L’union des forces progressistes de transformation sociale ne peut pas se faire contre le mouvement de la France insoumise.

mercredi 4 avril 2018.
 

La désunion du Front de Gauche n’est pas passée par nous.

L’avance de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise.

A) Le texte pétition "La désunion ne passera pas par moi"

Un certain nombre d’intellectuels membres ou proches du PCF ont fait paraître le 9 octobre 2016 dans le journal Libération un appel pour une candidature unique de la gauche radicale (autre gauche, gauche de la gauche, gauche antilibérale peu importe ici le vocable)

Le texte source de Libération du 9 octobre 2016 est disponible ici

Ce texte constitue aussi une pétition disponible sur le site Change.org que l’on peut consulter ici.

Le site du mouvement Ensemble a aussi publié ce texte. Voir ici . Rappelons que Pierre Zarka, signataire, appartient à cette formation.

Le texte apparaît aussi sur le site de la section PCF du Nord (voir ici ) et aussi de la section du Doubs. (Voir )

Par ailleurs, on peut trouver dans le magazine Regards une référence à cet appel dans un article intitulé : "Si la candidature de Jean-Luc Mélenchon occupe à ce jour le centre de l’espace de la gauche radicale, des propositions alternatives émergent. Toutes n’excluent pas "JLM 2017", mais lesquelles peuvent susciter une dynamique ouverte et féconde ?"

On accède au texte en cliquant ici

Rappelons pour mémoire que le philosophe Jacques Bidet, signataire de l’appel, dans un article de l’Humanité daté du 31 mars 2016 (voir ici) s’était prononcé pour la tenue d’une primaire pour toute la gauche fondée sur la confrontation des programmes. Mais il reconnaît lui-même déjà à l’époque la difficulté de la tâche : ."…Elle passe désormais pour incontournable, la multiplication des candidatures à gauche laissant le second tour se jouer entre la droite et l’extrême droite. Mais qu’elle soit ainsi fondée dans son principe ne nous dit rien de la forme qu’elle devrait prendre… Pour y parvenir, bien des conditions seraient assurément nécessaires.… Il y aura nécessairement à tout le moins deux programmes, vu qu’il y a deux gauches, qui ne sont pas immédiatement conciliables…"

Et en supposant même que le PS joue un tel jeu, ce qui d’ailleurs ne lui paraît pas évident, rien ne dit que ce soit le programme de la gauche populaire qui l’emporte contre celui de la gauche élitaire pour reprendre sa judicieuse terminologie. Mais ce débat est désormais dépassé.

Voici le texte de l’appel– pétition publié dans le journal Libération

Désunion STOP France

La désunion ne passera pas par moi.

Il faut unir nos forces pour une alternative à gauche. Après un quinquennat calamiteux, le pire semble aujourd’hui possible. Avec un FN en voie de banalisation. Avec une droite extrêmisée que Hollande et Valls décomplexent. Avec l’autoritarisme du 49.3.

Le pire semble aujourd’hui possible. Face à la violence des licenciements, du chômage, des CDD à perpétuité, des vies empêchées, ruinées, des campements de migrants évacués sans solution, vouloir imposer « l’identité française », le burkini, l’islam, la nationalité (et sa déchéance) au cœur des débats politiques. Face au terrorisme, pour exaspérer les peurs, la fuite en avant sécuritaire, inefficace. Et sur l’écologie, surtout ne rien faire ou plutôt faire le contraire de ce que l’on proclame !

Cela doit cesser. Sans attendre. Depuis trop longtemps F. Hollande chante du Joe Dassin au Medef : « on ira où tu voudras quand tu voudras ».

Nous appelons à l’effraction citoyenne, au soulèvement du peuple de gauche qui refuse cette situation, de ce peuple arc-en-ciel (3) où depuis toujours, pour chaque conquête sociale, toute liberté gagnée, se mêlent les socialistes qui refusent le libéralisme, les écologistes, les féministes, les communistes, les libertaires, les altermondialistes, nous tous, salariés, privés d’emploi, retraités, jeunes, rassemblés contre la loi travail, rassemblés contre le nucléaire, rassemblés contre la fermeture des usines, des maternités, des classes, des services publics qui protègent ceux qui n’ont rien, rassemblés contre le logement cher et les morts dans la rue, rassemblés contre la criminalisation des résistances sociales, des sans-papiers, des sans-emplois stigmatisés, abandonnés, rassemblés pour l’égalité des droits entre homos et hétéros...

