France insoumise : le mouvement de l’équilibre, Mélenchon l’homme de la juste mesure.

vendredi 29 mars 2019.
 

Idéologie dominante comme reflet inversé du réel.

France insoumise : le mouvement de l’équilibre, Mélenchon l’homme de la juste mesure.

Les médias se complaisent à présenter Mélenchon comme un homme excessif et France Insoumise comme un parti de la gauche radicale comme un mouvement d’extrême gauche. Comme nous allons le voir dans cet article, la réalité est toute autre.

Idéologie dominante comme reflet inversé du réel.

Un certain nombre de politiciens et de journalistes considèrent La France Insoumise et Mélenchon comme faisant partie de la gauche radicale, de l’extrême gauche ou encore d’être des populistes.

Mais que signifient ces mots ? En réalité, rien de précis. Si l’on demandait à ceux qui les utilisent de leur donner une définition précise, ils seraient bien embarrassés pour en donner une.

Et pour cause : la notion même de gauche a volé en éclats sous l’action destructrice d’un Hollande, d’un Valls, d’un Macron. En outre, quasiment aucun journaliste ne connaît avec précision lesprogrammes de l’extrême gauche, et le programme L’Avenir en commun de LFI dont ils méprisent l’existence.

Quant au mot populisme, il s’agit aussi d’un mot fourre-tout si l’on ne prend pas soin de le définir lorsqu’on l’utilise. En réalité, ces mots n’ont d’autres fonctions que de disqualifier, de caricaturer les mouvements politiques auxquels les journalistes l’appliquent en les reléguant au rang de l’insignifiance.

On entend aussi parfois l’expression « les extrêmes » sans autre précision, mettant dans le même sac, sans les nommer, extrême gauche, LFI, l’extrême droite, voir tout mouvement contestataire . On atteint alors le comble de l’escroquerie ou de la médiocrité intellectuelle.

Mais alors qui sont les autres ? Ceux qui ne sont pas extrémistes, radicaux, populistes… ?

Faisons ici un petit bilan, non exhaustif, des qualificatifs qui leur sont attribués explicitement ou non par les journalistes agents de l’action idéologique du pouvoir en place.

-  Les « réalistes » qui mènent par leur politique la France et l’Europe à la ruine, ceux qui nient la réalité des causes des flux migratoires ;

-  les « modérés » qui considèrent comme tout à fait normal que l’économie soit privatisée à 90 % ou plus, que des « supers cadres » gagnent 100, 200, 500 fois le SMIC, normal que les 500 premières fortunes de France aient un patrimoine égal à un quart PIB produit par 28 000 000 d’actifs.

-  Les « innovants » qui refusent de sortir du nucléaire vieillissant et refusent d’investir massivement dans les technologies nouvelles pour la transition énergétique, qui réduisent le budget de la recherche provoquant une fuite des cerveaux à l’étranger.

-  les « « modernes » qui tentent de rétablir la législation du travail du 19 ème siècle ; l
-  les « économes » qui dénoncent le déficit du budget de l’État dont ils sont responsables et qui dépensent plus de 40 milliards d’euros en CICE pour une efficacité quasi nulle et de la même manière, suppriment l’impôt sur la fortune ;

- les « défenseurs des droits de l’homme » et autres « démocrates » qui utilisent tous les moyens déloyaux possibles pour neutraliser les mouvements alternatifs dont LFI, remettent en cause les référendums, dessaisissent les peuples des grandes décisions économiques au profit des organismes supranationaux voire même aux multinationales. Ces derniers détruisent militairement des États au mépris du droit international provoquant ainsi des vagues migratoires incontrôlables.

-  Les « défenseurs de l’Europe » qui délocalisent la production en Asie, qui subordonnent leur politique extérieure aux desiderata des USA, qui s’opposent à toute harmonisation fiscale, salariale et environnementale au sein de l’Europe.

-  les défenseurs de l’ordre, de la sécurité, de la stabilité qui favorisent la spéculation financière génératrice d’instabilité et de crise s économiques graves, qui favorisent la précarité et les inégalités, causes de troubles sociaux multiples…

En réalité, ces dénonciateurs des « extrêmes » et de « l’irréalisme » sont précisément les extrémistes pour ne pas dire fanatiques . Face à cet extrémisme antisocial, antidémocratique, anti écologique, antihumaniste, La France Insoumise représente la force de la juste mesure, anti extrémiste.

