Un million de manifestants ce 27 mai 2010 : défi relevé par les salariés

vendredi 31 mai 2019.
 

1) Retraite. La mobilisation gagne en puissance

Déjouant les calculs du gouvernement, qui misait sur un échec et avait tout fait pour cela, la journée d’action syndicale d’hier a remporté, avec environ un million de manifestants, un plus grand succès que celle du 23 mars.

C’est peu de dire que les syndicats étaient attendus au tournant. Et qu’ils avaient affaire à forte adversité. D’abord la tactique du gouvernement consistant à dissimuler au maximum ses intentions  ; il a fallu, on l’a vu, attendre mardi soir pour que le ministre du Travail daigne admettre, du bout des lèvres, que la liquidation de la retraite à soixante ans n’est pas une « option », mais bien son dessein. Et il faudra encore attendre le 20 juin pour connaître le texte précis de la réforme. Ensuite, le déluge de propagande officielle, dans les médias, présentant le durcissement des conditions d’accès à la retraite à taux plein, comme la seule « solution » imaginable pour pérenniser le système.

Des directions d’entreprises publiques ont, en outre, joué leur partition en communiquant en direction de leurs salariés pour leur donner à croire, à l’instar de la SNCF, qu’ils ne seraient pas concernés par la nouvelle réforme. Ajoutons à cela une discrétion confondante des journaux sur cette riposte syndicale. Enfin, l’unité du mouvement syndical n’était pas complète. FO, qui prépare son propre rassemblement le 15 juin, avait souhaité, par la voix de son leader, Jean-Claude Mailly, que la journée soit « réussie », mais pas au point d’y participer…

À l’aune de tout cela, la mobilisation d’hier apparaît comme un sérieux coup de semonce pour le chef de l’État et son équipe. Dès le début de l’après-midi, le succès semblait assuré, pour l’intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa, Solidaires) qui s’était donné l’objectif de « faire mieux » que la dernière journée d’action interprofessionnelle du 23 mars. Un premier bilan de la CGT, portant sur la moitié des quelque 200 manifestations organisées à travers tout le pays, révélait une participation supérieure de 20 %, comparé aux cortèges du 23 mars. Le cap du million de manifestants, au total, semblait devoir être atteint (contre 800 000 il y a deux mois). Des défilés marqués par la présence des partis de gauche et de leurs leaders.

Les appels aux arrêts de travail ont, eux aussi, par-delà des inégalités, remporté des succès significatifs  : la direction de France Télécom dénombrait 21,5 % de grévistes parmi les 100 000 salariés, contre 17,5 % le 23 mars  ; la CGT cheminots annonçait 28 % de grévistes à la SNCF (32 % il y a deux mois), « pas trop mal », « après une campagne (de la direction) sur l’idée que les cheminots ne seraient pas concernés par la réforme, ce qui est faux », notait Laurent Russeil, un dirigeant du syndicat  ; La Poste faisait état de 12,8 % de grévistes (11,45 % en mars)… Les débrayages ont également touché de très nombreuses entreprises privées.

« Alors que le gouvernement n’a annoncé sa mesure principale, le décalage au-delà des soixante ans (de l’âge légal de départ à la retraite – NDLR) qu’il y a 24 heures, la réaction est relativement rapide », pouvait se réjouir le leader de la CFDT, François Chérèque, en tête du cortège parisien. Avant de promettre  : « Il y aura certainement une autre étape. On décidera avec l’intersyndicale si elle doit avoir lieu fin juin ou début septembre ou les deux. » « On peut s’attendre à ce que le gouvernement réfléchisse après la journée d’aujourd’hui. Je crois que le chef de l’État lui-même va être contraint de réfléchir. Même si on ne connaît que les grandes lignes, ce projet (de réforme – NDLR), ça ne peut pas être celui-là », observait de son côté le secrétaire général de la CGT. Pour Bernard Thibault, cette journée était « le point d’appui nécessaire pour convaincre le gouvernement qu’il n’a pas partie gagnée sur son projet et qu’il y a suffisamment de forces pour résister à ses ambitions ». « C’est un parcours de longue haleine, et pas une course de vitesse comme le veut la stratégie gouvernementale. Le vrai test sera quand on connaîtra vraiment toutes les mesures », remarquait pour sa part le dirigeant de l’Unsa, Alain Olive.

