Gilets jaunes : Un "maintien de l’ordre" très problématique (témoignages de David Dufresne et d’Alexandre Langlois)

vendredi 5 juillet 2019.
 

Un maintien de l’ordre très problématique en France : témoignages de David Dufresne journaliste et d’Alexandre Langlois policier responsable syndical

L’ampleur du nombre de blessés graves dus notamment à l’usage du lanceur de balles de défense dans les manifestations, usage dangereux dénoncé déjà de puis plus de 10 ans, pose une multitude de questions politiques, juridiques, sociales et techniques. La France apparaît désormais comme l’un des états les plus répressifs de l’Europe et même de l’OCDE.

1) David Dufresne invité « au matin de France Culture ».

David Dufresne : "La majorité des policiers mobilisés ne sont pas formés au maintien de l’ordre" Deux mois après le début de la contestation des #GiletsJaunes, nous recevons l’écrivain et documentariste David Dufresne, spécialiste du maintien de l’ordre qui recense sur Twitter les signalements de violences policières depuis le mois de décembre. Il est rejoint en deuxième partie d’émission par la philosophe et psychanalyste Hélène L’Heuillet, qui a publié plusieurs ouvrages sur la violence et la police

https://www.youtube.com/watch?v=whq...

2) Le policier syndicaliste Alexandre Langlois (secrétaire général du syndicat Vigi) a été invité par Le média.tv le 16/01/2019 pour parler des conditions de travail et de commandement dans la police et notamment de l’augmentation du nombre de suicides chez les policiers.

On peut retrouver l’interview dans « l’autre 20 heures » du 17 janvier 2019, vers la 10e minute, en cliquant ici : https://www.lemediatv.fr/lautre-20h...

On peut aussi visionner une autre interview deux Alexandre Langlois sur la grève de son syndicat : https://www.youtube.com/watch?v=mvb...

[Rappelons que le syndicat nommé « Vigi–Ministère de l’intérieur » est né de la fédération CGT police en juin 2017 et syndic toutes les catégories de personnel dépendant du ministère de l’intérieur. Voir Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vigi_... ]

3) On constatera que ces témoignages de terrain ne correspondent pas ou rassurante déclaration du ministre de l’intérieur répondant à une question écrite du Sénat en 2013. sur le thème : Encadrement de l’utilisation des « taser » et « flash-ball » Question écrite n° 06730 de M. Yves Détraigne (Marne - UDI-UC) publiée dans le JO Sénat du 06/06/2013 - page 1693 M. Yves Détraigne attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur les propositions faites par le Défenseur des droits afin d’encadrer davantage l’utilisation des « taser » et « flash-ball » par les forces de l’ordre.

https://www.senat.fr/questions/base...

L’interdiction des LBD dans les manifestations avaient déjà été posé en 2008 puis par un rapport défenseur des droits Jacques Toubon en janvier 2018. Il vient de réitérer cette demande cette interdiction, au moins temporaire, ces derniers jours.

4) Pour avoir une information assez complète sur ce type d’armes, des décors qu’il a causés depuis son utilisation, on peut se référer à deux articles de Wikipédia

Article sur les lanceurs de balles de défense (LBD) de : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lance...

Flash Ball. Article de Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Flash...)

Remarque : Le lanceur de balles de défense est utilisé par la police municipale à partir de 2004 https://www.weka.fr/administration-...

5) Article d’actualité de la rédaction de LCI Maintien de l’ordre : quelles alternatives au lanceur de balles de défense ?

Source : LCI https://www.lci.fr/police/maintien-...

POLICE - Sur la sellette à cause des nombreux blessés graves qu’il a causés, le lanceur de balles de défense (LBD) est-il indispensable aux forces de l’ordre ? D’autres moyens existent, mais leur efficacité dépend avant tout de la stratégie de maintien de l’ordre adoptée.

À mesure que le mouvement des Gilets jaunes dure, la liste des blessés graves liés à l’usage de la force par la police s’allonge. Une grande partie de ces blessés graves, qu’ils soient manifestants, passants ou journalistes, l’ont été par un tir de lanceur de balles de défense LBD 40, une arme dite "à létalité réduite" qui a remplacé le "Flash Ball" parmi les forces de l’ordre.