Elle propose une économie plurielle ni étatiste ni privativiste. Mais affirmer cela nécessite la capacité à pouvoir répondre à un certain nombre de questions que nous allons aborder ci-dessous.

Juste milieu, cela signifie-t-il centriste ?

Non : aucun rapport avec le centre qui n’est rien d’autre qu’un parti de droite, aucun rapport avec l’ultra centre de Macron. Tous ces partis ne remettent aucunement en cause la toute-puissance de la finance et l’ultralibéralisme.

Ce n’est évidemment pas le cas de LFI.

La France Insoumise est-elle un mouvement anticapitaliste ? Il est important de s’entendre par ce que l’on comprend par capitaliste.

La définition la plus couramment utilisée issue de l’héritage marxiste est être propriétaire de moyens de production et d’échange. Il n’est pas du tout certain que la totalité des Français aient connaissance de cette définition et lors de discussions on constate qu’un certain nombre de citoyens considère comme capitalistes des salariés qui possèdent une assurance vie ou un plan épargne action étant alors propriétaires par le biais d’actions de fonds de pension ou d’entreprises privées.

Ainsi par exemple, pour ces citoyens, un gouvernement se déclarant anticapitaliste devrait leur confisquer une part voire la totalité de leur épargne financière. Ce genre de complexité ne semble pas traverser l’esprit des responsables du NPA par exemple.

Pourtant ce problème n’est pas marginal puisque plus de 36 % des salariés possèdent une assurance vie et plus de 50 % chez les retraités. Par ailleurs on compte 3 millions d’actionnaires individuels en France.

Le programme l’Avenir en commun comprend un certain nombre de mesures anticapitalistes s’opposant à la toute-puissance de la propriété privée et du capital mais le vocabulaire « anticapitaliste » n’est pas utilisé pour la raison qui vient d’être mentionnée et aussi pour la raison expliquée ci-dessous.

Le programme de LFI est-il collectiviste ? Étatiste ?

Non. Il n’est pas question de revenir à un système du type URSS. On a d’ailleurs pu constater l’effet désastreux des collectivisations forcées. Il n’est pas question de collectiviser les TPE, PME et tous les groupes du CAC 40.

Le type de société proposé par l’avenir en commun n’est pas une société socialiste mais plutôt une république sociale d’économie hybride ou plurielle.

Il est utile de rappeler ce qui suit car, curieusement, le type d’économie proposée par LFI et Mélenchon n’est quasiment jamais abordée dans les médias. On peut regretter que les responsables du mouvement n’abordent pas suffisamment cette question centrale. Ce silence permet aux médias et aux politiciens de droite de faire des procès d’intention, d’agiter l’épouvantail du collectivisme ou une supposée fascination pour un quelconque régime autoritaire.

Voici donc schématiquement décrit le type d’économie portée par LFI.

1) Un secteur public démocratique pour défendre les biens communs : santé, éducation, justice, énergie, télécommunications, informations , transports par route, par rail et aérien, gestion de l’eau et des patrimoines naturels domaniaux. Ce secteur public est géré par l’État et les collectivités territoriales

L’État joue un rôle moteur dans la promotion des énergies renouvelables, l’aérospatiale, la recherche-développement. Il existe un pôle public important pour la banque et la pharmacie. Syndicats de salariés de et les associations d’usagers du secteur public voient leurs droits élargis.

2) Un secteur privé avec des droits renforcés pour les travailleurs et où l’entreprise n’est plus sous le contrôle exclusif du capital. L’entreprise est conçue comme un collectif équilibré conciliant d’une manière harmonieuse des intérêts capitalistes, des salariés, des collectivités territoriales, des usagers ou consommateurs. On exclut ainsi extrémismes du tout patronal ou du tout syndical.

L’extrémiste de la compétition à outrance sans foi ni loi est remplacée par une compétition régulée par des règles s’opposant au dumping social et par la coopération entre les entreprises françaises et les entreprises étrangères respectant un certain nombre de normes sociales et environnementales. On s’oppose aussi à l’extrémisme du tout libre-échange en mettant sur pied un protectionnisme solidaire.

Développement d’une agriculture respectant le plus possible l’environnement et la santé s’opposant à l’extrémisme productiviste et chimique d’une agriculture industrialisée.

3) Enfin, cette économie plurielle comprend un troisième secteur : celui de l’économie sociale et solidaire composéede coopératives, d’associations et de mutuelles. Ce secteur s’oppose ainsi à la philosophie du tout profit comme finalité principale et propose aux entreprises comme finalité essentielle l’utilité sociale.

