La crise sanitaire du Coronavirus est riche d’enseignements pour la poursuite renforcée du capitalisme si celui-ci survit à la crise.

lundi 11 mai 2020.
 

La crise sanitaire du Coronavirus est riche d’enseignements pour la poursuite renforcée du capitalisme si celui-ci survit à la crise.

Il existe certes de nombreuses raisons pour qu’une majorité de citoyens veuille changer de système économique et politique la crise sanitaire passée mais le cadenassage des esprits par les médias est tellement puissant que rien n’est joué, d’autant que le règne de la peur agit toujours en faveur du système en place.

Différents secteurs ont expérimenté massivement en France et à l’étranger pendant la crise différentes formes d’activités.

1) Le télétravail.

On évalue à environ 17 % en France et de 20 à 30 % en Europe selon les pays. (avant la crise du Coronavirus) Il est amené à se développer. Voir l’observatoire du télétravail : http://www.teletravailler.fr/observ... Les entreprises créant des outils et mettant à disposition des outils pour le télétravail vont se développer.

Voir ici un exemple : https://info.klaxoon.com/fr/klaxoon... les syndicats ont tout intérêt à rester clairement vigilants sur les conditions de mise en œuvre télétravail dans les entreprises et les ministères et même dans les collectivités territoriales.

Voici une prise de position de la CGT sur ces questions concernant les ministères en réaction à une circulaire de 2016 sur l’organisation du télétravail dans les ministères. https://www.ferc-cgt.org/ct-mesr-ar...

Voir aussi, plus complet, le dossier CGT sur le télétravail : http://www.ugict.cgt.fr/tag/teletravail

2 l’enseignement à distance.

Il a été pratiqué par Internet largement par les enseignants de l’éducation nationale pour assurer la « continuité pédagogique ». Cela s’est effectué évidemment sans grande préparation et avec des moyens matériels limités. L’enseignement à distance, d’abord par correspondance ne date pas d’hier. (En France le Centre National d’Enseignement à Distance) puis il s’est développée avec Internet d’abord en milieu universitaire est aussi dans le champ de la formation professionnelle au niveau national et européen.

Le e–Learning est un domaine très prisé par un certain nombre d’entreprises capitalistes.

Ce type d’enseignement peut constituer une source considérable de profits.

Il existe déjà une multitude de formations, souvent professionnelles à distance pour ne citer qu’un exemple entre 100, on peut se référer au site suivant : https://etudiant.lefigaro.fr/le-lab...

Des projets européens d’enseignement à distance sont en voie de développement.

Parallèlement à l’enseignement à distance par Internet, se développe l’enseignement assisté par ordinateur (EAO) depuis des années 1980, puis plus récemment l’enseignement intelligent assisté par ordinateur (EIAO) utilisant des didacticiels devenant de plus en plus interactifs.

Ce courant est issu de l’enseignement programmé des années 1950–60. En utilisant ces deux courants, il peut être possible d’assurer des cours à multiples niveaux, dans différentes disciplines avec une intervention minimale des enseignants.

Cela constituera, lorsque le processus sera arrivé à terme, de mon humble point de vue, la future révolution cognitive.

En attendant, nous en sommes pour l’instant encore loin, si l’on en juge par les déclarations du SNES FSU sur la « continuité pédagogique » pendant la crise du Corona virus, où l’on voit déjà poindre les appétits des entreprises privées de formation à cette occasion.

Voir la déclaration de la FSU : https://creteil.snes.edu/Continuite...

On a renoué avec la pratique abandonnée de productions éducatives par la radio et la télévision. Un marché capitaliste à développer reste possible dans ce cadre.

3) Commerce : livraison à domicile, drive non seulement pour les grandes surfaces mais aussi pour des producteurs de légumes ou autres ; commerce électronique.

Ce sont des modes de vente qui existaient avant la crise du Corona virus mais qui ont pris une certaine ampleur durant cette période.

Certains commerçants ont pu ainsi expérimenter pour la première fois un mode de vente qu’ils n’avaient pas coutume d’utiliser.

Il est donc possible que l’on assiste après la crise au maintien et au développement de ce type de commerce.

4) Les transports.

Les transports en commun ont subi ces deux dernières années de grandes vagues de perturbations : les grèves puis la crise du Coronavirus. Bon nombre d’usagers ont trouvé des alternatives comme l’utilisation du vélo, le covoiturage.

La vente des bicyclettes a explosé pendant la crise sanitaire. La crise a mis en évidence les inconvénients des grandes concentrations urbaines : propagation des épidémies, des conditions de transport difficiles, la pollution, etc. surdimensionnement des aéroports,…

Cela amènera-t-il à réfléchir plus avant sur l’aménagement du territoire ?

5) La relocalisation d’entreprises industrielles et récupération de savoirs-faire perdus.

La pénurie de médicaments, de masques, de tests a montré l’absurdité de la délocalisation des entreprises tous azimuts. Ce problème est en partie lié au problème précédent.