Pour 2017, les urgences, nous les connaissons. Nous sommes d’accord sur ce qui peut faire pacte commun. D’accord, pour abroger la loi El Khomri et construire des droits protecteurs, pour augmenter fortement le Smic, les minimas sociaux et les retraites, pour que le CDI redevienne la norme, pour interdire les licenciements collectifs quand sont versés des dividendes aux actionnaires, etc… D’accord, pour renforcer l’ISF, accroître l’impôt progressif car il redistribue, refuser les dettes publiques illégitimes, ne plus admettre des revenus supérieurs à 20 fois le Smic, etc... D’accord pour booster le ferroviaire, d’accord pour une planification écologique, la sortie du nucléaire, lutter d’arrache-pied contre le réchauffement du climat, etc…D’accord pour abolir le traité budgétaire européen, renégocier les dettes en Europe, en finir avec les paradis fiscaux, accueillir les migrants, ne pas appliquer la directive européenne sur les travailleurs détachés, abandonner l’agriculture productiviste au profit d’une agriculture biologique et paysanne. D’accord pour en finir avec ces guerres perpétuelles où l’Etat français sert de vitrine aux multinationales françaises de l’armement et sert Areva, Total, etc… D’accord sur des droits nouveaux pour les salariés dans l’entreprise, des droits contre le contrôle au faciès et pour le droit de vote des étrangers, d’accord pour une 6ème République, etc... Oui, il y a beaucoup d’etc, énormément d’etc…car il y a tant d’accords.

Et pourtant, alors que la gauche antilibérale et écologique est d’accord sur l’essentiel, les candidatures se multiplient (4) avec le risque que l’alternative à gauche devienne inaudible. Il faut se taire, s’y résigner ? Eh bien, non ! Nous ne nous résignons pas. Le peuple de gauche doit se lever, dans toutes ses couleurs, toutes ses histoires, salariés et retraités qui savent ce que perdre signifiera, féministes qui savent les reculs à venir, écologistes qui savent qu’il faut changer vite.

Nous allons proposer, construire l’union, forcer à l’union. En signant en masse cette tribune-pétition, qui dit simplement : « pour 2017, il faut une seule candidature de l’alternative à gauche, nous avons trop de points d’accord ! ». Si nous sommes des centaines de milliers à la réclamer, elle s’imposera.(6).

Déjà localement, des convergences, des regroupements, se montent pour stopper la désunion. Le 12 novembre, nous nous retrouverons, venus de tout le pays, ensemble, dans cette convention qui fabriquera et portera une plateforme de mesures d’urgence pour la prochaine mandature. Nous ne gagnerons 2017 qu’en conjuguant nos couleurs en une seule campagne collective.

Premiers signataires :

Etienne Balibar (philosophe), Jacques Bidet (philosophe), Alima Boumediene-Thiery (avocate), Patrick Braouezec (député honoraire), Pierre Cours-Salies (sociologue), Laurent Eyraud-Chaume (comédien), Robert Guédiguian (cinéaste), Alain Hayot (sociologue), Anne Jollet (historienne), Pierre Khalfa (co-président de la Fondation Copernic), Rémi Lefebvre (politiste), Ben Lefetey (militant altermondialiste), Noël Mamère (député écologiste), Philippe Marlière (politiste), Gérard Mordillat (écrivain), Jean-Pierre Petit (musicien), Dominique Noguères (avocate), Willy Pelletier (coordinateur général de la Fondation Copernic), Jean-François Pellissier (co-porte-parole d’Ensemble), Marie-Christine Vergiat (députée européenne Front de Gauche), Marie-Pierre Vieu (conseil national du PCF), Sophie Wahnich (historienne), Pierre Zarka (ancien directeur du journal L’Humanité), Malika Zediri (association chômeurs APEIS)

Lieu et horaire du samedi 12 novembre, 10 heures - 18 heures : salle des fêtes de l’Hôtel de Ville, Montreuil, place Jean Jaurès, 93 100 Montreuil / Ligne 9, station Mairie de Montreuil. Entrée libre. Venez nombreuses et nombreux !

Fin du texte

B) Commentaire critique de ce texte pétition

Réclamer une candidature unique pour représenter l’ensemble des formations politiques à la gauche du PS relève simplement du bon sens et de la raison.

Cette demande était tout aussi urgente et légitime aux élections présidentielles de 2002 et de 2007 et même pour les élections législatives de 2012 , et même pour les élections municipales, départementales, régionales qui ont suivi. On peut s’étonner que cette démarche d’appel pétitionnaire ne se soit pas manifestée à toutes les élections et notamment aux dernières élections régionales.

