Une question de sciences politiques : pourquoi l’ascension du FN ?

dimanche 17 juillet 2016.
 

Nous passons en revue les différentes causes permettant d’expliquer les progrès électoraux du Front National. Il est nécessaire de prendre de l’altitude pour ne pas se laisser happer par les turbulences émotionnelles de la vie politique.

Nous avons essayé d’éviter un exposé ex cathedra en faisant de cette question une occasion d’un dialogue pédagogique avec un peu de suspense puisqu’un certain nombre d’arguments explicatifs sont absents du débat public à gauche comme à droite.

La proximité de la COP 21 nous a incité à placer le débat dans une zone la moins polluée possible

Un rattrapage utile…

La scène se déroule à l’Institut d’Études Politiques (IEP) des Cazalets ( le lieu-dit Les Cazalets, est le point culminant du département de l’Aveyron à 1 463 mètres, situé dans la commune de Verlac sur les contreforts du signal de Mailhebiau, lui-même point culminant des monts d’ Aubrac à 1469 m mais lui situé dans le département limitrophe de la Lozère),

Dans l’une des épreuves d’admission à ce fabuleux institut,les étudiants candidats devaient traiter la question suivante "Quelles sont les causes, ces dernières années, de l’ascension du Front National en France ?

L’institut est exigeant et s’assure que les candidats ne sont pas simplement des esprits encyclopédiques mais sont capables de réflexion personnelle et critique.

Les candidats qui ont la chance d’être admis à cet institut de rêve bénéficient d’un logement gratuit sur place, d’une nourriture biol. De surcroît, et surtout, ils bénéficient d’un très bon air – excellent pour l’irrigation de leur cerveau grand consommateur d’oxygène – puisque l’Aveyron est le département le moins pollué de France.

Certains journalistes issus des grandes écoles de journalisme ont tenté le concours d’entrée , mais aucun jusqu’à ce jour n’a réussi à franchir la barre des épreuves orales, mais il faut bien reconnaître que le pré–modelage idéologique de ce type de candidats constitue un handicap certain.

Voici le contenu de l’une des meilleures copies qui a recueilli la note de 8/20

1) Les causes économiques

– Les effets économiques et sociaux des politiques ultralibérales mises en œuvre depuis de nombreuses années : chômage de masse, précarité de l’emploi, pauvreté,aggravation des inégalités sociales, etc.

– Les effets économiques et sociaux de la politique d’austérité menée par le gouvernement de François Holland notamment par une ponction de 42 milliards sur les dépenses publiques : pas de diminution significative du chômage, aggravation des inégalités, détérioration des services publics notamment dans le domaine de la santé, stagnation des salaires et des pensions, dépenses militaires inconsidérées, etc.

2) Remise en cause de la souveraineté nationale

– Assujettissement économique et politique aux décisions de la commission européenne et du FMI

– Politique atlantiste à la remorque de la politique décidée à la Maison-Blanche, maintient de la France dans l’OTAN.. L’exemple le plus significatif est l’attitude de défiance envers la Russie.

3) La décomposition et le manque de crédibilité de la droite classique

– L’adoption par le PS d’une politique économique et sécuritaire de droite retira à la droite sa spécificité idéologique. Cela plonge dans le désarroi une partie de son électorat

– Incapacité de définir une identité de droite républicaine propre : reprise des thèmes du Front National, politique économique ultralibérale engendrant toutes sortes d’instabilités et de désordres en contradiction avec l’idéologie de droite traditionnelle défendant l’ordre et la stabilité.

– Divisions internes et divers scandales financiers

– Instrumentalisation politicienne des problèmes religieux.

4) La politique extérieure de la droite et du PS dans la situation internationale

– Interventions militaires coûteuses et multiples ayant produit, sauf exception, des désastres et notamment des vagues migratoires.

– Politique extérieure sans stratégie globale cohérente l’alibi des droits de l’homme a perdu toute sa crédibilité.

– Échec de la politique de l’immigration n’ayant pas réussi une insertion sociale satisfaisante.

– Instabilité de la situation internationale et attentats qui entretienneent un climat de peur

Cette peur favorise le repli sur soi et la peur de l’autre surtout si cet autre est un immigré ou un musulman.

