoine.

Les prélèvements obligatoires sur les revenus du patrimoine ont été de 24,2 milliards d’euros en 2007 représentants ainsi un taux moyen de taxation de 15 % de ces revenus. (p. 207/352)

Plus globalement, en 2006, les prélèvements obligatoires s’élèvent à 44,2 % du PIB qui se décompose comme suit : 23,2 % des revenus du travail ; 10 % des revenus du capital (5,3 % des revenus du patrimoine et des entreprises et 4,7 % du patrimoine/fortune) ; 11,2 % de la consommation. (source : le patrimoine des ménages, p. 234/352)

Les prélèvements sur le patrimoine ont augmenté plus vite entre 1997 et 2007 que les revenus du patrimoine, mais moins vite que la valeur de ce patrimoine. (p. 240/352) Source : rapport de 352 pages sur le patrimoine des ménages. Mars 2009 http://www.ccomptes.fr/fr/CPO/docum...

Quelques données sur l’impôt sur la fortune corroborent les données précédentes . L’impôt sur la fortune : un indicateur des hauts patrimoines.
- En 2010, il y avait 562 000 foyers français disposant d’un patrimoine d’au moins 800 000 euros qui ont réglé l’ISF Nombre d’assujettis à l’ISF ayant recours au bouclier fiscal : 3 734 (Le patrimoine des ménages. P. 63/352 ; http://www.ccomptes.fr/fr/CPO/docum... )

Evolution du nombre total d’assujettis à l’ISF : + 91 % sur la période 2003-2008. Le poids des redevables de la première tranche dans ce total est resté stable (source CPO).
- Le nombre de redevables s’élevait à 178 899 en 1997 et 565 966 en 2008. Cela correspond à une augmentation de 216 %, ou une multiplication par 3,16.
- Nombre de redevables de la première tranche d’ISF : + 90 % entre 2003 (148 018) et 2008 (280 723), selon le rapport du CPO sur "Le patrimoine des ménages.

Remarquons ainsi avec la nouvelle loi de 2012, portant le seuil de patrimoine à 1,3 millions d’euros au lieu de 800 000 €, c’est près de 300 000 contribuables de moins qui seront imposables sur la fortune. Evolution de la valeur du patrimoine taxable à l’ISF de l’ensemble des redevables à l’ISF : + 103 % sur la période 2003-2008. Le poids du patrimoine taxable des redevables de la première tranche dans ce total est resté stable.

Mais il faudrait aussi tenir compte des familles fortunées qui placent leurs capitaux à l’étranger pour échapper au fisc français.

Par exemple, en Suisse, "il y a aujourd’hui 44 exilés français pour un patrimoine total de 36,5 milliards de francs suisses, soit un peu moins de 30 milliards d’euros. Il y a dix ans, on en comptait dix-sept. Et sur ces quarante-quatre, on compte treize milliardaires en francs suisses" Source : découvrez la liste des 44 grosses fortunes françaises exilées en Suisse. http://realinfos.wordpress.com/2011...

Mais en réalité la liste est beaucoup plus longue. Voir : http://forums.france2.fr/france2/me...

4.4 – Les hauts salaires et hauts revenus.

a) Les rémunérations des patrons du CAC 40 en 2011.

Voici les rémunérations annuelles en euros de huit dirigeants d’entreprises du CAC 40.

1. Franck Riboud ( Danone) : 7 773 790 euros soit 647 782 euros par mois.

2. J-Paul Agon (L’Oréal) : 7 680 000 soit 640 000 mensuels

3. Ch. Viebbacher (Sanofi, Aventis) : 7 134 787 soit 594 566 par mois

4. Antonio Belloni (LVMH) : 5 572 738 soit 557 275 par mois

5. Bernard Arnault (LVMH) : 4 546 863 soit 378 905

6. J-B Lévy (Vivendi) : 4 460 932 soit 371 744 par mois

7. Michel Rollier (Michelin) : 3 100 000 par mois

8. S.H. Pinault (PPR) : 3 064 304 soit 306 432 par mois

Source : journal L’Humanité du 26/03/2012

Ces résultats sont à mettre en perspective avec le classement des 500 premières fortunes de France publié chaque année par la revue Challenges, généralement au mois de juillet ou d’août .

b) Cas général.

Le niveau extrêmement élevé des salaires de certains managers et cadres de direction de groupes industriels, commerciaux ou financiers, brouille la frontière juridico–comptable pouvant exister entre salaires et profits. La réalité économique dépasse la vérité juridique. Plusieurs économistes constatent d’ailleurs ce fait. Sans même contester le fait que l’INSEE inclut les super salaires dans la masse salariale du PIB, tendant ainsi à grossir artificiellement la part salariale dans le PIB, on peut constater le fait suivant. Même si la masse salariale globale incluse dans le PIB peut paraître relativement stable pour certains économistes, la masse croissante des hauts salaires tire vers le haut le centre de gravité du salaire moyen et masque la stagnation du salaire médian, c’est-à-dire la croissance faible des petits salaires.

