Juin 2011 63,6% des délégués communistes ont choisi de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle

lundi 27 avril 2020.
 

5) Grande nouvelle ! Après le vote des militants du PCF, Mélenchon sera bien le candidat du Front de Gauche en 2012 ! (Alexis Corbière)

C’est désormais sûr. Jean Luc Mélenchon sera le candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle. Ainsi en ont décidé de façon nette, la grande majorité des militants communistes à plus de 60 %. C’est un évènement considérable que nul ne doit sous estimer. Rien n’était écrit d’avance. Ce vote limpide doit beaucoup à l’engagement de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF qui voit sa légitimité renforcée dans son parti, et à Marie George Buffet. Pour ma part, comme tous les militants du PG, je tiens à les remercier, ils ont fait preuve d’un grand courage intellectuel.

Jusqu’au bout, le grand peuple communiste a gardé avec rigueur le contrôle de cette décision. Toutes les options lui ont été clairement proposées. Aucune chausse trappe n’a été placée sur son chemin. Trois choix possible sur le bulletin de vote. Pour ou contre le Front de Gauche (avec le vote pour Dang Tran) ? Si oui, un communiste ( avec Chassaigne) ou un non-communiste pour le représenter ? Ainsi, de congrès en conférence nationale, le PCF a débattu et décidé, l’éventail de différentes propositions étant possible, et le vote d’hier a tranché. Voilà un magnifique exemple de décision démocratique irréprochable.

En conscience, en totale liberté, ils ont choisi Jean-Luc Mélenchon pour être celui qui nous représentera tous. Bravo ! J’en suis personnellement ému, pour bien des raisons et un peu le poids de l’histoire de la gauche française. Sentimentalisme déplacé ?Je ne crois pas. Qui ne connais pas son passé n’a pas d’avenir. Je ne peux m’empêcher de penser que jusque là, seul François Mitterrand en 1965 et en 1974 avait été préféré par le PCF à un candidat communiste directement issu de ses rangs.

Il y a à présent un collectif politique appelé à faire vivre de façon encore plus affirmée : le Front de Gauche. Nous allons y arriver. C’est la condition de notre succès. Et seule une candidature comme celle que viennent décider les communistes permet de faire vivre, réellement, cette diversité, cette richesse, cette force.

La semaine dernière, c’était la FASE animée notamment par Clémentine Autain qui avait apporté son soutien au Front de Gauche et à la candidature de Jean-Luc. Après le PG, la Gauche Unitaire de Christian Piquet, le FASE était la troisième organisation à l’annoncer. Le PCF, force majeure et indispensable (soyons clair, incomparable aux précédentes) prend donc la même décision. Et puis, d’autres suivront (Convergences et Alternatives, République et Socialisme…), j’en suis convaincu. Le Front de Gauche a vocation à s’élargir et en écrivant cela, je pense particulièrement aux camarades du NPA. Ensemble, écrivons l’histoire. Quels désaccords sérieux nous l’interdisent ?

Et moi, à l’instant où j’apprends cette nouvelle, je pense avec émotion, à mon camarade Jean-Luc Mélenchon, à l’homme, mon maître en politique depuis plus de 15 ans. Je repense à tout ce qu’il m’a apporté. A sa façon de me faire aimer la France, la belle et la rebelle, de me faire découvrir une République stylée Jules Michelet avec le mots de Léon Trotsky. Il m’a fait comprendre l’importance du combat laïque, l’internationalisme authentique et la valeur fondamentale du respect de la souveraineté nationale arrachée si difficilement à l’ancien régime. Du jeune révolutionnaire brouillon que j’étais, il a fait de moi un républicain de gauche. Mais, il est aussi en plus du dirigeant politique, de l’orateur qui emporte les coeurs et les têtes, un théoricien, un agitateur d’idées, qui a compris l’importance du combat écologique en le liant à celui de la gauche sociale. A présent, il me revient des moments de joies collectives et des moments de doutes personnels. Il me revient quelques défaites cinglantes et des réussites, fondatrices et instructives. Il me revient sa fierté d’être Ministre de l’Enseignement professionnel (Mon Ministre) , et sa tristesse de voir la gauche battue dès le premier tour le 21 avril 2002. Il me revient la détermination qui en est sortie pour que plus jamais une telle catastrophe ne se reproduise. Il me revient son refus farouche de s’aligner sur l’évolution politique mortifère de la direction du PS. Il me revient en mémoire notamment son visage lumineux au soir du 29 mai 2005 apprenant la victoire du "Non au TCE" pour lequel il s’était tant battu. Il me revient son discours en novembre 2008 lors de la fondation du Parti de Gauche à Saint Ouen, citant Jean Ferrat "Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche". Ou l’an dernier, lors du congrès du PG se présentant comme "le bruit et la fureur"... Et beaucoup d’autres images encore qui tourbillonnent dans ma tête.

A 10 mois du premier tour de l’élection présidentielle, c’est maintenant que les choses commencent. Tout est à faire.

