Porto Alegre 2026 : une convergence antifasciste et anti-impérialiste !

lundi 4 mai 2026.
 

La conférence antifasciste et anti-impérialiste tenue à Porto Alegre du 26 au 29 mars 2026 a constitué un moment fort de recomposition internationaliste dans un contexte mondial marqué par la montée de l’extrême droite et la multiplication des guerres.

Réunissant des milliers de participant·es venu·es de plus de quarante pays sans soutien institutionnel, elle témoigne d’une volonté réelle de convergence des forces de gauche malgré des divisions profondes.

Dans cet entretien, Éric Toussaint revient sur les conditions de son émergence, les nombreux obstacles politiques et organisationnels qui ont dû être surmontés, ainsi que sur les enseignements à tirer pour les luttes à venir.

https://www.contretemps.eu/porto-al...

Quand a surgi le projet de conférence ?

Suite à la tentative de coup des bolsonaristes du 8 janvier 2023 à Brasilia, est née l’idée de convoquer à partir du Brésil une conférence internationale antifasciste.

Rappelons qu’après avoir perdu les élections présidentielles en octobre 2022, les partisans du président néofasciste Jair Bolsonaro ont pris d’assaut le parlement brésilien et d’autres institutions centrales dans la capitale Brasilia le 8 janvier 2023, en prenant pour modèle l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021 par les partisans de Trump. Par la suite, la justice brésilienne a condamné à 27 ans de prison Jair Bolsonaro pour avoir dirigé une organisation criminelle armée, avoir prévu d’assassiner le président nouvellement élu Lula et avoir tenté d’abolir par la violence l’État de droit démocratique[1].

En 2023 également, le choc créé par la victoire du néofasciste Javier Milei en Argentine et l’offensive qu’il a commencé à lancer contre le mouvement populaire à partir du 10 décembre de la même année a représenté une stimulation supplémentaire pour prendre une initiative. On s’est dit : « N’attendons pas plus longtemps, lançons un processus aboutissant à une initiative de grande ampleur ». Le danger est mondial : du Cône Sud de l’Amérique latine à l’Inde en passant par les États-Unis, Israël, l’Italie, la France, la Hongrie, la Biélorussie, la Russie, la Turquie, l’Égypte, les Philippines,… pour ne citer qu’une série limitée d’exemples.

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Déclaration de Porto Alegre : unité contre le fascisme et pour la souveraineté des peuples

Pourquoi avoir convoqué la conférence depuis le Brésil ?

La conférence aurait pu être convoquée à partir d’un autre pays mais le Brésil offrait des conditions particulières et pour ainsi dire uniques :

1. Les plus importantes forces politiques et sociales de gauche, en appelant à voter pour Lula du PT en 2022, avaient réussi à battre dans les urnes Jair Bolsonaro alors qu’il disposait d’une base électorale importante, d’un soutien de Washington et d’une partie significative du grand capital. Si les partis de gauche, en surmontant leurs divergences sur des points importants[2], ne s’étaient pas mis d’accord sur le nom d’un candidat commun en la personne de Lula, Bolsonaro aurait pu gagner les élections. L’unité concernait en particulier le PT, le PCdoB, le PSOL ainsi que le Mouvement des Sans Terre et plusieurs syndicats dont la CUT.

2. Au début de 2024, le PT et le PSOL de Porto Alegre se sont mis d’accord pour constituer un comité unitaire local pour convoquer une conférence internationale dans cette ville qui a été le berceau du Forum social mondial en janvier 2001. Les structures locales de ces deux partis ont obtenu le feu vert de leurs instances nationales (sans pour autant que celles-ci s’enthousiasment pour ce projet et en fassent une authentique priorité) et ont cherché à élargir la base d’appui.

Je précise qu’au moment où le processus a démarré à Porto Alegre, on n’écartait pas la possibilité que si le PT et le PSOL se mettaient d’accord pour convoquer la conférence à Sao Paulo ou dans une autre grande ville du Brésil, on aurait pu déplacer le lieu de la conférence afin d’assurer une plus grande participation brésilienne. Finalement, c’est Porto Alegre (POA) qui a été retenu ce qui, vu la proximité de l’Argentine et de l’Uruguay, permettrait à des délégations importantes de ces 2 pays de se déplacer en bus pour rejoindre la capitale de l’État de Rio Grande do Sul[3].

