« Flottille pour Gaza » en Israël : la justice française ouvre une enquête pour « tortures » et « crime de guerre »

mercredi 17 juin 2026.
 

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Une enquête a été ouverte ce vendredi 5 juin à Paris à la suite d’un signalement du gouvernement sur la manière dont des Français de la « flottille pour Gaza » ont été traités par les autorités israéliennes courant mai, a fait savoir le parquet national antiterroriste (Pnat) français. Ce dernier a précisé avoir confié à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité cette enquête préliminaire ouverte pour « tortures, au sens de la convention de New-York du 10 décembre 1984 » et « crimes de guerre ».

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait publié le 20 mai une vidéo de dizaines de militants de la « flottille pour Gaza » agenouillés tête au sol et les mains liées, après leur interception en mer et leur placement en détention dans le sud d’Israël. « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous », disait ce dirigeant d’extrême droite sur ces images publiées sur sa chaîne Telegram, avec pour fond sonore l’hymne national israélien.

Plusieurs de ces militants ont ensuite dénoncé des « violences », « attouchements » ou encore « humiliations » imposés par les forces israéliennes lors de leur détention. Ils ont depuis « tous été expulsés », selon les autorités israéliennes.

La torture au sens de la convention de 1984 des Nations-Unies recouvre notamment « tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d’obtenir d’elle ou d’une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d’un acte qu’elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d’avoir commis ».

« Des actes odieux et choquants », selon Lecornu

En réaction, Sébastien Lecornu a dénoncé la semaine dernière « des actes absolument odieux, choquants ». « Nous les condamnons sans réserve, car ils sont choquants humainement, ils sont choquants au regard du droit international », a martelé le Premier ministre à l’Assemblée nationale, lors de la séance des questions au gouvernement. Il a ajouté envisager une « saisine » de la justice française.

Celle-ci a été confirmée quelques jours plus tard par le ministre français des Affaires étrangères. Jean-Noël Barrot a expliqué avoir appuyé son signalement à la justice sur un « rapport que j’ai demandé à notre consul général en Turquie, qui m’a fait état de violences sexuelles, d’exposition au froid, de coups, mais aussi d’humiliations répétées à l’encontre de ressortissants français ».


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