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Le joyau français qu’est la forêt de Fontainebleau brûle. Déjà 2000 hectares. Il s’agit d’ores et déjà d’un des plus grands feux documentés depuis 1900. À ce stade, la France n’a donc pas reçu de nouveaux Canadair. Pourquoi ne pas avoir écouté les scientifiques à ce sujet ?
Le joyau français qu’est la forêt de Fontainebleau brûle. Déjà 2000 hectares. Il s’agit d’ores et déjà d’un des plus grands feux documentés depuis 1900.
On retrouve entre autres :
300 hectares le 14-15 août 1904.
762 hectares en 1921 sur plusieurs départs de feux dans la forêt et autour (notamment la forêt de la Commanderie au sud de Fontainebleau).
250 à 300 hectares en 1959.
Il n’y a malheureusement rien d’étonnant :
L’indice de feux est « très extrême » aujourd’hui (image n°4) après trois canicules et une sécheresse extrême. Niveau que l’on retrouve plutôt en Méditerranée qu’en Ile-de-France. Sauf que les moyens mis en place ne sont pas les mêmes qu’en Méditerranée.
La forêt de Fontainebleau est l’un des massifs forestiers les plus sensibles aux incendies du nord de la France. C’est la combinaison d’une végétation très inflammable (pin sylvestre, fougère, bruyère etc.) et d’un sol sec (sables filtrants, platières de grès, faible réserve utile en eau).
Depuis plusieurs années, plusieurs phénomènes augmentent la quantité de combustible (dépérissement de certaines espèces notamment). C’était attendu et documenté. Dans le nord de la France, les moyens de lutte doivent sérieusement être revu sur le modèle du sud de la France.
On a du retard. On patine. Par exemple, les canadairs promis par Emmanuel Macron à la suite des incendies de 2022, n’étaient plus produits en série depuis plusieurs années. Ils devraient arriver entre 2028 et 2033.
À ce stade, la France n’a donc pas reçu de nouveaux Canadair. La flotte continue essentiellement de reposer sur les existants, qui ont environ trente ans d’âge moyen, avec des contraintes de maintenance importantes.
Pourquoi ne pas avoir écouté les scientifiques à ce sujet (bien avant Emmanuel Macron d’ailleurs ) ?
Pourquoi réagir à l’émotion et ne jamais anticiper les effets du changement climatique (pourtant connus et documentés depuis 30 ans) ?
La France est sèche et brûlée. Après avoir déjà dépassé 2003 avec la journée la plus chaude jamais observée en France, l’année 2026 dépasse désormais les sécheresses de 1976 et 2022.
L’indice d’humidité des sols atteint son niveau le plus bas jamais mesuré pour un 9 juillet. Et la situation continue de se dégrader.
Vu du ciel, la France apparaît littéralement brûlée : prairies desséchées, défoliation des forêts, cultures d’été en grande souffrance (maïs, soja, tournesol), et moissons d’hiver précoces contribuent à cette couleur.
Comme si cela ne suffisait pas, nous venons tout simplement de battre de record national de la nuit la plus chaude jamais observée avec 30.6°C à Céret dans les Pyrénées Orientales au plus "frais" de la matinée.
Lors de ce nouvel épisode caniculaire, nous de nouveau dépassé les 40°C. S’il vous plaît, ne banalisons pas ce seuil.
En 10 ans, le nombre de relevés supérieurs à 40°C a été multiplié par 50. On est passé d’un phénomène exceptionnel (à peine une occurrence par an) à un phénomène récurrent (114 fois en 2026).
Alors pourquoi vous demander de ne pas banaliser les 40°C ? Parce que nous, humains, pouvons nous abriter, nous rafraîchir et nous protéger.
Le vrai problème, ce sont nos forêts. Les arbres possèdent une capacité d’adaptation thermique, mais au-delà de leurs limites apparaissent brûlures, défoliation (chute des feuilles), mortalité de rameaux, voire dépérissement.
Nous ne sommes pas les seuls à subir le changement climatique : les écosystèmes, dont nous sommes responsables de l’altération, sont encore plus durement touchés. En seulement sept ans, la vitesse de dépérissement des arbres a augmenté de 80 %.
Serge Zaka
Fondateur d’AgroClimat2050, docteur en agroclimatologie
https://blogs.mediapart.fr/serge-za...[QUOTIDIENNE]-quotidienne-20260713-183517&M_BT=1489664863989
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