Sur cette question rien n’est joué : c’est le choix politique des Français en 2022 qui sera déterminant. Pour l’heure, un récent sondage d’avril 2020 montre que 45 % des Français se prononce pour une remise en cause du capitalisme, en tout cas, sous sa forme actuelle.

6) Les dispositifs de surveillance et de contrôle.

On est parfois étonné d’un certain fatalisme de la population à l’égard des dispositifs de surveillance et de contrôle.

Mais si l’on fait l’inventaire de ce qui existe depuis fort longtemps en ce domaine, on se rend compte que le malliage du contrôle est déjà considérable.

Agent de contrôle des réglementations :

Inspecteurs et contrôleurs des impôts, de la sécurité sociale ; inspecteurs du travail ; contrôleur des douanes ; garde-chasse, garde-pêche, police routière ; contrôle sanitaire dans l’alimentation l’élevage, contrôle de la vaccination des enfants, agent de surveillance dans les grands magasins et dans certaines administrations, contrôle de la circulation et du stationnement en ville, contrôleur RATP SNCF, contrôle aérien et maritime, inspection pédagogique, ordre des avocats, ordre des médecins, conseil supérieur de la magistrature.

La liste n’est évidemment pas exhaustive.

La surveillance des identités avec l’empreinte digitale et plus récemment le séquençage de l’ADN.

À cela s’ajoute la surveillance policière : police urbaine de proximité, service de renseignements, surveillance et contrôle des manifestations. Les dispositions juridiques prises ces 20 dernières années ont renforcé les pouvoirs de la police dans ce domaine.

Il existe aussi les services d’espionnage économique et politique. On a vu dans la période du confinement un déploiement sans précédent de la surveillance de la population . Observons que dans ce cadre, la dénonciation entre citoyens s’est développée.

À ces systèmes de contrôle humain se sont ajoutées des systèmes de contrôle et de surveillance électroniques et automatiques.

D’abord les radars sur les routes, la vidéosurveillance dans les magasins puis dans la rue et à l’entrée de certaines entreprises ; la surveillance par satellite pour contrôler l’activité des agriculteurs, de la circulation maritime par exemple.

Puis, le GPS, le téléphone mobile ou Smartphone géo localisables, les objets connectés notamment à commande vocale (pour la télévision connectée et enceintes musicales intelligentes par exemple), les compteurs Linky, le tracking sur Internet avec notamment le dépôt de cookies, la mémorisation et l’utilisation du surfing sur Internet par les algorithmes (YouTube par exemple) qui permet de définir avec une grande précision un profil de l’utilisateur dans tous les domaines.

La crise du Corona virus contribue au développement du traçage par Smartphone avec utilisation de nouvelles applications dont certaines sont en cours de développement.

Après l’identification oculaire par analyse de l’iris mise au point dans les années 1990 (taux d’erreur 0,7,%), nous en sommes maintenant à la reconnaissance faciale même si le visage est partiellement dissimulé.

La crise du Corona virus a favorisé encore l’essor de cette technique. Elle peut évidemment être utilisée par des drones survolant une manifestation pour identifier des manifestants par exemple.

Dans la plupart des cas, le développement de ces techniques se fait au nom de la sécurité, de la protection des citoyens ce qui en fait leur caractère redoutable.

Dans le contexte d’une société dirigée par un gouvernement instrumentalisant la justice et la police à des fins politiques de conservation de pouvoir contre une opposition politique et contre des mouvements sociaux, dans un contexte où les parlementaires augmentent depuis des années le nombre de lois liberticides, on peut s’attendre à un dévoiement de ces techniques de surveillance et de récolte des données à des fins politiques y compris de répression.

En même temps que l’identification des personnes utilise un panel toujours plus large de moyens pour identifier les personnes, on tente de protéger des données personnelles par différents systèmes de sécurité (identifiant, mot de passe, suspension) notamment dans le domaine bancaire et commercial. On érige des lois pour la protection des données personnelles.

Après le chien de garde et d’attaque, après l’ alarme sonore pour se prévenir des cambrioleurs, sont apparues des dispositifs de protection contre l’escroquerie sur Internet.

Tous ces dispositifs se développent depuis bien longtemps dans un climat de peur, d’insécurité dont les origines réelles ou imaginaires sont diverses. La crise du Corona virus selon un sondage d’avril 2020, provoque un sentiment de peur de la mort pour 62 % des Français et après coup, une peur du chômage ou d’un déclassement économique pour 80 % de la population.

Il va de soi que dans un tel climat, tous les dispositifs et promesses sanitaires honnêtes ou non de guérison, toutes les promesses politiques sérieuses ou fantaisistes ont un terrain propice pour se développer. Nous sommes donc dans une période où l’esprit critique et la raison doivent supplanter les comportements émotionnels pour ne pas se laisser piéger par des lois liberticides et des charlatans en tous genres.

Hervé Debonrivage


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