Le sentiment d’insécurité se superpose à l’insécurité sociale

5) La perte de crédibilité des élus : crise de la représentation et des institutions

Non seulement les électeurs ont l’impression de ne pas être écoutés par les élus (et souvent aussi par les administrations) dont la plupart des promesses ne sont pas tenues, mais ils ont connaissance d’un nombre considérable de cas de corruption des élus ou de non-respect de la loi (dépassement des frais de campagne électorale par exemple)

6) Instrumentalisation des problèmes sociétaux et de la peur par la droite et le PS

– Des problèmes sociétaux (délinquance, inégalité homme/ femme, diversité des modes de vie, homophobie, familles monoparentales, diversité des croyances religieuses, diversité culturelle, problème d’adaptation aux nouveaux objets numériques, etc.) sont utilisés comme moyens de diversion par la droite et le PS pour marginaliser les problèmes économique fondamentaux tel par exemple l’importance du pouvoir des multinationales dans la sphère politique, la problématique des inégalités.

En outre, les problèmes sociétaux sont souvent complexes et ont tendance à diviser la population même l’intérieur d’un même camp politique..

– L’exploitation à outrance de la thématique de l’identité. Il résulte de cette exploitation outrancière des problèmes sociétaux une irruption flamboyante du problème de l’identité : C’est quoi être français, c’est quoi être catholique, c’est quoi être musulman, c’est quoi être européen, etc. c’est là aussi une manière d’obscurcir les problèmes économiques et la crise de la représentation politique qui relèvent tous deux de la responsabilité directe du pouvoir politique.

7) L’absence de cohérence politique de l’Autre gauche

– Les divisions stratégiques de EELV

– Le manque de collaboration interne au Front de gauche.où la défiance supplante la confiance.

– L’alliance du Front de gauche avec le PS à géométrie variable ne permet pas de considérer le FDG comme une force politique autonome ayant une stratégie propre, claire et cohérent au niveau national. N’est perçu que comme un satellite du PS et ne peut prétendre à quelconque leadership dans un gouvernement de gauche.

8) La stratégie élaborée du Front National

Le FN utilise et récupère à son compte les faits précédents.

Le FN se définit alors comme un parti :

Nationaliste : en dénonçant les pertes de souveraineté de la France, en se présentant comme un parti anti immigration et anti délocalisation.

Identitaire : en exploitant à fond la thématique de l’identité qui se décline dans plusieurs champs.

Social : en dénonçant les effets de l’ultralibéralisme mis en œuvre par le PS et la droite, et en récupérant à son compte certaines propositions du FDG.

Autoritaire : pour faire face au terrorisme, au flux migratoire, à la délinquance, , à l’incivisme., à la corruption.

Républicain : en récupérant le thème de la laïcité qui serait menacée par l’islamisme.

Indépendant : pas d’alliance avec la droite classique, anti – atlantiste, indépendant de la BCE en sortant de l’euro et en remettant en cause l’hégémonie des institutions européennes.

Anti–système : dénonciation de la corruption et de la perte de crédibilité des politiques, contre le libre échangisme, contre les élites.

Fort de ces marqueurs, le FN prétend être et apparaît comme une alternative au système apte à redonner du sens à la politique dont les citoyens se sont éloignés.

Pourquoi seulement 8/20 ?

L’examinateur, le professeur Jacques –Eugène Néreux accueille l’étudiant qui a rédigé cette copie pour lui faire passer l’épreuve orale

– Je vous confirme que votre note s’élève à 8/20. Êtes-vous étonné de votre note ?

– Oui. Pour être franc je m’attendais à avoir au moins la moyenne. Il me semblait avoir énuméré à peu près toutes les causes possibles, du moins dans leur principe.

– Oui, effectivement vos arguments sont recevables, raison pour laquelle nous avons attribué tout de même un point par type de réponse, mais vous avez malheureusement oublié au moins une cause essentielle. En avez-vous une idée ?

– Non.

– D’accord. Avant d’aborder cette lacune , je voudrais vous questionner sur votre argument numéro 5. Vous mentionnez la crise de la représentation politique. Pensez-vous que les institutions de la Ve République ont contribués à cette crise et ont pu favoriser l’ascension du FN ?

