Municipales 2026, 2ème tour : un premier bilan à 21h

samedi 28 mars 2026.
 

Ce 2ème tour marque un approfondissement de la crise démocratique avec une abstention de plus en plus terrifiante et un dégagisme ravageur. Pour la gauche, la mortelle campagne de nombreux dirigeants socialistes peut stopper toute perspective d’alternative si elle se poursuit.

Ce soir, les plateaux télé résonnent des inepties dix mille fois ressassées de Jérôme Guedj à Benjamin Duhamel : l’alliance avec LFI fait perdre la gauche. Il suffit de jeter un coup d’oeil sur les résultats pour constater qu’ils prennent leurs désirs pour la réalité.

Ceci dit, j’analyse ce 2ème tour comme un moment d’attente avant la présidentielle qui permet à tous les partis de se prétendre vainqueurs.

1) Le Rassemblement National et son allié UDR

Il perd dans les grandes villes qui constituaient leurs principaux objectifs en ce 22 mars 2026, en particulier Marseille et Toulon.

Il gagne ce soir des villes moyennes où il confirme, parfois amplifie ses résultats précédents : Vierzon, Nice, Montargis, Carcassonne, Agde, La Seyne sur Mer, Carpentras, Liévin, Saint Avold, La Flèche...

2) La droite LR, Horizons et Renaissance

Le fameux "bloc central" plastronne ce soir sur les plateaux télé alors qu’il continue à s’affaiblir tiraillé entre le RN et certains centristes de Renaissance. Ses victoires sur Toulouse, Bordeaux, Besançon, Poitiers, Clermont Ferrand, Caen, Tulle, Issy les Moulineaux... ne doivent cacher ni leur extrême division dans la perspective de 2027, ni l’importance de facteurs locaux dans certains de ces succès.

3) Le Parti Socialiste

Il garde Paris, Marseille, Rennes, Rouen où ses candidats n’avaient pas voulu d’alliance avec LFI.

Dans plus de villes encore, comme Lyon, Nantes, Tours, Grenoble, la fusion avec LFI a permis la victoire. De même, la victoire de Benoît Payan à Marseille doit beaucoup au retrait unitaire de Sébastien Delogu.

4) EELV

A Lyon, l’union des forces de gauche dont LFI permet une victoire de Grégory Doucet par 51,1%. Les succès maintenus de Tours et Grenoble constituent des satisfactions pour la direction et les militants "verts".

Cependant, la vague de 2020 n’a pas résisté aux sirènes anti-unitaires au sein de la gauche dans plusieurs grandes villes. Ainsi, EELV a perdu les mairies de Strasbourg (Bas-Rhin), Annecy, Bordeaux, Poitiers (Vienne) et Besançon (Doubs).

A Strasbourg l’alliance socialistes macronistes l’a emporté ( 37,5%) sur la liste EELV LFI (31,7%) et sur celle de droite (30,8%)

5) Le PCF

Le PCF a maintenu une forte implantation locale marquée par ses victoires de Nîmes, Montreuil, Dieppe, Saint-Amand-les-Eaux.

En banlieue parisienne, il sauve Bobigny, Stains et Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

6) La France Insoumise

Le principal objectif des François Hollande et Jérôme Guedj lors de ces municipales était de saborder LFI, quitte à perdre de nombreuses villes au profit de la droite. Ils ont réussi à faire perdre des villes mais sans saborder LFI.

Le succès de Saint Denis a été complété par des victoires significatives dans des villes à forte présence de milieux populaires comme Roubaix (Nord), Creil (Oise), Bagnolet (Seine-Saint-Denis), Le Tampon (La Réunion), La Courneuve (Seine-Saint-Denis), , Vaulx-en-Velin et Vénissieux (Rhône).

7) Conséquences catastrophiques des saignées anti-unitaires

« Les gauches irréconciliables, ça mène la gauche à sa perte et à ce qui se passe ce soir dans beaucoup de villes . Des villes qui devaient basculer comme Limoges ne basculeront pas, et des villes qui étaient imperdables comme Tulle, comme Brest, deviennent ce soir des villes de droite. » (Marine Tondelier) ;

Eric Coquerel a parfaitement résumé la question sur TF1 « Le travail de sape mené par le PS de François Hollande et Jérôme Guedj contre La France insoumise a été délétère. Il a ouvert la voie à l’élection de maires de droite et d’extrême droite. »


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