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« Filmer, c’est déjà la première défense. Il ne faut pas avoir peur de filmer », insiste Djellali Seddaoui. Le quinquagénaire a assisté à l’interpellation par la brigade anticriminalité (BAC) de son fils Zakariyya, 23 ans, sur le perron de la maison familiale le 4 avril, à Évin-Malmaison (Pas-de-Calais).
Ce jour-là, ce père de six enfants profite d’un café chez son ex-compagne quand il comprend que la police est devant le pavillon. Lorsqu’il parvient à ouvrir la porte, il fait face à son fils allongé, victime d’un malaise, puis d’autres pertes de connaissance, sous les mains d’un policier en civil.
« La vision que j’[avais] moi, [c’était] mon fils en train de rougir, de devenir violet, avec de la mousse, de la bave, du sang qui sortait, rappelle-t-il. C’est ce qui tourne en boucle dans ma tête. Je me dis : “Si on n’avait pas été là” ? » Le quinquagénaire est encore très marqué par la scène.
Les quelques minutes, d’une très grande violence, ont été filmées par plusieurs de ses enfants. Contacté par Mediapart, le parquet de Béthune a annoncé l’ouverture d’une enquête pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique à la suite d’une plainte à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), le 30 avril.
Il indique aussi que l’interpellation de Zakariyya a eu lieu pour refus d’obtempérer, rébellion et conduite sans permis valable. Le Nordiste n’aurait pas répondu à plusieurs convocations visant des délits routiers antérieurs. Une enquête est en cours.
Zakariyya reconnaît la conduite sans permis mais dément le refus d’obtempérer. Le jeune homme, très choqué, décrit ce qu’il a vécu sous les mains de la BAC : « J’avais une sensation bizarre, […] vous vous sentez partir. J’entends et je ne vois que du blanc. Et après je me réveille dans un camion de pompiers. »
Mediapart révèle les images de cette scène d’une grande violence et retrace les conditions de cette interpellation.
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