Le gouvernement Trump facilite le licenciement de fonctionnaires

dimanche 15 février 2026.
 

L’administration Trump a annoncé jeudi 4 février assouplir la législation du travail pour quelque 50.000 fonctionnaires fédéraux, dont le licenciement sera facilité, après une année lors de laquelle le gouvernement du républicain a déjà démantelé une partie de l’appareil d’Etat américain.

Le Bureau de gestion du personnel (OPM), l’agence qui gère les effectifs de l’Etat fédéral, s’apprête à publier vendredi au journal officiel ces nouvelles règles qui permettront de transformer le statut de près de 2% du total des employés fédéraux et de le rapprocher de celui des fonctionnaires nommés par le président.

Jusque-là, seuls ces derniers pouvaient être limogés à la discrétion du locataire de la Maison Blanche, et sans voie de recours.

Dans les 255 pages de documents, l’OPM indique que les nouvelles règles ont pour but de « renforcer les moyens de faire rendre des comptes aux employés ainsi que la réactivité de l’Etat américain, tout en répondant à des défis de longue date sur la gestion des performances dans les effectifs fédéraux ».

L’OPM assure que ces postes continueront d’être « pourvus sur une base non-partisane ».

Les nouvelles règles prévoient en outre que le processus pour les lanceurs d’alerte soit géré désormais au sein des agences, et non plus par un organisme indépendant.

Le principal syndicat de fonctionnaires fédéraux, l’AFGE, a dénoncé les annonces de jeudi comme une « attaque directe » contre le service public.

« Quand les gens voient l’agitation et la controverse à Washington, ils ne demandent pas qu’il y ait davantage de politique au sein de l’Etat, ils demandent de la compétence et du professionnalisme. L’OPM effectue l’inverse de cela », a condamné son président Everett Kelley dans un communiqué.

Selon lui, le gouvernement veut « remplacer des professionnels compétents par des larbins politisés ».

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a estimé que ces nouvelles règles représentaient « une bonne chose ».

« Je pense que si les gens ne font pas bien leur boulot, s’ils ne se pointent pas, s’ils ne travaillent pas dur pour le compte du président, ils ne sont pas les bienvenus du tout », a-t-elle ajouté lors d’un point presse.

Lors de sa campagne présidentielle de 2024, Donald Trump avait promis de tailler dans les dépenses publiques et d’alléger la bureaucratie.

A son retour au pouvoir, il avait confié cette tâche à son richissime allié Elon Musk en le nommant à la tête d’une nouvelle commission à l’efficacité gouvernementale, Doge.

Doge et la Maison Blanche avaient alors multiplié les incitations au départ et les licenciements de fonctionnaires, éliminé certaines agences publiques, et coupé drastiquement dans l’aide internationale.

Selon l’OPM, quelque 317.000 fonctionnaires ont quitté l’administration fédérale en 2025. Parmi eux, environ 154.000 l’ont fait via le programme d’incitation au départ.

Agence France-Presse


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