Le Parlement européen adopte la première mesure de rétorsion vis-à-vis de Trump

jeudi 19 février 2026.
Source : Le HuffPost
 

Une première réponse aux menaces de Donald Trump. Le Parlement européen a décidé de suspendre le processus de ratification de l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, ont confirmé ses principaux groupes politiques.

Cet accord, conclu à l’été 2025, prévoit des droits de douane de 15 % sur les exportations européennes vers les États-Unis, et leur suppression en ce qui concerne les exportations américaines vers l’UE. Geler sa ratification permet à l’Union européenne d’envoyer un premier signal de riposte aux intimidations américaines.

Pour riposter à Trump, les Européens ont quelques armes à leur disposition, les voici

Le président américain, déterminé à s’emparer du Groenland, territoire autonome appartenant au Danemark, a en effet menacé d’imposer à huit pays européens de nouveaux droits de douane jusqu’à ce qu’« un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland ». Cette surtaxe, de 10 %, sera effective à partir du 1er février et pourrait s’envoler à 25 % au 1er juin, a-t-il promis.

Le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni seraient concernés par ces sanctions. De quoi faire bondir les dirigeants européens, qui cherchent depuis trois jours des manières de répondre.

« Un outil très puissant »

Ne pas permettre aux entreprises américaines d’accéder sans droit de douane au marché européen est « un outil très puissant », a assuré mardi le patron du groupe PPE, Manfred Weber. C’est « un levier extrêmement puissant. Je ne crois pas que les entreprises soient d’accord pour renoncer au marché européen », a abondé Valérie Hayer, la présidente du groupe centriste Renew.

Il y a un « accord majoritaire » des groupes politiques pour geler l’accord commercial entre les États-Unis et l’UE, a assuré la présidente du groupe S&D (social-démocrate), Iratxe Garcia Perez. Le PPE (droite), le groupe le plus important du Parlement européen, a également confirmé ce gel des discussions autour de cet accord.

Une partie de l’extrême droite s’est toutefois prononcée contre le gel de cet accord. « Nous pensons que c’est une erreur », a indiqué le coprésident du groupe ECR, Nicola Procaccini. Le groupe des Patriotes, présidé par l’eurodéputé français Jordan Bardella, s’est lui montré favorable à la « suspension » de cet accord.

Débats sur le mécanisme européen anticoercition

Le gel des discussions au sein du Parlement européen empêche la ratification de cet accord et donc son application. Les différents groupes politiques sont en revanche plus désunis sur les autres réponses possibles face aux menaces de Donald Trump d’annexer le Groenland, territoire arctique sous souveraineté du Danemark, pays membre de l’UE et de l’Otan.

Le PPE par la voix de son président a ainsi appelé à la « désescalade », refusant la mise en œuvre du mécanisme européen anticoercition, qui permettrait par exemple de limiter l’accès des entreprises américaines aux marchés publics européens. Idem pour ECR dont le vice-président Nicola Procaccini s’est également prononcé contre devant la presse.

Le recours à ce que certains ont surnommé le « bazooka » économique européen est en revanche soutenu par les autres familles politiques du Parlement européen.


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