Désigner à l’élection présidentielle 2017 pour porter les couleurs du Front de gauche... Jean-Luc Mélenchon (par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF)

dimanche 1er mars 2020.
 

... Les décisions de notre conférence nationale sont claires et elles sont, désormais, dans la plus totale transparence entre les mains de tous les communistes qui voteront les 16, 17 et 18 juin prochains. C’est maintenant à eux de trancher, en pleine souveraineté. Notre devoir et notre responsabilité dans les jours qui viennent sont de leur en donner tous les moyens.

Quel est le sens de la proposition que nous leur soumettons et, à travers eux, à toutes ces femmes et ces hommes de gauche qui cherchent une issue en 2012 ?

Une bataille de Titans pour ouvrir la voie au changement en 2012

Ce que nous leur proposons, c’est d’engager dans l’année qui vient une bataille de Titans pour débarrasser notre pays du pouvoir de Nicolas Sarkozy. Oui, une bataille de Titans, car nous ne nous y trompons pas, si ce pouvoir a fait tant de mal à notre peuple et à notre République, tant de mal à la France depuis quatre ans, s’il est rejeté et affaibli, il fera tout, je dis bien tout, pour se sauver.

Ce que nous leur proposons, c’est de se mobiliser pour écarter le danger d’extrême-droite, qui chez nous comme en Europe menace d’autant plus qu’une partie des classes dirigeantes a décidé d’en faire une arme de division au service de ses intérêts. Ils ont même donné une consigne : ne parlez plus d’extrême-droite. Et même quand cette formation propose cette semaine d’interdire la binationalité comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse (une proposition inique qui n’a qu’un but : diviser les Français) tout cela est traité comme si ce débat allait de soi. Le danger est là et nous ne le laisserons pas banaliser. Mais nous le savons, ce sera une bataille pied à pied, argument contre argument, pour faire reculer toutes les tentations de repli, de xénophobies que la crise génère, démonter tous les raccourcis démagogiques qu’elle rend séduisants.

Ce que nous leur proposons, c’est un immense travail de rassemblement pour relever la gauche, la mettre en situation de répondre à l’intense recherche d’alternative qui travaille le pays, à l’énorme aspiration au changement que nous rencontrons chaque jour et que tant de gens nous expriment avec ces simples mots : « Ça ne peut plus durer ! ».

Oui, ce que nous leur proposons, c’est de relever la gauche que tant d’autres qui s’en réclament continuent d’enliser dans les ambiguïtés, dans la résignation et, finalement, dans l’impuissance. (...) Il faut sortir d’urgence de ce piège qui n’a qu’un seul metteur en scène, un seul maître du temps : Nicolas Sarkozy qui, lui, est déjà tous les jour en campagne sans être candidat.

Ce que nous leur proposons, c’est de convaincre notre peuple, en allant au contact, sur le terrain, personne après personne, qu’il n’ y a rien de bon à attendre, l’arme au pied, du choc de la bipolarisation, qu’il y a mieux à faire si le peuple sort du rôle de spectateur, de fan, de supporters dans lequel on veut l’enfermer.

Alors il faut descendre sur le terrain, investir la politique pour imposer l’ordre du jour voulu par le peuple de notre pays. Ce que nous voulons, c’est imposer l’ordre du jour des urgences populaires et des réformes nécessaires pour les satisfaire. Les salaires, le logement, la RGPP, la précarité, l’avenir de nos industries…

Ce que nous voulons, c’est un débat national, profond, tranché par notre peuple, sur une haute exigence d’alternative à la droite, sur un programme et des propositions qui rompent enfin et vraiment, comme le souhaite notre peuple, avec la dictature des marchés financiers.

Ce que nous leur proposons, c’est de construire avec toutes ces femmes et ces hommes un programme à la hauteur, un programme partagé qui dise les grandes priorités et les moyens de les satisfaire. Le programme partagé acté à ce jour annonce clairement la couleur : « Ce que nous voulons : l’humain d’abord ! » Il est notre document d’entrée en campagne. Nous voulons pousser partout son élaboration collective pendant toute la campagne, en construisant sans attendre de véritables campagnes populaires pour en porter les objectifs.

Ce que nous leur proposons, c’est de se donner les moyens de porter à l’Assemblée nationale un groupe de députés du Front de gauche bien plus nombreux et avec plus de députés communistes pour faire entendre la voix du monde du travail, pour abroger toutes les lois antisociales et liberticides que Sarkozy a imposées, pour mettre en chantier des propositions de lois portant une logique de société débarrassée de la loi du fric et de la rentabilité, pour garantir qu’une future majorité de gauche fera une vraie politique de gauche. Car on oublie trop souvent, ce n’est pas à l’Élysée, mais à l’Assemblée que se votent les lois.

J’en profite pour saluer ici Marie-George Buffet, André Chassaigne, André Gerin, bien sûr, mais aussi Roland, Michel, et tous nos députés. Je veux saluer Nicole, toutes nos sénatrices, nos sénateurs et les remercier à nouveau de leur action contre la réforme des retraites en septembre.

Voilà pourquoi, dès le début, nous avons fait le choix d’un accord d’ensemble du Front de gauche, mêlant présidentielle et législatives. Voilà pourquoi ce que nous proposons aujourd’hui confirme ce choix d’une campagne collective, de candidatures communes engagées sur un programme partagé à la présidentielle comme aux législatives.

Ce que nous leur proposons, c’est pour ouvrir une alternative au cœur de la gauche, de donner toutes ses chances au Front de gauche, de lui donner toutes ses chances de franchir une étape nouvelle.

Ce que nous leur proposons, c’est un accord d’ensemble avec un geste fort du Parti communiste : désigner à l’élection présidentielle pour porter les couleurs du Front de gauche, bien que nous en soyons la force la plus importante, un candidat qui n’est pas issu de nos rangs, mais qui soit Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, Jean-Luc avec lequel nous travaillons depuis 2005, et qui fut à nos côtés, avec Marc Dolez, avec Christian Picquet pour la GU, un de ceux qui ont rendu possible la naissance et l’essor du Front de gauche.

Voilà le choix que nous leur proposons. C’est un choix fort, un choix audacieux, un choix courageux. Et j’appelle les communistes à se rassembler autour de ce choix dans la consultation des 16, 17 et 18 juin. Si nous le faisons, j’en suis certain, cette décision politique sera entendue par le pays comme un geste fort de rassemblement, un geste unitaire à un moment où notre pays, notre peuple, ses forces démocratiques en ont tant besoin...

Pierre Laurent Conférence nationale du PCF, 5 juin 2011 (extrait)


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