28 août 430 Mort de Saint Augustin Père des théologiens et des fascistes cléricaux

mardi 17 septembre 2019.
 

A) Saint Augustin (354 - 430)

Il naît à Tagaste, grande ville romaine d’Afrique du Nord (aujourd’hui Souk Ahras, en Algérie), sur la fin de l’Empire romain. Ainsi, il connaît de son vivant les grandes invasions, la prise de Rome par les Wisigoths d’Alaric et l’attaque d’Hippone (aujourd’hui Annaba en Algérie) par les Vandales.

Ce contexte explique les idées fixes d’Augustin :

- défendre l’ordre social hiérarchique romain pour sauver le monde qui reste le sien, d’autant plus qu’en 392 l’empereur Théodose proclame le christianisme religion officielle.

- donner une dimension combattante (y compris militaire) au christianisme pour affronter les païens et les hérétiques

- l’important n’est pas sur cette terre mais dans le rapport à Dieu par l’intermédiaire de l’Eglise

Son père, païen libertin, influence sa jeunesse. Augustin vit avec une dame durant une dizaine d’années ; de leur liaison naît un fils, Adeodat. Cependant, sa mère, profondément chrétienne marque plus encore sa personnalité ;devenu professeur de rhétorique, il se fait baptiser à 32 ans et se voit bientôt élu évêque d’Hippone.

Il joue dès lors un rôle très important dans le christianisme dont il est le principal théologien, Père et Docteur de l’Eglise. Par ses nombreux écrits (Commentaires, Confessions, Cité de Dieu...) il combat toute idée différente au sein du christianisme :

- les pélagiens qui contestent le pêché originel et considèrent que l’homme peut accéder à la vie éternelle par ses seuls mérites.

- les manichéens qui perçoivent le monde comme le lieu d’un affrontement entre le bien et le mal dans lequel les humains ont un rôle à jouer, en faveur du Bien évidemment.

- les donatistes, Eglise des purs et des pauvres en Afrique du Nord.

Au travers de son combat violent contre les donatistes (très nombreux en Afrique du Nord), Augustin élabore la théologie du péché originel (ci-dessous résumée par le site Hérodote) : « en désobéissant à Dieu et en voulant acquérir par eux-mêmes la maîtrise de la connaissance du bien et du mal, Adam et Eve ont fait plonger toute l’humanité dans le péché et l’ont engagée dans une voie de souffrance et de malheur. Par le péché, Adam et Eve ont perdu la présence de la grâce en leur coeur et cette perte se transmet, elle aussi, à toute leur descendance. Pire : par le péché, Adam et Eve ont perdu la présence de la grâce en leur coeur et cette perte se transmet, elle aussi, à toute leur descendance. Par leurs propres forces, sans le secours de la grâce divine, les hommes sont incapables de se libérer du péché. C’est à Jésus, Dieu fait homme, mort sur la croix pour la rémission des péchés, qu’ils doivent de recouvrer la grâce et d’entrer dans la vie éternelle »

B) L’augustinisme politique

L’augustinisme représente une orientation politique profondément anti-laïque. En effet, il refuse de reconnaître un rôle propre à l’Etat et aux collectivités publiques. Il refuse même le statut du droit comme l’existence d’une société humaine aux aspirations spécifiques. Pour lui, la question essentielle, c’est celle de la relation entre la créature fragile marquée par le péché originel et son créateur.

La seule utilité que puisse avoir l’Etat, c’est de se mettre au service de l’Eglise pour le salut des âmes de ses habitants.

Pour l’augustinisme, la morale chrétienne constitue la seule valeur fondamentale. Toutes les autres valeurs se définissent en fonction de celle-là :

- la paix, c’est la paix dans le Christ

- la justice, c’est la vertu dans le Christ

- la charité représente un moyen de salut dans le Christ

Qui doit faire appliquer cette morale ? les princes et les évêques (d’un mot grec signifiant surveillant).

L’Eglise augustinienne se définit donc comme la seule institution utile aux humains durant leur brève transition terrestre, la seule institution préparant au Salut éternel. Aussi, il ne peut y avoir de salut qu’en son sein. Pour cela, elle codifie une norme et s’appuie sur des prédicateurs, des policiers et des mouchards pour la faire respecter.

L’augustinisme politique se résumera lors des périodes de tension en un diktat simple : Sois une brebis de l’Eglise ou je te tue ! Répète et respecte ce que dit l’Eglise ou meurs, rejeté, torturé, brûlé vif.

Par exemple, l’interdit jeté sur une ville ou un royaume a pour conséquence le blocage de toute vie liturgique et partant la paralysie obligatoire de toute l’activité économique et sociale.

C) Actualité politique de Saint Augustin

Droite (Saint Augustin) contre Gauche (Pélage) ?

CONCLUSION :

Il n’est pas étonnant que l’absolutisme royal comme plus tard le fascisme clérical ait puisé abondamment dans cette théologie.

Jacques Serieys


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