POEMES SUR LA MER ET LES MARINS

dimanche 17 septembre 2017.
 

11) Deux vieux marins des mers du Nord (poème d’Emile Verhaeren)

10) Je ne puis voir la mer sans rêver de voyages (Emile Verhaeren)

9) L’appel du large (Charles Baudelaire)

8) Le naufragé (François Coppée)

7) Oceano Nox (Victor Hugo)

6) Marine (Paul Verlaine)

5) Le Navire Mystique (Antonin Artaud)

4) La mer (François-René de Chateaubriand)

3) AVE MARIS STELLA (José Maria de Hérédia)

2) Le mousse (Tristan Corbière)

1) L’HOMME ET LA MER (Charles Baudelaire)

11) Deux vieux marins des mers du Nord (poème d’Emile Verhaeren)

10) Je ne puis voir la mer sans rêver de voyages (poème d’Emile Verhaeren)

9) L’appel du large (Charles Baudelaire)

8) Le Naufragé (poème de François Coppée)

7) Oceano Nox (Victor Hugo)

Oh ! combien de marins, combien de capitaines

Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,

Dans ce morne horizon se sont évanouis ?

Combien ont disparu, dure et triste fortune ?

Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,

Sous l’aveugle océan à jamais enfoui ?


Combien de patrons morts avec leurs équipages ?

L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages

Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots !

Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée,

Chaque vague en passant d’un butin s’est chargée ;

L’une a saisi l’esquif, l’autre les matelots !


Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !

Vous roulez à travers les sombres étendues,

Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus

Oh ! que de vieux parents qui n’avaient plus qu’un rêve,

Sont morts en attendant tous les jours sur la grève

Ceux qui ne sont pas revenus !


On demande " Où sont-ils ? Sont-ils rois dans quelque île ?

Nous ont’ ils délaissés pour un bord plus fertile ? "

Puis, votre souvenir même est enseveli.

Le corps se perd dans l’eau, le nom dans la mémoire.

Le temps qui sur toute ombre en verse une plus noire,

Sur le sombre océan jette le sombre oubli


On s’entretient de vous parfois dans les veillées,

Maint joyeux cercle, assis sur les ancres rouillées,

Mêle encore quelque temps vos noms d’ombre couverts,

Aux rires, aux refrains, aux récits d’aventures,

Aux baisers qu’on dérobe à vos belles futures

Tandis que vous dormez dans les goémons verts !


Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.

L’un n’a-t-il pas sa barque et l’autre sa charrue ?

Seules, durant ces nuits où l’orage est vainqueur,

Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,

Parlent encore de vous en remuant la cendre

De leur foyer et de leur coeur !


Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,

Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre

Dans l’étroit cimetière où l’écho nous répond,

Pas même un saule vert qui s’effeuille à l’automne,

Pas même la chanson naïve et monotone

Que chante un mendiant à l’angle d’un vieux pont !


Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?

O flots ! que vous savez de lugubres histoires !

Flots profonds redoutés des mères à genoux !

Vous vous les racontez en montant les marées,

Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées

Que vous avez le soir, quand vous venez vers nous...

(Les rayons et les ombres...)


6) Marine (Paul Verlaine)


5) Le Navire Mystique (Antonin Artaud)


4) La mer (François-René de Chateaubriand)


3) AVE MARIS STELLA (José Maria de Hérédia 1842-1905)

Sous les coiffes de lin, toutes croisant leurs bras

Vêtus de laine rude ou de mince percale,

Les femmes à genoux sur le roc de la cale,

Regardent l’ Océan blanchir l’île de Batz.


Les hommes, pères, fils, maris, amants, là-bas

Avec ceux de Paimpol, d’Audierne et de Cancale,

Vers le Nord sont partis pour la lointaine escale,

Que de hardis pêcheurs qui ne reviendront pas !


Par dessus la rumeur de la mer et des côtes,

Le chant plaintif s’élève, invoquant à voix hautes

L’Etoile sainte : espoir des marins en péril ;


Et l’Angélus, courbant tous ces fronts noirs de hâle,

Des clochers de Roscoff à ceux de Sybiril,

S’envole, tinte et meurt dans le ciel rose et pâle.


2) Le mousse (Tristan Corbière)


1) L’HOMME ET LA MER (Charles Baudelaire)

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

La mer est ton miroir, tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.


Tu te plais à plonger au sein de ton image ;

Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur

Se distrait quelquefois de sa propre rumeur,

Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.


Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :

Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;

O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,

Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !


Et cependant voilà des siècles innombrables

Que vous vous combattez sans pitié, ni remords,

Tellement vous aimez le carnage et la mort,

O lutteurs éternels, ô frères implacables !

(Les fleurs du mal)


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