– J’y ai pensé mais j’ai hésité à utiliser cet argument car il est à double tranchant. D’un côté le système électoral de la Ve République favorise le bipartisme et pénalise considérablement les parties minoritaires surtout s’ils ne veulent pas contracter d’alliances. En ce sens, on peut dire plutôt que ces institutions ont défavorisé le FN, en tout cas jusqu’à une période récente. Il est vrai que la situation pourrait s’inverser si le FN atteignait un score électoral très élevé aux élections législatives.

Mais d’un autre côté, un assez grand nombre d’électeurs ne se trouvent pas représentés ou sous représentés dans les assemblées. Il en résulte un sentiment de frustration et de répulsion à l’égard de ces institutions qui peut alimenter aussi l’antiparlementarisme. Alors, de ce point de vue les institutions de la Ve République favorisent le développement du FN. Mais en raison du caractère contradictoire de ces deux arguments qui semblent s’annuler, je ne l’ai pas mentionné.

– Très bien mais n’oubliez tout de même pas que cette crise de la représentation ou de la représentativité favorise aussi l’abstention qui à son tour peut constituer un atout du FN .

Passons maintenant au point aveugle de votre argumentaire.

Les arguments de 1 à 6 pourraient tout aussi bien profiter par exemple au Front de gauche. Pourquoi en n’est-il pas ainsi ?

– Il me semble l’expliquer avec ma réponse numéro 7

– Votre réponse contient une part de vérité, raison pour laquelle nous avons attribué 1 point, car il est en effet tout à fait possible, pour une fraction de l’électorat de l’Autre gauche attachée à une indépendance totale du Front de gauche, n’apprécie pas du tout des alliances au premier tour et même au second tour avec le PS et que cela puisse provoquer des votes blancs ou des abstentions. En outre il est vrai que cela peut créer de la confusion chez d’autres électeurs qui qui considèrent alors le Front de gauche comme une force d’appoint du PS. Raisons pour lesquelles nous avons accordé un point pour votre réponse.

Mais cette explication est insuffisante. D’abord cela est difficilement quantifiable faute d’existence de sondage représentatif permettant d’apprécier la force de cet argument. D’autre part, bon nombre d’électeurs sont au courant des contraintes liées aux institutions de la Ve République qui pénalisent lourdement et peuvent ainsi comprendre ces ces alliances "techniques". les partis minoritaires et qui ne font pas d’alliance. Mais il existe un argument encore plus fort qui affaiblit votre explication : le FN lui aussi est proie à des divisions internes importantes qui ont d’ailleurs mené dans un passé relativement récent à des fragmentations. Or, ces divisions ne semblent pas altérer le score électoraux du FN. Pourquoi ?

– Je ne vois pas.

– Je vais essayer enfin de vous mettre sur la voie.Vous parlez de l’instrumentalisation des problèmes sociétaux par la droite et le PS. Mais comment les électeurs peuvent-ils connaître ces références incessantes à ces problèmes sociétaux et d’identité ? La réponse est évidente, trop évidente peut-être…

– Par les médias !

– Or, à aucun moment dans votre argumentation vous ne mentionnez le rôle capital des médias.

– Oui, en effet je n’y avais pas pensé ou du moins, cela ne m’a pas paru suffisamment important pour en parler.

– Eh bien maintenant vous allez en parler ! Vous allez prendre place dans la salle d’à côté : n’oubliez pas de remplir l’en-tête des feuilles que l’on va vous donner en indiquant votre numéro de candidat. Vous disposez maintenant de 15 minutes pour répondre à la question de rattrapage. Vous avez la possibilité d’illustrer l’une de vos réponses par une source Internet.

"Comment les médias ont-ils favorisé l’ascension du Front National et empêcher une gauche alternative au PS de se développer" ?

Le candidat revient 15 minutes plus tard et donne sa copie au professeur Jacques–Eugène Néreux copie sur laquelle on peut lire l’argumentaire suivant

1) Depuis une dizaine d’années, après diverses hésitations, les rédactions des médias de l’audiovisuel et de la presse écrite ont donné de plus en plus de place aux représentants du Front National essentiellement : Marine Le Pen , Florian Philippot, Marion Maréchal Le Pen. Après la diabolisation vient la fascination : le FN devient respectable. Son nombre d’interventions sur les plateaux de radio et de télévision augmente considérablement même s’il reste encore largement inférieur à l’espace occupé par PS et les républicains. On peut se référer à la source suivante : Le Front National sur un plateau . Le monde diplomatique mars 2014 http://www.monde-diplomatique.fr/20...

