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Alors député, l’élu Les Républicains Jean-Michel Fourgous s’est fait remettre des enveloppes d’espèces en avril 2009, révèle « Mediapart ». Trois mois plus tard, celui qui dirige aujourd’hui encore la mairie d’Élancourt (Yvelines) se rendait au Congo-Brazzaville avec d’autres figures de la droite pour valider la réélection du despote Denis Sassou-Nguesso.
https://www.mediapart.fr/journal/fr...[ALERTE]-alerte-20260330-144437&M_BT=1489664863989
L’ancien député Jean-Michel Fourgous (Les Républicains), engagé dans les relations entre la France et plusieurs États africains lorsqu’il siégeait à l’Assemblée nationale, a reçu le 30 avril 2009 l’équivalent de 100 000 euros en grosses coupures, révèle une enquête de Mediapart reposant sur des documents et des témoignages.
Dissimulé dans trois enveloppes, l’argent lui a été remis dans un hôtel du quartier des Champs-Élysées, à Paris, au cours d’un rendez-vous portant sur la mise en œuvre d’une commission visant à contrôler le bon déroulé de l’élection présidentielle devant se tenir trois mois plus tard au Congo-Brazzaville. Vivement critiqué par les ONG des droits humains et l’Union européenne, le scrutin a débouché sur la réélection du président Denis Sassou-Nguesso, qui règne d’une main de fer sur le pays d’Afrique centrale, dont les ressources naturelles attirent les convoitises, depuis son coup d’État militaire de 1997.
Malgré les nombreux incidents ayant émaillé le processus électoral de 2009, marqué par le boycott de l’opposition, la commission présidée par Jean-Michel Fourgous – pompeusement baptisée « Coordination des observateurs franco-africains » (Cofa), et dont personne n’avait jamais entendu parler avant – était allée jusqu’à saluer un « grand moment démocratique » pour qualifier le scrutin ayant permis le maintien au pouvoir du despote congolais. Cette figure de la Françafrique était réélu le 16 mars pour un cinquième mandat avec 94,82 % des voix.
Le comité présidé par Jean-Michel Fourgous avait été mis sur pied par l’avocat français Marcel Ceccaldi, ancien membre du Front national et défenseur de plusieurs chefs d’État africains, à la demande de l’un de ses amis, l’homme politique franco-congolais Guy Brice Parfait Kolélas, alors ministre de la pêche de Denis Sassou-Nguesso.
Sollicité par Mediapart, Marcel Ceccaldi confirme avoir sollicité Jean-Michel Fourgous pour créer la commission et avoir tenu avec lui des réunions préparatoires – y compris dans l’hôtel où a eu lieu la rencontre du 30 avril 2009. En revanche, il conteste tout versement d’argent au profit du parlementaire. « Je n’ai pas remis d’argent à Fourgous », affirme-t-il, ajoutant que « s’il y avait eu de l’argent avant le départ de la délégation je l’aurais forcément su, c’est [lui] qui organisai[t] tout ».
Également interrogé, Jean-Michel Fourgous ne conteste pas avoir reçu les enveloppes de cash. Après de nombreuses relances, l’ancien député, qui dirige aujourd’hui encore la commune d’Élancourt (Yvelines), où il a été réélu maire pour la sixième fois le 15 mars, a concédé s’être vu « allouer » des « moyens financiers », qui lui auraient permis de couvrir « exclusivement les frais liés à la mission » (lire le détail des échanges et réponses en boîte noire et en annexes).
Jean-Michel Fourgous a commencé à échanger avec Marcel Ceccaldi sur les contours de la commission électorale lors d’un rendez-vous à l’Assemblée nationale, le 29 avril 2009, comme le prouve un compte rendu des événements rédigé par un ancien assistant.