Mais ce n’est ni la raison, ni la recherche effective de l’intérêt général qui guide les partis politiques, en début de leurs postures déclaratives, ce sont des jeux d’intérêts carriéristes personnels et d’appareils. Et cela, la grande majorité des électeurs l’a compris, notamment les jeunes. Promesses électorales non tenues, jeux d’alliance contre nature, coupure des élus avec les couches populaires, ont contribué à cette prise de conscience conduisant à une remise en cause profonde de la démocratie représentative.

Les organisations d’extrême gauche sont attachées à leur identité qui se veut révolutionnaire et radicalement anticapitaliste, ce qui n’exclut pas non plus des jeux d’intérêts personnels et le PCF défend coûte que coûte la conservation des sièges de ses élus et la survie de son appareil politique par des jeux d’alliance avec le PS à géométrie variable.

L’absence de consignes nationales claires laissant libre cours à tous les petits arrangements locaux donnant ainsi une agréable image non centraliste, la proclamation d’ouverture envers les socialistes refusant l’austérité donnant ainsi une image de généreuse ouverture, ne sont que des alibis pour permettre la continuité d’alliance avec le PS que la direction du PCF considère comme nécessaire pour sa survie : c’est ce que l’on appelle la "real politique" du moins le pense-t-elle.

Telle est la leçon de l’Histoire. N’importe quel historien ou sociologue spécialisé dans l’étude des organisations politiques fait toujours le même constat : la division est la maladie chronique de l’autre gauche, et ce, depuis longtemps.

Ce texte pétition dont nous ne remettons pas en cause l’argumentaire à quelques détails près, nous dit :

"Et pourtant, alors que la gauche antilibérale et écologique est d’accord sur l’essentiel, les candidatures se multiplient avec le risque que l’alternative à gauche devienne inaudible…. Nous allons proposer, construire l’union, forcer à l’union. En signant en masse cette tribune-pétition, qui dit simplement : « pour 2017, il faut une seule candidature de l’alternative à gauche, nous avons trop de points d’accord ! »."

Les auteurs de ce texte ne semblent pas avoir suivi attentivement les événements électoraux depuis les législatives de 2012 jusqu’aux dernières élections régionales.

Jean-Luc Mélenchon et le PG n’ont cessé de répéter à chacune de ces élections qu’il fallait proposer une liste unique alternative à gauche, alternative à la politique libérale du PS. Ils ont proposé une charte unitaire pour le Front de gauche et la possibilité pour les citoyens non encartés à un parti d’adhérer au FG (qui était d’ailleurs aussi la position de Jacques Bidet) devenant ainsi une entité politique ne se réduisant pas à un cartel de partis. Il a proposé pour chacune de ces élections une visibilité nationale cohérente s’appuyant sur un usage cohérent du logo Front de gauche et éventuellement sur la photographie d’un collectif représentant l’ensemble des forces représentatives du FG.

Tout cela a été refusé par la direction du PCF qui a préféré, pour les raisons décrites ci-dessus, faire des alliances avec le PS au premier tour et voire même , dans certains cas , faire cavalier seul.

Bon nombre de militants et membres de la direction pense que sans cette alliance avec le PS, le PCF risque de disparaître. On peut respecter cette croyance pour éviter toute agressivité inutile envers ce parti qui mérite, quels que soient ses défauts, le respect.

Cela a contribué largement à rendre inaudible et non crédible le FG. Non, "la désunion n’est pas passée par nous " ! Le PG n’a cessé de réclamer l’union pour une gauche alternative au social libéralisme véhiculé par le PS ! Fort heureusement, un certain nombre d’élus et militants communistes locaux ont joué le jeu de l’unité mais malheureusement ce ne fut pas, et de loin, une règle générale.

Force est de constater que la position de bon sens et de raison de Jean-Luc Mélenchon finalement très proche de l’appel précédent, pourtant fort d’une légitimité politique qu’il aurait fallu prendre en compte, a été ignorée pour ne pas dire méprisée. Mélenchon a pourtant fait preuve de patience et a fait de nombreuses concessions avec le PG pour la constitution des listes électorales. Mais comme chacun le sait, Mélenchon n’est pas du genre à se laisser piétiner et dire merci. Mélenchon a l’âme d’un insoumis : il n’a pas l’intention de se soumettre à une ligne politique qu’il juge incohérente et suicidaire.

Il a tiré les leçons de l’histoire : il n’était pas possible de s’appuyer sur des appareils politiques minés par leurs intérêts financiers et identitaires pour construire une unité durable dépassant les intérêts particuliers dans la défense de l’intérêt général.