"Si la part des salaires dans la valeur ajoutée est globalement stable, on observe en revanche une forte progression des revenus dans le haut de la distribution. Les travaux de Camille Landais en France mettent en évidence une progression particulièrement forte des rémunérations du dernier décile entre 1998 et 2005, d’autant plus marquée lorsque l’on s’approche du dernier centile. En conséquence, la croissance des plus hautes rémunérations masquerait un partage de la valeur ajoutée défavorable à une majorité de salariés, en particulier ceux non protégés par le SMIC .

Les études menées outre-Atlantique aboutissent au même constat. Ainsi, selon E. Saez (2008), les États-Unis auraient retrouvé une part des plus hauts revenus (10 % des ménages les plus riches) dans le revenu total équivalente au ratio qui prévalait il y a 80 ans . Cette progression des inégalités en haut de l’échelle ressemble à une appropriation du profit sous forme « salariale » par les managers et les cadres de haut niveau . Cette distorsion aurait pour origine les conditions spécifiques de formation de la rémunération ou, plus précisément du panier de rémunérations des dirigeants (composante fixe, jetons, bonus, actions gratuites, stock opions, droits à la retraite, indemnités, etc.) qui auraient atteint des niveaux très élevés par un jeu d’enchères entre grandes entreprises."

Source : Faut-il rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée et des profits en faveur des salariés ? par Bertille Delaveau http://gesd.free.fr/evceeil133.pdf

L’étude de Camille Landais montre clairement deux phénomènes : d’une part les hauts et très le revenus ont évolué beaucoup plus vite que les revenus moyens et faibles et la hausse est d’autant plus forte que le revenu est plus élevé et d’autre part, la part de ces hauts revenus dans la masse salariale globale a considérablement augmenté sur la période étudiée. (1998 – 2006).

"Quoi qu’il en soit, les salaires d’aujourd’hui ne peuvent plus être considérés comme ceux d’hier et la part salariale dans la valeur ajoutée comporte une proportion de plus en plus élevée des rémunérations qui s’apparentent à un prélèvement sur l’excédent brut d’exploitation c’est-à-dire dépendant de celui-ci ou de certaines de ses composantes.

Dans ces conditions, le constat d’une stabilité de la part salariale dans la valeur ajoutée est parfaitement compatible avec celui d’une réduction de la part des « salaires traditionnels » dans la valeur ajoutée.

Par ailleurs, compte tenu des inégalités salariales grandissantes, on doit observer que même dans l’hypothèse d’une stabilité globale de la répartition de la valeur ajoutée, des pans entiers du salariat ont connu une réduction de leurs « droits de tirage » sur la valeur ajoutée." Source : comment mesurer les salaires . Prospective du pacte social dans l’entreprise rapport d’information du Sénat. http://www.senat.fr/rap/r10-227/r10... six

4.5 - Le partage de la valeur ajoutée. salaires–profits : un enjeu politique majeur.

- Le partage salaires/profit de la valeur ajoutée (ou du PIB) constitue un enjeu politique majeur puisqu’il s’agit de savoir si la richesse nationale produite est répartie équitablement entre les travailleurs et les actionnaires. Jean-Luc Mélenchon se plaît à rappeler que c’est environ 10 points de PIB qui ont été transférés ces 25 ou 30 dernières années de la poche des salariés vers les coffres des actionnaires, représentant une somme annuelle colossale d’environ 190 milliards d’euros.

Evidemment cette affirmation s’appuie sur plusieurs études, même si l’on peut considérer cette proportion comme étant située dans la fourchette 8,5 % - 10 %. Mais cela ne change pas grand-chose sur le fond. De toutes façons, les considérations précédentes montrent que la part officiellement calculée des salaires est sur -évaluée et la part des profits sous-évaluée.

La récupération d’une telle somme par les salariés permettrait de résoudre tous les problèmes économiques et sociaux qui détériorent la vie des salariés et plus généralement, de ceux qui vivent essentiellement d’une activité productive de biens ou services utiles.

C’est la raison pour laquelle, ce problème du partage de la valeur ajoutée est l’objet de nombreuses publications depuis plusieurs années.

Mais les citations précédentes montrent que même si l’on considère le partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits comme relativement stable, ce que contredit un grand nombre de graphiques issus de sources différentes, cela ne suffit absolument pas à expliquer une quasi stagnation ou très faible progression du salaire médian ces 30 dernières années.

- Voici les principales études disponibles sur le Web concernant ce partage de la valeur ajoutée.

Rapport sur le partage de la valeur ajoutée (1965 – 1997) de Patrick Artus Daniel Cohen (1998) http://gesd.free.fr/cae982.pdf

Le partage de la valeur ajoutée en France de 1950 à 2000 Xavier Timbeau (OFCE) http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/...

Partage de la valeur ajoutée de Jean-Marie Harribey et Dominique Lévy (2008) http://harribey.u-bordeaux4.fr/trav...