Témoin d’une conversation qui lui met la puce à l’oreille – les deux hommes parlaient d’élections et d’argent, se souvient-il –, ce collaborateur décide de tout noter, mais aussi de prendre des photographies avec son téléphone portable. Sur le document, il écrit qu’un certain « Marcel » est présent à « 21 h 30 » dans le bureau du député, au numéro 126 de la rue de l’Université, à Paris. L’identité du visiteur est confirmée par un autre document conservé par le collaborateur, dont il attribue l’écriture à Jean-Michel Fourgous : « Marcel Ceccaldi », est-il mentionné au stylo bleu, avec le numéro de téléphone de l’intéressé (le même qu’aujourd’hui).
« J’ai été mis en contact avec Fourgous, après m’être adressé à l’ancien secrétaire général du RPR, Jean-François Mancel », retrace le célèbre avocat, aujourd’hui âgé de 79 ans, auprès de Mediapart. Contacté, Jean-François Mancel n’a pas retourné notre demande d’entretien.
Mandaté par « [s]on regretté ami Parfait Kolélas », ancien ministre de Sassou-Nguesso mort en 2021, Marcel Ceccaldi a proposé au député des Yvelines, qu’il « ne connaissai[t] pas avant », de monter une commission d’observation de l’élection congolaise. Le député des Yvelines aurait immédiatement accepté cette mission, quand bien même il n’était jusqu’alors pas particulièrement identifié sur les questions africaines, comme nous le confirme une ancienne proche de l’élu. Ancien chef d’entreprise, Jean-Michel Fourgous siégeait à la commission des finances, au sein de laquelle il animait avec son ami Olivier Dassault un club patronal, baptisé « Génération entreprise ».
Dès le lendemain matin du rendez-vous à l’Assemblée nationale, Jean-Michel Fourgous et Marcel Ceccaldi ont prévu de se revoir. Cette fois, la réunion se tient à l’hôtel Warwick, établissement quatre-étoiles dans une rue adjacente aux Champs-Élysées, où le collaborateur accompagne son député en voiture. L’assistant continue à prendre des notes et des photographies.
À « 8 h 43 », Jean-Michel Fourgous, vêtu d’un costard, pénètre dans l’établissement. Il tient une sacoche Lancel à la main. Le député ressort incognito trois quarts d’heure plus tard. De retour de l’hôtel, le collaborateur accompagne son député à l’Assemblée nationale, il dépose sa sacoche au pied de son bureau. « Clic » : le collaborateur prend une nouvelle photo. Même si la qualité du cliché, pris avec un téléphone portable de 2009, est rudimentaire, on distingue clairement le sac Lancel, fermé par un petit cadenas.
À « 13 heures », le député part déjeuner avec un chercheur spécialisé dans le numérique à l’école – un des sujets de prédilection de l’élu –, consigne encore le collaborateur par écrit. Sollicité par Mediapart, le chercheur cité dans le compte rendu confirme « à 100 % » avoir effectivement déjeuné avec le député à l’Assemblée nationale à cette période-là. « Il y avait du pomerol à la carte », se souvient-il.
Profitant de l’absence du député pendant le déjeuner, le collaborateur prend la clé du cadenas et ouvre la sacoche. Celle-ci contient une pochette de l’hôtel Warwick et trois enveloppes. La première enferme une liasse de cent billets de 500 euros ; la seconde, deux liasses de cent billets de 200 euros ; la troisième enveloppe, une liasse de cent billets de 100 euros. Soit 100 000 euros au total. Les billets paraissent neufs.
« Clic », « clic », « clic ». Il prend tout en photo : la pochette, les enveloppes, les billets, mais aussi le passeport du député, également présent dans le sac. Sur une autre image, l’argent est posé en évidence sur le téléphone fixe du bureau, dont le numéro correspond bien à celui de l’élu à l’époque, comme Mediapart a pu le vérifier. Le mobilier colle aussi parfaitement avec celui du député Fourgous, d’après un recoupement effectué avec des images d’archives.