La conférence qui devait avoir lieu en mai 2024 a dû être reportée en raison des inondations dramatiques ayant affecté Porto Alegre et Rio Grande do Sul quelques jours avant le début de la conférence. Ces inondations, la pire catastrophe climatique de l’histoire de cet État brésilien, a entraîné la mort de plus de 180 personnes.

Tentative en 2024 de lancer une initiative en Europe Il faut également ajouter que durant l’année 2024, des contacts ont été pris par le CADTM avec des responsables politiques de différents pays européens afin de proposer qu’on organise une conférence unitaire en Europe, mais cela n’a pas abouti. La fragmentation politique de la gauche en Europe est très forte et le repli sur la politique nationale prime très nettement sur l’international[4]. C’est un recul manifeste par rapport aux années 2000 et c’est très préoccupant quand on voit à quel point l’extrême-droite croît dans tous les pays d’Europe.

La convocation de la conférence antifa au Brésil

Pour revenir au Brésil, c’est en mai 2025 que le comité organisateur local à Porto Alegre décida de relancer le processus menant à la conférence et fixa la date du 26 au 29 mars 2026 pour sa tenue.

Entre temps le PCdoB, un allié de longue date du PT, s’était joint aux organisations qui convoquaient. De nombreux mouvements sociaux locaux apportaient leur soutien à l’initiative, le chiffre total atteignait 80 en septembre 2025.

C’est seulement à partir de fin septembre 2025, c’est-à-dire environ six mois avant la conférence internationale que les invitations ont commencé à être envoyées par le comité organisateur local à destination de l’étranger.

Au départ la conférence était centrée sur l’antifascisme, quand la thématique de l’anti impérialisme a-t-elle été ajoutée ?

C’est en octobre novembre 2025 que la dimension anti impérialiste a été ajoutée face à l’agressivité extrême adoptée par Trump, notamment par rapport au Brésil, suite à la condamnation de son allié Bolsonaro. Les menaces de Trump avaient encouragé l’extrême droite brésilienne à se mobiliser en masse début septembre (plus de 200 000 manifestant·es à Sao Paulo), ce qui à son tour avaient entraîné de très grandes mobilisations anti impérialistes réalisées dans les principales villes du Brésil le 22 septembre 2025 (plus de 220 000 manifestant·es à Sao Paulo en défense de la souveraineté nationale du Brésil et contre l’amnistie pour Bolsonaro et ses complices voulue par Trump et l’extrême-droite).

Comment peut-on mesurer l’appui reçu par la conférence sur le plan international ?

Au début alors que nous diffusions la lettre d’invitation signée principalement par les présidents du PT, du PSOL et du PCdoB de Porto Alegre, l’accueil n’a pas été très chaleureux. La lettre d’invitation mentionnait le soutien apporté à l’initiative par de nombreuses organisations sociales locales mais le rôle dirigeant de ces trois partis était évident et constituait un obstacle hors d’Amérique latine.

En Europe, les organisations n’ont pas l’habitude de signer des déclarations avec des partis ou de répondre à des appels venant des partis. Cela constituait une difficulté réelle. En Amérique latine et en Asie, cela pose moins de problème ou pas de problème du tout.

C’est à partir de décembre 2025 que nous est venue l’idée au CADTM international de rédiger un appel large et de le lancer en notre nom, comme réseau international, afin d’essayer de surmonter un maximum d’obstacles et d’amplifier le soutien. Entre le 19 décembre 2025 et le 20 janvier 2026, on a récolté des signatures pour l’appel international à renforcer la lutte antifasciste et anti-impérialiste. L’appel est radical, court, combattif, unitaire et évite de désigner les Etats-Unis et leurs alliés comme le seul bloc impérialiste. En effet, l’appel dénonce toutes les agressions impérialistes (et colonialistes) quelle qu’en soit l’origine et affirme qu’il faut soutenir face à celles-ci la résistance des peuples, y compris les armes à la main quand c’est nécessaire. Le génocide perpétré par le gouvernement néofasciste de Netanyahou à Gaza est dénoncé.