Mais, d’ores et déjà, quelle histoire ! Marche ton chemin Jean-Luc, marche…

Source : http://www.alexis-corbiere.com/inde...

4) PCF. 16-18 juin  : trois propositions pour un choix (L’Humanité)

Le bulletin de vote contiendra deux propositions de candidatures alternatives à celle de Jean-Luc Mélenchon.

La question des conditions de la consultation des communistes, du 16 au 18 juin prochain, et du contenu du bulletin de vote a cristallisé une grande partie des débats de la Conférence. Avant celle-ci, 21 responsables départementaux avaient exprimé, dans une lettre collective, leur souhait de voir les communistes « disposer d’un choix clair sur le bulletin de vote avec l’ensemble des candidatures ». Cyril Cineux, secrétaire de la fédération du Puy-de-Dôme, s’est fait l’écho du danger, si les communistes ont « le sentiment qu’on ne leur laisse pas le choix », de se résoudre à « un choix par défaut », peu mobilisateur. Un appel relayé par le secrétaire de la fédération du Nord, Fabien Roussel. Pour lui, l’attachement des adhérents à la démarche du Front de gauche n’est pas en cause, mais ceux-ci veulent « être respectés dans leur choix et être écoutés ». La Conférence a finalement décidé, à près de 80 % des voix, de faire figurer l’ensemble des candidatures pour la présidentielle sur le bulletin, en dépit des craintes de certains délégués de voir dériver la consultation vers une logique de « primaire » interne au Front de gauche.

Les noms de Jean-Luc Mélenchon, André Chassaigne et Emmanuel Dang-Tran, figureront donc sur le bulletin. Mais non celui d’André Gerin. « Je décide de retirer ma candidature pour rassembler les communistes dans tout le pays », a-t-il annoncé une fois le vote du bulletin au choix pluriel acquis. Pas de méprise cependant  : le député ne renie rien de son « opposition au Front de gauche » et de son « objectif de contribuer à l’émergence d’un PCF plus influent dans la société française » et de « reconquête » de l’électorat populaire qui s’abstient ou vote FN. « Il n’y a pas de fatalité à l’affaiblissement du PCF », a estimé le député du Rhône durant la Conférence, estimant que les communistes avaient « payé le prix fort de l’alignement sur le social-libéralisme de la gauche plurielle », entre 1997 et 2002. Mais, pour lui, l’heure est à « rassembler les communistes ».

Un retrait que n’imite pas Emmanuel Dang-Tran, lui aussi opposé à la stratégie de Front de gauche et partisan d’une candidature autonome du PCF à la présidentielle. Son nom figurera donc sur le bulletin de vote. Le responsable de la section parisienne du 15e arrondissement, dont la candidature « collective » a été déposée par sept membres du Conseil national du PCF, deux secrétaires départementaux et plusieurs sections communistes, s’estime « conforté et confirmé dans (son) choix de candidature » après l’adoption de la résolution de la Conférence nationale. « Ma candidature se situe en dehors du Front de gauche », a-t-il rappelé, soulignant ainsi sa démarcation d’avec les deux autres candidats sur le bulletin de vote présenté aux communistes.

S. C.

3) Les délégués communistes montrent la voie pour 2012

La conférence nationale du Parti communiste français (PCF), réunie à Montreuil depuis vendredi, a voté ce dimanche midi à 63,6% (36,39% contre) en faveur de la résolution proposant aux communistes la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, couplée à l’accord global qui porte sur les présidentielles et les législatives.

Trois noms sur un bulletin

Cette proposition sera soumise au vote des militants dans deux semaines, du 16 au 18 juin. Pour ce faire, la conférence nationale a décidé à 79,9% (20,09% contre) le principe de faire figurer sur le bulletin de vote les noms des trois candidats en lice : André Chassaigne (PCF) et Jean-Luc Mélenchon, dans le cadre du Front de gauche, et Emmanuel Dang Tran, opposé au Front de gauche. André Gerin choisi lui de retirer sa candidature juste avant le vote de ce midi.

"Nous sommes attachés à ce que chaque communiste puisse s’exprimer avec l’ensemble des options qui ont été portées dans le débat. Le bulletin de vote comportera donc toutes les candidatures déclarées et leurs motivations", explique le texte de la résolution adoptée.

Un programme bien partagé

Par ailleurs, le programme "populaire et partagé" adopté propose un "partage des richesses", une "reprise du pouvoir aux banques et aux marchés financiers", un "affranchissement du traité de Lisbonne" et la "construction d’une autre Europe", un changement du "cours de la mondialisation", ou encore la constitution d’une "VIe République". L’accord sur les législatives (répartition des circonscription) est "en voie de finalisation". Le PCF espère qu’une réunion le 10 juin sera conclusive.

"Un très grand honneur" pour Mélenchon

"Je forme le voeu que la décision" des militants communistes "le soit d’une manière nette, claire massive et franche", a réagi dimanche soir Jean-Luc Mélenchon, peu après la clôture de la conférence nationale. "Si c’est vers ma candidature que se fait, pour une raison ou pour une autre, le choix du plus grand nombre, alors que ce soit avec élan et enthousiasme ! (...) C’est un très grand honneur".