Interrogé sur l’ensemble de ces faits, , l’élu a simplement répondu : « Il ne m’est pas possible de confirmer ou d’infirmer des éléments de détail tels que des rendez-vous isolés, datant de dix-huit ans, mes agendas de cette période n’étant plus disponibles. » S’il confirme les réunions à l’Assemblée nationale et à l’hôtel Warwick, Marcel Ceccaldi parle de simples « rendez-vous techniques », en tête-à-tête, sans présence de dignitaires congolais. « On a réfléchi à la date du départ, l’organisation, qui doit faire partie de l’organisation, etc. », détaille l’avocat. Sans jamais qu’il soit question d’argent, jure-t-il.
Les mecs étaient là, invités par le président, pour dire que tout allait bien…
Patrick Gaubert, ancien eurodéputé UMP et président de la Licra, également présent à Brazzaville
L’élection présidentielle vient à peine de débuter, le dimanche 12 juillet 2009, quand Jean-Michel Fourgous décide de prendre la parole à 11 heures devant la presse congolaise. Le verbe haut, le député est affirmatif : « L’élection est libre, le taux de participation va certainement dépasser les 50 %, la démocratie fonctionne. »
Présent à Brazzaville pour le scrutin, le député des Yvelines balaye toutes les critiques. Celles des opposant·es, qui ont boycotté le scrutin, des médias internationaux, qui documentent la fraude, des ONG des droits humains, et de l’Union européenne. Le chef de la délégation de la Commission européenne, Miguel Amado, a expliqué que l’UE n’a pas souhaité envoyer d’observateurs en raison des doutes sur le fichier électoral, qui pourrait avoir été gonflé. Mais Jean-Michel Fourgous n’y voit que des « propos partisans ».
Le chef de la Coordination des observateurs franco-africains (Cofa) ne fait pas dans la demi-mesure, même si plusieurs correspondants – comme ceux de Libération ou de Rue89 – et militants s’étonnent de cette improbable commission, dont personne n’a jamais entendu parler avant le scrutin, ni ensuite. Pour les accompagner dans ce qu’ils qualifient de « grand moment démocratique », Marcel Ceccaldi et Jean-Michel Fourgous peuvent compter sur trois autres élus de l’UMP.
Il y a d’abord le député Jean-François Mancel, qui a fait le lien entre les deux hommes quelques mois plus tôt. Mais aussi deux personnalités éminentes de la vie publique française, tout juste élues au Parlement européen sous les couleurs de la droite. Patrick Gaubert, président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et auteur du livre Les droits de l’homme ne se négocient pas (éditions L’Archipel, 2009), quatre mois plus tôt. Et Jacques Toubon, ancien ministre de la justice et de la culture.
Contacté par Mediapart, Patrick Gaubert, dont la proximité présumée avec le régime Sassou-Nguesso avait déjà été dénoncée par des ONG, déclare avoir peu de souvenirs de ce déplacement, qu’il dit avoir effectué en sa qualité de député européen, et non comme membre de la Cofa de Jean-Michel Fourgous. Il dit ne plus remettre le député des Yvelines et l’avocat Marcel Ceccaldi, mais n’hésite pas à présenter la commission comme un « truc bidon ».
« S’il y avait des gens comme Mancel, c’était un truc pipeau, quoi. Les mecs étaient là, je suppose, invités par le président pour dire que tout allait bien… », cingle encore l’ancien eurodéputé UMP à l’endroit de son ancien collègue de parti, connu pour être un soutien irréductible d’une autre autocratie pétrolière, l’Azerbaïdjan.
Comment se fait-il dès lors que Patrick Gaubert ait été associé aux travaux de la Cofa dans les médias de l’époque ? « Écoutez… J’ai dû être là… Je ne sais pas, demandez à Toubon, il se rappellera peut-être plus que moi cette mission », balaye l’intéressé, qui se souvient en revanche très bien de n’avoir jamais été rémunéré pour sa participation à ce type de contrôle.
