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Ce mercredi 25 mars, les corps d’Audrey Cavalié et Angela Legobien-Cadillac, deux femmes disparues en Aveyron, ont été retrouvés par la police portugaise. Ce drame suscite une légitime indignation. Je tiens à m’associer à la douleur de leurs familles et de leurs proches.
J’ai pris l’initiative d’adresser un courrier à Monsieur le Ministre de la Justice pour faire savoir au plus haut niveau de l’Etat l’importance de ce drame dans notre département et pour appuyer le travail d’enquête et l’absolue nécessité de mettre à la disposition des enquêteurs tous les moyens nécessaires pour éclairer les circonstances qui ont conduit à l’enlèvement de ces deux femmes et de leurs enfants. En effet, de nombreuses alertes avaient été lancées par Audrey Cavalié et son ex-conjoint avait été condamné pour harcèlement et pour enlèvement d’enfant. Celui-ci continuait manifestement à adopter des comportements très menaçants envers elle. La question de la suffisance de la protection dont elle disposait face à une telle menace doit être posée, pour permettre une évaluation des dispositifs de protection des victimes actuels, de leurs failles éventuelles et de leur adaptation, afin d’en tirer toutes les leçons pour éviter que ce genre de drame ne se reproduise.
Lorsque des antécédents aussi graves sont établis, la capacité de notre système à prévenir le passage à l’acte doit être interrogée avec la plus grande exigence. Je souhaite qu’une instruction approfondie permette de tirer les enseignements de telles situations, bien trop courantes, où des femmes sont sous la menace d’hommes dangereux.
Cette affaire est aussi une illustration tragique de la violence faite aux femmes dans notre pays. Dans la situation d’Audrey Cavalié comme pour tant d’autres, a-t-on pris la mesure de la gravité de la situation ?
Le constat est désespérant : le nombre de féminicides a augmenté fortement, passant de 141 en 2024 à 164 en 2025. Des lois et des dispositifs nouveaux sont apparus mais dans la pratique, les moyens manquent pour qu’ils puissent s’appliquer efficacement et mieux protéger les victimes.
Les associations estiment qu’il faudrait y consacrer 2,6 milliards d’euros, et seulement 180 millions y ont été accordés cette année. Elles citent l’exemple de l’Espagne. On y consacre à la lutte contre les violences faites aux femmes 16 € par personne et par an au lieu de 5 € en France. Résultat : le nombre de féminicides en Espagne est passé de 72 en 2004 à 30 en 2020.
Une enquête publiée en janvier dernier montre que chez beaucoup de jeunes, l’exigence de l’égalité entre les femmes et les hommes est en régression. Que l’émoi suscité par ce drame permette à notre société de réagir collectivement face aux violences faites aux femmes pour faire avancer les exigences de protection des victimes et d’égalité entre les hommes et les femmes.
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