« On sent que le gouvernement a peur des réactions », confirmait Annick Coupé, de Solidaires. À la suite des nombreux sondages montrant que les pistes officielles de réforme sont majoritairement désavouées par l’opinion, le succès de la mobilisation d’hier montre en effet, à tout le moins, que les jeux sont loin d’être faits. Alors que le gouvernement manifestait sa surdité, hier soir, en feignant de voir une « validation » de sa méthode, cette journée constitue, pour l’intersyndicale, un encouragement à prendre de nouvelles initiatives, comme le souhaite la CGT.

Yves housson

2) La mobilisation du 27 mai à l’appel de la CGT, CFDT, CFTC, FSU, Solidaires, UNSA, pour l’emploi, les salaires, les retraites, le service public, a rassemblé 1 million de personnes dans 176 manifestations

Aujourd’hui, ce n’est pas la résignation qui a dominé mais une forte combativité qui s’est manifestée dans les entreprises et les administrations, notamment par des milliers d’arrêt de travail.

Cette journée démontre une forte hausse sur tout le territoire de la mobilisation des salariés par rapport aux initiatives unitaires des 23 mars et 1er mai. Cela prouve la détermination des salariés à s’opposer à la réforme gouvernementale des régimes de retraites dont l’objectif central est de satisfaire les marchés financiers, et à exiger au contraire une véritable revalorisation du travail.

Cette mobilisation est la meilleure réponse qu’il fallait apporter au défi lancé par le gouvernement avec la réforme des retraites qui va être officialisée dans les prochains jours. Si le gouvernement ignore ou minore la signification de cette journée de mobilisation il prend le risque d’un conflit de plus grande ampleur.

Le gouvernement doit moins écouter le MEDEF et les actionnaires pour enfin entendre les salariés. Le patronat doit accepter l’ouverture des négociations sur les revendications des salariés, notamment en matière de salaires, d’emplois et de conditions de travail.

Forte du succès de cette journée, la CGT estime que l’intersyndicale dispose d’un mandat pour préparer d’autres initiatives de mobilisation avant les congés d’été. Elle fera des propositions en ce sens lors de la réunion du 31 mai.

Sans attendre, la CGT appelle l’ensemble de ses organisations à poursuivre la diffusion de la pétition nationale pour l’avenir des retraites. Elle reçoit déjà un très large écho. Elle sera remise au gouvernement dans la première quinzaine de juin.

Montreuil le 27 mai 2010

Communiqué CGT

Source http://www.cgt.fr/spip.php?article37408

2) Le temps est pourri. Le projet du gouvernement aussi

Des centaines de milliers de personnes ont défilé jeudi 27 mai dans toute la France pour défendre les retraites et l’emploi, à l’appel des syndicats CGT, CFDT, CFTC, FSU, UNSA et Solidaires. Selon les syndicats, le nombre de manifestants a atteint la barre du million en fin de journée. Selon le ministère de l’intérieur, ils n’étaient que 395 000 dans les 180 cortèges hexagonaux.

A Paris, ils étaient entre 22 000 selon la police et 90 000, selon la CGT. Organisateurs et police ont aussi fourni des estimations diamétralement divergentes à Marseille (80 000 et 12 000 manifestants respectivement) et à Bordeaux (40 000 et 6 500).

A Paris, le cortège, emmené par les leaders des six centrales syndicales, est parti sous une puie battante vers 14 h 20 de la place Denfert-Rochereau pour rallier celle de la Bastille.