En 2003, lors de la réélection frauduleuse d’un autre autocrate africain, Gnassingbé Eyadéma au Togo, le président de la Licra, frère de Thierry Gaubert (actuellement jugé en appel dans l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy), s’était déjà fait remarquer en déclarant, selon l’association Survie : « Il y a un processus démocratique qui, à notre niveau, se passe de manière convenable. Ce que nous voyons n’a rien d’affligeant ni de suspect. »
Jacques Toubon a pour sa part indiqué à Mediapart qu’il n’avait pas de souvenir de cette mission à Brazzaville. En juillet 2009, l’ancien chiraquien venait d’être remis dans le jeu par le président Sarkozy, qui l’avait placé à la tête d’une mission de préparation de « l’année de l’Afrique » en 2010.
À l’époque, une ONG congolaise rapportait qu’Ari Benhacoun, « directeur général des services d’Élancourt », la ville de Jean-Michel Fourgous, était lui aussi membre de la Coordination des observateurs franco-africains. Ce que ni l’élu ni celui qui est son véritable bras droit (il est aujourd’hui son directeur général des services à la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, que Jean-Michel Fourgous préside aussi) n’ont voulu confirmer à Mediapart.
« Cette mission parlementaire à Brazzaville était une farce pure et simple, composée de gens pas sérieux. C’était totalement bidon, complètement fantaisiste », juge une source diplomatique auprès de Mediapart, qui rappelle que le Quai d’Orsay n’avait même pas été associé à la démarche. « Cette mission n’a fait l’objet d’aucune restriction de la part du ministère des affaires étrangères et la délégation a été officiellement accueillie par l’ambassadeur de France sur place », précise pour sa part Jean-Michel Fourgous.
Cette absence de reconnaissance officielle n’a pas retenu les parlementaires français dans leurs déclarations. En réponse à l’ambassadeur de l’Union européenne Miguel Amado, qui avait regretté de « ne pas avoir été préalablement informé de leur visite », Jean-François Mancel a par exemple dénoncé une « immixtion inadmissible dans la politique intérieure d’un pays indépendant », selon Libération.
« Je regretterais que M. Amado soit en train de réinventer le néocolonialisme », ajoutait le député de l’UMP, bientôt rejoint par son collègue Jacques Toubon, qui embrayait : « Ne soyons pas des Occidentaux arrogants. Essayons d’aider les Africains et non de les condamner avant qu’ils n’aient fait quoi que ce soit, ce qui a été le cas en particulier du représentant de l’Union européenne. »
Celui qui a ensuite exercé les fonctions de Défenseur des droits (2014-2020) n’a rien trouvé à redire sur le déroulé du scrutin, qui a vu Sassou-Nguesso triompher avec 78,61 % des voix. L’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH), organisation affiliée à la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) qui avait déployé quarante-sept observateurs sur le terrain le jour du vote, a estimé que la présidentielle n’avait été « ni juste, ni transparente, ni équitable ».
D’après Africa Intelligence, Jacques Toubon aurait reconnu que « beaucoup d’urnes n’étaient pas fermées, faute tout simplement de cadenas ». Avant d’en expliquer la cause : « Il est probablement plus difficile d’avoir des cadenas à Brazzaville qu’à la Samaritaine à Paris. »
L’élection présidentielle de 2009 s’est déroulée dans un contexte très particulier entre Paris et Brazzaville. Depuis plusieurs semaines, le clan Sassou-Nguesso était très remonté par l’ouverture en France d’une enquête judiciaire d’un genre inédit – il avait raison de l’être au regard des développements ultérieurs du dossier.
Le 5 mai 2009, quelques jours donc après la rencontre entre Jean-Michel Fourgous et Marcel Ceccaldi, une dépêche de l’Agence France-Presse (AFP) annonce qu’à Paris, la doyenne des juges du pôle financier a jugé recevable, le jour même, une plainte déposée par l’ONG Transparency International, visant trois chefs d’État africains. C’est le début des premières affaires des « biens mal acquis », qui vaudront bien des tourments aux dictateurs et à leurs familles.
Depuis des années, associations et militant·es anticorruption réclamaient que la justice française se penche sur le dossier. Le Congolais Denis Sassou-Nguesso, le Gabonais Omar Bongo et le Guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo sont tous les trois soupçonnés de détenir dans l’Hexagone des patrimoines faramineux financés par de l’argent public détourné.
