Enveloppes chez les Bettencourt : des témoins font (un peu) avancer le schmilblick.

samedi 17 juillet 2010.
 

L’ex-secrétaire d’André Bettencourt et l’ancien maître d’hôtel confortent les déclarations de Claire Thibout (l’ex-comptable de Liliane et André Bettencourt).

Ils ont été entendus les 8 et 9 juillet par les enquêteurs de la brigade financière. Chantal Trovel, l’ex-secrétaire d’André Bettencourt et Pascal Bonnefoy, l’ancien maître d’hôtel du couple Bettencourt, ont raconté les pratiques en vigueur chez ceux qui les ont employés pendant plusieurs années. "Le Monde" s’est procuré les procès-verbaux de leurs déclarations.

"Je savais que M. et Mme Bettencourt aidaient financièrement des personnes politiques".

C’est ce que Chantal Trovel a déclaré aux enquêteurs. Cette aide serait passée par un système d’enveloppe d’argent en liquide, comme l’avait déjà évoqué Claire Thibout, l’ex-comptable de Liliane Bettencourt, lors de son audition.

"Ces enveloppes, elles existaient", explique M. Pascal Bonnefoy, le majordome, cité par Le Monde. Les deux témoins ont cependant précisé n’avoir jamais assisté à une remise d’argent en liquide à une personnalité politique.

D’après le récit de l’ancienne secrétaire aux enquêteurs, les Bettencourt recevaient de nombreuses visites de courtoisie. Parmi les visiteurs, Chantal Trovel cite les couples Barre, Lellouche, Woerth, l’ancien garde des sceaux Albin Chalandon, le philosophe Bernard-Henri Lévy, Claude Pompidou et Bernadette Chirac.

Certaines visites étaient plus intéressées que d’autres. "Je savais que M. et Mme Bettencourt aidaient financièrement des personnes politiques. C’était une évidence que ces personnes venaient pour cela," a raconté l’ex-secrétaire d’André Bettencourt. "Durant les périodes qui précédaient des élections de tous ordres, des personnes qui ne venaient pas d’habitude à la maison demandaient des rendez-vous auprès de M. Bettencourt".

Monsieur Pascal Bonnefoy dit n’avoir aperçu qu’une seule fois Nicolas Sarkozy entre 2002 et 2004. Il a par contre en mémoire "un grand dîner au cours duquel étaient conviés M. et Mme Woerth, M. de Maistre, M. Kouchner et Mme Ockrent". Le repas a eu lieu au début de l’année 2007, selon les dires du maître d’hôtel, qui ajoute : "M.Woerth, je crois que c’est M.de Maistre qui l’avait invité."

Selon le témoignage de l’ancienne secrétaire de Monsieur Bettencourt, c’est lors d’entretiens discrets et sans témoin que l’argent s’échangeait.

"M. Bettencourt avait dans son bureau un coffre contenant entre autres des grosses liquidités. Si une personne venait et qu’il avait la somme qu’elle lui demandait, alors il lui remettait les fonds", a-t-elle expliqué.

Chantal Trovel a raconté qu’il était parfois arrivé qu’André Bettencourt lui dise, au sujet d’un visiteur : "Il est venu vraiment pour ce que je pensais".

2) Liliane Bettencourt explique que des enveloppes n’ont pas été données PENDANT LE REPAS

Liliane Bettencourt vient de déclarer :

« Il est absurde de penser que des hommes politiques aient pu recevoir des enveloppes à notre table », se serait exclamé l’héritière de L’Oréal lors d’un récent entretien avec son conseil, avant d’ajouter : « Si cela avait été le cas, jamais la secrétaire comptable Claire Thibout n’en aurait été informée. »

Selon Maître Kiejman, Liliane Bettencourt aurait même ironisé : « Remettre des enveloppes à table serait vraiment une entorse à la bonne éducation… »

http://www.lefigaro.fr/actualite-fr...

Mais Claire Thibout n’a jamais dit que les enveloppes étaient données à des hommes politiques à la table des Bettencourt, pendant le repas.

Claire Thibout , l’ex-comptable des Bettencourt de mai 1995 à novembre 2008, raconte que des hommes politiques recevaient de l’argent liquide après le repas, dans l’un des petits salons situés au rez-de-chaussée.

Par exemple, Claire Thibout raconte :

« Nicolas Sarkozy recevait aussi son enveloppe, ça se passait dans l’un des petits salons situés au rez-de-chaussée, près de la salle à manger. Ca se passait généralement après le repas, tout le monde le savait dans la maison. Comme M. et Mme Bettencourt souffraient tous les deux de surdité, ils parlaient très forts et de l’autre côté de la porte, on entendait souvent des choses que l’on n’aurait pas dû entendre. Encore une fois, tout le monde savait dans la maison que Sarkozy aussi allait voir les Bettencourt pour récupérer de l’argent. C’était un habitué. Le jour où il venait, lui comme les autres d’ailleurs, on me demandait juste avant le repas d’apporter une enveloppe kraft demi-format, avec laquelle il repartait. Je ne suis pas stupide quand même, inutile de me faire un dessin pour comprendre ce qu’il se passait... ».

Source du 2ème article : http://www.mediapart.fr/journal/fra...


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message