c’est peut-être cela, être humain : porter plusieurs vérités

dimanche 29 mars 2026.
 

Il y a des lectures qui ne font pas de bruit, mais qui déplacent quelque chose en nous. J’ai lu Amin Maalouf et, sans le savoir, sa pensée m’a accompagné longtemps après.

Elle m’a appris à regarder autrement, à ne pas avoir peur de la complexité, à laisser de la place à d’autres cultures, d’autres récits, d’autres manières d’habiter le monde.

Dans *Les Identités meurtrières*, il rappelle une chose simple et essentielle : Mon identité est ce qui fait que je ne suis identique à aucune autre personne.

Nous sommes faits de plusieurs autres appartenances :

langue,

culture,

foi,

histoire,

exil,

blessures parfois,

rencontres souvent.

Et, au fond, c’est peut-être cela, être humain : porter plusieurs vérités sans les faire s’affronter, car l’âme ne se divise pas, elle s’élargit. Ce n’est pas la pluralité qui nous fragilise, c’est la peur de perdre ce que l’on est.

Alors on se replie, on simplifie, on se raconte que choisir une seule étiquette nous protègera.

Mais l’âme n’aime pas les cases ; elle respire dans la nuance. La foi, quand elle est vivante, n’efface pas l’autre, elle l’éclaire. L’identité, quand elle est apaisée, ne s’impose pas, elle se tient droite sans écraser. Et peut-être que la paix commence là : quand on comprend que s’ouvrir n’est pas se trahir, mais se reconnaître, plus vaste que ce que l’on croyait.

Aujourd’hui, jour de fête et de joie pour tous, je vous parle de mon jeune fils Omrane ERRAFI assassiné pour un téléphone Samsung a 200€ par des délinquants et que la police a décrit comme suicide pour fermer le dossier et effacer son idendité ! Est-ce qu’ils ont pensé à sa maman ? à sa sœur traumatisée de son frère fusionnel qui n’est plus ? Ces frères qui le vénèrent comme grand frere ? J’ai creusé la tombe de mon fils pour qu’il repose, j’ai pleuré mes larmes, je l’ai enterré à côté de ces ancêtres ! Je ne vois plus mon jeune fils plein d’amour et de gentillesse ! Je ne souhaite à personne la barbarie. à personne.

Pardon, mille mercis pour votre mots doux.

Mohammed Errafi


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