Gilets jaunes : grenades GLI-F4, LBD... ces armes de maintien de l’ordre qui font peur Alors que les tirs au visage sont interdits, de nombreuses personnes ont perdu un œil en recevant une balle en caoutchouc tirée par un LBD 40. Plusieurs ONG et responsables politiques réclament l’interdiction de cette arme, mais se sont vus opposer une fin de non-recevoir par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui affirmait ce vendredi sur Europe 1 : "Si on supprime l’usage des armes intermédiaires pour nos forces de l’ordre, que reste-t-il pour faire face à des agressions ultraviolentes ? Le contact physique ? Leur arme de service ? Ma mission, c’est aussi de protéger ceux qui nous protègent."

D’autres moyens existent, en France ou en Europe

Les forces de l’ordre disposent d’autres moyens pour rétablir l’ordre public, comme le montre le rapport de novembre 2017 réalisé par l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), une ONG qui milite pour l’interdiction du LBD 40. Celle-ci rappelle que la police peut utiliser divers armes, comme des matraques, ou du gaz lacrymogène, à main ou en grenade, ainsi que des canons à eau, et des armes en feu en dernier recours.

Selon l’ACAT, la France fait partie des pays disposant des moyens les plus variés pour rétablir l’ordre, par rapport à d’autres grands pays du continent (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Royaume-Uni et Suède). C’est aussi l’unique pays européen qui autorise l’emploi de grenades à effet de souffle GLI-F4, également très critiquées, mais qui seront progressivement remplacées par d’autres grenades sans TNT.

Exemple le plus marquant : le Royaume-Uni, où les policiers chargés du maintien de l’ordre ne sont équipés qu’avec des bâtons de défense. En Allemagne, les forces de l’ordre disposent de ces mêmes bâtons de défense et de bombes lacrymogènes à main, ainsi que de canons à eau, mais aucun LBD à l’horizon, ni de grenade d’aucune sorte, et encore moins d’arme à feu. Parmi les pays étudiés, seule la Catalogne, en Espagne, équipe ses policiers de LBD 40. Avec les policiers italiens, les forces de l’ordre espagnoles disposent comme les Français de grenades lacrymogènes.

D’autres outils sont également à l’étude dans d’autres pays pour aider les forces de l’ordre à gérer la violence dans les manifestations. Interrogés par Le Parisien, deux représentants du syndicat policier Alliance évoquent le pistolet marqueur d’ADN, qui tire un projectile qui laisse une trace ADN sur la cible visée, afin que celle-ci soit reconnue ensuite. Pour autant, estime Stanislas Gaudon, "ça peut servir à gérer une manifestation et à interpeller plus efficacement, mais ça n’a pas du tout le même but qu’un lanceur de balles de défense qui sert à stopper une infraction".

Une autre politique de maintien de l’ordre

En matière de maintien de l’ordre, l’efficacité des moyens dépend aussi des choix politiques. L’ACAT estime ainsi qu’"à moyen et long termes, le recours à des armes de plus en plus offensives participe de l’accroissement du niveau de violence et concoure à creuser le fossé entre les forces de sécurité et la population. L’usage indiscriminé ou excessif de la force par la police pouvant engendrer la solidarisation de la foule avec les protestataires que la police cherche à isoler et augmenter ainsi le risque de menace à l’ordre public".

L’ONG observe qu’un modèle différent se développe dans d’autres pays européens : "Basé sur le dialogue et la désescalade, le modèle dit ’KFCD’ (Knowlegde, Facilitation, Communication, Differenciation) vise notamment à minimiser les violences collatérales, inutiles ou dangereuses, ainsi qu’à construire et à entretenir un dialogue permanent avec la foule afin de permettre une désescalade des tensions."

Lire aussi sur LCI : maintien de l’ordre, que dit la loi ? https://www.lci.fr/social/manifesta...

HD


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message