25 janvier 2001 Ouverture du premier Forum social mondial à Porto Alegre

dimanche 3 mai 2009.
 

1) Texte rédigé par l’équipe de Perspective monde

Parallèlement à la tenue du Forum économique de Davos, en Suisse, des milliers de délégués sont réunis à Porto Alegre, dans le sud du Brésil, afin de participer à un premier Forum social mondial dont le but est de « construire un espace alternatif à la pensée unique et à l’hégémonie conservatrice néolibérale ».

Des représentants de 900 organismes non gouvernementaux et des centaines de parlementaires prennent part à ce forum « anti-Davos » dans lequel mouvements écologistes et féministes, syndicats et partis de gauche jouent un rôle prépondérant. Quatre axes sont au coeur des discussions : « La production de richesses », « L’affirmation de la société civile », « L’accès aux richesses » et « Pouvoir politique et éthique dans la nouvelle société ».

Des questions comme l’élimination de la dette des pays en voie de développement et la lutte contre les stratégies des organismes financiers internationaux, comme le Fonds monétaire international, sont débattues lors de ce forum dont le thème est « Un autre monde est possible ». On avance aussi la possibilité de créer un fonds mondial de réparation qui serait financé par une taxe de 0,05% sur les transactions financières. En évidence lors de conférences antérieures, comme celle de l’Organisation mondiale du commerce à Seattle, en 1979, la contestation altermondialiste se manifestera à nouveau en avril 2001, lors du sommet des Amériques qui aura lieu à Québec. Le Forum social mondial deviendra pour sa part un événement annuel. Voir : Un autre monde est possible.

2) « Porto Alegre, « l’internationale citoyenne en gestation » » (par Edgar Morin)

« ...Le face-à-face a commencé fin 1999 à Seattle d’une façon assez improvisée. Quelque chose de nouveau s’est produit. Les opposants à la mondialisation néolibérale se sont rendu compte qu’à problème mondial, la réponse ne pouvait être que mondiale. A Porto Alegre, il y a eu effort pour passer des refus à des propositions de portée planétaire. La possibilité d’une alternative avait disparu avec l’effondrement de l’URSS qui fut aussi l’effondrement d’un modèle dit socialiste. Le modèle social-démocrate, de son côté, était arrivé depuis longtemps à épuisement. Les opposants au néolibéralisme économique ne pouvaient que critiquer sans pouvoir proposer rien d’autre que la « refermeture » souverainiste. Cette idée régressive, voire réactionnaire, était d’autant plus bizarre qu’elle était défendue par certains héritiers de l’internationalisme. Comme on le sait, il ne suffit pas de critiquer de façon pertinente le cours mondialisateur actuel, il faut proposer. En fait, Porto Alegre annonce la recherche d’une voie. Sa vertu est de ne pas prétendre connaître la solution, mais de vouloir l’élaborer. »

3) Okba Lamrani, « Porto Alegre vole la vedette à Davos »

« ...la volonté de récupération du Forum était et reste bien réelle. Les petites combinaisons n’ont cependant pas pesé excessivement sur le FSM. Les quelque cinq cents ateliers et séances plénières sont passés outre les manoeuvres. Le second enjeu était dès lors manifeste. Si la convergence des condamnations du néolibéralisme n’a pas de frontières ni géographiques, ni politiques comme le montrait le Forum, il s’est avéré en revanche plus difficile de s’entendre sur des solutions alternatives crédibles. Les organisateurs du forum ont anticipé la difficulté. Les responsables ont tous indiqué qu’il était hors de question que Porto Alegre accouche d’un texte alternatif consensuel final étant donné la diversité des participants. Les syndicalistes, les élus, les jeunes et d’autres groupes se sont certes entendus sur des appels communs dans leurs secteurs d’activités respectifs. Mais en aucun cas le FSM n’a prétendu se substituer aux différentes sensibilités présentes pour leur imposer une vision unique. »


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