Rapport Cotis directeur général de l’INSEE Partage de la valeur ajoutée, partage des profits et écarts de rémunérations en France. (Mai 2009) http://www.insee.fr/fr/publications...

Le partage de la valeur ajoutée en France, 1949-2008 : aspects méthodologiques Pierre-Alain Pionnier (2009) http://www.oecd.org/dataoecd/32/17/...

Baisse des taux de profit et d’intérêt en France(Revue de la régulation), par Patrick Castex (2009). http://regulation.revues.org/9091?&...

Faut-il rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée et des profits en faveur des salariés ? Par Bertille Delaveau http://gesd.free.fr/eveil133.pdf

Le partage de la valeur ajoutée en Europe. (1960 – 2010) de Michel Husson http://hussonet.freeces.fr/psalirsw.pdf

Partage de la valeur ajoutée et inégalités de revenus par Michel Husson : critique du rapport Cotis. Septembre 2010 http://hussonet.free.fr/pariches.pdf

La part salariale n’a jamais été aussi basse par Michel Husson : http://hussonet.free.fr/psalecopo.pdf

Rapport d’information du Sénat n° 227 (2010-2011) de M. Joël Bourdin et Mme Patricia Schillinger, fait au nom de la Délégation à la prospective, déposé le 18 janvier 2011. Prospective du pacte social dans l’entreprise. http://www.senat.fr/rap/r10-227/r10... (565 pages) ou http://www.senat.fr/rap/r10-227/r10... On peut se reporter aux pages suivantes de ce rapport : Sur le partage de la VA : http://www.senat.fr/rap/r10-227/r10... Une explication plus controversée : la déformation du partage de la valeur ajoutée aux dépens des salaires http://www.senat.fr/rap/r10-227/r10...

Ce rapport du Sénat donne une vision très précise de l’état des entreprises françaises que l’on peut compléter par le rapport de la banque de France : Les entreprises en France en 2010 : une situation en demi-teinte. http://www.banquefrance.fr/fileadmi...

Par Michel Husson, d’autres études similaires : Sur la baisse tendancielle du taux de profit (mars 2010) http://hussonet.free.fr/tprofbis.pdf

La baisse tendancielle des impôts sur les sociétés (décembre 2010) http://hussonet.free.fr/kpmg.pdf

Les courbes du capitalisme libéral . Michel Husson. Mars 2011 http://hussonet.free.fr/courblib.pdf

Annexe 2

Soit q la quantité de produits demandés, soit p le prix du produit ; D(p) désigne la demande en fonction du prix.

La quantité q vendue dépend du prix p . Donc : q = D (p)

Soit D’ la fonction dérivée de D, on a ainsi : q’(p) = D ’(p)

La demande décroît si le prix p augmente. Ainsi D est une fonction décroissante du prix. D’(p) = dq/dp<0

Notons C (q) le coût total de production en fonction du nombre q de produits fabriqués et vendus. Ce coût augmente avec la quantité q de produits fabriqués. Si C’ la fonction dérivée, on a donc : C’ (q)>0. On appelle coût marginal le nombre C’ (q).

Mais comme la quantité vendue q dépend de la demande, le coût de production total s’écrit : C(D(p)).

Le prix de vente total s’écrit : p.q = p. D (p), de sorte que le profit ou bénéfice B réalisé est :

B (p) = p. D (p) - C(D(p)). (c’est-à-dire :prix de vente – coût de production)

Calculons les conditions d’obtention d’un profit maximum.

La dérivée de cette expression doit donc s’annuler, c’est-à-dire : B’(p) = 0 D’où : D (p) + p.D’(p) – C’(D(p)).D’(p) = 0

(Dérivé d’un produit et dérivé d’une fonction composée) Nous passons ici la petite difficulté technique consistant à montrer qu’il s’agit bien d’un maximum et non d’un minimum qui ne pose pas de problème particulier

Donc : (p - C’(D(p)). D’(p) = - D (p) , et en divisant par D’(p) :

p - C’(D(p) = - D (p) / D’(p) (1)

On introduit ici l’élasticité e de la demande : e = (dq/q) / (dp/p) = (dq/q). (p/dp) = (dq/dp). (p/q)

ce qui s’écrit aussi :

e = D’(p).(p/D (p)) = p.D’(p)/D (p)

, ce qui donne : 1/e = (p)/p.D’(p))

L’égalité (1) s’écrit alors :

p - C’(D(p) = - p/e ;

d’où : (p - C’(D(p))) / p = - 1/e formule de maximalisation du profit.

La partie gauche de la règle L = (p - C’(D(p))) / p est l’indice de Lerner.

Il mesure le pouvoir de marché. Le pouvoir de marché est la capacité à fixer le prix au dessus du prix de concurrence, de manière profitable

Le pouvoir de monopole est inversement proportionnel à l’élasticité-prix de la demande qui fait face la firme.

Fin de la troisième partie. À suivre…

Hervé Debonrivage


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