Très vite, on a pu obtenir les signatures de responsables de partis de gauche en Europe. Citons les signatures de Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Olivier Besancenot (NPA A) en France, de Jeremy Corbyn et Zahra Sultana (Your Party) en Grande Bretagne, de Yanis Varoufakis (MERA 25) et Zoe Konstantopoulou (Trajet de Liberté) en Grèce, de Irene Montero (Podemos) et Ada Colau (Comuns) dans l’État espagnol, des europarlementaires italiens Ilaria Salis et Domenico Lucano. S’y ajoutaient des parlementaires d’Allemagne, du Danemark, du Luxembourg, de Suisse, de Turquie… En France, un nombre important de responsables et d’élus des différentes sensibilités de la gauche (LFI, Ecologistes, PCF, NPA A, Après, Génération et même quelques élues PS) ont signé. Dans la péninsule ibérique, des responsables de presque toute la gauche espagnole (Podemos, Sumar, Anticapitalistas), basque (EH Bildu), catalane (Comuns, CUP), gallega (BNG), andalouse (Adelante Andalucia), de la communauté valenciana (Compromis),…

Aux Etats-Unis, on a obtenu, ce qui était très encourageant, la signature de toute la direction des DSA (Les Socialistes démocratiques des Amériques), mouvement politique dont fait partie le nouveau maire de New York Zohran Mamdani.

D’Amérique latine, on a recueilli de très nombreuses signatures de parlementaires, de dirigeant·es de partis, d’intellectuel·les, d’activistes de renom,… de nombreux PC d’Amérique latine, des organisations membres de la IV internationale, du Bloc patriotique de Colombie, de Morena au Mexique, et d’Argentine : de Mouvement Socialiste des Travailleurs (membre du FIT-U et de la LIS), de Vientos del Pueblo, de l’Union Populaire,…

Parmi les intellectuel·les qui ont signé l’appel : la française Annie Ernaux (prix Nobel de littérature en 2022), le suédois Andreas Malm (écosocialiste), l’indien Vishay Prashad (membre du PCI M) directeur du Centre tricontinental basé au Chili et en Inde, Titi Bhattacharya et Nancy Fraser, auteures du Manifeste féministe des 99%, Paco Ignacio Taibo II, directeur de l’importante maison d’édition Fonds de Culture Économique (Mexique), Abel Prieto (Cuba), de l’économiste marxiste Michael Roberts (GB), des politologues Gilbert Achcar (GB), Joseph Daher (Syrie), Franck Gaudichaud (Fr.), Robert Brenner et Suzi Weissman (E-U), de Catherine Samary (Fr), Patrick Bond (Af. du Sud), Walden Bello (Philippines), Frei Betto (écrivain, Br.), Michaël Löwy (Fr.-Br.), Achin Vanaik d’Inde, Françoise Vergès (La Réunion/France), Jean Ziegler (Suisse), Mireille Fanon (Martinique/France) et bien d‘autres.

Des activistes de renommée internationale ont signé l’appel comme Thiago Avila, un des principaux coordinateurs de la flotille Soumoud pour Gaza et plus récemment de la flotille pour Cuba ; Adau Colau, ex maire de Barcelone et Rima Hassan (LFI) également actives dans la flotille Soumoud ; David Adler, coordinateur général adjoint de l’Internationale progressiste ; Massa Kone (Mali) du comité organisateur du Forum social mondial 2026.

Des responsables de médias alternatifs ont signé : Denis Robert directeur fondateur de Blast (Fr.), Bhaskar Sunkara directeur fondateur de Jacobin (E-U), Vivek Chibber directeur de Catalyst (E-U), Jaime Pastor (Viento Sur de l’État esp), Daniel Raventos (de Sin Permiso, État esp.), Antoine Larrache (Inprecor, Fr.), Penny Duggan (International Viewpoint), Ugo Palheta (Revue Contretemps), Angela Klein (Revue SOZ, All.), Farooq Sulehria, rédacteur en chef du Daily Jeddojehad (Pakistan), Martín Mosquera (Jacobinlat Amérique latine), Federico Fuentes (éditeur de LINKS, Australie), Rafaël Hernandez (revue Temas, Cuba), Sushovan Dhar, magazine Alternative Viewpoint (Inde).