Dès le 6 mai 2009, au lendemain de l’ouverture de l’enquête, Jean-Michel Fourgous s’empare du sujet, d’après les écrits de son collaborateur. Pour quelle raison, en quelle qualité, avec quel objectif ? Interrogé, le député « conteste formellement » toute intervention sur le sujet. « Je n’ai aucun lien avec des affaires personnelles de présidents africains », insiste le parlementaire, qui fut propulsé à la tête du groupe d’amitié France-Gabon de l’Assemblée nationale à peine un mois plus tard, le 9 juin 2009. Également questionné sur ce point, l’avocat Marcel Ceccaldi déclare aussi n’avoir jamais évoqué le sujet des « biens mal acquis » avec Jean-Michel Fourgous.
Les notes sur l’activité du député citent un échange avec la ministre de la justice de l’époque, Rachida Dati, le 6 mai en marge des questions au gouvernement. Si elle était bien présente ce jour-là à l’Assemblée, l’ancienne garde des Sceaux ne se rappelle pas avoir été sollicitée par le député Fourgous.
À la date du jeudi 7 mai est cité l’événement suivant : « appel dircab RD pour affaire 3p ». « RD » pour Rachida Dati. « 3p » pour les trois présidents africains visés par la plainte. Également sollicité, le directeur de cabinet de la ministre à l’époque, François Séners, qui siège aujourd’hui au Conseil constitutionnel, n’a lui non plus « aucun souvenir » de ce possible appel.
Au Congo, Denis Sassou-Nguesso, qui a reçu quelques semaines plus tôt Nicolas Sarkozy en visite officielle, ne décolère pas contre l’ouverture de l’enquête, se souvient la source diplomatique précitée. « Les relations avec la France étaient déjà dégradées à cause de l’affaire des disparus du Beach », rappelle-t-elle. Dans ce dossier, mettant en cause de hauts dirigeants de l’État congolais dans un assassinat collectif en 1999, Patrick Gaubert, le président de la Licra ayant accompagné la commission électorale de Jean-Michel Fourgous, a été mis en cause par la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) pour avoir fait pression, en 2004 et 2005, sur des familles afin qu’elles abandonnent les poursuites intentées en France contre plusieurs responsables du régime de Denis Sassou-Nguesso.
« Brazzaville considérait que la France lui en voulait à cause de ces deux affaires judiciaires », les « disparus du Beach » et les « biens mal acquis », rappelle la source du Quai d’Orsay. « Cela étant, on s’abstenait de tout commentaire public pour ne pas gêner Total [auparavant Elf – ndlr] qui aurait été immédiatement sanctionné. » Depuis des décennies, le groupe français est le premier exploitant de pétrole brut au Congo.
L’enquête sur la fortune en France du clan Sassou-Nguesso a depuis progressé, provoquant la colère de la présidence. Dans cette procédure, le fils du président, lui-même ministre, est notamment soupçonné d’avoir blanchi 19 millions d’euros en France, issus de détournements de la rente pétrolière du pays, comme l’a raconté Mediapart en 2022.
En novembre 2024, un juge français qui envisageait de convoquer l’épouse du chef de l’État, a été menacé par Denis Sassou-Nguesso en personne, dans un courrier avec en-tête de la présidence révélé par Le Canard enchaîné. Voyant dans l’action de la justice française une attitude « néocolonialiste », le dictateur disait « espérer » que les « Français qui travaillent au Congo » n’y « seront jamais aussi mal traités que [lui et ses proches] le seron[t] à travers [cette] instruction ».
À 82 ans, le dictateur a été une nouvelle fois reconduit au pouvoir lors du dernier scrutin présidentiel, le 15 mars 2026. Une élection marquée par une coupure des réseaux internet et téléphone, selon RFI, à laquelle Jean-Michel Fourgous n’a cette fois pas pu donner son blanc-seing. Il célébrait ce soir-là sa propre victoire aux municipales.
Antton Rouget
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