On est donc loin ici du fanatisme ultralibéral aveugle générateur d’instabilité, de précarité et de pauvreté.

Autres sujets montrant la modération de LFI : LFI prend parti pour l’amélioration du pouvoir d’achat des salariés, mais partagent-elle les idées du mouvement de la décroissance ? On s’oppose à un consumérisme aveugle conditionné par une publicité exclusivement axée sur le profit maximal, consumérisme générateur d’un gaspillage considérable de matières premières et de pollution. La consommation devrait être à l’image de la production, c’est-à-dire contrôler, réguler pour la satisfaction des besoins humains en respectant la nature et la santé.

Que faut-il entendre par « partage des richesses » ? Cela signifie la remise en cause du partage de la valeur ajoutée au niveau national favorisant démesurément le revenu des actionnaires au détriment des revenus salariaux. Il s’agit donc de mettre fin à une répartition très inégalitaire des richesses produites par les 28 ou 30 000 000 d’actifs. En outre, les profits réalisés par les entreprises non financières et financières devraient être réinvestis dans une large proportion dans la production créatrice d’emplois et dans la recherche-développement. Cela s’accompagne d’une réforme fiscale instaurant la justice sociale en matière de fiscalité.

LFI est-il pour un égalitarisme salarial ? Dans un premier temps, l’échelle salariale s’étale de 1 à 20 ; on est donc loin de l’égalitarisme brandit parfois d’une manière mensongère par la droite à l’encontre de LFI.

Progressivement, par différentes techniques, il s’agit aussi de réduire les écarts astronomiques entre les patrimoines .

La liste précédente est loin d’être exhaustive, puisqu’elle ne recouvre pas les 357 mesures de l’avenir en commun.

On a énuméré ici quelques idées essentielles pour montrer que les positions de LFI n’ont rien d’extrémiste mais reposent finalement sur un certain bon sens et surtout sur un sens de la mesure.

Le programme économique de LFI est-il vraiment réaliste ?

Le programme économique de LFI a été soutenu par plus de 120 économistes répartis dans près de 20 pays ; ces économistes étant pour la plupart d’entre eux des professeurs d’université.

En outre, LFI a élaboré un contre budget très précis sans surenchère inutile et démagogique.

C’est la raison pour laquelle les libéraux n’engagent pas de discussions précises sur le programme de LFI : ils utilisent une autre stratégie : le silence, la diversion, le mensonge, ou encore un certain nombre d’arguments barrage empêchant la discussion sur le contenu du programme.

Peut-on trouver des exemples qui montrent en quoi la France est depuis relativement longtemps dirigée par des extrémistes haïssant l’État ?

Deux exemples suffisent à montrer que la France est dirigée depuis trop longtemps par des extrémistes privativistes : 97 % des cours d’eau existant en France sont propriétés privées et plus généralement l’État ne possède que 2 % du patrimoine de la France.

Pour être plus précis, le patrimoine des administrations publiques s’élève à 267 milliards d’euros sur un patrimoine total de 13 585 milliards d’euros, soit 1, 96 % de ce total.

Source : INSEE https://www.insee.fr/fr/statistique...

Sachant par ailleurs que la France est le premier distributeur de dividendes en Europe , l’un des 3 premiers dans le monde et possède le plus grand nombre de millionnaires en euros d’Europe, il n’est pas exagéré de dire que la France est un pays hyper capitaliste.

En conclusion, on constate ainsi que le travail des agents de l’action idéologique au service de la classe dominante ne procède pas simplement à une déformation de la réalité mais à une véritable inversion de la représentation de cette réalité. D’un côté on aurait un pouvoir dit « réaliste », « modérés », etc. et de l’autre avec LFI, les « extrémistes », les « irréalistes »…

Or, un examen précis des faits résultant des politiques gouvernementales d’une part, et d’autre part des positions écrites dans l’avenir en commun , montre que c’est précisément l’inverse de ce qui est véhiculé par les médias.

Le travail de LFI consiste à inverser cette image et à remettre la réalité sur ses pieds.

La procédure est relativement simple :

1) confronter les déclarations du pouvoir à la réalité des faits en montrant ainsi le décalage inversé avec la réalité ;

2) rappeler les mesures contenues dans l’Avenir en commun en montrant leur réalisme, leur modération.

Annexe :

Notre article : Les arguments barrage La France Insoumise http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Hervé Debonrivage


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