2) Par un accroissement de sa visibilité dans les médias au niveau national et dans la presse locale, le FN devient un parti crédible pouvant prétendre à gouvernerla France fort des marqueurs que nous avons défini au paragraphe 8 précédent et dont les médias font la publicité.

3) Dans le même temps, le Front de gauche et plus généralement la gauche alternative voit sa visibilité réduite dans les médias et le nombre d’interventions de ses représentants stagne. Ce phénomène est renforcé par le fait que le FDG dans les élections locales ne donne aucune dimension nationale qui pourrait être relayée médiatiquement par ses représentants nationaux, ce qu’a fait, en revanche, le FN

4) Ce manque de visibilité, d’exposition médiatique fait que le Front de gauche n’apparaît pas comme une force de gouvernement crédible voulant accéder au pouvoir.

(Fin du texte de la copie)

Le professeur Jacques–Eugène Néreux souriant, reprend un à un les arguments.

1) Pensez-vous que les sentiments du journaliste vis-à-vis de son invité FN ait une grande importance ?

– Il me semble…

– Ce n’est pas là l’essentiel. L’essentiel est qu’un représentant du FN soit invité et puisse s’exprimer . La diabolisation du FN par un journaliste a des effets contradictoires : elle contribue à faire du FN une victime du système médiatique pour un bon nombre d’électeurs. Le fait que les journalistes puissent émettre des avis négatifs sur le FN ne contribue pas forcément à son affaiblissement. Encore une fois ce qui compte c’est sa visibilité, sa présence.

Mais en réalité, ce n’est pas simplement le fait que des représentants du FN occupent les plateaux qui est important mais la masse énorme de commentaires que les faits et gestes de ces représentants provoquent dans la sphère médiatique. À l’inverse, l’activité des représentants du Front de gauche suscite très peu de commentaires. Et que pensez-vous des commentaires des médias sur le FN ?

– Il me semble qu’ils sont souvent négatifs et traitent des questions de programme et de problèmes sociétaux.

– Exact mais vous oubliez quelque chose. Le candidat réfléchit une minute et dit alors :

– L’action concrète du Front National dans les municipalités au regard de ses annonces de programme est rarement traité ce qui ne permet pas aux électeurs d’avoir une vision réaliste concernant le FN.

– Bonne réponse. Ce travail d’investigation journalistique n’est pas réellement effectué.

2) Concernant la visibilité nationale du FN, il y a tout de même une question qui se pose : Les divergences de vue entre Marion Maréchal Le Pen et sa tante. Ces divergences ne semblent pas trop altérer l’unité du FN Comment l’expliquez-vous ?

– Depuis le rajeunissement des adhérents et du corps électoral du FN, ce parti doit convaincre deux types d’électorat qui ont évidemment des points communs (anti immigration, nationalisme par exemple) mais qui ont des appréciations différentes sur les problèmes sociétaux (mariage pour tous par exemple) et sociaux. Marine Le Pen s’adresse à un électorat plus préoccupé des problèmes sociaux (classes populaires) et sa nièce s’adresse à un électorat plus conservateur, plus traditionaliste et proche de la manière de voir de son grand-père Jean-Marie Le Pen.

– Bonne analyse familiale ! En effet, leurs actions sont complémentaires. Que pensez-vous de l’impact militantisme de terrain du FN ?

– Il y a des endroits où le FN est visible sur le terrain notamment dans le Nord-Pas-de-Calais et la région PACA. Mais le FN peut obtenir des scores considérables là où il n’y a aucune visibilité de militante de terrain, Il me semble que l’essentiel de l’ascension du FN résulte beaucoup plus de sa visibilité dans une multitude de médias plutôt que d’un militantisme de terrain d’autant que ce n’est pas la constitution d’une liste électorale qui suffit à mesurer un militantisme continu effectif.

– Vous voyez : vous confirmez l’importance des médias !

3) Passons maintenant au Front de gauche. Vous arguments sont corrects mais il y a deux questions qui ne sont pas traitées.

a) D’abord pensez-vous que le défaut de visibilité du FDG se joue uniquement par rapport au FN ?

