Pierre de Coubertin, élitiste, misogyne, colonialiste et raciste

lundi 3 mai 2021.
 

25 mars 1896 : ouverture des premiers Jeux olympiques modernes, à l’initiative du baron français Pierre de Coubertin.

« Nous devons à Pierre de Coubertin, revendique aujourd’hui le CIO, toute l’organisation des Jeux olympiques, qui ont bénéficié de son esprit méthodique, précis et de sa large compréhension des aspirations et des besoins de la jeunesse. » Mais même pour son époque, le fondateur des Jeux olympiques modernes, le baron Pierre de Coubertin, était un sacré réactionnaire.

La philosophie qui présidait aux Jeux modernes était sans ambiguïté : « La première caractéristique de l’olympisme est d’être une religion, disait-il. En ciselant son corps par l’exercice, l’athlète antique honorait les dieux. L’athlète moderne fait de même : il exalte sa race, sa patrie et son drapeau. »

Les premiers Jeux furent même marqués par un racisme éhonté. « Je suis un colonial fanatique », écrivait sans mentir le baron Coubertin. Il était raciste, persuadé de la supériorité des Blancs sur les Noirs : « À la race blanche, d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance ». Il affirmait ainsi sa vision de la hiérarchie entre les peuples de la planète : « Il y a deux races distinctes : celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Hé bien ! C’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts. »

Coubertin était résolument hostile à la participation des femmes aux JO, qu’il appelait « les olympiades femelles, inintéressantes, inesthétiques et incorrectes », sauf à un titre : « Aux Jeux olympiques, leur rôle devrait être surtout, comme aux anciens tournois, de couronner les vainqueurs. » Même pour les milieux bourgeois de son époque, Coubertin sentait la naphtaline.

Avant de mourir en 1937, il trouva un ultime motif de satisfaction : les JO de Berlin en 1936. Alors que bien des gens réclamaient leur boycott, Coubertin soutint de bon cœur le régime hitlérien qu’il admirait : « La onzième olympiade s’accomplit sur un plan magnifique. J’ai l’impression que toute l’Allemagne, depuis son chef jusqu’au plus humble de ses écoliers, souhaite ardemment que la célébration de 1936 soit une des plus belles. Dès aujourd’hui, je veux remercier le gouvernement allemand pour la préparation de la onzième olympiade. » Hitler lui renvoya l’ascenseur en proposant Coubertin pour le prix Nobel, ce que l’Académie Nobel, pourtant très conservatrice, refusa.

2) De Coubertin à Samaranch : un olympisme très réac

Juan Antonio Samaranch Torelló, marquis de Samaranch, né le 17 juillet 1920 à Barcelone et mort dans cette même ville le 21 avril 2010, aété secrétaire aux sports du régime franquiste avant de devenir président du Comité international olympique de 1980 à 2001.

« Un bref retour sur sa carrière tient lieu d’oraison funèbre. Phalangiste, ministre des Sports sous Franco, déjà, rien que ça, ça te pose le bonhomme. Et surtout, depuis qu’il présidait aux destinées de l’Olympisme, le gagnant toutes catégories confondues c’était bel et bien le pognon, toujours le pognon, encore le pognon. Sponsors, sportifs hommes-sandwiches (… et femmes aussi, vous vous souvenez de Marie-José Pérec sautillant sur place après une victoire, pour que nul n’ignore le nom des généreux donateurs qui lui finançaient sa si belle breloque ? Pathétique !), le tout assaisonné d’une pointe de dopage et d’un chouïa de droits télévisés. Ah le bel esprit de compétition que voilà ! Pour le fric, que n’est-on pas prêt à sacrifier ? Je ne sais pas vous, mais je me souviens de Trentin et Morelon, en 68 à Mexico, peut-être bien. C’était bien… »

Brigitte Blang


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