Municipales 2026 : PS, LFI, écolos… Qui a fusionné avec qui et dans quelle ville ?

vendredi 20 mars 2026.
Source : Nouvel Obs
 

La gauche a décidé dès lundi de faire front commun aux élections municipales dans plusieurs grandes villes, le PS concluant de nombreux accords locaux avec La France insoumise en vue du second tour de dimanche. A l’exception toutefois de certaines communes dont Paris et Marseille, où ses candidats s’y sont refusés.

Malgré l’absence d’« accord national » du Parti socialiste avec la France insoumise, les annonces d’alliances se sont accumulées dès lundi matin, et jusqu’à mardi soir – date limite pour le faire –.

• A Paris, une fusion impossible

Dans la capitale, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a obtenu 37,98 % des voix, devant Rachida Dati (25,46 %). Cette avance, confortable, est tout de même menacée par le maintien de la candidate La France insoumise (LFI), Sophia Chikirou qui a réuni 11,72 % des suffrages. Ses appels à une fusion technique sont restés lettre morte car les relations entre les deux camps sont très dégradées. « Mme Chikirou a passé son temps à nous fracasser et à épargner la droite et l’extrême droite avant le premier tour. Un peu étrange de découvrir le danger de l’extrême droite après coup pour exiger des places », a lancé un élu du camp Grégoire à l’AFP.

• A Lyon, LFI rejoint la liste Doucet

A Lyon, LFI a rejoint les listes de Grégory Doucet lundi. Un apport indispensable au maire écologiste pour espérer battre Jean-Michel Aulas. « Le rassemblement autour de Grégory Doucet s’élargit. En responsabilité, les listes de La France insoumise ont, comme ailleurs, rejoint cette dynamique », a annoncé la liste du maire dans un communiqué. Il s’agit d’un « accord technique », sans modification du programme ni de promesse de sièges dans l’exécutif en cas de victoire.

• A Marseille, Payan rejette la « main tendue » de LFI, qui se désiste

Dans la cité phocéenne, c’est une tout autre histoire qui se joue. « Pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit », a déclaré le maire sortant Benoît Payan lundi matin, arrivé premier avec 36,70 % des voix, suivi de près par Franck Allisio (RN) et ses 35,02 %. Il a toujours refusé une alliance avec Sébastien Delogu, quatrième avec 11,94 % des suffrages.

Lundi, le socialiste a d’ailleurs concrétisé son refus d’alliance avec LFI en déposant sa liste pour le deuxième tour. Une action qui exclut définitivement toute option d’alliance contre le RN. « Face au Rassemblement national, il n’y a ni compromission ni tambouille ni arrangement », a-t-il rappelé. Il a ainsi fermé définitivement la porte à la moindre alliance avec le candidat mélenchoniste Sébastien Delogu, qui a dénoncé une « position irresponsable » alors que Franck Allisio (Rassemblement national) a emporté 35 % des suffrages.

Le candidat LFI Sébastien Delogu a finalement annoncé mardi son retrait du second tour. C’est donc une triangulaire qui se dessine à Marseille, puisque Martine Vassal, soutenue par la droite et le centre, elle, a annoncé son maintien.

• A Toulouse, une fusion derrière l’insoumis Piquemal

Lundi matin, François Piquemal (LFI) et François Briançon (PS-Ecologistes) ont annoncé une « liste commune »en vue du second tour à Toulouse pour s’opposer au sortant divers droite Jean-Luc Moudenc, arrivé en tête dimanche soir avec 37,23 % des suffrages. Dans la quatrième ville de France, La France insoumise est arrivée en deuxième position, avec 27,56 % des voix, suivie par la liste PS-Ecologistes avec 24,99 %.

Cette stratégie de fusion permettrait à François Piquemal de se présenter en tant que candidat à la mairie de Toulouse, tandis que le candidat PS-Ecologistes François Briançon serait, lui, à la métropole toulousaine.

• A Nantes, une fusion actée après d’intenses tractations

La maire socialiste sortante Johanna Rolland, talonnée au premier tour des municipales par l’union de la droite et du centre, a annoncé un accord de fusion de listes avec LFI lundi soir, après d’intenses tractations. « C’est une fusion démocratique qui se concrétise entre nos listes », a déclaré Johanna Rolland qui a réuni dimanche 35,24 % des voix, suivie de près par Foulques Chombart de Lauwe, candidat Les Républicains (33,77 %) allié aux centristes.

• A Grenoble, un accord entre la candidate de gauche et LFI

La candidate d’un collectif de partis écologistes et de gauche à la mairie de Grenoble, Laurence Ruffin, et son rival de LFI Allan Brunon, sont parvenus à un accord « technique » en vue du second tour, ont-ils annoncé lundi.