Les régions sous représentées :

1. l’Asie même si des personnalités et des mouvements des Philippines, d’Indonésie, de Malaisie, d’Inde, du Pakistan, du Sri Lanka, du Bangladesh, du Népal, ont apporté leur soutien ; 2. l’Afrique subsaharienne, même si des activistes du Mali, du Togo, du Cameroun, de RDC, du Kenya, d’Afrique du Sud, d’Ouganda, d’Eswatini ont signé l’appel ;

3. la région arabe, même si des activistes et des responsables d’organisations des pays suivant ont signé : Maroc, Tunisie, Liban, Syrie, Irak.

Soutien apporté par les ATTAC : En France, ATTAC a beaucoup hésité et a finalement et heureusement signé l’appel. Presque tous les ATTAC d’Europe (ATTAC Autriche, ATTAC Espagne, ATTAC Wallonie/Belgique, ATTAC Hongrie, ATTAC Italie, ATTAC France,…) ont signé avec une exception majeure celle d’ATTAC Allemagne, qui n’a pas expliqué son refus et qui n’a envoyé personne à Porto Alegre. Les ATTAC d’Argentine, du Maroc, du Togo qui sont organiquement associés au CADTM ont également signé.

Le réseau international du CADTM a évidemment soutenu activement l’appel et a contribué à sa diffusion. Cela a encouragé ses organisations membres à contribuer à la large délégation qui s’est rendue à Porto Alegre : plus de 25 délégué·es provenant du Maroc, du Mali, de Côte d’Ivoire, de RDC, d’Inde, du Pakistan, des Philippines, du Mexique, de Colombie, de Puerto Rico, d’Argentine, de Belgique, de Suisse et de France, sans compter les délégués du Kenya et d’Haïti qui ont été empêchés de participer.

Soutien des organisations syndicales et de syndicalistes : plusieurs syndicats et dirigeant·es ont apporté leur soutien à l’appel international : ELA et LAB du pays basque, l’intersyndicale du pays Valencia, la confédération syndicale de Galicie, l’intersyndicale de l’État espagnol ; plusieurs syndicats du Brésil : CUT, ANDES, CTB,… ; en Belgique, Jean-François Tamellini, secrétaire général de la FGTB wallonne et Felipe Van Keirsbilck, secrétaire général de la Centrale nationale des employés (CNE/CSC) ; Angélique Grosmaire, secrétaire générale de la Fédération Sud PTT (France) et Andres Gomez, Secrétaire général, CGT Beaulieu (France) ; Eliana Como, membre de l’Assemblée nationale du syndicat CGIL (Italie) ; Martín Esparza Flores et Humberto Montes de Oca, dirigeants du Sindicato Mexicano de Electricistas (SME) et Luis Bueno Rodríguez, Coordinateur de la Comisión de Organización Nueva Central de las y los Trabajadores ; Christian Dandrès, Président national du Syndicat suisse des services publics (SSP-VPOD).

Les listes des 1800 signataires jusqu’à la date du 15 mars 2026 sont rassemblées ici ( https://www.cadtm.org/Troisieme-lis... ). Il est toujours possible de signer l’Appel international en cliquant ici.

Le CADTM a-t-il rencontré des refus de signer l’appel ?

Parmi les personnalités contactées peu ont refusé de signer. Notons quand même en Europe les refus de Tariq Ali en Grande Bretagne, de Daniel Tanuro (auteur marxiste écosocialiste) et Raoul Hedebouw (président du PTB) en Belgique,… Ces refus que nous regrettons sont peu nombreux et n’ont pas empêché le succès de la collecte de signatures

Le refus de la direction du syndicat italien CGIL de signer l’appel et d’aller à Porto Alegre

