18 MARS 1996 : L’occupation de St Ambroise et St Bernard POUR LA REGULARISATION des Sans Papiers a 23 ANS !

jeudi 19 mars 2020.
 

Voilà 24 ans que les sans papiers occupaient les églises Saint-Ambroise ensuite Saint-Bernard pour sortir de l’ombre des griffes des patrons négriers du travail clandestin.

Les images de ces actions d’éclats allaient faire surgir sur la scène sociale, politique et médiatique des humains travailleurs parce qu’étrangers maintenus dans la sphère du travail souterrain qui, selon certaines sources, produiraient près de 10% du Produit Intérieur Brut (PIB) de la France. Ces travailleurs étrangers sont pourtant niés par les lois dans leur droit à l’existence légale pour fournir aux patrons de secteurs non délocalisables comme le bâtiment, la restauration, le nettoyage, le service aux personnes âgées, le gardiennage, l’agriculture, etc., des travailleurs taillables et corvéables à merci.

Si les travailleurs immigrés des années 1945 à 1970 ont été « importés » par les patrons pour « reconstruire » la France d’après guerre et pallier au besoin d’une main d’œuvre sous payée (ouvrier spécialisé) dans les industries comme l’automobile, la métallurgie, la sidérurgie, les mines, le bâtiment, etc., aujourd’hui les sans papiers sont chassés de leurs pays par le pillage des entreprises monopolistes d’ici des ressources minières et agricoles de là bas.

En effet depuis les années 1980, les plans d’ajustement structurel du Fond Monétaire International (FMI) dirigé par le socialiste Strauss Kahn et de la Banque Mondiale (BM) dirigée par un ancien de l’administration Bush aux USA (seuls des européens et des étatsuniens peuvent diriger ces institutions impérialistes) ont soumis les pays d’émigration aux recettes économiques du libéralisme, de la privatisation, de la baisse des prix des matières premières, du blocage des salaires, de la dette usuraire, du désengagement de l’état de la santé et de l’éducation, de la liquidation des protections douanières des productions agricoles et industrielles locales, etc. En plus de ce diktat économique libéral de l’impérialisme sur leurs pays, les populations sont chassées par des pouvoirs dictatoriaux nécessaires pour maintenir ce système de pillage et d’oppression et quand cela ne suffit pas, ce sont des seigneurs de guerre qui sont financés pour créer dans ces pays des situations de conflits armés toujours lucratifs pour les actionnaires des entreprises du capitalisme financier.

Les images insupportables de jeunes africains condamnés à tenter l’aventure de la traversée de l’océan Atlantique ou de la Méditerranée sont médiatiquement instrumentalisées par le pouvoir Sarkoziste dans le sillage des fascistes du FN pour faire croire à « l’invasion ». La social-démocratie n’est pas en reste, elle qui a adopté la formule Rocardienne : « la France ne peut accueillir toute la misère du monde » comme si « toute la misère du monde » déferlait sur la France, ce qui est un monumental mensonge, car les pays développés, Union Européenne, USA et Japon, reçoivent 1% des migrants du monde.

Et voilà la crise du système capitaliste qui s’attaque à tous les travailleurs quelques soient leurs statuts. Pour les actionnaires du CAC 40 tous les travailleurs doivent payés la crise : public, privé, fonctionnaires, CDI, CDD, intérimaires, précaires, sans papiers, chômeurs, etc. Le gouvernement mobilise des sommes effarantes qui étaient censées ne pas exister pour venir au secours des actionnaires milliardaires du CAC 40 tout en continuant à étaler son impuissance devant l’avalanche des licenciements, de fermetures et des délocalisations qui jettent les salariés à la rue.

On va vers un affrontement de classe frontal qui posera clairement l’exigence montante que les actionnaires milliardaires du CAC 40 payent la crise comme l’a montré la mobilisation et la grève des 2 millions et demi de travailleurs le 29 janvier dernier.

A défaut de pouvoir désigner les sans papiers comme bouc-émissaires de la crise à l’instar des fascistes dans les années de la crise de 1929, le pouvoir de Sarkozy/Fillon/Hortefeux/Besson organise la chasse aux sans papiers, propose la délation à certains sans papiers, des régularisations cadeaux à l’initiative de certains patrons et les garde-à-vue et parfois des procès contre certains militants pour criminaliser la solidarité comme c’est le cas pour Monique POUILLE, JC LENOIR, Armand NWATXSOCK, etc., lesquels ont pour seul « crime » leur implication militante et solidaire auprès des sans papiers en lutte. Il s’agit ici d’isoler les sans papiers en lutte du reste de la société, du reste des travailleurs par la criminalisation de l’activité militante bénévole, de l’engagement désintéressé et de la solidarité active. Forcément pour l’idéologie patronale libérale, « l’engagement » militant est incompréhensible parce qu’il n’y a pas de « retour financier sur investissement personnel ». En fait les tenants d’une telle idéologie imitent les singes : Selon K. Marx « ils bombardent les autres (les militants) avec leurs propres excréments ».

Dans un tel contexte, la crise actuelle pose la nécessité de travailler au TOUS ENSEMBLE pour que la crise soit payée par ceux qui en sont véritablement responsables : les actionnaires patrons qui « gagnent sans travailler » pour paraphraser K. Marx.

C’est pourquoi la stratégie de « diviser pour mieux régner » de Sarkozy/Hortedeux a été mise à l’épreuve de la visibilité collective des sans papiers par l’occupation de la Bourse du Travail de Paris par des centaines de sans papiers de la CSP75. C’est pourquoi malgré l’affaiblissement de la lutte dans son ensemble, partout les sans papiers encore organisés résistent.

Comment construire un « TOUS ENSEMBLE » public, privé, Français(e)s, immigré(e)s, travailleurs avec emploi ou sans emploi, avec ou sans papiers, comment faire en sorte que chaque statut, chaque catégorie de travailleur puisse avoir intérêt à lutter ensemble pour que les patrons du CAC 40 payent la crise ? ! En effet, toutes les catégories de travailleurs doivent pouvoir retrouver leurs revendications globales et spécifiques pour réaliser ce TOUS ENSEMBLE dont la société est grosse. Il faut donc une plateforme revendicative concrète et précise. C’est en tout cas ce que les Guadeloupéens colonisés ont réussi pour réaliser l’extraordinaire encouragement que donne leur victoire. Telle est l’équation posée et à résoudre par les dirigeants du mouvement syndical de France !


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