Lettre, sans complaisance, à mes ami(e)s communistes

mercredi 26 septembre 2018.
 

Pendant l’émission « Des paroles et des actes », diffusée jeudi soir 18 septembre sur la 2ème chaîne de télévision, à laquelle participaient, entre autres, Pierre Laurent, François Bayrou et une syndicaliste de FO de l’entreprise GAD en Bretagne, j’ai réagi spontanément sur ma page Facebook, au spectacle affligeant donné par François Bayrou, que pourtant je respecte beaucoup habituellement.

Dans un numéro savamment préparé, il nous a fait le coup, déjà fait par bien d’autres avant lui, de la comparaison entre le tout petit Code du travail suisse et l’énorme Code du travail français, et, joignant le geste à la parole de sortir les deux codes et de les balancer sur la table, sous les applaudissements du public. Son effet était réussi. Son but était, évidemment, de faire comprendre aux téléspectateurs qu’il fallait à tout prix alléger le Code du travail français, pour permettre à notre pays de redevenir compétitif.

Devant ce numéro manifestement réussi par Bayrou, Pierre Laurent est resté totalement impassible.

Mon sang n’a fait qu’un tour. Alors qu’il y a tant à répondre. Comment le secrétaire général du Parti communiste français a-t-il pu rester muet ? Par avance, je n’accepte pas que l’on me dise que c’est parce qu’il a été surpris. Depuis des mois, ce numéro nous est constamment fait, à la radio ou à la télé, par les dirigeants de la droite et du patronat. D’ailleurs, le 6 mai 2014, j’ai mis sur mon blog, sur le lien suivant : http://robertmascarell.overblog.com...

un article intitulé « De l’épaisseur du Code du travail », avec images à l’appui, où je fais litière de ce mensonge honteux. Je ne saurais trop vous recommander de cliquer sur ce lien, soit pour vous rafraîchir la mémoire, soit pour en prendre connaissance.

Devant le cynisme de Bayrou et l’inertie de Laurent, j’ai spontanément dit mon courroux sur ma page Facebook, pendant l’émission, dans les termes suivants : « Je suis en train d’écouter le débat sur la 2ème chaîne. Heureusement qu’il y a la syndicaliste de FO, parce que Pierre Laurent est particulièrement décevant. J’ai l’impression qu’il a pris des somnifères. Mais comment a-t-il pu laisser faire le sale numéro de Bayrou sur le poids considérable du Code du travail français par rapport au Code du travail suisse ? Le Code du travail français ne pèse pas 3000 pages, mais moins de 700. Celui que Bayrou a présenté est additionné de commentaires sur les articles et d’extraits d’arrêts de la Cour de cassation. Laurent est en train de me faire regretter Marchais, et pourtant je l’ai combattu. La syndicaliste de FO est remarquable. Vive la CGT ! Quelle déception ! »

Des camarades communistes n’ont pas apprécié que je puisse critiquer leur secrétaire général, soit sur Facebook, soit sur ma messagerie, soit en privé. Alors même que je ne critiquais pas ses propos sur le fond. J’étais même d’accord avec ce qu’il disait, mais son manque de combativité vis-à-vis de ses opposants, de nos opposants, est tel que ça en est désespérant, et qu’à mon avis, il en est inaudible.

Que ces camarades se rassurent, je n’hésite pas à user de mon esprit critique, de ma liberté de ton vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon, l’ex-président du Parti de gauche, dont je suis membre depuis sa création. De 2005 jusqu’à la création du Parti de gauche, j’ai même fait partie du club PRS fondé par JLM, alors qu’il était encore membre du Parti socialiste.

Pour preuve de mes dires, je propose à ces communistes choqués de cliquer sur les liens suivants de mon blog :

http://robertmascarell.overblog.com...

http://robertmascarell.overblog.com...

Le premier lien correspond à un billet que j’ai écrit en avril 2008, en réaction aux déclarations de JLM sur le conflit entre la Chine et le Tibet.

Le second lien correspond à un commentaire que j’ai écrit le 10 mai 2013, dans le cadre d’un débat que j’ai entretenu avec une dirigeante nationale du MODEM. J’y fais justement des réserves sur la manière d’être de JLM à la télévision et plus largement devant les journalistes.

Entre la passivité de Laurent et la trop grande fougue de Mélenchon, il doit y avoir un juste milieu.

Reste qu’aucun de mes camarades du Parti de gauche n’a été choqué de ma liberté de ton vis-à-vis de notre dirigeant le plus emblématique.

De ce petit fait, qui ne compromet nullement ma volonté que nous continuions à travailler ensemble au sein du Front de gauche, j’en tire la conclusion qu’au Parti communiste il y a encore trop de ses membres qui ont le petit doigt sur la couture de leur pantalon, comme en 1950. C’est très dommage pour eux, mais c’est aussi gênant pour l’image de leur Parti et très dommageable pour les relations entre les organisations membres du Front de gauche.

Cela dit, les traces de ces esprits caporalisés ne sont pas propres au PCF. Elles existent aussi au sein du PS, de l’UMP et du FN, et peut-être même, qui sait, au sein du Parti de gauche.

Où que ce soit, ces comportements nuisent au bon fonctionnement de la démocratie. Réfléchissons, réfléchissons sans cesse par nous-mêmes.


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