Cela explique sa candidature qui s’appuie sur un mouvement citoyen plutôt que sur des appareils politiques. Cela ne conduit pas pour autant Mélenchon à être "anti parti" par principe.

Ceux qu’ils l’accusent d’être un diviseur ignorent les faits de l’histoire ou sont de mauvaise foi.

Évidemment, en montrant que certains élus communistes ont préféré sacrifier leur conviction pour conserver leur siège, par une alliance contre nature, JLM a provoqué des rancœurs. C’est sans doute cette mise en perspective historique qui a pu rendre parfois Mélenchon brutal dans ses propos à l’égard de certains élus locaux qui lui "renvoient l’ascenseur". Mélenchon a pourtant une haute idée des militants communistes : il sait que beaucoup d’entre eux pendant la Résistance ont sacrifié leur vie pour défendre leurs convictions et l’intérêt général.

Si le PCF avait joué la carte de l’unité pour une gauche alternative pendant les élections précédentes, Mélenchon aurait probablement accepté une primaire à gauche du PS. Mais il a vite compris dans les circonstances actuelles que cela était et est impossible, d’autant plus que cela n"a pas été proposé avant sa candidature.

La direction du PCF, spéculant sur l’ignorance des faits par les électeurs, ose se présenter comme le grand rassembleur alors qu’il est à l’origine de l’éclatement du FG. Il accuse Mélenchon de "jouer perso" alors qu’il est responsable de cette situation. Non, la désunion n’est pas passée et ne passe pas par Mélenchon.

Revenons au texte de l’appel – pétition. Une candidature unique obtenue par la pression d’une signature très massive de la pétition ? Cela relève de la croyance mais acceptons cette hypothèse optimiste.

Cela ne règle pas le choix de la personne. Qui va choisir le– la candidat–e ? Une assemblée plénière des organisations politiques de l’autre gauche ? Sur quels critères ? Peu vraisemblable.

Alors reste une primaire à gauche du PS. Quels sont les candidats de l’autre gauche susceptibles de réaliser un score supérieur à celui de Mélenchon ? Et puis sur quel programme ? Qui élabore ce programme ? Comment et par qui sera-t-il approuvé ?

Quelle organisation et quel agenda pour réaliser une telle séquence d’événements en moins de sept mois ?

On constate ici le caractère généreux, théoriquement fondée mais irréaliste d’une telle pétition notamment en raison de la complexité et de la durée de sa mise en œuvre. Cette demande de candidature unique est beaucoup trop tardive et il aurait été souhaitable que les auteurs de cet appel, sur le fond légitime, aient appuyé Mélenchon lorsque celui-ci n’a cessé de répéter la nécessité d’une unité des forces de la gauche populaire à chacune des élections antérieures ce qui ne signifiait en l’occurrence aucun appui à sa personne mais à sa démarche unitaire.

On peut donc s’interroger sur la signification d’un tel appel alors que JLM a déjà déclaré sa candidature depuis plusieurs mois et est sur le point de finaliser le programme avec les milliers de participants qui le soutiennent.

On pourrait alors reprendre la formule du magazine Regards : dans une telle démarche dite alternative on peut se demander s’il n’existe pas "des parfums de « tout sauf Mélenchon »".

Non, la candidature de Mélenchon est plus réaliste et susceptible de remporter le plus grand nombre de voix à gauche du PS. Les intentions de vote le concernant fin septembre 2016 étaient compris entre 14 et 15 %. En outre, dans plusieurs sondages, il est considéré par l’électorat de gauche comme l’homme politique portant les vraies valeurs de gauche

De surcroît, il est probable que si toutes les forces progressistes voulaient se mobiliser pour l’élection de Mélenchon et surtout l’application du programme qu’il porte, il serait élu au deuxième tour. Voir notre article Mélenchon président ? Yes, we can ! Encore faut-il que les forces progressistes le veuillent !. On retrouve l’article ici

On peut ne pas aimer la personnalité de Mélenchon ::trop sanguin, parlant trop fort, trop agressif envers les journalistes, utilisant trop souvent le " moi, je" (il s’en est expliqué lors d’une émission du grand jury RTL. Voir ici ), etc. mais alors, quelle alternative reste-t-il pour un électeur attaché aux valeurs de gauche et au progrès social ? Le PS a cessé d’être un parti de gauche, EELV est miné par ces conflits internes et n’a pas de cohérence économique antilibérale

On pourrait retourner le slogan : "La division ne passera pas par moi" : je ne voterai pas pour un candidat de l’autre gauche ne pouvant obtenir un score supérieur à celui de Mélenchon..

