Quels sont les éléments qui peuvent faire élire Jean-Luc Mélenchon comme président en 2027 ?

jeudi 4 juin 2026.
 

Nous reprenons et poursuivons ici un débat organisé sur le site QG d’AudeLancelin : Mélenchon peut-il gagner en 2027 ? » avec Manuel Cervera-Marzal et François Boulo.

https://www.youtube.com/watch?v=EeU...

nous sommes évidemment en accord avec les analyses développées dans cette émission.

Tout d’abord un programme de gouvernement précis, complet et bien structuré qui aborde l’ensemble des questions économiques, sociales, écologiques, politiques et culturelles (dont l’éducation). En outre ce programme est le fruit d’une vaste élaboration collective de longue durée qui capitalise ou mutualise les revendications des différentes forces vives du pays. C’est donc par nature un programme démocratique.

La puissance organisationnelle et militante du mouvement LFI avec ses moyens de diffusion se sont largement améliorées depuis 2017 et 2022. Les propositions de loi des députés deLFI pour une meilleure justice sociale et lutte contre les inégalités (augmentation du SMIC et des salaires, taxation des supers profits, meilleur partage de la valeur ajoutée plus favorable au travailleur, etc.) répond aux préoccupations de nombreux concitoyens.

Grâce aux résultats électorales de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2022 et aux initiatives du mouvement, il a été possible pour la première fois de présenter un seul candidat de la gauche aux élections législatives de 2022 et de 2024 en s’appuyant sur un programme de gouvernement commun (NUPES et NFP). Cela rend très difficile d’accuser LFI d’être un diviseur de la gauche.

L’abandon des deux programmes précédents par des élus du PS, du PCF et deEELV après avoir profité de leur existence pour être élus renvoie à l’électorat de gauche une image peu fiable et mal honnête de ces organisations privilégiant les carrières personnelles à la conviction politique au service de l’intérêt général.

Le refus de voter la destitution de Macron et le refus à plusieurs reprises de ne pas voter la censure du gouvernement rend coresponsable le PS de l’aggravation de la situation économique et sociale actuelle.

La détérioration considérable des services publics, la stagnation du pouvoir d’achat et le maintien d’un chômage de masse, un déficit de la balance commerciale sans précédent et une dette publique d’une ampleur inédite sont de la responsabilité de Macron et de ses divers alliés rend très peu crédible tous les propos et toutes ses promesses tenus par le bloc central.

La multiplicité des candidatures au PS, au centre et à droite met en lumière l’absence de cohésion de vision économique et idéologique au profit de carrières personnelles propulsées par une communication médiatique sans substance.

L’affirmation parLFI de la nécessité d’une souveraineté budgétaire, industrielle, agricole, alimentaire, sanitaire et militaire correspond au souhait de nombreux Français dont, en particulier les électeurs ayant de la sympathie ou se sentant proche des différents courants souverainistes de droite et de gauche. Cette composant ne doit pas être négligé.

Rejoignant la notion de souveraineté, l’affirmation du non alignement et la sortie de l’OTAN pour la politique extérieure de la France correspond au désir de nombreux citoyens qui ne veulent pas que le destin de leur pays soit dépendant de la politique extérieure d’un autre pays qui peut, le cas échéant, l’entraîner dans une guerre dévastatrice.

La politique extérieure proposée par LFI est équilibrée, en accord total avec le droit international, met en avant une politique de la paix qui favorise la diplomatie, la négociation au détriment de la force et de l’arrogance. Elle tranche avec la politique belliciste de partie qui engendre ainsi la peur et l’instabilité. La politique internationale deLFI apparaît ainsi comme une politique de la sécurité, de l’ordre contre la politique de l’angoisse et du chaos.

Dans le prolongement de cette politique favorable à l’harmonie entre les peuples, sur le plan intérieur LFI affirme son hostilité à toutes les discriminations, les stigmatisations qui n’ont d’autre but que de diviser le peuple et d’engendrer la peur qui peut être ensuite utilisée par le Pouvoir ou l’extrême droite comme fonds de commerce électoral.

Les différents reniements du Rassemblement National notamment sur la notion centrale de souveraineté nationale, son refus de voter les différents destitutions et motion de censure contre le gouvernement Macron fait tomber son masque de « parti anti système » et vont affaiblir probablement sa base électorale.

LFI a donc tout intérêt à rappeler ces reniements et mettre en évidence l’imposture du RN par ces votes antisociaux à l’Assemblée nationale et au Parlement européen.

Pour pouvoir convaincre ses électeurs du RN qui se sentent trahis de voter LFI, notamment sur le plan social, il faut s’abstenir de qualifier directement ou indirectement tous ses électeurs d’être des racistes, des fascistes ce qui, non seulement ne sert à rien, mais est complètement contre productif. Mélenchon a raison dans un débat récent de rappeler qu’il faut éviter la stigmatisation mais il faut que cela ne soit pas à géométrie variable sous peine d’être en contradiction avec soi-même.

Dans un contexte de violence guerrière internationale, d’instabilité intérieure sur le plan économique, financier et politique les Français auront tendance à voter pour une personnalité porteur de perspectives positives et stables. La planification industrielle et notamment dans le domaine écologique, l’absence de politique de division du peuple, une politique étrangère non alignée, une politique sociale fermement orientée vers une amélioration des conditions de vie de toute catégorie sociale reposant sur une évaluation budgétaire cohérente va tout avait dans le sens de ce désir de sécurité et de perspectives claires.

Derrière ces critiques souvent justifiées de l’appareil bureaucratique français ou européen, le RN reste bien « un parti comme les autres » de la droite néolibérale car il ne s’attaque pas à l’immense concentration des richesses produites par les travailleurs pour une oligarchie capitaliste dominante. Ce n’est pas par hasard que le Front National a été créé le 5 octobre 1972 quelques mois après la signature du programme commun de la gauche le 27 juin 1972 entre le PS, le PCF et les radicaux de gauche.

La mission du Front National était ouvertement de faire échec à « la coalition socialo communiste ».

Et cette fonction politique fondamentale n’a pas changé : faire échec à toute prise de pouvoir par une gauche radicale en France pour protéger les intérêts de la Grande Bourgeoisie et notamment en cas d’échec pour accomplir cette mission des sociaux-démocrates et de la droite avec ses variantes (dont le centre)

. Hervé deBonrivage


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