A la question de savoir s’il n’aurait pas souhaité un score plus important que 63,6 %, Le co-président du Parti de gauche a expliqué : "Le même score aux présidentielles me conviendra ! Le plébiscite n’est pas dans nos traditions. Ce dont je suis sûr, c’est qu’à la sortie, la décision sera incontestée".

Pierre Laurent veut "rassembler"

En clôture des débats, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a appelé les militants communistes "à se rassembler autour (du) choix" de la conférence nationale. Nous proposons, a t-il expliqué, de "désigner à l’élection présidentielle pour porter les couleurs du Front de Gauche, bien que nous en soyons la force la plus importante, un candidat qui n’est pas issu de nos rangs, mais qui est Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche... C’est un choix fort, un choix audacieux, un choix courageux. Et j’appelle les communistes à se rassembler autour de ce choix dans la consultation des 16, 17 et 18 juin."

2) Emmanuel Dang-Tran. Candidat jusqu’au bout

Responsable de la section communiste du 
15e arrondissement de Paris, 
il appelle à « renforcer le PCF ».

Emmanuel Dang-Tran, responsable de la section PCF du 15e arrondissement de Paris, estime que « la décision est prise depuis longtemps par la direction du PCF  : en 2012, ce sera le Front de gauche et par conséquent Mélenchon. Pierre Laurent l’a annoncé lui-même ». Pour ce candidat à la candidature du PCF à la présidentielle, « le Front de gauche, c’est d’abord la négation du point de vue communiste et de la démocratie ». Et s’interroge si « s’effacer derrière le mitterrandien, le maastrichtien, le politicien Mélenchon serait le choix de la raison  ? » La candidature d’Emmanuel Dang-Tran, « présentée collectivement » par la section parisienne, sera maintenue jusqu’au vote interne. « Elle entend montrer aux communistes, mais aussi aux travailleurs qui sont à l’avant-garde des luttes, aux jeunes à la recherche d’une alternative anticapitaliste, que des forces existent pour faire vivre leur parti, le PCF, suivant sa raison d’être dans la lutte des classes. » Le militant communiste déclare qu’« il ne sera pas question pour (eux) de s’intégrer dans le dispositif de campagne de Mélenchon, de nous fondre dans les structures électorales du Front de gauche, constituées pour supplanter le PCF. Pas question non plus de suivre tel ou tel autre aventuriste. Mélenchon, c’est du gauchisme institutionnel, du “réformisme radical”  : rien qui permette de faire vraiment reculer la politique au service du capital ».

Emmanuel Dang-Tran estime que « les communistes doivent pouvoir travailler à un programme communiste partant des luttes. Faire vivre le parti historique des travailleurs en France, sa théorie, sa forme d’organisation révolutionnaire  : c’est une nécessité d’aujourd’hui ».

S. C.

Source : L’Humanité du 6 juin 2011

3) Chassaigne pour un choix ouvert

André Chassaigne est toujours candidat pour représenter le Front de gauche à l’élection présidentielle afin, dit-il, de porter une « démarche politique différente, plus en accord avec la conception que se font les communistes du Front de gauche » qu’avec celle de Jean-Luc Mélenchon. Une démarche faite de liens tissés sur le terrain et de coélaboration citoyenne du programme à mettre en œuvre. Le député communiste du Puy-de-Dôme l’a réaffirmé au cours d’un débat avec une cinquantaine de participants, mardi soir, à Paris, face à André Gerin, député du Rhône, lui-même également candidat, mais dans le cadre d’une candidature autonome du PCF. André Chassaigne a également confirmé son intention, affichée depuis le début, de respecter la décision qui sortira de la conférence nationale du PCF, au nom de l’unité de son parti et de la réussite de la campagne du Front de gauche. Mais, pour lui, cela ne doit pas aboutir à une désignation par défaut d’un « candidat naturel autoproclamé », excluant d’emblée la possibilité qu’un communiste puisse porter les couleurs du Front de gauche à cette élection.

Rappelant le succès avec lequel il a mené la liste de rassemblement aux régionales de mars 2010 en Auvergne, le député communiste estime que « rien n’empêche que la conférence laisse le choix aux communistes entre plusieurs noms sur le bulletin de vote, pour que le choix s’effectue dans la plus totale transparence. C’est la condition pour que les communistes se mobilisent pour faire campagne en faveur des candidats retenus à la présidentielle et aux législatives », indique André Chassaigne, qui se fait le relais des « inquiétudes » et de « l’insatisfaction » quant aux conditions de préparation de la conférence nationale et au mode de désignation du candidat. Dans la salle, on salue l’initiative  : « Si son nom est sur le bulletin, ça veut dire qu’André va au bout. Ce serait une bonne nouvelle, car cela changerait la donne. »

L’Humanité du 26 mai 2011


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