Violés, torturés, humiliés, affamés… Après leur expulsion d’Israël, les membres de la flottille Global Sumud racontent leur calvaire

lundi 25 mai 2026.
 

Depuis leur arrestation illégale dans les eaux internationales par l’armée israélienne le lundi 18 mai, les membres de la flottille pour Gaza ont été expulsés vers la Turquie, jeudi 21. De nombreux militants sont arrivés ce vendredi à Paris après avoir subi des crimes et des violences durant leur détention. Selon la Global Sumud Flottilla, au moins 15 personnes auraient été victimes de viols. Paris reste silencieux.

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Les membres de la flottille pour Gaza ont été expulsés d’Israël jeudi 21 mai vers la Turquie et sont enfin arrivés ce vendredi à Paris. Sept membres de la Global Sumud Flottilla (GSF) sont arrivés à Roissy en fin de matinée et un deuxième avion en milieu d’après-midi. Arrêtés illégalement par l’armée israélienne le lundi 18 mai, les militants ont passé deux jours dans une prison militaire sur un bateau, formée de conteneurs et de barbelés.

Viols, clavicules cassées, agressions sexuelles, décharges électriques, tortures, humiliations, privations de sommeil… Les premiers témoignages des civils et citoyens qui étaient à bord confirment des conditions de détention inhumaines et des crimes commis par l’armée israélienne.

« Pour l’instant, c’est 15 personnes qui se sont faites violer. Il y a une trentaine d’os du corps qui ont été brisés, que ce soit des côtes, des clavicules, des tibias, etc. Il y a plusieurs personnes qui sont hospitalisées, dont certaines dans un état grave et très préoccupant. Et au-delà de ça, il y a eu des situations de viol collectif où les navigants étaient réveillés en plein milieu de la nuit, dans des tentes et violés collectivement par des soldats israéliens. Il y a aussi eu des séquestrations de plusieurs navigants qui ont été forcés de regarder des images de décapitation avec les soldats israéliens qui répétaient en boucle, ”Vous voyez ça, c’est vos petits amis du Hamas qui se font décapiter” », témoigne Hélène Couron porte-parole de GSF.

L’activiste néerlandaise Jesse Aletta van Schaik, qui se trouvait à bord de la flottille Global Sumud, raconte avoir été « enlevée » dans les eaux internationales avec des centaines d’autres personnes. Elle poursuit un récit glaçant : « Ils m’ont retiré mon chemisier et ont pris des photos. Puis ils nous ont maltraités toute la nuit, frappés. Menottée, ils m’ont traînée au sol quand je ne pouvais pas marcher. »

Hélène Couron porte-parole de la délégation française de la Global Sumud Flotilla

Des militants brisés À leur arrivée à l’aéroport international d’Istanbul, jeudi, à bord d’un premier avion, les membres de la Global Sumud Flotilla ont été accueillis par un large comité de soutien, avec de nombreux militants agitant des drapeaux palestiniens.

Les traces de blessures étaient visibles confirme l’AFP sur place. Selon l’urgentiste Pascal André, qui fait partie du pôle médical de la Global Sumud Flotilla, joint par l’Humanité : « Plus d’une trentaine est partie dans la soirée de jeudi ou dans la nuit à l’hôpital à Istanbul ».

Leur état est effrayant. « Je peux simplement vous dire que j’ai vu Malika, l’infirmière avec qui j’étais à bord l’année dernière, avec laquelle on était en prison, elle semble brisée. C’est-à-dire qu’elle était en pleurs, recroquevillée sur elle-même, elle n’ose plus parler, elle a le bras droit en écharpe. Étant donné son courage et sa force de caractère, cela signifie qu’elle a subi des choses terribles », constate Pascal André.

Scott, un Sud-Africain qui était aussi à bord du bateau de Malika a également été emmené « à l’hôpital » a brièvement détaillé son père. Il en est sorti jeudi soir pour aller porter plainte au commissariat avant de regagner l’hôtel.

Dès que je ferme les yeux, je revis les scènes

Depuis l’hôpital, Başakşehir Çam et Sakura, à Istanbul, Malika explique ce vendredi avoir dû réaliser « plusieurs scanners pour déceler une fracture » après les atrocités qu’elle a subie avec d’autres activistes de la flottille, ces derniers jours.

Toujours sur place avec Scott, elle détaille pour l’Humanité cet instant où « dans le noir, trois hommes, tous cagoulés, m’ont tabassé sur le bateau militaire. Je leur ai dit d’arrêter car je n’arrivais plus à respirer. Ils m’ont répondu être docteur et puis ils m’ont à nouveau roué de coups ». Malika prend une pause et reprend son récit, une fois en prison. « C’était pareil : de la torture, des positions de stress, c’était horrible, vraiment c’était horrible. Dès que je ferme les yeux, je revis les scènes et les défile en boucle dans ma tête », décrit-elle.

D’autres témoignages décrivent les mêmes actes de tortures. Parmi la dizaine de citoyens Australiens présents sur la flottille, la militante...


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