7 juin 1902 Gouvernement Combes de Bloc des gauches

samedi 9 septembre 2017.
 

Le 7 juin 1902, Emile Combes succède à Waldeck-Rousseau à la présidence du Conseil. Il profite d’une confortable majorité par 368 (dont 48 socialistes, 90 radicaux-socialistes, 129 radicaux et 99 républicains divers) contre 220.

22 juin 1899 Waldeck-Rousseau et la gauche républicaine au gouvernement

Les élections législatives de 1902 (27 avril et 13 mai) actent la coupure de la France en deux camps à peu près égaux entre la gauche républicaine d’un côté (environ 51% des suffranges) et la droite (49%) de l’autre.

Cependant, la tension créée dans la population par la virulence de la droite et de l’Eglise entraîne une évolution vers la gauche au sein des républicains. Les modérés s’affaiblissent au profit des radicaux et les socialistes progressent. Le combat contre le cléricalisme a déjà entraîné une division des républicains modérés qui constituaient le principal groupe à la chambre des députés entre 1898 et 1902 (254 sur 585). Ils se divisent en deux groupes : l’aile droite du parti (127 Républicains progressistes) rejoint l’opposition conservatrice (avant d’osciller selon le votes) tandis que l’aile gauche (62 Républicains de gauche) soutient la gauche (129 radicaux, 104 radicaux socialistes, 43 socialistes).

Le Bloc des gauches choisit le radical Emile Combes comme président du conseil. Il s’agit d’un homme actif, convaincu, déterminé à mener jusqu’au bout la politique de défense républicaine face aux activistes de la droite, de l’armée et de l’Eglise.

Ce "Bloc" sera le seul parmi les gouvernements de gauche du 20ème siècle à miser sur la mobilisation populaire pour contrer les conservateurs. Des milliers de comités républicains se développent et agissent, généralement par commune. Les déplacements de Combes donnent l’occasion aux républicains de prouver leur grand nombre dans la rue. L’engagement des intellectuels est considérable (le philosophe Alain, les historiens Aulard et Seignobos, l’écrivain Anatole France, le scientifique Marcellin Berthelot...)

En politique expérimenté, Combes crée la Délégation des gauches comprenant le gouvernement et les dirigeants des partis de gauche (Union Démocratique, Radicaux, Radicaux-Socialistes et Socialistes) pour suivre en permanence les questions importantes à régler.

Comme président du Conseil, il prend également la responsabilité de l’Intérieur et des Cultes, marquant ainsi ses priorités :

- il s’attaque aux conservateurs activistes de l’armée, de la magistrature et de la fonction publique.

- il applique avec fermeté la loi sur les congrégations religieuses (toutes les congrégations féminines sont dissoutes, 2500 établissements sont fermés). l’enseignement catholique perd entre un quart et un tiers de ses élèves.

- il fait tout pour contourner le Sénat, bastion conservateur

b) Il réussit à sortir par le haut de l’affaire Dreyfus.

Une perquisition dans les locaux d’une section de l’état-major permet de mettre la main sur de nombreuses pièces trafiquées par celle-ci pour accuser le capitaine Dreyfus. Tous les jugements précédents vont être cassés, la justice militaire désaisie puis Dreyfus libéré, réhabilité.

c) La politique sociale du Bloc des gauches laisse à l’histoire quelques avancées significatives :

- le repos hebdomadaire,

- une forme de salaire minimum pour les entreprises travaillant avec les collectivités publiques,

- une loi sur l’hygiène et la sécurité dans les entreprises (11 juillet 1903) contre laquelle le patronat se mobilise puissamment. Beaucoup débauchent les ouvrières en atelier et réembauchent des ouvrières à domicile. En 1904 on compte 800 000 ouvriers à domicile dont 90 % de femmes.

- une première assurance chômage, étatisation de la compagnie de chemins de fer de l’Ouest... La droite et le "centre" empêchent une loi sur les retraites ouvrières.

- La journée de travail des mineurs passe à huit heures.

Le président du conseil Emile Combes tombe sur la fameuse "Affaire des fiches". Ne se faisant aucune illusion sur la nature républicaine de l’armée, bien plus prudent et concret qu’Azana en Espagne ou Allende au Chili, il a couvert le général André (ministre de la guerre des gouvernements Waldeck-Rousseau puis Combes) qui avait mis en place depuis les tentatives de coup d’état de la fin du 19ème, un système de fiches pour connaître les officiers dangereux.

Attaqué de façon extrêmement violente par la presse cléricale et conservatrice, voyant sa majorité parlementaire se réduire comme peu de chagrin, Combes et son ministère se retirent le 18 janvier 1905.

Une dernière initiative des parlementaires élus en 1902 avec le Bloc des gauches passera à la postérité : la grande loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.

3 juillet 1905 : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, Séparation de l’Eglise et de l’Etat ( par André Laignel, PS)

3 juillet 1905 La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat

http://fr.wikisource.org/wiki/Histo...

http://www.vie-publique.fr/politiqu...


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