"La retraite à 60 ans, on s’est battus pour la gagner, on se battra pour la garder", "60 ans pour tous", "Mitterrand revient, ils sont devenus fous !" . Dans la manifestation parisienne, les slogans sont clairs : pas question de revenir sur l’âge légal de départ en retraite ; comme le souhaite le gouvernement. Sous une pluie intermittente, beaucoup de salariés du public s’étaient mobilisés, mais peu de représentants du privé, pourtant concernés au premier chef par la réforme.

Le leader de la CFDT, François Chérèque, a salué "une journée réussie" et le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, a affirmé que "sur la moitié des manifestations recensées, on est déjà à + 20 % par rapport aux manifestations du 23 mars".

De fait, les organisateurs ont atteint l’objectif de "faire mieux" que lors de la dernière mobilisation du 23 mars (800 000 manifestants selon la CGT, 380 000 selon la police). Mais ils n’ont pas franchi de palier, et on reste loin des cortèges imposants de l’hiver 2009 (2,5 à 3 millions de manifestants, selon la CGT). Les salariés du privé n’ont pas été légion, pas plus que les cheminots, dont le régime spécial de retraite est pour l’instant préservé. Selon les journalistes sur place, les fonctionnaires formaient le gros des troupes.

Source : http://www.lemonde.fr/societe/artic...

3) Grève et manifestations ce 27 mai Dernière déclaration des organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA

L’ampleur des mobilisations du 29 janvier, 19 mars, 1er mai ont permis d’obtenir des débuts de résultats. Ceux-ci sont très insuffisants, au regard des revendications exprimées le 5 janvier 2009, et alors que la crise continue de s’aggraver. Patronat et gouvernement doivent engager négociations et concertation sur les sujets prioritaires les plus urgents.

Le gouvernement doit mettre le « social » au centre de sa politique économique et :

· Revaloriser le SMIC, les minima sociaux, les pensions et les retraites, conditionner toute aide publique, tout allègement de cotisations sociales à des contreparties mesurables en matière d’emploi, de qualification et de rémunération,

· Mettre en œuvre un plan ambitieux en faveur de l’emploi et de la qualification des jeunes,

· Prolonger l’indemnisation des demandeurs d’emploi en fin de droit. Donner à Pôle-Emploi les moyens nécessaire à l’accompagnement personnalisé des demandeurs d’emplois

· Supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires et le bouclier fiscal, mettre à contribution les stock-options au titre de la solidarité, consacrer ces ressources nouvelles au financement des mesures sociales,

· Renoncer dans les fonctions publiques aux suppressions d’emplois prévues pour 2009 et 2010, s’engager à résorber la précarité et tenir ses engagements en matière de négociations salariales. Ce sont des conditions pour des services publics de qualité qui répondent aux besoins de la population.

Le patronat doit, enfin, assumer ses responsabilités et engager des négociations sur :

· Les politiques de salaires, les politiques industrielles, l’évolution de l’emploi au niveau des branches professionnelles, les rapports donneurs d’ordre – sous-traitants, pour maintenir et développer l’emploi et résorber la précarité,

· Un accès facilité pour tous au chômage partiel, l’amélioration de la durée et du niveau de son indemnisation, associés à des formations qualifiantes,

· La répartition et la redistribution des richesses produites dans les entreprises, l’amélioration des salaires et la réduction des inégalités, notamment entre les femmes et les hommes, la reconnaissance des qualifications, l’utilisation des aides publiques au bénéfice de l’emploi,

· Les mesures favorables à l’emploi des jeunes permettant leur insertion sociale et professionnelle durable,

· Le respect et l’amélioration des droits syndicaux et des institutions représentatives du personnel.

Le gouvernement doit renoncer à l’extension du travail du dimanche, garantir à l’hôpital public les moyens de ses missions, développer le logement social, encadrer le prix des loyers,.

L’amélioration du pouvoir d’achat des salariés en faveur de la relance par la consommation, des politiques industrielles et économiques en faveur d’un développement durable et coordonné au niveau européen sont autant de moyens pour répondre immédiatement et structurellement à la crise.

Le 26 mai 2010


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