• A Besançon, une alliance actée rapidement

A Besançon, la question d’une alliance de gauche s’est concrétisée. La maire sortante écologiste de Besançon Anne Vignot (33,37 %) a annoncé ce lundi s’allier avec LFI pour « battre la droite ». Une telle stratégie peut permettre de répondre aux 40,13 % des voix exprimées en faveur de son concurrent Ludovic Fagaut (LR-MoDem), arrivé en tête.

• A Avignon, une fusion contre la droite et l’extrême droite

A Avignon, la liste LFI a aussi fusionné avec celle menée par les socialistes. Dans la Cité des Papes, David Fournier, candidat socialiste, a obtenu 19,89 % des voix, et l’insoumise Mathilde Louvain 19,03 %. Deux scores bien éloignés des favoris de ce premier tour, à savoir Olivier Galzi (divers droite), en tête avec 27,04 %, et Anne-Sophie Rigault (RN, 25,52 %). Une fusion qui pourrait permettre à la gauche de conserver la ville acquise en 2014.

• A Lille, les insoumis sur la touche

La liste de l’écologiste Stéphane Baly, arrivé troisième du premier tour des municipales, a annoncé lundi soir dans un communiqué sa fusion avec celle du maire sortant socialiste Arnaud Deslandes, arrivé en tête des suffrages dans ce bastion historique du PS.

Arnaud Deslandes, qui a succédé il y a un an à Martine Aubry, a récolté dimanche 26,26 % des voix, devant la candidate LFI Lahouaria Addouche (23,36 %), qui elle aussi cherchait depuis à faire alliance avec Stéphane Baly.

• A Limoges, une fusion actée

Une fusion actée en moins de 24 heures, selon le quotidien « le Populaire du Centre », derrière le candidat insoumis. A Limoges, Damien Maudet (LFI), soutenu par les Ecologistes et arrivé deuxième avec 24,86 % des voix, a fusionné avec le candidat Thierry Miguel (PS-PCF-Place publique), qui a obtenu 16,92 % des suffrages.

• A Clermont-Ferrand, une fusion « technique »

Le maire socialiste sortant Olivier Bianchi n’a récolté que 29,99 % des voix. C’est donc le candidat LR Julien Bony qui mène la danse, avec 33,93 % des suffrages. Un résultat choc dans cette commune qui élit des maires socialistes depuis 1944. Pour éviter une victoire de la droite, Olivier Bianchi (PS) et Marianne Maximi (LFI) ont donc scellé un accord « technique » pour le second tour, rapporte le quotidien local « La Montagne ».

• A Brest, le PS et LFI s’accordent

Le maire PS de Brest François Cuillandre, distancé par la droite au premier tour des municipales, vient d’annoncer ce lundi soir qu’il s’alliait avec La France insoumise (LFI) au second tour, dans le cadre d’une fusion technique. Dimanche, François Cuillandre, maire de la ville depuis 2001, a recueilli 23,8 % des voix, loin derrière Stéphane Roudaut (30,24 %).

• A Poitiers, une alliance in extremis

La maire sortante écologiste de Poitiers, Léonore Moncond’huy, et le candidat Insoumis allié aux communistes Bertrand Geay, arrivé en troisième position au premier tour, ont annoncé mardi la fusion de leurs listes. Léonore Moncond’huy était arrivée en tête dimanche soir, mais six listes étaient en capacité de se maintenir au second tour.

• A Amiens, refus d’une fusion avec LFI

Le candidat de l’union de la gauche Frédéric Fauvet (23,97 %) s’est opposé à une éventuelle union avec Samy Olivier (LFI, Génération. s) en échec au premier tour avec 9,70 %. La liste de gauche « restera la même au premier et au second tour », a-t-il déclaré d’après nos confrères du « Courrier Picard ». Une décision rendue définitive avec le dépôt de la liste de Frédéric Fauvet ce lundi après-midi. Au second tour, le candidat de gauche fera face au maire sortant Hubert de Jenlis (divers centre) sorti en tête ce dimanche avec 25,98 % des suffrages exprimés.

• A Strasbourg, un accord écolo-LFI contre le PS et des rebondissements

La maire sortante de Strasbourg Jeanne Barseghian (Les Ecologistes) et LFI ont annoncé lundi s’allier pour tenter de l’emporter face à la socialiste Catherine Trautmann, arrivée en tête du premier tour des municipales. Les cinq candidats de Place publique – parti de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann opposé à tout rapprochement avec les insoumis – qui figuraient dans la liste du premier tour de la maire écologiste, se sont retirés.

Pour « combattre » cette liste Les Ecologistes-LFI, le candidat Horizons Pierre Jakubowicz a annoncé mardi s’allier avec la socialiste Catherine Trautmann. Une annonce qui a fait grand bruit auprès des partis nationaux PS et Horizons, très mécontents de ce rapprochement. Horizons accorde désormais son soutien à Jean-Philippe Vetter (Les Républicains).


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