– Non. Les deux partis dominants PS et l’UMP devenu Les Républicains (LR) quels que puissent être leurs difficultés et leurs échecs occupent une place prédominante dans l’espace médiatique par le nombre de commentaires et le nombre de représentants invités. Le PS garde toute sa visibilité même si sa crédibilité diminue. Le FDG se trouve ainsi médiatiquement écrasé par le PS et évidemment aussi par la droite. Donc si le PS perd une partie de ses électeurs, le FDG– média mécaniquement en perd aussi et même plus en pourcentage si l’on consultait les résultats électoraux depuis 2008.

– Donc vous affirmez que le FDG est ainsi en quelque sorte médiatiquement effacé par le surcroît de visibilité des trois partis dominants…Il est écrasé par trois étaux actionnés par les médias.

– Oui, il me semble.

– Cela me semble bien vu ! Passons maintenant à la seconde question.

b) Il y a une autre difficulté que vous n’avez pas soulevé concernant le FDG. C’est la lisibilité de son argumentaire. Sans entrer dans le détail, ne pensez-vous pas que le FDG ne se trouve pas désavantagé par la nature de son argumentaire ?

– Je ne comprends pas la question. Par rapport à l’argumentaire du FN ?

– Oui.

– Il est beaucoup plus complexe, notamment sur le plan économique, à expliquer.

– Et donc cela demande plus de …

– De temps. En conséquence, alors qu’il est déjà largement pénalisé par un temps de parole réduit, il se trouve doublement pénalisé du fait que l’explication de son programme demanderait plus de temps.

– C’est ce que je voulais vous faire dire, d’autant que, ne l’oubliez pas, pour expliquer comment devrait fonctionner une économie et une société alternatives demande beaucoup plus de temps que d’expliquer comment aménager la société existante par quelques réformes souvent marginales.

Mais la gauche alternative a aussi un autre handicap par rapport à un mode de fonctionnement médiatique qu’exploite les autres partis. Voyez-vous lequel ?

– Non. Je ne vois pas.

– C’est en quelque sorte le contre-pied de ce que nous venons de dire concernant la complexité d’une argumentation et le temps qu’elle demande pour être exposée.

– Vous voulez dire que les médias ne favorisent pas l’argumentation raisonnée ?

– Vous y êtes presque, un petit effort !

– Je ne vois pas…

– Allez, réfléchissez : si vous répondez, vous est admis !

– "Je ne vois pas !" répète le candidat en rougissant.

– Que ressentez-vous en ce moment ?

– Je suis ému…

– Et bien vous y êtes !

– L’émotion ! C’est l’émotion ! Mais oui, bien sûr !

– Et oui ! Les électeurs ont aussi besoin d’émotions ! Et sauf quelques exceptions , les représentants et les militants du FDG n’utilisent pas l’émotion mais la raison.

Les conditions d’existence matérielle des électeurs ont certes une importance mais ne suffisent pas à déterminer leurs choix électoraux qui dépendent de leur imaginaire et de facteurs émotionnels Or les médias sont précisément les vecteurs par excellence de l’imaginaire et de l’émotion.

Notamment l’exploitation permanente par les médias du fait divers à sensation créateur d’émotions entre en résonance avec les thématiques sécuritaires du FN, thématiques anxiogènes qui ne font pas partie de l’univers mental du Front de gauche.les

Allez vous êtes admis !

Quelle émotion !

À suivre… Une autre épreuve d’admission : "La bataille de la communication et de l’audience".

Annexe :

Le Front National sur un plateau . Article du Monde diplomatique de mars 2014 http://www.monde-diplomatique.fr/20...

Si le lien n’aaboutit pas à l’article, recopier le titre de l’article avec Monde diplomatique dansu un moteur de recherche.

Deux ouvrages :

L’intelligence émotionnelle. Comment transformer ses émotions en intelligence. de Daniel Coleman. Éd. Robert Laffont

Anatomie des idées ordinaires Comment étudier les représentations sociales de Claude Flament et Michel–Louis Rouquette. Éd. Armand Colin

Revue bimestrielle Cerveau et Psycho No 72. Novembre – décembre 2015 Comment développer son esprit critique ? (Dossier pages 40 à 70)

Hervé Debonrivage


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