18 mars 2012 à la Bastille : Un besoin inextinguible de liberté et d’humanité gonflait les poitrines.

samedi 14 avril 2018.
 

Nous étions plus de 120 000 venus de toutes les provinces, de métropole et d’outre mer à converger ce 18 mars 2012 vers la place de la Bastille à Paris. Jeunes et vieux, familles et militants composaient une foule immense enjouée et sereine indifférente au temps plutôt maussade qui n’a fait que menacer de lessiver la capitale.

Le front de gauche incarné par Jean Luc Mélenchon nous appelait à reprendre pied avec l’Histoire de France !

Cette date et ce lieu se mirent à parler..., nous entrâmes collectivement en résonnance…, et les grands rouages de notre Mémoire s’engrenèrent sans difficulté !

Quel tribun ! Quelle culture et quelle vision !

La place bien trop petite pour nous contenir vibrait à l’unisson des rues qui ne parvenaient plus à déverser les derniers arrivés jusqu’à la colonne de juillet, monument qui supporte le génie de la liberté qui s’envole en brisant des fers et semant la lumière !

On retrouvait sur scène avant le discours tant attendu la même veine d’artistes et de saltimbanques qui émaillaient la rue du Faubourg Saint Antoine que l’organisation nous avait attribuée. La foule avait des mouvements de vagues compactes et clamait : « Ré-sis-tance » dès que les chants faiblissaient. On tutoyait des inconnus. Un bien-être certainement euphorique gagnait l’ensemble des participants et garantissait ainsi l’exemplaire tenue de ce rassemblement.

Puis la clameur enfla et laissa finalement place au discours qui appelait la fin de la monarchie républicaine, l’exhortation à la résistance, la mise en place d’une constituante et la reprise du pouvoir par le peuple et pour le peuple. L’insurrection civique était décrétée pour les plus proches échéances. La promesse de l’éruption imminente du volcan français à la face du monde des prédateurs fut clamée par tous les participants en un profond et lourd rugissement. La symbolique de la couleur rouge fut rappelée.

L’émotion, forte, et la colère étaient là, contenues mais durables et ciblées. Un besoin inextinguible de liberté et d’humanité gonflait les poitrines. Rien ne pourra désormais retenir cet élan fraternel et démocratique puisque nous y avons goûté.

J’assistai, un peu médusé, à la montée exponentielle de la prise de conscience d’une autre forme possible de développement et à une contagion fulgurante de l’exigence d’une rupture radicale avec les religions de la finance et du profit sans règle ni retenue.

Nous sommes à présent bien convaincus non seulement que le vote Front de Gauche est utile, mais qu’il est devenu tout à fait indispensable pour ne pas, une fois de plus, regretter l’occasion de remettre de l’ordre et de la justice dans notre pays et dans une Europe citoyenne que nous voulons reconstruire.

Plus la vraie gauche sera présente et forte au 1er tour de l’élection présidentielle, plus elle pèsera sur le projet du second tour et mieux nous appréhenderons les prochaines législatives.

Tous ensemble, nous pouvons tout espérer et, sans « raser gratis », surtout rétablir une solidarité chaleureuse et confiante dans une revalorisation du travail et de l’utilité sociale des plus modestes d’entre nous et mettre au pas les acrobates de la finance spéculative en nous réappropriant les leviers d’une nouvelle économie réconciliée avec l’écologie de nos milieux les plus rapprochés comme celle de notre mère la Terre.

Ainsi, à la logique qui consiste à d’abord se servir, succédera un modèle plus sobre de république fraternelle, laïque et écologique.

Nous devons nous contraindre à rendre possible une VI ème république dans les urnes pour ne pas laisser le champ libre à la violence inéluctable du chaos.

Soyons les ambassadeurs de ce monde nouveau qui passe à notre portée dans moins d’un mois maintenant et arrêtons de nous plaindre puisqu’il ne s’agit pas de courage mais de simple détermination.

Serge Despeyroux


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