Bien sûr qu’on aurait pu imaginer quelque chose de plus satisfaisant que la situation actuelle.

Par exemple :

1) Tous les responsables des organisations de l’autre gauche se réunissent pour élaborer ensemble un projet de société et un programme de gouvernement alternatifs. Évidemment la rédaction de ce programme se fait avec la participation de tous les adhérents de chacune de ces organisations et consultation des organisations syndicales, des associations et de différents experts.

2) Constitution de listes communes aux différentes élections avec une visibilité nationale cohérente.

3) Pour les élections présidentielles, présentation par chaque organisation d’un candidat à une primaire de l’autre gauche. Puis choix de ce candidat. La question du programme ne posant pas puisqu’il est le même pour tous. (Étape 1)

C’est le bon sens , c’est la raison, c’est beau …mais la réalité humaine est trop complexe pour respecter un tel schéma , à moins qu’il ne s’agisse tout simplement du règne de la bêtise.

C’est dommage, car c’est la grande bourgeoisie qui en tire le plus grand profit et le peuple qui en tire les plus grands méfaits. Voilà pour le rêve alternatif.

Constatant ces multiples échecs pour la construction d’une unité de la gauche populaire,, Mélenchon fait alors directement appel aux citoyens progressistes et construit avec eux un mouvement appelé " La France insoumise" . Ce mouvement est ouvert à tous ceux qui veulent transformer la société en plaçant l’humain au centre.

Les sans parti, les membres de quelque organisation politique de gauche, de syndicats, d’organisations professionnelles, d’associations, les chrétiens progressistes sont les bienvenus dans ce mouvement qui ne se fige plus dans une forme–parti traditionnelle. Il s’agit donc d’une démarche démocratique aux antipodes d’une démarche autoritaire et nationaliste, caractéristique que certains esprits hostiles voudraient attribuer à Mélenchon.

De nombreux jeunes n’appartenant à aucun parti désireux de construire du politique, des milliers de communistes ont déjà rejoint le mouvement et notamment Marie George Buffet qui était présente à la convention de la France insoumise qui s’est réunie les 15 et 16 octobre 2016.

Pierre Zarka, ex membre du PCF (il l’a quitté en 2010), signataire de l’appel, écrit, dans une rubrique d’article du journal L’Humanité (03/10/2016) intitulée "Explorer de nouveaux possibles par Pierre Zarka, animateur de l’Observatoire des mouvements de la société (Omos)". Voir l’article ici ou en annexe

"Après le printemps dernier, plus que jamais la question est que le monde du travail, les jeunes passent de la colère sociale à l’élaboration politique. Si on se place non pas du point de vue des partis mais de leur point de vue, la question vient télescoper la période de la présidentielle. La grève et les blocages issus d’initiatives locales, les Nuits debout ont montré qu’ils pouvaient prendre à bras-le-corps leurs responsabilités. En même temps ils manifestent de la défiance envers qui paraît vouloir les en déposséder […] Le premier problème à résoudre n’est donc pas d’abord qu’un « entre-soi » de militants réussisse à trouver le candidat idéal, mais que des milliers de rendez-vous mettent en débat des solutions alternatives  ; comment les dominés peuvent investir le champ jusqu’à présent réservé aux seuls partis et devenir ainsi la principale force motrice. Nous verrons avec eux ce qui pourra s’en dégager. Je ne dis pas que c’est simple mais le plus difficile n’est-il pas d’oser rompre avec nos habitudes  ?…"

Ces remarques de Pierre Zarka, signataire de l’appel, sont justes et Mélenchon a fait les mêmes analyses et en a tiré les conséquences pratiques : Pierre Zarka a deux longueurs de retard sur Mélenchon et on peut espérer qu’il aura observé attentivement la manière de travailler des protagonistes de la France insoumise réunis à Lille pour leur convention. Les questions qu’il pose dans son article sont déjà résolues.

Annexe  : quelques-uns de mes articles en relation avec le sujet ici traité.

La rigoureuse cohérence de la démarche politique de Jean-Luc Mélenchon http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Mélenchon, le candidat de l’autorité démocratique et du droit à l’intelligence. http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

La fable du nationalisme de Mélenchon http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Groupes d’appui de la France insoumise : la force tranquille de l’Ère du Peuple http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Être insoumis, ça veut dire quoi ? http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Article de l’Humanité du 03/10/2016. Quelle candidature pour l’élection de 2017 ? http://www.humanite.fr/quelle-candi...

Hervé Debonrivage


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