Le 2 septembre 2004, à Saussignac en Dordogne, un exploitant agricole assassinait deux inspecteurs du travail

dimanche 18 décembre 2016.
 

Le 2 septembre 2004, à Saussignac en Dordogne, un exploitant agricole, Claude Duviau, assassinait deux inspecteurs du travail, Sylvie Trémouille, (40 ans) et Daniel Buffiéres (47 ans). C’était la première fois depuis la création de l’inspection du travail en 1892 qu’un tel crime visait ceux qui ont pour mission de faire respecter l’état de droit dans les entreprises en faveur de millions de salariés.

Ce n’était pas un fait divers mais un fait de société. Car lorsque Le Pen tient des propos racistes, il y a malheureusement des racistes qui prennent un fusil et tirent sur des maghrébins. Lorsque Madame Parisot affirme que “ La liberté de penser s’arrête là où commence le code du travail”, c’est la première fois qu’un patron a pris un fusil et tué deux inspecteurs du travail.

C’est encore Parisot qui défend la régression vers un système barbare en affirmant “ La vie, la santé, l’amour sont précaires pourquoi le travail ne le serait-il pas ?”

Le code du travail, c’est un droit intime, quotidien, il est fait de sueur et de sang, de luttes et de larmes, il détermine la vie, l’emploi de 16 millions de salariés. C’est le droit le moins enseigné, le moins connu, le plus dénigré, le plus fraudé, alors qu’il organise la nécessaire protection des salariés et les conditions du partage des richesses entre salariés et employeurs. Le pouvoir sarkozyste, chaque jour affaiblit ce code du travail au point de l’avoir ré écrit entièrement en le passant à l’acide des exigences du Medef (”recodification” à droits non constants des 7 et 12 mars 2007 parachevée le 19 décembre 2007, entrée en vigueur le 1er mai 2008). Le ministre du travail, à l’origine de cette recodification, Gérard Larcher, s’écriait le 15 mars 2005 : “ Nous avons dans ce pays une lecture salafiste du code du travail, laissant aux seuls oulémas de la Cour de cassation le soin d’en dire les moments les plus forts ”.

Quand on a des néo libéraux qui pensent cela au pouvoir, tous les droits reculent dans l’entreprise et les agents de l’inspection du travail se heurtent à des difficultés croissantes pour faire respecter les lois de la République face au marché. Les infractions augmentent, impunies. Les contrôleurs et les inspecteurs se font agresser, insulter, de plus en plus. Il n’y a que 450 inspecteurs du travail et 1300 contrôleurs pour 1,2 millions d’entreprises et 16 millions de salariés : la politique pénale du travail est affaiblie, trois procès-verbaux sur quatre sont classés sans suite, l’arbitraire, le stress, le harcèlement, les licenciements abusifs, les heures supplémentaires impayées, le travail dissimulé, les accidents du travail et les maladies professionnelles augmentent aussi.

Alors il faut doubler les effectifs de l’inspection, reconstruire le code du travail, redonner des droits nouveaux aux syndicats, aux institutions représentatives du personnel, faire que les salariés qui produisent les richesses de ce pays en reçoivent la part qu’ils méritent avec le respect qu’ils méritent.

Gérard Filoche, le 2 septembre 2009


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