Ce qui a été très dur à vivre à cause de ses conséquences, c’est le refus de la direction de l’important syndicat italien CGIL qui a contacté d’autres directions syndicales afin qu’elles ne signent pas l’appel, c’est le cas de la direction de la FGTB en Belgique, et probablement de la CGT en France, des Commissions ouvrières et de l’UGT dans l’État espagnol,… La direction de la CGIL a refusé de signer en disant qu’elle était en désaccord avec la phrase qui parlait de la résistance des peuples les armes à la main quand c’est nécessaire. La direction de la CGIL a y compris contacté la direction de la CUT du Brésil pour qu’elle ne signe pas. Nous avons essayé de convaincre la direction de la CGIL en apportant des arguments (voir en encadré la lettre essayant de convaincre la CGIL et d’autres organisations de signer). Nous avons également expliqué que la signature de l’appel n’était absolument pas une condition pour participer à la conférence. Alors que la CGIL avait d’abord annoncé sa participation à la conférence de Porto Alegre en participant fin novembre 2025 à la première réunion en ligne du comité organisateur international, elle a finalement décidé de n’envoyer personne à Porto Alegre, ce qui est vraiment dommage. Elle aurait pu aller à Porto Alegre sans signer l’appel et elle aurait eu la parole dans au moins une plénière.

Lettre envoyée à la CGIL et à d’autres mouvements réticents opposés à un passage de l’appel international

Un passage de l’appel international publié le 20 janvier 2026 a suscité des interrogations : celui qui concerne le soutien à la lutte des peuples qui résistent à des agressions impérialistes et/ou coloniales, « y compris les armes à la main quand c’est nécessaire ». C’est cette dernière expression — « les armes à la main quand c’est nécessaire » — qui est à l’origine des questions soulevées.

En tant que rédacteur de cette phrase, que j’assume pleinement, je souhaite poser une série de questions à partir de l’expérience historique des luttes antifascistes et anti-impérialistes :

Était-il justifié de soutenir la résistance armée des partisans italiens durant la Seconde Guerre mondiale ?

De même, face à l’occupant nazi, était-il justifié de soutenir la résistance armée en France, en Yougoslavie, en Grèce, en Pologne, en Belgique[5] et ailleurs ? Je cite ces pays , sans prétendre à l’exhaustivité, parce que les mouvements de résistance y ont été importants.

Fallait-il soutenir le soulèvement armé du ghetto juif de Varsovie en avril-mai 1943 contre les nazis ?

Les civiles et civils d’Espagne qui ont résisté les armes à la main au soulèvement franquiste méritaient-ils un soutien ? Fallait-il soutenir les dizaines de milliers d’internationalistes antifascistes venu·es de l’étranger qui les ont rejoints au sein des Brigades internationales[6] ?

Le peuple cubain avait-il raison de résister les armes à la main à l’invasion de son territoire en avril 1961 par un groupe d’environ 1 500 mercenaires entraînés par le gouvernement des États-Unis[7] ?

Le peuple vietnamien avait-il raison de mener une résistance les armes à la main contre l’armée française, puis contre l’armée des États-Unis, dans les années 1950, 1960 et 1970 ?

Fallait-il soutenir les Chinois qui ont résisté de manière organisée et collective, les armes à la main, face à l’invasion japonaise à la fin des années 1930 et pendant la Seconde Guerre mondiale ?

On pourrait également évoquer les nombreux mouvements populaires de résistance armée qui ont jalonné tout le XXᵉ siècle et qui ont permis à de nombreux peuples et nations de conquérir leur indépendance face à la domination coloniale. Fallait-il les soutenir ?

Chacune et chacun peut réfléchir aux résistances populaires nécessaires face aux agressions impérialistes et coloniales qui se déroulent aujourd’hui. La phrase qui suscite la controverse dit clairement qu’il s’agit d’un soutien à la résistance des peuples, y compris les armes à la main quand cela s’avère nécessaire. Aucun exemple contemporain n’est cité, et chacun et chacune est libre de se forger une opinion.

Ce sont les peuples eux-mêmes qui choisissent leurs formes de résistance, qu’elles soient pacifiques et/ou armées.

Par ailleurs, le droit international reconnaît comme légitime la résistance armée de populations organisées face à une occupation ou à une agression armée étrangère.

Très cordialement,

Éric Toussaint

Porte-parole du CADTM international,

assumant la responsabilité de la rédaction de l’appel international


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